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mardi 7 décembre 2021

Les mauvaises habitudes ont la vie dure

 Darling est venu passer quelques jours à Paris.

Acte 1, un soir, avant de retourner à l'hôtel, alors qu'il avait passé la journée chez moi avec les gamins, en mon absence :
— Au fait, Fofo, je t'ai laissé un sac de linge sale à laver, s'il te plaît. La chemise rose, avec les couleurs claires, et à trente degrés maximum.
— Mais... tu ne pouvais pas lancer une lessive toi-même ?
— Je l'aurais bien fait, mais je ne sais pas comment fonctionne ta machine.
(Je n'ai pas changé de machine au moment du déménagement. C'est donc celle que nous avons eue pendant des années, quand nous habitions ensemble.)

Acte 2, même scénario, alors qu'il a passé la journée ici et que j'ai cavalé toute la journée (non sans avoir pris la peine de lancer une lessive le matin au réveil)
— Ah, Fofo, j'ai vu que tu avais fait une lessive, donc j'ai pris la liberté d'étendre ma chemise sur un cintre, pour qu'elle ne soit pas froissée.
(Du coup j'ai étendu à 23h45 les autres vêtements, qui étaient restés dans le lave-linge depuis 10h du matin).

dimanche 7 novembre 2021

Étourderie coûteuse

Les enfants ont passé les vacances chez leur père en Espagne. Retour prévu samedi à 16h. A 13h, en rentrant à la maison et en songeant que je vais tout juste avoir le temps de manger et ranger un peu avant de partir les chercher à l'aéroport, je constate que j'ai six appels manqués qui viennent... d'un hôpital en Espagne.
Panique.
Je téléphone à Darling. Il décroche. Ouf, c'est déjà ça.
- Allô, Darling ? Tout va bien ? Quelqu'un est malade ou blessé ?
- Hein ? Pas du tout, pourquoi ?
J'explique.
- Ah, non, c'est parce que on est allés faire les tests covid, tu sais, ceux qu'il faut faire avant de prendre l'avion, et on m'a demandé mon numéro de téléphone, et comme je me souvenais pas j'ai donné le tien.
Ah.
Bon.
En temps normal, cette réponse m'enerverait. Beaucoup. Mais là, quelque chose m'inquiète davantage :
- Mais vous êtes où, là ?
- A la maison. On vient de rentrer.
- Mais... Le vol a été décalé ?
- Mais non, voyons, c'est demain qu'ils prennent l'avion !
- Ah non, c'était aujourd'hui.
- Quoi? Tu es sûre ?
- Darling, c'est toi qui a pris les billets, mais attends, je vérifie sur la confirmation de réservation que tu m'as fait suivre... Oui oui, c'était aujourd'hui.
- OH, *#@€!!! On va se dépêcher, on peut encore l'avoir.
- Mmm, vu que l'avion part dans une heure, ça m'étonnerait...

Du coup j'ai eu tout mon temps pour manger, finalement.

(Ils rentrent dimanche. Il restait des places) (Ne PAS penser que le prix des billets en dernière minute aurait suffit pour acheter une surjeteuse ET un vélo. Non. Ne pas y penser...)

mardi 16 mars 2021

Panne imprécise

 Darling téléphone pour souhaiter un bon anniversaire au Filou*, puis nous échangeons quelques mots, et il m'explique que son chauffage électrique est tombé en panne. Il tente de m'expliquer l'origine du problème. Mais il faut bien reconnaître que Darling n'a jamais été très bricoleur.

— En fait j'ai regardé, et c'est le... le truc, qui tenait le... tu sais, le machin, qui est tombé derrière le...
— Le bidule ?
— Oui, c'est ça, confirme-t-il (parfaitement sérieusement). Donc tu vois, en fait ça ne pouvait plus marcher.

Moui, je vois. Mais assez vaguement, je dois dire.


* Neuf ans. Pour ceux qui étaient déjà là quand j'ai commencé ce blog alors que j'étais enceinte de lui : je sais, ça ne nous rajeunit pas.


dimanche 25 mars 2018

Une page se tourne


Je n'aurai plus jamais des cailloux parfaitement ratissés dans mon jardin,
J'aurai beaucoup moins souvent l'occasion de parler en anglais,
Je n'achèterai plus de bière, et beaucoup moins de fromage,
Je ferai connaissance avec le balai,
Je diminuerai un peu les quantités quand je prépare les repas,
Je ne me mettrai plus en rage parce que la vaisselle est entassée sur l'égouttoir,
Je proposerai ma maison sur des sites d'échange d'appartement,
Je n'irai plus au cinéma le soir sur un coup de tête,
Je ferai confiance aux enfants pour prendre leurs douches tout seuls,
Je stresserai encore plus si le boulot vient à manquer,
Je n'aurai plus beaucoup l'occasion de parler d'un livre que je viens de lire,
Je pourrai recommencer à louer des voitures de taille standard,
Je ne mettrai plus de nappe sur la table,
Je n'aurai plus droit à un petit massage crânien pendant que je travaille,
J'emmènerai toujours moi-même les enfants à l'école, aux activités, chez le médecin, etc.,
Je ne serai plus réveillée à 2h du matin par le bruit du lave-vaisselle que l'on remplit,
Je ne demanderai pas aux enfants de ranger leurs chambres alors qu'on est samedi matin,
Je n'aurai plus personne pour m'expliquer ce que je n'ai pas compris quand je regarde un film,
Je n'irai plus seule trois ou quatre jours en Italie,
Je ne remplirai plus d'autre déclaration de revenus que la mienne,
Je ne travaillerai plus le soir avec la télévision en bruit de fond,
J'utiliserai plus souvent l'escabeau...

17 ans de vie commune, à un ou deux mois près. Une valise, un taxi, un avion – fini. Je suis certaine d'avoir fait le bon choix, et même si ce sera sûrement difficile, je sais que je m'en sortirai. Mais tout de même, ce n'est pas sans un gros pincement au cœur que je commence ce soir ma nouvelle vie de mère célibataire...





samedi 7 octobre 2017

Vaccination des Things



La dernière fois que je suis allée chez ma médecine traitante (ben quoi ?), elle s'est étonnée de ne jamais voir les Things.
— Le plus grand, avec son problème au genou et son asthme, je l'ai vu plusieurs fois, et votre dernier est tout le temps malade, mais vos jumeaux, je ne les connais même pas !
— C'est normal, ils ont été tellement, tellement, tellement malades les trois premières années de leur vie que forcément, après, ça s'est un peu calmé... Et quand ça leur arrive encore, c'est toujours le weekend ou pendant les vacances. Toujours. Donc on a recours à SOS médecin.
— D'accord, mais enfin, ce serait bien que quelqu'un les voie au moins une fois par an, tout de même.
— Pour une révision générale, vous voulez dire ? Vous avez raison. Je fais ça pour mes vélos, je peux le faire pour mes enfants...

La fois suivante, j'ai donc amené les deux zigotos, qu'elle a consciencieusement examinés, puis pesés et mesurés, pour voir où ils en étaient sur la courbe de croissance (surprise : tout en haut). Enfin, elle examine les carnets de santé :
— Il y avait un rappel de vaccin antitétanique à faire.
— Ah bon ? Mais c'est récent, non ? Je n'avais pas remarqué.
— Au printemps 2016.
— ...
— On prend rendez-vous la semaine prochaine ?

Elle me fait deux ordonnances pour les vaccins, et ajoute du doliprane à tout hasard. J'envoie Darling à la pharmacie. Il revient assez content de lui, avec le sentiment du devoir accompli :
— J'ai acheté le vaccin, je l'ai déjà mis dans la porte du frigidaire, comme on m'a dit de le faire.
— Le vaccin ?
— Ben oui, celui qui était indiqué sur l'ordonnance.
— Darling, il y avait deux ordonnances.
— Ah non, c'était une copie, m'a dit la pharmacienne. Même date, même médicaments, même date de naissance...
— Et même prénom ?
— Euh...
— Darling, à la rigueur, la pharmacienne est excusable. Mais toi qui sais que tu as des jumeaux, comment as-tu pu ne pas trouver ça louche que je veuille vacciner seulement l'un des deux ?
— Je dois y retourner, alors ?
— Je crains fort que oui.

Aujourd'hui, c'est la date fatidique. Les Things ont la trouille, surtout Mr Thing Two.
— J'ai peur des piqûres !
— Oh, dit la doctoresse, ne vous inquiétez pas, ça ne fait pas mal.
Ce qui me fait doucement rigoler :
— Si j'étais vous, les mioches, je me méfierai. Vous vous rappelez la chanson de Jean-Jacques Goldman "C'est pas vrai", celle où il fait la liste de toutes les choses que les gens disent tout le temps mais qui sont des mensonges ? Eh bien, la toute première de la liste, juste avant "Tu n'as pas changé", c'est "Ça fait pas mal"...

Jean-Jacques Goldman avait raison, ça faisait mal. Mr Thing Two hurle. Du coup, Miss Thing One commence à pleurer avant même qu'on la pique, forcément.
— Ah, zut, il lui a fait peur avec son cirque, on aurait dû la faire passer avant, dit la doctoresse.
— Sauf que si elle était passée avant et qu'elle lui avait dit que ça faisait mal, ensuite, on aurait eu du mal à le coincer, le petit trouillard costaud...

Piqûres terminées, bonbon consolateur, et promesse rassurante :
— C'est bon, plus de rappel avant leur douzième année !
— Bien, ça leur laissera le temps d'oublier !
— Vous aussi, malheureusement.
— Moi, oublier les rappels des vaccins de mes enfants ? Oh, voyons, comment osez-vous insinuer une chose pareille ?

Allez, pour cette fois, c'est bon. Plus qu'à faire vacciner le Grand contre la grippe, comme chaque hiver. Ça devrait être un tout petit peu plus facile. Même si, la dernière fois, il avait encore réclamé un patch anti-douleur et une sucette...

mercredi 21 juin 2017

Crudivorisme raté

— Pff, fait trop chaud, pas envie de cuisiner. Puisque tu vas au magasin, Darling, achète-nous quelque chose de frais, d'accord ? Salade, tomates, concombres...
— D'accord !
Une demi-heure plus tard, il revient avec des poivrons :
— Je me suis dit qu'on pourrait faire une peperonata...
— Hein ?
— Ben quoi ? Ça se mange froid !
— Certes, mais d'abord, les poivrons, il faut les faire cuire !
— Ah ! Oui, c'est vrai, je n'y avais pas pensé. Une salade de riz, alors ?
— ...


(Et pourquoi pas un Darling en carpaccio, plutôt ?)

dimanche 14 mai 2017

Le piège du miroir

Le dîner touche à sa fin. Je demande à Darling :
— Tu peux aller chercher la compote et des coupelles ?
Il part dans la cuisine. J'aide le Filou, toujours très lent à manger, à terminer son risotto. Une minute passe. Le Grand chahute et me tape sur les nerfs. Deux minutes passent. Les Things s'impatientent. Moi encore plus. Je me retourne et je vois Darling, la compote dans une main, debout face au miroir, en train de lisser sa moustache.
— Mais qu'est-ce que tu fais ? Et ce dessert ?
Il semble se réveiller brusquement :
— Ah oui, désolé ! Ce n'est pas ma faute, il y avait le miroir sur le chemin...

(Bon sang, on m'a souvent reproché de n'être pas assez coquette, mais trop, c'est trop, non ?)
(Plus qu'à remplacer le miroir par une affiche, ou à la recouvrir des dessins des enfants...)

mardi 21 mars 2017

Pôle Emploi et le multilinguisme

Après plusieurs tentatives infructueuses de la part de Darling (l'informatique n'est vraiment pas son fort), je décide de prendre les choses en main et de l'aider à s'inscrire à Pôle Emploi, puisque quand il y est allé en personne, on l'a renvoyé chez lui en lui ordonnant de faire ça sur Internet.
(Sans commentaire)

Alors, nom, prénom, date de naissance, nationalité, lieu de naissance, blablabla, métier exercé jusqu'ici, dates, blablabla, et puis on passe à la partie CV, et là, déjà, on s'amuse parce que "libraire" fait partie de la catégorie "vente au détail de sport et loisir", et donc il faut répondre à des questions du genre "Avez-vous une connaissance approfondie des instruments de musique ?" ou à d'autres encore plus étranges qui s'appliquent de toute évidence davantage aux vendeurs de Decathlon qu'aux chefs de rayon dans une librairie.
Bref, au bout d'un moment vient la question des langues parlées, et je me dis ouf, enfin une partie du dossier où il va briller.
Sauf qu'en fait, il n'y a que deux lignes, et on ne peut pas en ajouter d'autres.
Le cas des quintilingues n'est pas prévu.

En revanche, juste en-dessous, on peut noter jusqu'à trois permis de conduire différent. Parce que savoir conduire une moto ET une voiture ET un poids-lourd, c'est vachement plus utile que parler plein de langues quand on bosse dans une librairie internationale ou dans n'importe quel magasin de loisirs en plein centre (touristique) de Paris, bien sûr.

Grrr.

vendredi 13 janvier 2017

Fofo en randonnée

Après SuperFofo et Fofo Bond Girl et Fofo à vélo, la série continue, toujours aussi flatteuse (je vous laisse deviner si c'est parce que je censure les dessins moins avantageux ou pas).



(Cliquez sur l'image pour la voir en grand)

(Ah la la, j'aimerais bien partir en randonnée pour de vrai...)

jeudi 15 décembre 2016

Tout va très bien, madame la marquise...

— Alors, Darling, ça c'est passé comment avec les gamins, pendant mon absence de trois jours ?
— Oh, très bien.
— Ah, tant mieux. Tu leur a fait des picardises ?
— Non, il n'y en avait plus. Je leur ai fait deux fois des pâtes à rien, et je suis allé deux fois acheter des pizzas.
— Bigre ! Et le matin, ça allait ? Pas trop la panique ?
— Oh si, bien sûr, tu sais comment ils sont, ils n'arrêtaient pas de faire des caprices, ils râlaient parce qu'il n'y avait plus de chocolat en poudre...
— Comment ça ? Mais si !
— Non, j'ai vérifié sur l'étagère, et il n'y en avait plus.
— Je venais d'en racheter, je n'avais pas eu le temps de le ranger, il y avait deux paquets dans le sac au pied de l'étagère !
— Ah ! Je n'ai pas pensé à regarder dans le sac.
— Ni à me poser la question ?
— Non plus.
— Ni à en acheter au Naturalia devant lequel tu passais tous les jours ?
— Non plus. Enfin bref, ils faisaient des caprices, ils traînaient, j'ai dû me fâcher plein de fois...
— Et alors, vous êtes arrivés en retard ?
— Non. Par contre, mardi, j'ai oublié de prendre les cartables des jumeaux.
— HEIN ?
— Ben oui, nous étions partis en catastrophe, du coup je n'y ai pas pensé. Ce sont eux qui s'en sont rendu compte, mais nous étions déjà devant l'école, donc je n'avais pas le temps de revenir les chercher. Pas grave : ils se sont débrouillés sans ce jour-là, voilà tout.


Le jour où il me dira que ça s'est mal passé, je m'inquièterai vraiment.



jeudi 16 juin 2016

Petites chroniques des repas en famille

Acte I
Mercredi midi, j'ai rendez-vous chez l'ophtalmo avec Mr Thing Two à l'heure du déjeuner. Je l'emmène en triporteur. Au retour, j'ai le plaisir de constater que Darling s'est chargé du repas : tout le monde a déjà mangé. Au menu : boulettes Picard réchauffées au micro-onde, et riz à la sauce tomate.
Je mange rapidement avec Mr Thing Two, puis je retourne sur mon ordinateur. Le navigateur Internet est ouvert. Sur une recette de cuisine, si on peut appeler ça ainsi : Comment faire un riz basmati ?

(J'ai bien ri) (je suis méchante)


Acte II
Mercredi soir, je sors. Jeudi matin, je m'étonne auprès du Grand :
— Vous avez mangé le gâteau à la rhubarbe en entier, hier soir ?
— Oui, mais c'est papa ! Il a pris deux énormes parts, il a presque tout mangé tout seul !
— Pourquoi, les petits n'ont pas aimé ?
— Non, pas tellement, et moi non plus. Ils ont juste mangé une petite part chacun, Papa s'est même fâché et il a forcé Miss Thing One a terminer sa part.

Une demi-heure plus tard, le Grand est à l'école, et Darling se lève (horaires décalés). Je l'interroge :
— Vous avez fini tout le gâteau à la rhubarbe, hier soir ?
— Bien sûr, les enfants ont adoré ça ! Ils en ont pris deux fois chacun, Miss Thing One en a même pris trois fois !
— Ah bon ? Et le Grand ?
— Lui, c'était le seul qui chipotait, il a même essayé de convaincre les autres qu'ils n'aimeraient pas ça, j'ai dû me fâcher contre lui...

(La prochaine fois, j'installe une caméra cachée.)


Acte III
Comme je n'étais là hier ni pour le déjeuner ni pour le dîner du mercredi, et que j'ai fait le plein de produits frais et biologiques, je fais des efforts pour le dîner du jeudi. Je passe plus d'une heure aux fourneaux : salade composée, rôti de porc en cocotte, carottes rissolées, purée de pommes de terre, yaourts aux framboises et crèmes au chocolat, plus le pain. Je suis plutôt fière de moi (et fatiguée, aussi).
Mais...
— Z'aime pas la salade ! crie le Filou.
— Je déteste les avocats ! braille Miss Thing One.
— Elle n'est pas très bonne, cette viande, remarque Mr Thing Two.
— Pas de sauce, ne me mets pas de sauce ! exige le Grand.
— Z'aime pas les carottes ! hurle le Filou.
— Il y a des petites boules dans la purée, râle Miss Thing One.
— Pourquoi il est acide, ce pain ? s'interroge le Grand.
— Je finirai ma crème au chocolat demain parce qu'elle est encore un peu chaude, décide Miss Thing One.
— On ne sent pas beaucoup les framboises dans ce yaourt, m'informe le Grand.
— Hier, papa nous a fait du riz et des boulettes : c'était meilleur ! conclut Mr Thing Two.

(Je les hais.)

vendredi 3 juin 2016

Qui l'eût crue ?

Hier soir, retour à minuit passé. Je ne défais même pas ma valise : lavage de dents, bisous aux gamins endormis, au lit.

Ce matin, à 7h, le réveil se met en route.
"... êtes sur la matinale de radio-classique, il est sept heure, bonjour ! Le journal des informations : Selon les prévisions, le niveau de crue de la Seine devrait dépasser 6 mètres aujourd'hui..."

Voilà qui me réveille d'un coup.

— Le niveau de quoi ? Darling ?
— Pfffssshhhhht....
— Darling !
— Grrmmpfffsh ?
— Il y a des inondations dans Paris ?
— Mmm ? Oui, bien sûr, tu n'étais pas au courant ?
— Tu te rappelles que j'étais dans un endroit sans télé, sans internet, sans radio ?
— Quelqu'un aurait pu te le dire...
— Qui ? La seule personne avec qui j'ai parlé tous les jours, c'est-à-dire... toi ?
— Ben... J'ai pensé que tu le savais...

Promis, la prochaine fois que je vais là-bas, je m'offre deux cappuccini quand je vais prendre mon goûter au café, et en plus d'un petit tour sur ma boîte mail et sur mon blog, je prends le temps de regarder les gros titres du Monde.

En tous cas, une chose est sûre, apprendre ça brusquement au réveil, ça fait un choc. Quand je pense que je me plaignais parce que mes cerises n'étaient pas mûres... Je peux dire que c'est la douche froide, ou ce serait aller un peu loin ?



PS : Normalement je ne relaie pas les images virales qui circulent sur Internet (sauf si elles concernent le vélo, j'admets), mais celle-la m'a bien fait rire (et elle a un vague rapport avec le vélo, d'ailleurs) :
Si cela continue...

lundi 23 mai 2016

Planning et discussion conjugale

— Darling, je te l'ai déjà dit, mais la semaine prochaine, je serai absente du dimanche matin au jeudi soir.
— Je sais.
— Donc il faut que tu changes tes horaires à la librairie.
— Ah, oui, c'est vrai. Je vais m'en occuper demain. Qu'est-ce qu'il faut que je fasse, déjà ?
— Eh bien, que tu fasses l'ouverture tous les jours, et surtout pas la fermeture, pour pouvoir t'occuper des enfants le soir.
— Ah. D'accord. Quel jour tu reviens ?
(Ne nous énervons pas.)
— Le jeudi soir.
— Donc il faut que je changes mes horaires, euh...
— Le lundi et le jeudi, puisque normalement tu finis tard ces jours-là.
— Le lundi et le jeudi, c'est ça. D'accord. Et pourquoi tu pars, déjà ?
— Pour des tas de bricole, la succession à terminer, l'abonnement téléphonique à changer, la déclaration de revenus à faire, des devis à demander... Des trucs que je n'ai jamais le temps de faire quand j'y suis l'été avec les enfants.
— Mouais. En fait, tu y vas surtout pour te la couler douce pendant quelques jour, hein.
— Cela va sans dire. Je croyais que tu voulais la version officielle.
— Et donc, la version officielle, c'est quoi ? Qu'est-ce qu'il faut que tu fasses, en vrai de vrai ?
— Je viens de te le dire !
— Oui, mais tu ne peux pas trouver une raison plus convaincante ? Qu'est-ce que je vais leur dire, au boulot, quand ils vont me demander pourquoi je change mes horaires ?
— Pourquoi, la succession qui traîne, ça ne te plaît pas, comme raison ?
— Si, mais ils vont me demander pourquoi je ne les ai pas avertis plus tôt.
— Et je suppose que tu ne veux pas dire "Parce que ma femme m'a prévenu il y a trois mois, mais c'était beaucoup trop tôt, et elle me l'a répété il y a un mois, mais je l'ai ignorée, et elle me l'a répété il y a deux semaines, mais je n'ai pas écoutée, et elle me l'a encore répété il y a une semaine, mais je n'ai rien fait, du coup je m'y prends à la dernière minute alors que les billets de train ont été achetés en février", n'est-ce pas ?
— Mmm, non, je préférerais pas.
— Eh bien, débrouille-toi.
— Bon, je vais leur parler de problèmes administratifs imprévus.
— C'est ça.
— Alors, juste pour être sûr de ne pas me tromper... Il faut que je change mes horaires quels jours, déjà ?


Le temps va me paraître long jusqu'à dimanche...

lundi 28 décembre 2015

Tant qu'on a la santé...

Darling est malade, si malade qu'il n'a pas pu retourner au boulot aujourd'hui et qu'il ne sort plus de son lit, ni de jour, ni de nuit.
Le Filou est malade, si malade qu'il dépasse 40° au moins deux ou trois fois par jours depuis quatre jours (oui, depuis Noël, donc), qu'il vomit, qu'il frissonne et claque des dents, qu'il ne mange strictement rien, qu'il ne dort la nuit que par tranches de 20 minutes.
Par bonheur, je ne suis pas malade, moi. Je suis donc tout à fait en état de me lever 20 à 30 fois par nuit, d'assurer les quatre repas par jour des sept personnes qui sont actuellement chez moi à temps plein (plus la vaisselle, les lessives, etc.), de faire une virée à la piscine avec les Things qui s'ennuient, d'emmener les malades chez le médecin en triporteur, et de ranger la maison et faire les courses par Internet après avoir couché tout le monde, avant d'affronter ma quatrième nuit-presque-blanche d'affilée.
— Tu as vraiment de la chance d'être toujours en bonne santé, me dit Darling.

(Soupir)
(En vrai, il a raison, parce que si j'étais malade, je serais bien obligée de faire tout ça quand même...)
(Demain, une liste de pollyanneries, d'accord ?)

mercredi 16 décembre 2015

Fofo sur son vélo sur le frigo

Vous vous êtes toujours demandé à quoi pensent ces cyclistes qui sifflotent joyeusement en vous dépassant quand vous êtes coincés dans les embouteillages* ?


Eh bien voilà, vous avez la réponse : ils préparent mentalement leur liste de courses.

(Si ça continue, il va falloir que j'ouvre une rubrique intitulée "Fofo vue par Darling sur le frigo". Voir ici ou là.)
(Mais en vrai, j'ai un vélo hollandais, sans barre au milieu.)

* Je ne résiste pas l'envie de mentionner ce slogan vu au dos d'un gilet jaune, et qui rappelle une vérité assez fondamentale : "Vous n'êtes pas coincés dans les embouteillages, vous êtes les embouteillages..."

lundi 16 novembre 2015

Solitude et indépendance (ou presque)

Et donc, pour clore une semaine de montagnes russes émotionnelles commencée avec la mort de ma grand-mère, suivie par l'arrivée du chat chez moi, le voyage à l'autre bout de la France pour l'enterrement, la naissance de mon neveu, et ne parlons même pas des attentats, dimanche matin, je me suis levée à 4h45 du matin pour prendre le train afin de faire un petit voyage dans notre maison estivale, celle héritée de mon autre grand-mère, afin de réaliser toutes les démarches que je n'ai jamais le temps de faire en été avec les gamins dans les pattes.

Quand je suis arrivée, la nuit tombait (à 16h30, beaucoup plus tôt qu'à Paris), j'avais mal à la tête d'avoir si peu dormi, tout le paysage était caché par le brouillard typiquement automnal, la maison était froide et sombre, les tapis étaient enroulés, et je n'entendais pas un bruit. Nul doute que ma soeur (la plus petite) aurait trouvé que c'était un cadre parfait pour un film d'horreur.
En plus, le frigo et le garde-manger étaient vides. L'horreur, je vous dis.

Malgré tout, j'aime venir ici toute seule pour trois ou quatre jours. J'aime la manière dont le temps se dilate. Je cours à la poste, à la mairie et à l'agence de téléphone, je traduis, je relis des épreuves, je fais des lessives (onze paires de draps qui datent de cet été), et malgré tout, j'ai l'impression que les journées font 48 heures. Le silence m'enveloppe, je m'entends de nouveau penser, je choisis mes horaires, et pendant quelques jours, plus personne ne dépend de moi. Un sentiment enivrant.

Sauf...
Sauf quand le dimanche soir, Darling me demande "mais au fait, qui va chercher les enfants à l'école demain ? Ils sortent à quelle heure, déjà ?", et qu'il faut que je réexplique le programme de la semaine (idiote que je suis, avant je l'affichais sur la porte, cette fois j'ai oublié).
Et surtout, sauf quand le téléphone sonne à trois heures du matin, parce que le Filou a une otite, que le doliprane ne calme pas la douleur, et que Darling veut savoir si on a quelque chose de plus fort, en attendant d'aller voir le médecin le lendemain.
(Oui, nous avions de la codéïne, et je connaissais la posologie par cœur. Je suis une mère formidable.)
J'ai mis deux heures à me rendormir. Et je ne pouvais pas faire la grasse matinée : je devais me lever à 7h du matin pour aller à la poste m'entendre dire qu'on ne pourra pas terminer cette fois-ci la succession de ma grand-mère (morte il y a cinq ans, oui oui, donnez-moi encore cinq ans et on en viendra à bout), et qu'il faudra que je revienne dans deux mois.

(Je n'ajoute rien, je trouve que ça se passe de conclusion)

(Voyons le bon côté des choses : j'ai trouvé un café avec Internet qui fait un bon capuccino.)

mardi 15 septembre 2015

Miss Fofo, I presume ?

Après la super-héroïne, voici que sur notre frigo s'est invitée une James Bond Girl.


Ce n'est pas que je ne sois pas flattée, hein, mais autant je me reconnaissais assez bien avec un panier de courses d'un côté et une plume de l'autre, autant j'ai un peu plus de mal à m'imaginer en train d'émerger de l'océan en bikini avec un couteau à la main...


samedi 5 septembre 2015

A poings fermés

Hier soir, environ 22h30.
Tiens, c'est quoi ce bruit ?
Une espèce de grondement...
Je monte l'escalier. Ça vient de la chambre du Grand. Je le trouve en train de ronfler sur son lit, plafonnier encore allumé, sa DS dans une main et un bouquin dans l'autre. Visiblement, ni DS ni bouquin n'ont réussi à retenir suffisamment son attention.

J'ôte la DS, j'ôte le bouquin, j'éteins la lumière. Il ne bronche pas, continue à ronfler comme une motocyclette. Je descends en riant et je m'approche de Darling, qui regarde la télévision sur le canapé, pour lui raconter ça :
— Devine dans quelle position je viens de trouver notre fils aîné ?
Mais Darling ne répond pas. Télécommande dans une main, verre vide dans l'autre, il est tout aussi profondément endormi que son fils...

(Pff... Et dire que pendant ce temps-là, moi, je bosse !)

vendredi 21 août 2015

Déjà ?

Au téléphone avec Darling :

— Alors, j'en ai discuté avec mes invités, et on va rentrer mardi ou mercredi.
— De la semaine prochaine ? Déjà ?

Je vais le tuer.

— Oui, ça fera un mois que tu ne nous as pas vus. Je suis ravie de constater que nous ne te manquons pas trop et que tu ne comptes pas les jours, TOI.
— Ah mais si, mais si, vous me manquez terriblement ! Mais je pensais que vous rentreriez samedi ou dimanche prochain...
— Tu veux vraiment qu'on prenne la route le dernier weekend du mois d'août ?
— Ah non, bien sûr, alors le lundi ou mardi d'après...
— Tu veux dire le jour de la rentrée ?
— C'est déjà la rentrée ?

Je vais le tuer, vous dis-je.

samedi 15 août 2015

Mes vacances selon Darling

Je raconte à Darling que, hier, j'ai bien fait rire mon amie en sautant de joie quand son mari nous a proposé d'aller faire le plein avant leur départ ("Youpie, on va à la station-service, on sort de la maison, je lâche mes mômes pendant dix minutes, c'est la fête !").
— Mais bon, poursuis-je en essayant de rester positive, au moins, je suis à jour sur mon planning de traduction.
— Ah, tant mieux, c'est le plus important.
— Hein ? Comment ça, le plus important ? A tes yeux, le plus important, c'est que je bosse autant que possible ?
Il comprend qu'il a fait une gaffe, et se corrige précipitamment :
— Non, non, bien sûr, le plus important c'est que les enfants s'amusent bien et passent de bonnes vacances...
(C'est à cet instant précis que j'ai décidé d'aller passer un weekend à Londres ou ailleurs – sans enfants et sans Darling – cet automne.)