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mardi 20 décembre 2022

Conclusions hâtives et petites hypocrisies

Nous devions partir tous ensemble ce matin pour aller chez ma mère fêter Noël, après quoi nous avons un échange de maison prévu pendant quelques jours avec des Suisses. Hélas, tous les gamins ont été malades les uns après les autres, et là, c'est le tour du Filou, qui comate au lit depuis 48 heures et ne se redresse que pour vomir. Je suis donc restée à Paris en attendant qu'il soit transportable. On applaudit bien fort le Grand qui a eu le courage de prendre le train avec les jumeaux ET ses petits cousins, et a visiblement réussi à n'en perdre (ni en étrangler) aucun.

Bref, hier soir, alors que je croyais encore pouvoir partir aujourd'hui avec les autres, j'ai écrit aux Suisses qui vont venir chez nous pour leur expliquer que je n'avais pas pu tout bien ranger comme je l'aurais voulu, que les derniers jours avaient été difficiles, et que j'espérais qu'ils seraient indulgents. Je me méfie des critères de propreté des Suisses, et je ne voulais pas qu'ils se formalisent en découvrant que je n'avais pas réussi à libérer des tiroirs pour qu'ils y entreposent leurs affaires, ou à vider totalement le panier de linge-sale, ou à nettoyer le réfrigérateur à fond.

La mère me répond aujourd'hui très gentiment, pour me dire qu'elle espérait que j'avais pu partir malgré tout, qu'avec un peu de chance le bon air de la Suisse rétablirait mes petits malades, et pour savoir si nous aimions la raclette, car ils proposent de nous en laisser pour notre premier repas. Je me dis qu'elle est vraiment très aimable et compréhensive envers la mère célibataire débordée que je suis.

Et puis, au moment de la remercier, je scrolle son message vers le bas, et je m'aperçois qu'elle a transféré mon mail à son mari avant de me répondre, en ajoutant un commentaire qu'elle a oublié d'effacer :

Pff... L'appart va être déguelasse, quoi !


(J'ai envisagé de lui signaler aimablement que ça s'écrit "dégueulasse", mais j'ai finalement préféré faire comme si je n'avais rien vu)

(La bonne nouvelle, c'est que s'ils s'attendent au pire, ils auront une bonne surprise)

 

 


mercredi 1 juin 2022

Virée en famille chez la dentiste

Je reçois deux lettres de la sécu : à l'occasion des 12 ans des jumeaux, ils sont invités à faire une visite de contrôle chez le dentiste. Maintenant que j'y pense, ça fait un bout de temps qu'ils n'y sont pas allés. Et les autres non plus, d'ailleurs. Et moi non plus. Voyons, il me semble que j'avais prévu de faire ça au printemps 2020, mais...

Oh là là, je suis une mauvaise mère.

J'ai donc pris cinq rendez-vous à la suite, et nous y sommes allés tous ensemble hier soir. C'est chouette, ça faisait longtemps qu'on avait pas fait une sortie en famille.

C'est parti. Je croise les doigts. Des deux mains.

- Le Filou. Encore beaucoup de dents de lait. On verra plus tard l'implantation des dents définitives. Mais il se lave très mal les dents. Non, la brosse à dents électrique n'améliore pas forcément les choses, parfois même elle les empire, car on ne fait plus l'effort d'aller de haut en bas (je le SAVAIS !!!). Veuillez me surveiller tout ça de plus près, madame. Et DEUX fois par jour !

Jusque-là, tout va à peu près bien.

- Le Grand. Hygiène également à revoir, mais pas de caries (l'avantage de préférer le saucisson aux bonbons). Aïe, les dents de sagesse n'auront pas la place de pousser. Il faut les enlever.

(Et là, il a fallu ranimer le grand dadais, qui était heureusement allongé sur le dos dans le fauteuil du dentiste et n'a donc pas pu tomber).

Bon, allez, je ne peux pas dire que je ne m'y attendais pas.

- Mr Thing Two. Oulà. Dès que je vois la radio, je comprends qu'il va y avoir un problème. Gagné : au moins trois dents, pas encore sorties, ne poussent pas droit ; l'une est même carrément inclinée à 45° et part donc vers le palais. Et à part ça, il lui manque deux dents définitives, pas dans le sens où elles n'ont pas poussé mais dans le sens où elles n'existent pas. Bref, grosse opération à prévoir à l'automne, et appareil dentaire ensuite.

Gloups, tout ceci va me coûter cher...

- Miss Thing One. Pareil, en à peine moins dramatique (il ne lui manque qu'une seule dent). C'est moins urgent, mais il faudra revenir dans un an et sans doute faire la même opération qu'à son jumeau. 

Mais c'est pas vrai ! Et dire que tout ça, c'est la faute à Darling. Moi, j'ai une implantation de dents impeccable.

- Fofo. Dents parfaitement alignées, brossage meilleur que celui des enfants (SANS brosse à dents électrique !). Mais dents qui commencent déjà à se déchausser : prévoir un dentier dans quelques décennies. Et émail fragile, donc gros risque de caries, d'ailleurs vous avez un trou, là, vous ne vous en êtes pas rendu compte ? Visiblement une ancienne carie déjà soignée, le pansement a sauté, vous avez de la chance d'être venue avant que ça atteigne le nerf. Ne bougez pas, je vous fait une anesthésie. Ah si si, tout de suite. Cette fois je vais vous mettre un moulage plus solide qui ne risque pas de s'effriter au fil du temps, mais il faut le fabriquer, donc revenez dans 15 jours. En attendant je nettoie et je vous mets un pansement provisoire. 

Bilan de la soirée : quelques centaines d'euros en moins dans mon portefeuille, quelques milliers d'euros à prévoir à l'automne, une mâchoire engourdie pendant des heures de sorte que je n'ai pas pu manger ni même boire mon thé (et ÇA, c'est triste), et des enfants fort mécontents d'avoir passé une heure et demie chez la dentiste au lieu de jouer à la DS ou dessiner ou lire des BD.

Bon.

Aux grands maux, les grands remèdes.

Du coup, en rentrant, après un dîner express, on s'est installés avec des glaces (sauf moi) devant Coup de foudre à Notting Hill, ce qui nous a tous remis de bonne humeur.

mardi 10 mai 2022

Débordée ?

Je ne dis pas que j'ai été particulièrement débordée ces derniers mois, non, je dis juste que ce n'est que ce matin que j'ouvre enfin le courrier qui s'est accumulé pendant les vacances.

Les vacances de février, je veux dire...

 

 (soupir)

 

 

(Mais courage, j'ai ouvert toutes les enveloppes. Et quant au courrier virtuel, il y avait respectivement 589 et 461 emails à traiter dans mes deux boîtes mail il y a trois semaines, et il n'y en a plus que 23 et 77. Je finirai par en venir à bout !)

mardi 25 janvier 2022

Amertume

Ah oui, j'ai bien fait rire mes enfants en leur racontant l'histoire de leurs petits camarades qui n'aimaient plus le Nutella depuis le covid. Je n'y croyais pas trop moi-même, en toute franchise.

Depuis, ma mère m'a dit qu'un ami à elle a cessé d'aimer la moutarde suite au virus, lui aussi.

Diable.

Cet après-midi, quand le Filou m'a rapporté une pomme dans laquelle il venait de mordre en m'assurant qu'elle était pourrie, que je l'ai goûtée, et que je l'ai trouvée normale, je riais déjà beaucoup moins. Quant à lui, après avoir tenté l'expérience avec un quartier d'orange et un morceau de banane qu'il a recrachés aussi sec, il ne riait plus du tout, du tout, du tout. Je l'ai consolé de mon mieux en lui promettant que ce serait très certainement provisoire.

Et là, moi qui ai un mal de gorge intense malgré les trois (trois !) tests négatifs que j'ai faits depuis samedi, je viens de me rendre compte que je trouvais mon thé tchaï aux épices sucré au miel particulièrement fade...


(Non mais non mais non mais non, migraines, maux de gorge, fatigue, perte d'appétit s'il le faut, vomissements à la rigueur, mais nous n'allons pas perdre le goût, hein ? Non, hein ?)

dimanche 23 janvier 2022

Fallait bien que ça arrive...

Pour se réveiller sans traînasser le samedi matin, je recommande "Maman je me sens pas bien, j'ai chaud et j'ai froid et l'eau elle a un goût bizarre". Efficacité redoutable.

Le Filou a eu un coton-tige dans le nez avant même le thermomètre dans l'oreille. Une heure plus tard nous étions à l'ouverture de la pharmacie la plus proche. Mr Thing Two se tenait à dix mètres de nous parce qu'il ne voulait vraiment pas avoir le covid, de peur de devoir passer une semaine entière enfermé. Miss Thing One faisait de gros câlins à son petit frère parce qu'elle avait très envie de passer une semaine à la maison.

Mais le covid est facétieux : c'est Mr Thing Two qui a été diagnostiqué positif, sa sœur et moi pas.

Le Grand a passé la journée du samedi entièrement enfermé dans sa chambre sans mettre le nez dehors. Oui, bon, d'accord, comme d'habitude, mais en général il vient au moins piquer de la nourriture de temps en temps dans la cuisine. Là il a fallu que je lui apporte une assiette de pâtes, tellement il avait peur de nous.

Résultat, en fin de comptes, il l'a attrapé, lui aussi, et est assez patraque depuis la nuit dernière. Il venait de faire sa troisième dose de vaccin vendredi. Grrr.

Et moi qui espérais passer le weekend à coudre et à randonner, j'ai fait une croix sur la rando et j'ai passé une grosse partie de mon temps à m'occuper du Filou et à vider les bassines (oui cet enfant a toujours eu un réflexe vomitif qui prend son rôle très à cœur). J'ai même fini par dormir dans la même chambre que lui au cas où il aurait besoin de moi pendant la nuit. Je SAIS, c'est complètement idiot, mais je ne pouvais pas le laisser agoniser tout seul, hein ?

Et maintenant, j'ai mal à la tête et à la gorge, même si un deuxième test réalisé tout à l'heure soutient que non non non, y a rien du tout.

Et une nouvelle semaine commence sans que je me sois reposée, et j'ai une montagne de boulot.

MAIS... (Pollyannisons) :

- J'ai réussi à me coudre une blouse ;

- Si on y passe tous maintenant, on n'aura plus cette épée de Damoclès au-dessus de la tête et on pourra programmer sereinement nos vacances de février ;

- Je sens toujours le goût du chocolat et sans doute aussi du nutella (je vais aller tester, tiens) ;

- Il va se passer quelque chose de très très chouette cette semaine, que je vous annoncerai jeudi prochain.


Et parmi vous, reste-t-il quelques miraculés ?


Edit du lundi : Ça y est, Miss Thing One est malade comme tout le monde !

Edit du  jeudi : Et moi aussi, of course !

jeudi 6 janvier 2022

Appel redouté

Depuis lundi matin, chaque fois que le téléphone sonne, je décroche en pensant "Ça y est, c'est l'école ou le collège qui m'annonce que l'un des gamins est cas contact"

Auquel cas, si vous n'avez pas suivi, je suis censée emmener ledit gamin faire un test. Sachant qu'il y a entre deux et trois heures de queue devant chaque pharmacie, chaque laboratoire. Et ensuite il faudrait recommencer le surlendemain. Et le jour suivant.

Bref, tout ça pour dire que je n'ai jamais accueilli avec autant de joie les "Allô oui, c'est Monsieur Lambert le marchand de Bordeaux, un ami à vous m'a donné vos coordonnées et m'a dit que vous étiez une grande connaisseuse en matière de vin, je peux vous parler de notre production ?"


(Pour ceux qui ne me connaissent pas "en vrai", il faut savoir que je n'aime pas l'alcool. Du tout. Même dans la bière, le champagne ou le cidre. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, pourtant. Mais d'un autre côté, je me dis que ça n'est pas plus mal : ça me permet de manger davantage en toute bonne conscience...)

mercredi 8 décembre 2021

De l'inéductabilité du poireautage

 Ce matin, je me suis réveillée avec la goutte au nez, mal à la gorge et mal à la tête.

Après plusieurs jours trépidants, on peut supposer que c'était la conséquence d'une succession de nuits trop courtes et de quelques heures passées à attendre dans le froid devant un monument, une borne de taxi, un restaurant, l'entrée du salon du livre de Montreuil, etc.

Mais je suis quelqu'un de responsable. Malgré mon sale état – et mes trois doses de vaccin –, je savais qu'il allait falloir que j'aille faire un test covid, par sécurité. C'est peu dire que je n'avais pas envie d'aller poireauter dans le froid devant la pharmacie, pourtant.

C'est alors que je me suis souvenue que le collège avait distribué des boîtes d'autotest aux gamins de sixième, donc aux Things. Une fois les gamins partis, j'ai sorti les machins, j'ai lu les instructions aussi complexes que celle du montage d'un Zektrömaek ikéesque quelconque, je me suis écouvillé les deux narines en apprenant un  nouveau mot au passage (oui oui, c'est vraiment utilisé comme un verbe dans le mode d'emploi), j'ai pleuré pendant trois minutes en me mouchant douze fois (ce qui prouve que j'ai bien fait les choses, il me semble), j'ai attendu le quart d'heure réglementaire en comatant sur le canapé, et j'ai pu constater que je n'avais visiblement pas le covid. Zut, moi qui espérais avoir une bonne excuse pour ne pas participer à la prochaine sortie scoute, c'est raté. Mais au moins, ai-je pensé, je vais pouvoir me recoucher, parce que je ne tiens plus debout.

Je me suis donc renfoncée dans mon lit, très contente d'avoir évité de poireauter dans le froid devant la pharmacie.

Un quart d'heure plus tard, le téléphone a sonné. J'étais en train de m'endormir. C'était l'école du Filou. Un cas dans sa classe. Pas de cantine pour lui aujourd'hui. Il sort tout de suite. Et test obligatoire pour avoir le droit de revenir demain.

Et voilà comment j'ai quand même fini par aller poireauter dans le froid devant la pharmacie.

  

(Négatif lui aussi, au fait)


lundi 1 novembre 2021

imperméable (ou pas)

Puis-je raisonnablement supposer que mon imperméable ne l'est pas?
(Pas grave, rien de plus revigorant qu'une promenade dont on revient frigorifié et trempé.)

vendredi 7 mai 2021

Les bons côtés du confinement (et de la météo pourrie)

Alors, je ne dis pas que j'aurais aimé qu'on en soit encore à un confinement ultra-strict comme l'année dernière à la même date. Non, non.

Ni que j'ai fait la danse de la pluie dans mon salon en priant pour qu'il tombe des cordes sans discontinuer jusqu'à fin juin. Promis.

Mais quand même,

quand les jumeaux sont arrivés la bouche en cœur pour me demander :

 "maman, du coup puisqu'on a le droit de se réunir au parc et qu'il va faire beau samedi, on peut fêter notre anniversaire avec cinq ou six copains chacun ?",

je mentirais en disant que je n'ai pas eu un très léger regret.

(Et moi qui avais prévu une grande rando, demain. Snif.)


PS : Dans la même veine, lu à l'instant sur Twitter : "Doucement SVP avec les vaccinations, il ne faudrait pas qu’on reprenne une vie normale avant l’annulation de la kermesse de l’école de nos gosses."

samedi 27 mars 2021

Série noire

Chic, voici le samedi, le jour où je m'autorise à ne pas travailler et où je ne mets pas mon réveil !

Bien sûr, je ne vais pas pouvoir aller faire une grande randonnée dans une forêt autour de Paris comme j'aimerais, mais c'est pas grave, j'ai d'autres projets.

Déjà, on va à la bibliothèque. Il y a plusieurs livres que j'ai réservés et que je me réjouis d'emprunter.
Pas de bol, les bibliothécaires sont en grève. On peut rendre les livres, mais pas en prendre d'autres.

Bon. Tant pis. Après les corvées habituelles, dont un découpage de légumes qui m'amène à casser un couteau (la lame en céramique s'est brisée net sous ma main !), je décide de me mettre à la couture vers 14h. Ma machine était en panne depuis deux mois, mais je viens de la faire réparer, youpi !
Ouais, sauf que je ne sais pas ce qu'à fait le réparateur, mais il n'a pas réparé le problème que je lui avais signalé, comme je le constate au bout de trente secondes.

Extrêmement déçue (j'ai une robe en cours depuis janvier !), j'appelle le réparateur, qui me dit de lui rapporter la machine. C'est à l'autre bout de Paris. La barbe.
Je descends dans le parking, je détache mon vélo, je ligote l'appareil dans une sacoche, je démarre. Je fais quatre mètres avant de me rendre compte que j'ai un pneu à plat. Le pneu arrière, bien sûr. Et sur mon vélo hollandais, démonter la roue arrière est passablement compliqué. Je n'ai jamais appris à le faire.

J'appelle mon vélociste. Oui, oui, il peut me prendre le vélo pour le réparer, bien sûr. Jeudi prochain. Non, ce n'est pas une blague : il est débordé, en ce moment.

Je rappelle le réparateur de machines à coudre. Il ferme à 16h. Il est 15h15.

Je saute sur un autre vélo, que j'aime beaucoup moins, mais c'est le seul qui ait des pneus gonflés et je n'ai pas une minute à perdre. Je pédale à toute allure sur cette bicyclette qui couine et qui grince et qui vibre. J'arrive deux minutes avant la fermeture. Le réparateur me dit que si je veux attendre, il va me faire ça tout de suite.

Trempée de sueur après mon pédalage intensif, j'attends devant la porte ouverte. Je suis désormais gelée quand il m'annonce, une heure plus tard, que le problème est plus compliqué que prévu et que finalement, il va garder ma machine.

Je rentre. J'en pleurerais presque. En temps normal, dans ce genre de circonstance, je décide d'abandonner tout le monde et d'aller au cinéma, mais les cinémas sont fermés. Bon, je vais faire du bricolage, ça me calmera. Ça fait deux ans que je veux améliorer la table de chevet de ma fille en lui ajoutant une tablette. Je viens de commencer à percer les trous quand des étincelles et de la fumée sortent de ma perceuse/visseuse. Pas au niveau de la mèche, mais au niveau du moteur.
Mon outil préféré est HS.

C'est l'heure du dîner, et je n'ai RIEN réussi à faire aujourd'hui. On va tâcher de se consoler avec un bon repas.
Ah oui mais non, pour faire le menu prévu il me faudrait des trucs qui sont dans le lave-vaisselle. Que je viens de faire partir. Parce que le Grand a oublié de le faire tout à l'heure, après le déjeuner.

 

Bon.

J'ai fait des pâtes-à-rien pour les mioches, une salade pour moi*, et je les ai expédiés au lit.

Et maintenant, je crois que je vais me faire un gros chocolat chaud avec de la chantilly et manger des gâteaux en relisant un Fantômette ou un truc du genre. Vu les circonstances, je crois que je peux me le permettre, non ? Bien sûr, il est possible que le manche de la casserole me reste dans la main, que je m'ébouillante avec le liquide, et que je tache irrémédiablement mon livre, mais je vais tenter malgré tout. Je suis d'un incurable optimisme. 

 

* Pas d’affolement, c'est bien moi qui parle, mais il y a une bonne raison, lisez la suite.

vendredi 20 novembre 2020

Pour vous remercier de votre fidélité...

 Driiing !

— Allô, bonjour madame, je me présente, je suis Machintruc de chez SFR et je vous appelle pour vérifier si tout va bien avec votre abonnement.

— Ah, vous tombez bien, j'ai essayer de vous joindre hier mais je n'ai pas réussi à vous contacter. NON, tout ne va pas bien, ma box est vieille et j'ai une connexion absolument nulle dans la maison, avec des coupures de wi-fi à longueur de temps. J'ai déjà téléphoné plusieurs fois pour que le problème soit résolu, en vain. Si on ne me change pas cette box, je vais finir par changer de fournisseur !

— Alors ça, c'est le service client qui s'en occupe, je vous le passerai à la fin de cette conversation. Et pour vous remercier de votre fidélité j'ai le plaisir de vous offrir une chaîne supplémentaire pendant douze mois !

— Ce n'est pas la peine, je ne regarde jamais la télévision.

— C'est une très bonne chaîne de cinéma, très appréciée, qui coûte normalement 4,99 € par mois !

— Oui, d'accord, mais je ne regarde jamais la télévision.

— Votre télévision n'est pas branchée ?

— Si, parce que je regarde des DVD. Mais jamais la télévision. Enfin, très exceptionnellement. Là, depuis un an, j'ai dû la regarder... deux fois ? Oui, c'est ça : quand Macron a annoncé les confinements.

— Ce n'est pas grave madame, je ne veux pas vous laisser partir les mains vides, donc je vous ajoute cette chaîne de télévision à votre abonnement.

— Je vous dis que non ! En plus je parie qu'au bout de douze mois elle va devenir payante, et moi je vais oublier de la résilier !

— Non, non, je vous assure, au bout de douze mois, sans démarche de votre part, c'est résilié automatiquement.

— Ah. D'accord. Mais non merci, ce n'est vraiment, vraiment, vraiment pas la peine. Je ne l'utiliserai pas. Donc non.

(Un moment de flottement. Visiblement, il y tenait, à ce que je prenne sa chaîne supplémentaire.)

— Dans ce cas, madame, je vais demander à mon manager, et au lieu de 47 € par mois je vais passer votre abonnement à 43 € par mois, car je veux que vous soyez satisfaite de SFR.

— Bon, OK, ça c'est déjà mieux.

— Très bien. Alors à partir de maintenant...

— Stop, stop, attendez une seconde. Je viens de comprendre. Si j'accepte, je me réengage pour douze mois, c'est ça ?

— Euh, alors, oui, effectivement...

— Et moi je viens de vous dire que si mes problèmes de connexion ne sont pas résolus, je veux me réserver le droit de changer de fournisseur ! Donc non, non, merci mais non, je ne veux pas de votre réduction !

 

(Finalement il m'a fait tellement pitié – il devait avoir peur de se faire taper sur les doigts par ses supérieurs – que je lui ai proposé de me rappeler dans quelques jours, et SI mon problème de box était résolu, je la prendrai, sa réduction avec réengagement de douze mois.)

jeudi 12 novembre 2020

Remise des diplômes

Email reçu aujourd'hui de l'ancien lycée du Grand :

 

Madame, Monsieur,

J'ai le plaisir de vous annoncer que votre diplôme du baccalauréat vous sera remis le jeudi 19 novembre entre 9h et 12h30, ou entre 13h30 et 17h. Si vous ne venez pas le chercher à cette date, il sera renvoyé à la maison des examens à Arcueil.

Si vous êtes dans l'impossibilité de venir récupérer votre diplôme, vous pouvez donner une procuration signée à une tierce personne, avec une photocopie de votre carte d'identité. 

Attention, le diplôme ne sera remis en aucun cas à un élève n'ayant pas restitué l'intégralité de ses manuels de terminale.

Avec mes compliments pour votre réussite,

Proviseur suffisant et imbu de sa personne

 

OK, la signature n'est pas authentique. Mais le reste si.

Mon sang n'a fait qu'un tour.

Ma réponse :

 

Bonsoir,

En plein confinement, est-il raisonnable de demander à environ 400 personnes* de se déplacer ? Même pour ceux qui habitent loin et doivent prendre les transports en commun ? Que devons-nous cocher sur l'attestation ? "Déplacement professionnel ne pouvant être différé" ? En notre âme et conscience ?

Sans compter que les élèves ne sont pas en vacances, et leurs parents non plus. Mon fils doit-il expliquer à ses profs d'université qu'il n'a pas pu assister aux cours en ligne parce qu'il était impératif qu'il fasse deux heures de RER pour venir chercher leur diplôme, ce jour-là et pas un autre ? Ou bien dois-je, moi, poser une journée de congé pour cela ? Ou alors envoyer quelqu'un qui peut venir, c'est-à-dire quelqu'un à la retraite, c'est-à-dire justement une personne âgée qui doit éviter les transports en commun et les établissements publics ?

Enfin, vu que les cours étaient terminés quand le confinement s'est achevé l'année dernière, mon fils n'est jamais retourné au lycée, et les manuels scolaires de terminale n'ont donc pas pu être restitués. Nous avons envoyé un mail demandant ce qu'il fallait en faire. Personne n'a pris la peine de nous répondre. Nous allons donc être punis pour cela ? Il va falloir aller à Arcueil ? Sérieusement ? Le lycée paiera-t-il le taxi aux gueux, dont nous sommes, qui n'ont pas de voiture ?

Merci de votre considération,

Mère en colère 

 

* C'est un GROS lycée.


Remarquez bien que c'était le même proviseur qui nous avait déjà fait un sale coup il y a trois ans et quelques. Ça se termine aussi bien que ça a commencé, donc.


dimanche 29 mars 2020

Point trop n'en faut

Hier, nous avons regardé Un jour sans fin. Et nous avons bien sûr fait le parallèle avec notre vie actuelle, ou chaque jour se ressemble, avec les mêmes gens, le même décor, le même emploi du temps, sans qu'il ne se passe jamais rien.

Je suis allée me coucher en souhaitant retrouver rapidement une vie un peu plus pimentée.

Aujourd'hui, j'ai tiré à mains nues un ver solitaire de 40 cm de long des fesses de l'un de mes enfants.

Le piment, c'est comme le sel, il ne faut pas en abuser. Vivement la routine, demain...

vendredi 13 mars 2020

Fermeture des écoles

Hier, à 19h55, juste avant qu'on passe à table, j'ai allumé la télévision. Miss Thing One était à son piano (oui, elle fait du piano maintenant) et s'est tournée en voyant l'écran s'illuminer :
— Maman, la télévision elle s'est allumée toute seule !
— Non non, c'est moi qui l'ai allumée.
Elle me dévisage, ahurie.
— Pour quoi faire ?
— Eh bien, logiquement, pour regarder la télévision.
— Tu vas regarder la TÉLÉVISION ?
(Comme je l'ai dit plus tard au Grand, "Elle n'aurait pas eu l'air plus surprise si je lui avais annoncé que j'allais jouer de la trompette". Ce à quoi il a répondu : "Non, c'est sûr, et même nettement moins : c'est un peu ton style de nous annoncer tout à coup que tu te mets à la trompette. Alors que regarder la télévision...")

Ensuite, à 20h06, vous avez entendu le hurlement qui a résonné sur toute la France, quand le président a annoncé la fermeture des écoles jusqu'à nouvel ordre ? C'était moi.

Après cela, pendant le dîner, nous avons discuté en famille de ce qui allait se passer dans les semaines à venir :
— Alors, pour commencer, ce n'est pas parce que vous êtes à la maison que moi, je suis en vacances, et même très loin de là : j'ai un boulot monstre jusqu'à fin mai. Donc je vous préviens, vous aller devoir prendre en charge un certain nombre de corvées, comme la cuisine, le ménage, les lessives...
— Moi je sais faire une tarte aux pomme ! a témérairement claironné Miss Thing One.
— Moi, en tous cas, je veux pas descendre les poubelles, a dit le Grand, qui a le nez délicat.
— Moi je veux bien laver les fenêtres, a proposé Mr Thing Two, qui a le sens de l'essentiel.

Je leur ai aussi expliqué qu'en théorie, ils allaient devoir continuer leur éducation à la maison, mais sans mon aide. Qu'on sortirait quand même tant qu'on en aurait le droit, mais pas dans des lieux publics : en promenade, à pied ou à vélo pour éviter les transports en commun, sans négociation possible. Et puis j'ai annoncé une mesure drastique :
— Et aussi, à partir de maintenant, on ne fera plus que trois repas par jour.
— HEIN ?
— Quoi ? Mais pourquoi ?
— Parce qu'on va se lever un peu plus tard, petit-déjeuner vers 9h plutôt qu'à 7h30, et donc déjeuner plus tard, et donc on peut sauter le goûter. Ce qui nous fera un repas de moins à préparer, moins de rangement, de vaisselle etc.
— Mais nous on adooooore le goûter !
— Eh bien, on sautera le dîner, alors. On fera un goûter-dîner vers 18h30, comme en Allemagne ou dans plein d'autres pays.

Je dirai que dans l'ensemble, c'est l'annonce qui a suscité le plus de désolation. Mais je tiendrai bon. Nous survivrons.
Enfin, j'espère...

dimanche 15 décembre 2019

Traduction contrariée

Dimanche 1er décembre : salon de Montreuil avec un auteur.
Lundi : dernier jour du salon de Montreuil, participation à une table ronde.
Mardi : après-midi chez un éditeur.
Mercredi : kiné le matin. Et les trucs habituels du mercredi après-midi avec les gamins, danse et piano et compagnie.
Jeudi : école fermée pour cause de grève.
Vendredi : ma sœur me confie mes deux neveux de 7 mois et quatre ans.
Samedi : toujours les mioches de ma sœur (en plus des miens). Et un concert le soir.
Dimanche : le Filou est malade. Gastro.
Lundi : Filou malade (mais moins)
Mardi : école fermée pour cause de grève.
Mercredi : un mercredi, quoi. Et une réunion le soir.
Jeudi : Miss Thing One malade. Si malade qu'on passe la journée aux urgences. Pneumopathie.
Vendredi : Miss Thing One malade (mais moins)

Devinette : aujourd'hui, samedi 14 décembre, ai-je un peu, beaucoup, ou énormément de retard sur ma traduction à rendre impérativement pour vendredi prochain ?


(Bon, enfin, je me plains, je me plains, mais 24h après avoir survécu de justesse à un incendie, mon héros vient de tomber dans de l'azote liquide, à environ -200°C. Ça fait relativiser, non ?)



samedi 16 novembre 2019

Une application aux conclusions hâtives

Il y a une application "santé" sur mon téléphone, qui était pré-installée et que je n'ai jamais désinstallée parce que ça m'amuse, occasionnellement, de regarder le nombre de kilomètres que j'ai parcourus dans la journée. Mais bien sûr, sachant que j'utilise fort peu mon portable, l'appli tire des conclusions à partir du peu de données à sa disposition. Si je ne touche pas à mon téléphone de 17h à midi le lendemain, par exemple, elle me félicite de ma nuit de 19h. Si je fais 20 km à vélo, elle pense que j'étais en voiture et que je n'ai pas fait assez d'activité. Pareil si je suis allée courir sans mon portable, ou nager.

Hier, elle est allée trop loin. Comme j'ai bossé toute la journée sur ma traduction, sauf quand j'ai repeint une porte, étendu le linge, fait des courses et jardiné, elle a affiché en message d'accueil:

Vous n'avez pas atteint vos objectifs aujourd'hui. Vous avez beaucoup de temps libre ; pourquoi ne pas tenter d'augmenter de 10 minutes votre activité quotidienne? 

Il va falloir qu'elle fasse gaffe à ce qu'elle me dit, parce que j'ai la gachette "désinstaller" facile quand on m'énerve...

jeudi 14 novembre 2019

Météo inattendue

Oui, alors, en venant ici mi-novembre, je n'avais PAS prévu la neige.
C'est ma mère qui va être contente si je ne peux pas rentrer dimanche, tiens.

mercredi 16 octobre 2019

Ça peut toujours être pire

Vous remarquerez, pourtant, que je me suis bien gardé d'utiliser la phrase "Ça ne pourrait pas être pire" dans mon post précédent – phrase qui, de notoriété publique, porte malheur, tout comme la phrase "ouf, nous sommes tirés d'affaire", en tous cas au cinéma.

N'empêche que ce matin, en allant à ma formation à vélo, je descendais tranquillement un boulevard sur une piste cyclable protégée, et je suis arrivée à un carrefour avec un magnifique feu vert, et j'ai continué tout droit après avoir vérifié qu'aucune voiture n'allait tourner à droite sans se poser de questions, mais comme c'était embouteillé je ne voyais pas le passage piéton juste après le carrefour, et ce n'est que trois ou quatre mètres avant que j'ai constaté qu'il n'était pas pourvu d'un feu, lui. Ce qui signifiait que les piétons étaient prioritaires. J'ai donc freiné un peu brusquement. Ce qui n'aurait posé aucun problème en temps normal.
Mais ce matin, il pleuvait.
Le sol était mouillé.

Vous me voyez venir ? Le vélo a dérapé, et j'ai fait un magnifique vol plané en atterrissant aux pieds de deux passantes ahuries qui ne s'attendaient pas à voir quelqu'un se prosterner devant elles de si bon matin.
(Elles se sont d'ailleurs empressée de me relever)

Alors : je n'ai rien de grave (vous vous en doutiez, puisque j'écris ici). Je ne me suis rien cassé. MAIS j'ai mis les deux mains en avant pour me protéger, forcément, et je pense que j'ai une entorse au pouce gauche. Ou peut-être aux deux pouces ; en tous cas, même à droite, je ne peux plus rien porter de plus lourd qu'un bouquin (donc, par exemple, au hasard : une casserole...)

Bon, comme j'ai réussi à dormir sept heures d'affilées la nuit dernière (ce qui a une énorme influence sur mon humeur) et que ma formation était très sympa, je n'ai aucun mal à jouer les Pollyanna depuis ce matin :
- Je suis contente de ne pas m'être retrouvée à l'hôpital ;
- Je suis contente que mon vélo soit intact ;
- Je suis contente de ne pas avoir déchiré mon pantalon (c'est d'ailleurs très étonnant) ;
- Je suis contente d'avoir trouvé très vite un bar qui m'a donné des glaçons pour faire une poche de froid (avec une écharpe !) à mettre sur le pouce, puis une pharmacie pour acheter un bandage, histoire de limiter les dégâts ;
- Je suis contente d'avoir trouvé un rendez-vous inattendu chez un bon médecin du sport demain matin ;
- Je suis contente de ne pas avoir raté la formation ;
- Je suis contente d'avoir un vélo de ville avec une position assise très droite, ce qui m'a permis de rentrer ce soir, en tenant le guidon du bout des doigts ;
- Et surtout, je suis très, très contente de m'être fait mal aux articulations des pouces, mais pas aux doigts eux-mêmes, de sorte que je peux encore taper sur un clavier (LA question qui m'a angoissée toute la journée).

Donc voilà, je ne me plains pas.
(Du coup, Madame la Providence, ce n'est pas la peine de m'envoyer un autre ennui quelconque pour me rappeler que ça pourrait être pire. Je jure que j'ai bien compris la leçon. Merci, bisou.)

mardi 15 octobre 2019

Fatiguée

Non non non, je n'ai pas une fois de plus renoncé à alimenter ce blog, mais en plus du boulot à haute dose (une traduction en cours, une traduction à relire avant de la renvoyer, une traduction de documentaire à faire en parallèle, des fiches de lectures urgentes) et des corvées et démarches habituelles, j'ai :
- Deux jours de formation (je vous raconterai) (ou pas) ;
- Une tendinite à l'épaule droite et le genou gauche en vrac ;
- Des toilettes qui fuient et un plombier insaisissable ;
- Un volet roulant coincé (en position fermée : je bosse dans le noir, j'adore) et un service client injoignable et inepte ;
- Un problème d'impôts (on m'a envoyé la taxe foncière pour mon appart à mon ancienne adresse, en m'attribuant un nouveau code fiscal qui ne correspond à rien, ce qui fait que même si j'ai miraculeusement reçu l'avis – en retard – grâce à une ex-voisine, je ne peux pas le payer)
- Des travaux d'électricité dans trois pièces de l'appart (dont ma chambre / bureau) (oui, la pièce au volet est fermé n'a provisoirement plus d'éclairage non plus, vous avez bien compris)
- Environ 358 heures de sommeil en retard.

D'ailleurs je vais me coucher. Je reviens vite. J'espère.

jeudi 13 juin 2019

Travaux d'aiguille

J'ai un point douloureux dans le dos, depuis des mois, peut-être des années. Pas tout le temps, mais souvent, en particulier quand je suis assise devant mon ordinateur.
Ce matin, je retourne voir le kiné que j'avais déjà vu il y a trois mois. Il examine, masse, manipule, puis soupire :
— Le problème, c'est que vous avez un muscle trop tendu à gauche. Du coup vous avez un côté plus court que l'autre, ce qui engendre cette gêne au niveau de l'estomac et ce point douloureux dans le dos.
— Oui, c'est à peu près ce que j'avais cru comprendre. Et pourtant, je fais des étirements, du sport, des auto-massages, tout ça !
— Ça ne suffira pas, le muscle est trop contracté. Ce qu'il faudrait, c'est le piquer.
— Pardon ?
— Avec une aiguille sèche, sans produit. Vous savez, comme pour l'acupuncture.
— Euh... Ah ?
— C'est la technique des "trigger points". Je vais vous piquer à cet endroit-là, et ça obligera le muscle à se détendre.

Euh, OK, je vais y réfléchir, et je vous rappellerai, d'accord ?
Ou alors, on peut prendre rendez-vous pour, disons... décembre, par exemple ?
Ou l'année prochaine ?
...
Pourquoi il enfile des gants ?

— Ne vous inquiétez pas, l'aiguille est longue, mais elle est très fine.
Mais, mais, mais... mais ?
— Du coup ça ne fait pas mal quand on pique.
Non mais c'est une blague, il va m'enfoncer 5 centimètres d'acier dans la chair, là, tout de suite, sur un coin de table, sans même m'avoir fait signer un consentement préalable, la personne à prévenir en cas d'urgence, un testament, quelque chose ?
— Enfin, si, ça fait mal quand l'aiguille pénètre dans le muscle, bien sûr.
Quoi ?
— C'est le but. Ça va vous faire des secousses et ça va détendre toute la zone.
Au secours ! Je veux mon avocat, ou ma maman !
— Vous êtes prête ? J'y vais.
— AÏE !

Sur un point, au moins, il n'a pas menti. Ça fait MAL.
Tellement que là, quelques heures plus tard, je ne sens plus mon point dans le dos : je ne sens que le point sur le côté où il m'a enfoncé une grosse aiguille dans un muscle (!!!).
C'est peut-être ça, la technique, remarque. Comme le dentiste dans Lucky Luke qui arrache les dents sans qu'on le sente (parce que pendant qu'il arrache, sa collaboratrice écrase un énorme marteau sur le pied nu du patient).

Avant de me laisser partir, le kiné m'a donné rendez-vous pour dans trois semaines. Il m'a proposé de payer les deux séances d'un coup la prochaine fois, mais j'ai préféré le régler tout de suite. On ne sait jamais, si j'avais un empêchement...