mercredi 17 janvier 2018

Pause

Catégorie "Mère indigne" :
Que faire quand votre gamin a perdu sa dent de lait, qu'il l'a mise dans une enveloppe et a mis avec confiance l'enveloppe sous son oreiller dans l'attente de la voir remplacée pendant la nuit par une pièce de 2 euros (la petite souris est radine, chez nous), mais que vous découvrez à 1h du matin que vous n'avez pas de pièce de 2 euros, ni de pièces de 1 euro, ou 50 centimes, ou même 20 centimes ?
Eh bien, vous allez piocher une pièce de 2 euros dans la tirelire dudit gamin pour la placer sous son propre oreiller. Il ne compte pas son argent, donc il ne s'en apercevra pas.
(Oui, bon, ça va, je la lui ai rendue, depuis !)

"Théâtre et cinéma" :
J'ai beaucoup fréquenté les salles de spectacle depuis la rentrée et ces dernière semaines en particulier, mais si je ne devais retenir que deux pièces, ce serait Novecento avec un André Dussolier énergique, poétique et quasiment primesautier, et Moi, moi et François B, une mise en abîme à plusieurs niveaux avec François Berléand qui joue son propre rôle (à moins qu'il ne joue le rôle d'un personnage qui joue son rôle...). Génial.

"Tracas"
Une machine à laver hors garantie pour la réparation de laquelle on me réclame le prix d'une neuve ; une chaudière qui se bloque sans arrêt parce que "ah oui, on en a eu plein du même modèle qui faisaient le même coup", mais je ne peux pas le prouver et donc pas plaider le vice caché ; un toit percé qui nécessite un échafaudage gigantesque pour un trou minuscule ; une fuite sous la baignoire qui signifie qu'il va sans doute falloir casser TOUTE la salle de bain ; et deux arbres abattus par la tempête dans une position tellement précaire que l'élagueur me demande une fortune pour m'en débarrasser. Le tout en 15 jours. J'ai personnellement offensé Saint Matthieu, le saint des problèmes de fric, ou quoi ?

"Cuisine"
Dans la série "je tente de diminuer notre consommation de viande", j'ai récemment acheté, sans conviction, des protéines de soja texturées. A ma grande surprise, ça marche très bien : je faisais déjà une bolognaise avec 40% viande et 60% légumes, mais à présent je fais mes lasagnes en divisant encore le pourcentage de viande par deux sans que personne ne bronche, tant les protéines de soja texturées imitent bien la consistance de la viande hachée. Une bonne trouvaille, donc. Par contre, le chef marketing qui a décidé de lancer ce produit sous ce nom ferait mieux de se reconvertir.

"Traduction et vie professionnelle"
— Oui, allô, c'est Fofo, tu n'as pas dû recevoir mon email au sujet de Machintruc II ?
— Euh, peut-être que si...
— Parce qu'en septembre, et aussi en novembre, tu parlais d'une remise fin mars, mais je n'ai toujours pas reçu le livre. Ni le contrat, d'ailleurs.
— Ah ! Mais... tu comptais commencer ta traduction quand ?
— Eh bien, d'ici fin janvier.
— Alors, écoute, je suis embêtée, parce qu'on n'a pas encore acheté les droits... Pour tout te dire, on n'est pas sûrs de le faire. On attend de voir comment se vend le premier volume, qui est sorti en décembre. Mais je te dis ça très vite, d'accord ?

"Vu ou entendu"
Pourquoi, pourquoi, pourquoi les gens n'enlèvent-ils jamais leurs manteaux et parfois même pas leurs bonnets ou leurs gants dans le métro ? Suis-je le seul être humain au monde à transpirer quand je suis trop couverte dans un endroit chauffé ? Les gens pensent-ils qu'ôter un manteau, c'est un geste trop long, trop compliqué, trop fatiguant, trop impudique, que sais-je ? Ou alors ils se sont tous fait des taches de thé ou de café ou de confiture en prenant leur petit-déj, et ils ne veulent pas que ça se voie ? C'est un mystère épais comme un dictionnaire, comme dirait Ficelle.

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Bref : oui, j'en aurais des trucs à raconter, si je bloguais encore.
Sauf que je n'y arrive pas.
Parce que, comme ceux qui lisent entre les lignes l'auront deviné, Darling et moi sommes en train de nous séparer, et même l'initiative vient de moi, ce n'est pas facile. Depuis septembre, je me demande à longueur de temps où j'en serai (et même où je serai, géographiquement parlant) dans un mois, dans trois mois, dans six mois, dans un an. Je ne suis pas déprimée, je travaille, je m'occupe des enfants, j'organise des sorties ou des vacances, je gère les nombreux problèmes du quotidien, mais outre que je dors trop peu et que je manque de temps, je ne suis tout simplement pas dans l'état d'esprit qui convient pour des conversations légères – et donc pour bloguer. Car je ne veux pas étaler ici mes problèmes intimes, et encore moins me lamenter sur mon sort. Je veux partager mes enthousiasmes, mes réflexions, et faire rire avec les petites aventures du quotidien. Or, en ce moment, je n'ai pas la tête à ça. Mes nombreuses tentatives faillies de recommencer à bloguer régulièrement l'ont prouvé.

Je vais donc mettre ce blog en pause. Pas trop longtemps, j'espère. Peut-être que dans un mois, je serai déjà de retour. Ou dans deux mois. Au plus tard dans cinq ou six mois, car d'ici-là j'y verrai forcément plus clair (je le jure sur la tête de ma bonne santé mentale). Peut-être qu'en attendant, je passerai ici de temps en temps pour un coup de cœur ou un coup de gueule. Ou pour une photo, comme ces cartes postales qu'on envoyait à nos grands-mères en attendant d'avoir le loisir de leur écrire une vraie lettre. Mais peut-être pas, ou pas très souvent. Malgré tout, j'espère que quelques fidèles seront encore là quand je reviendrai, parce que parler dans le vide, c'est triste...

Alors à bientôt !

PS: Merci à ceux qui ont réclamé des nouvelles. Je reçois toujours une notification à chaque commentaire, donc si vous m'écrivez, je vous répondrai, au minimum en quelques mots, promis.

lundi 1 janvier 2018

Un réveillon de folie

Pour une fois, nous n'avons pas passé le 31 décembre à manger des restes de pâtes en ayant à peine conscience que c'était un jour de "fête" : j'avais trouvé une famille nombreuse dont les parents étaient aussi mal préparés que moi, et je l'avais invitée à la maison. La fête a été sage, néanmoins : pas de flonflons, pas de confettis, pas de pétards, un buffet quasiment équilibré, et pour toute boisson, deux verres de champagne et un verre de blanc doux pétillant... pour quatre adultes. J'avais acheté deux bonnes bouteilles de rouge, pourtant, mais j'ai oublié de les servir. Quand le père a repris le volant pour ramener sa famille chez lui, après avoir bu un demi-verre d'un truc équivalent à du cidre, j'ai pensé que s'il croisait des flics et qu'ils lui faisaient souffler dans un ballon, ils allaient être déçus – voire désolés pour lui.

Quant aux gamins, ils ont bu de l'eau, parce que j'avais omis d'acheter des jus de fruits.

Ah, et j'oubliais que j'ai mis mes invités (arrivés à 17h30, tout de même) dehors à 23h, parce que mes gamins ne tenaient plus le choc. J'avais bien averti qu'ils ne résisteraient sans doute pas jusqu'à minuit, eux qui ne se réveillent jamais plus tard que 7h45 le matin, même en vacances. De fait, quand j'ai failli marcher (littéralement) sur Miss Thing One qui était en train de s'endormir au milieu du bazar sur le plancher de la salle de jeu, à 22h45, j'ai décidé que la fête était finie.

Donc voilà, une soirée sans alcool, sans musique, avec fruits et légumes, et qui s'est terminée à 23h. N'empêche que j'ai le sentiment d'avoir passé un très bon réveillon. Peut-être parce que c'était quand même plus amusant que notre absence de festivité habituelle. Ou peut-être parce qu'en fin de compte, bavarder avec des gens sympas et se coucher à une heure raisonnable sans indigestion ni gueule de bois, c'est un programme qui me convient tout à fait.
(Oui, j'ai conscience que ça peut paraître tristement sage. Tant pis. J'assume.)

Ma mère et moi avons cependant vaillamment attendu jusqu'à minuit avec le Grand et son copain (l'ado de l'autre famille, resté pour la nuit). A 23h58, je me suis demandée si je devais écrire un SMS à quelqu'un, sachant que je suis à peine plus portée sur les SMS que sur l'alcool. Par plaisanterie, j'ai envoyé un "Bonne année" à ma mère, assise sur le canapé près de moi. Je l'ai vu agiter ses pouces frénétiquement pendant un certain nombre de minutes, mais elle ne m'a pas répondu. Finalement, quand elle est allée se coucher, j'ai manifesté ma déception face à son absence de réaction. En fait, elle n'avait rien reçu. Mon texto est arrivé à presque une heure du matin. Il a mis plus de 50 minutes pour parcourir les quelques centimètres qui nous séparaient. En passant par la Lune, j'imagine.

On va dire que c'est pour ne pas contribuer davantage à la saturation des réseaux téléphoniques que je n'ai écrit à personne d'autre. Heureusement, j'ai un blog.

Donc, à ceux que je connais et aussi aux autres, je vous souhaite une année 2018 pleine de fous rires et de sourires, pleine d'amour et de tendresse, pleine de soleil et de pluie, pleine de grandes joies et de bonheurs minuscules, pleine de coups de pédales ou de pas alignés, pleine de voyages lointains ou de petits trajets agréables, pleine de projets professionnels enthousiasmants et de moments de détente appréciables, pleine de fictions passionnantes sur papier ou scène ou écran, pleine d'amitiés profondes et de camaraderies légères, pleine de liens familiaux enrichissants et de nouvelles connaissances fascinantes, pleine de décisions importantes et de changements espérés.
Et puis tant qu'à faire, je me souhaite la même chose.
Bonne année à tous !

dimanche 31 décembre 2017

Grippe interminable

Au bout de douze jours de grippe, de fièvre, de toux atroce, de nez transformé en robinet, de sinusite, de maux de tête, de faiblesse généralisée, etc., hier (vendredi), j'ai fini par appeler l'un après l'autre au moins douze médecins des environs. En vain : les trois quarts étaient en vacances, le dernier quart était complet pour la journée.
N'ayant vraiment pas la force de me traîner jusqu'aux urgences et d'y faire la queue pendant trois heures, j'ai donc appelé SOS médecins. 19 minutes de musique d'attente et de messages répétés pour m'entendre dire par un opérateur désolé "Je suis navré, mais à cause de l'épidémie, nous n'avons plus aucun médecin disponible dans votre secteur". Première fois que ça m'arrive, dites donc, et pourtant, dieu sait si j'ai pratiqué SOS médecin à l'époque où mes gamins tombaient systématiquement malades le samedi soir.

J'ai donc fini par prendre un rendez-vous pour ce matin (samedi), avec une remplaçante d'un médecin inconnu à qui il restait UNE place.
J'ai passé une douzième très mauvaise nuit,
Je suis allée à mon rendez-vous en fin de matinée,
J'ai attendu une heure parce qu'il y avait six personnes avant moi dans la salle d'attente,
Et puis la doctoresse m'a examinée cinq minutes,
Et elle m'a diagnostiqué une surinfection et donné une ordonnance.
On arrête le paracétamol, le sirop pour la toux, les lavages de nez à l'eau de mer et les inhalations aux huiles essentielles, et on passe à la grosse artillerie.

Après, toujours fiévreuse, faible, migraineuse, avec 47 mouchoirs roulés en boule jaunâtres et détrempés dans la poche droite et plus que cinq mouchoirs encore propres dans la poche gauche, et hypoglycémique par-dessus le marché, je suis encore allée dans quatre pharmacies différentes, sans en trouver une seule ouverte, parce qu'ici, les pharmacies ferment TOUTES entre midi et deux. Oui, même le samedi. (Je vous ai dit que je détestais la banlieue ?)

Mais dans l'après-midi, j'ai enfin pu acheter les médicaments.
Et j'ai commencé le traitement.
Et ce soir, pour la première fois depuis douze jours, non seulement je n'ai pas mal à la tête, mais en plus mon nez est à peu près débouché. Je respire. JE RESPIRE !

Moralité : les antibiotiques, c'est pas automatique, mais parfois, c'est magique.

vendredi 22 décembre 2017

Affiche de film - exercice d'observation



Un couloir du métro. Je m'arrête net.
— Les enfants, venez voir cette affiche. Je ne connais pas du tout ce film, je ne sais pas s'il est bon ou pas, mais qu'est-ce que vous voyez ?
— Des zens dans la zungle ?
— Tout à fait, mon Filou. Et ? Qu'est-ce que vous remarquez ?
— Comme d'hab, y a plus d'hommes que de femmes ?
— Exact, mais tais-toi, mon Grand, je voudrais savoir si les trois autres vont voir le problème. Regardez bien. Regardez leurs vêtements.
— La fille elle a des trucs courts et tout et pas les autres !
— Bravo, Mr Thing One. En effet. Si vous deviez aller vous promener dans la jungle, est-ce que vous iriez à moitié nus ?
— Bah non paske c'est pas pratique elle va se faire griffer par des branches et tout !
— Voilà. Donc on l'a habillée comme ça dans ce film juste parce qu'il faut qu'une femme soit toujours jolie et sexy alors qu'en fait c'est pas du tout logique. Et dans le même genre, ses cheveux ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Oui, Miss Thing One, je t'écoute.
— Elle a les cheveux lâchés alors que c'est n'importe quoi, dans la jungle elle va les emmêler et les avoir dans les yeux et vaudrait mieux qu'elle les coupe ou au moins qu'elle les attache, là c'est juste pour faire sa belle.
— Bravo tout le monde. Allez, venez, on s'en va.

(Il n'est jamais trop tôt pour faire contrepoint à la culture véhiculée par ces images)

(Chaque fois que je vois une affiche de ce genre, ça me met en rage)

(Grande discussion avec le Grand l'autre jour, qui reste convaincu que c'est une coïncidence si, dans SOS Fantôme, la – très jolie – fille possédée par un démon se dévoile, prend des poses lascives et veut coucher avec le héros, alors que le – très moche – garçon possédé reste tout habillé et ne semble pas particulièrement luxurieux)

mardi 19 décembre 2017

Kids United à Bercy

Quinze mille personnes à Bercy pour les Kids United, ça fait bien, disons... 6000 ou 7000 gamines de 5-15 ans en train de piailler ?

Et dire que ça faisait bien 30 ans que je n'y étais pas allée. Depuis que c'était moi, la gamine au milieu de 7000 autres venues écouter... Dorothée.

En tous cas, voilà, Miss Thing One a vu Nilusi lors de son tout dernier concert avec le groupe, même si nous étions tellement loin que sans les écrans on aurait pu nous refourguer un vieux barbu à la place de la jeune chanteuse et nous n'y aurions vu que du feu. Nous avons vu défiler des invités que nous ne connaissions ni elle ni moi, nous avons dansé à nos places et dans les allées, les mères ont pris leur revanche sur les fillettes quand est venu le tour de Alors regarde de Patrick Bruel (Miss Thing One n'avait pas l'air de trouver ça tout à fait convenable, toutes ces femmes d'âge respectable qui connaissaient les paroles beaucoup mieux qu'elle), nous avons même eu droit à, je cite, "LA chanson de Disney que les enfants adorent et que les parents déteste" (J'ai échangé un regard consterné avec la mère la plus proche : "Oh non, ils ne vont pas nous faire Libérée Délivrée ?" Eh si !)

Et même si j'avais pris ça comme une BA, je dois avouer que dans l'ensemble, même moi, je me suis bien amusée.

ALLEZ BERCY ON VOUS ENTEND PAS  !* Tous en chœur : "On écrit sur les murs à l'encre de nos veines..."

Voyez, je vous dis la vérité !

Même avec le zoom, c'est tout juste si on pouvait les compter...
(Et là, je suis formelle, y a une intruse)


(Si vous ne comprenez strictement rien à ce billet, c'est sans doute que vous n'avez pas de fille pré-ado. Tant pis pour vous.)

* Menteur !

dimanche 17 décembre 2017

Robot ménager

J'ai rêvé que j'étais un robot. Un robot en métal, humanoïde, un peu genre C-3PO dans Star Wars. Le matin, on me donnait toute une liste de tâches à accomplir, genre vider le lave-vaisselle, changer le tuyau de douche cassé, vérifier le contenu de la trousse des enfants, vider le seau à compost, prendre rendez-vous avec l'orthophoniste, recoudre un bas de pyjama déchiré. Je réalisais les tâches une par une, méthodiquement, et à chaque fois que j'arrivais au bout de l'une d'elle, je faisais une petite croix sur la liste.

Heureusement, je me suis réveillée, et je me suis rendu compte que ce n'était qu'un rêve. Ouf.

samedi 16 décembre 2017

A vau l'eau

Allemand du soir, bonsoir. Au bout de quelques mois à m'être reposée sur mes lauriers, je me suis rendu compte qu'il fallait que je reprenne les choses en main si je ne voulais pas que les notes de mon grand garçon de seconde replongent.

— Alors, exercice numéro 3, on y va. "Ich glaube, dass..."
— Ça veut dire quoi, "glaube" ?
— Croire. Bon sang, mon grand, tu le savais, l'année dernière ! Tout ton vocabulaire est parti à vau l'eau !
Il me regarde d'un air ahuri. Je m'énerve :
— Ben quoi ? C'est vrai !
— Que mon vocabulaire est parti à vélo ?

Il a dû penser qu'à force de parler bicyclette, j'avais définitivement perdu la boule.