mercredi 21 septembre 2016

Le Grand chante la Marseillaise

La prof de musique du Grand a ordonné à tous les élèves d'apprendre la Marseillaise pour la chanter devant la classe.
Passons sur mes sentiments à l'égard de cette charmante et pacifique chanson, et passons sur ce que je pense du fait d'obliger des gamins de 14 ans à chanter devant tout le monde : ce n'est pas le sujet.

Je la chante plusieurs fois, et puis je demande au Grand d'essayer. Bravement, quoique presque à voix basse, il se lance :
Allons enfants de la patriii-i-eu,
Le jour de gloire est arrivé
Contre nous de la tyranniii-eu
L'étendoir sanglant est levé...

(Moi je dis, un étendoir sanglant, c'est pas pratique : ça va faire des taches partout sur le linge propre !)

mardi 20 septembre 2016

Miction surprise

Mr Thing Two sort de la douche. Je l'essuie, et j'entreprends de mouiller Miss Thing One, pendant que le Filou se déshabille (je fais ça à la chaîne, les trois douches me prennent moins de temps qu'il n'en faut au Grand pour entrer dans la baignoire).
Tout à coup, Mr Thing Two m'appelle d'une voix stridente :
— Maman ! Maman !
Je lâche la gamine qui est en train de se savonner toute seule, et je me précipite sur le palier :
— Quoi ?
— Je fais pipi !
Et en effet, il est assis par terre, cul nul, et arrose copieusement le plancher. Je bégaie :
— Mais... mais... qu'est-ce qui te prend ?
— J'ai pas pu me retenir !
Et tout en parlant, il continue, en prenant même soin de ne pas viser ses pieds. Je braille :
— Mais enfin, arrête !
— On peut pas s'arrêter quand on a commencé, objecte-t-il.
— Mais si, bien sûr que si, on peut !
— Ah bon ?
Sauf que le temps de terminer cette conversation, sa vessie s'est entièrement vidée, donc il n'a pas pu faire l'essai. Il s'est relevé, m'a lancé "J'ai pas fait exprès", et m'a laissée là, estomaquée devant la flaque.

Voyons le bon côté des choses : le gamin a appris quelque chose aujourd'hui, et moi, j'ai fait rire toute la famille en racontant l'anecdote pendant le dîner.

lundi 19 septembre 2016

Une fiche de lecture urgente

Vendredi, email :
Fofo, j'ai besoin d'un avis rapide sur les deux premiers volumes d'une série. C'est assez urgent : idéalement, il me faudrait une fiche en début de semaine. Êtes-vous disponible ?

J'accepte presque toujours les lectures urgentes, mais ce weekend, j'avais un ami à la maison. Néanmoins, j'accepte : je lis bravement quelques dizaines de pages le vendredi soir, puis samedi soir, et je termine le deuxième volume dimanche soir, à minuit passé. C'est une petite série charmante, mais assez désuète : je ne vois pas vraiment pourquoi les éditeurs se l'arracheraient.

Lundi matin, je commence à rédiger ma fiche de lecture, et comme d'habitude, je fais des recherches pour voir qui est l'auteur, si cette série est déjà parue dans un autre pays, etc.
C'est ainsi que je découvre la date de première publication.
1973.
Le premier volume de cette série a donc 43 ans.
Et moi, j'ai eu trois jours, dont un weekend, pour faire la fiche.
(Soupir)


(J'entends d'ici les petits malins qui me disent : "Il doit y avoir une adaptation en préparation, voilà pourquoi les éditeurs français s'intéressent brusquement de nouveau à ce bouquin !" C'est aussi ce que j'ai pensé, et ce n'était pas faux : il y a bien une adaptation, sous forme de dessin animé, qui est sortie... en mars dernier. Oui, il y a six mois. Urgent, on disait ?)

dimanche 18 septembre 2016

Du danger de fréquenter de grands lecteurs

Recevoir un ami pour le weekend.
Passer nos soirées à bavarder.
Commencer par se plaindre du peu de temps disponible.
Enchaîner sur la hauteur catastrophique de nos PAL* physiques et virtuelles.
Sortir les liseuses pour comparer.
Parler des derniers romans lus.
Faire ensemble des recherches sur ce qu'a pu écrire de nouveau tel et tel auteur dont on avait aimé tel ou tel livre.
Se donner l'un à l'autre plein de bonnes idées de lecture.
Se quitter en ayant chacun ajouté au moins cinq ou six titres dans la PAL de l'autre.

Franchement, était-ce bien raisonnable ?
(Réponse : non, mais c'était si agréable...)


*Pile à lire.


jeudi 15 septembre 2016

Pollyanneries

Le Filou est malade depuis dimanche soir. Cela fait quatre jours que je dors entre quatre et cinq heures par nuit et que je peux à peine travailler. Le manque de sommeil me mine, je me gave de sucreries pour tenir le coup, j'ai toute une liste de paperasseries et de démarches casse-pied dont il faut que je m'occupe urgemment, et j'ai traduit exactement neuf pages en quatre jours (à ce rythme, il me faudrait donc huit mois pour terminer ma traduction en cours). Autant dire que je ne suis pas d'humeur très joyeuse.

Alors une petite liste de pollyanneries, d'accord ?

- Je suis contente parce que mon planning n'est pas trop serré, donc s'il ne se prolonge pas, ce retard de quelques jours est rattrapable ;
- Je suis contente parce qu'on vient de me proposer la traduction d'un roman pour les enfants qui parle à la fois de féminisme et de vélos (je vais essayer d'y glisser quelques recettes de gâteaux, et ce sera parfait) ;
- Je suis contente parce que mon père adoptif se remet peu à peu d'un accident qu'il a eu cet été, et qu'il a pu passer la journée avec nous hier ;
- Je suis contente parce que Miss Thing One a commencé hier avec enthousiasme à prendre des cours de danse qui lui a plu (c'est elle qui a choisi), et qu'elle va donc enfin avoir une activité bien à elle, partagée par aucun de ses frères ;
- Je suis contente parce que l'instit des jumeaux, à ma demande, a changé cette même Miss Thing One de place (elle n'avait rien trouvé de mieux que se mettre toute seule à un banc, juste derrière son frère), et que du coup, elle est revenue aujourd'hui en me disant qu'elle était devenue copine avec sa nouvelle voisine de banc ;
- Je suis contente parce que depuis quelque temps, mon pain est particulièrement bon (et pourtant, les ingrédients et ma manière de faire n'ont pas changé : c'est très mystérieux) ;
- Je suis contente parce que j'ai commandé des Lundia ;
- Je suis contente parce que contrairement à ce que je craignais, le Grand ne semble pas trop souffrir d'être dans une classe où il n'a pas un seul copain (de toute façon, je continue à espérer qu'il s'en fera) ;
- Je suis contente parce que l'un de mes amis va arriver demain soir et passer le weekend chez nous ;
- Je suis contente parce que je viens de découvrir le programme de la prochaine opération Nuit Blanche, et qu'il me plaît beaucoup ;
- Je suis contente parce qu'un nouveau magasin bio avec un rayon vrac vient d'ouvrir pas loin de chez moi ;
- Je suis contente parce que mon compte en banque est moins dégarni que l'année dernière à la même époque (cela dit, il se vide terriblement vite) ;
- Je suis contente parce que l'ami bricoleur qui vient faire tout ce que Darling et moi sommes incapables de faire a enfin fixé la porte du placard sous l'évier dans ma cuisine, ce qui fait que les produits ménagers et les sacs poubelles ne sont plus la première chose que l'on voit en entrant dans la pièce ;
- Je suis contente parce que la maladie du Filou, même si elle me casse vraiment bien les pieds, n'est pas grave (à chaque fois que je râle parce qu'ils ont attrapé leur quarante-septième otite ou leur trente-huitième angine, je n'oublie jamais de remercier la providence de ne pas avoir un enfant diabétique, aveugle, paralysé, trisomique, hémophile, cancéreux, etc.) ;
- Et je suis très, très, très, très contente, parce que dans une semaine, je vais à Londres, sans enfant, avec une de mes meilleures amies.

PS : pour les nouveaux sur ce blog, Pollyanna, c'est elle, et maintenant que ce livre est enfin à nouveau disponible en français, vous n'avez aucune excuse pour ne pas le lire (ou du moins l'acheter et le garder sur votre PAL pour un jour de déprime).

mardi 13 septembre 2016

Film en avant-première

Ce matin, pour la première fois de ma vie, j'étais invitée à l'avant-première d'un film. J'étais très flattée. Et curieuse, aussi, car après avoir traduit des pages et des pages d'interviews du scénariste, du producteur, du réalisateur, des acteurs principaux, du costumier, etc., j'avais très envie de voir ce que ça donnait sur le grand écran. J'ai donc refilé le Filou fiévreux à la première personne que j'ai trouvée (eh oui, c'est aussi la rentrée des virus) (ne me jetez pas la pierre : j'ai déjà passé une journée délicieuse hier à jouer les garde-malades, et deux nuits merveilleuses à me lever toutes les heures), et je me suis précipitée à l'adresse donnée. C'était un immeuble parfaitement anonyme, mais une hôtesse d'accueil cachée dans un recoin m'a confirmé que j'étais au bon endroit. Elle m'a dirigée vers une salle de projection parfaitement confortable quoique minuscule, au fond d'un couloir exigu comme n'importe quel couloir de n'importe quels bureaux situés dans les immeubles anciens du centre historique de Paris. Pas du tout le genre d'endroit où on s'attend à trouver une salle en pente, des fauteuils rouges, et une vraie cabine de projection. A l'intérieur, il y avait huit personnes, dont sept inconnues et mon éditrice à qui je me suis raccrochée comme à une bouée. J'étais tellement intimidée que je n'ai même pas osé réclamer de pop-corn.

Nous avons donc regardé un film qui ne sortira officiellement que dans deux ou trois mois. J'en suis ressortie très fière, et les yeux rouges et gonflés comme une tomate en fin de saison.
— C'était comment ? m'a demandé Darling le soir.
— Lacrymogène.

Malheureusement, je ne peux pas vous en dire davantage, d'abord parce qu'en France, il est interdit de publier la critique d'un film avant sa sortie, ensuite parce que je suis tenue par le secret professionnel (si si, les traducteurs aussi, même s'il est assez rare que quelqu'un tente de nous arracher des informations confidentielles sur le programme éditorial de telle ou telle maison), et enfin parce que de toute façon, je ne veux pas divulguer mon identité ici.

Donc voilà, j'ai été invitée à une avant-première, et je me suis rendu compte que je ne pourrais absolument pas en parler sur mon blog.
C'est frustrant.
Cela dit, ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut se taire, hein ?

lundi 12 septembre 2016

Quelle réunion ?

Hier, journée des associations de la commune, où notre association de cyclistes n'était PAS invitée, parce que le maire nous en veut beaucoup d'oser dire qu'il ne fait pas beaucoup d'efforts pour favoriser la circulation des vélos. Pendant qu'il y était, il a aussi supprimé notre subvention annuelle, et même notre salle de réunion mensuelle, pour faire bonne mesure.

Pendant que je distribue des tracts avec énergie, deux des membres de l'association bavardent à côté de moi :
— Alors, tu es allé à la réunion ?
—  Quelle réunion ? Tu sais bien que nous n'avons plus de lieu où nous réunir depuis que la municipalité a refusé de continuer à nous prêter une salle de réunion, sous prétexte que c'était complet, alors que la maison des associations a plein de salles vides, et que...
— Eh, du calme ! Je ne parlais pas de ça, je voulais juste savoir si tu étais allé à la Réunion pendant les vacances, comme tu en avais l'intention !

Moralité : des fois, même les cyclistes les plus acharnés parlent d'autre chose que de vélos (avec un peu de bonne volonté).