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mardi 15 décembre 2020

Devinette

D'après la magnifique photo qui orne la boîte, parviendrez-vous à trouver quel objet à 59 euros j'ai acheté aujourd'hui? 

(Je parie que non.)
 
(Je vous laisse chercher 24h ou 48h et ensuite je mettrai la réponse ci-dessous)
 
 

mercredi 4 décembre 2019

Normal ou pas

Fiche de lecture. Un roman sur le racisme aux Etats-Unis. L'histoire d'un garçon noir qui découvre la discrimination systématique, le racisme parfaitement assumé par une grande partie de la population, la différence de traitement entre lui et son ami blanc alors qu'ils font exactement la même chose. Un roman sur le fait que c'est "normal" d'être blanc et que quand on ne l'est pas, on est toujours "l'autre".
 
Un roman poignant, sans aucun doute. Mais moi qui l'ai lu sous sa forme de manuscrit, sans quatrième de couverture ni résumé ni rien, j'ai eu besoin de lire plus de quinze pages avant de comprendre si le narrateur était un narrateur ou une narratrice. L'auteur n'a pas songé un instant qu'il était nécessaire de préciser le sexe de son personnage. Ben oui, c'est "normal" d'être un garçon, non ?

On est toujours l'autre de quelqu'un.

(Sauf peut-être, en France, si on est blanc, homme, cisgenre, hétérosexuel, de famille catholique, parisien, neurotypique, valide, français, grand, en bonne santé physique et mentale, riche, omnivore, automobiliste... qu'est-ce que j'oublie ?)
(Et ça fait quel pourcentage de la population ?)

dimanche 24 novembre 2019

A bas, a bas, a bas le patriarcat!

Un jour j'aurai le temps de vous raconter des choses, par exemple mon weekend campé. En attendant je vous offre une photo de mes trois gamins qui scandent "So-so-solidarité / avec les femmes / du monde entier" au milieu de 50.000 personnes venues manifester contre les violences sexistes et sexuelles.
(Z'avez vu, j'avais même réussi à trouver 2 manteaux de la bonne couleur)

samedi 21 septembre 2019

Révélation sur les chaussures à talon

Dîner. Je suis au milieu de l'une de mes diatribes féministes habituelles.
— ... et je trouve que vouloir rendre les petites filles "sexy", c'est profondément malsain. Je ne supporte pas les maillots de bain deux pièces pour des gamines qui n'ont pas encore de seins, ou les shorts trop courts, ou les chaussures à talon...
— Moi, y a une fille dans ma classe qui a des chaussures à talon, intervient Miss Thing One.
Le Grand nous interrompt :
— Mais les chaussures à talon, ce n'est pas fait pour être sexy !
— Pardon ?
— C'est pour être plus grande ! m'explique-t-il sur un ton d'évidence. Parce que c'est pratique, d'être grand. La preuve, des fois tu m'appelles pour attraper un truc sur une étagère.
— Je crains fort que tu te trompes, mon grand. Pour la majorité des cas, du moins.
— Mais bien sûr que non !
— Alors comment expliques-tu que les femmes en portent, et pas les hommes, alors que socialement, c'est beaucoup plus important pour les hommes que pour les femmes d'être grands ?
— ...
— Et comment expliques-tu que des femmes qui sont déjà très grandes en portent, comme ta tante ou la mère de ton copain A. ?
— ...
— Et puis, c'est peut-être pratique d'être grand, mais l'immense majorité des femmes ôtent leurs souliers inconfortables dès qu'elles rentrent à la maison, étagères ou pas étagères, tu sais. Et c'est aussi pratique de pouvoir marcher vite, ou courir, ce qui n'est pas possible avec ces engins.
Il suffoque :
— Parce que c'est inconfortable, en plus ?
— Très. Plus ils sont hauts, et plus ça fait mal aux pieds, et au dos. Et quand ils sont fins, en prime, il y a toujours le risque de se tordre la cheville.
— Mais en quoi est-ce que c'est sexy ? se récrie-t-il, abasourdi. Personne ne regarde les pieds des gens !
— Eh bien, il faut croire que si. Et la jambe aussi est censée être plus belle, puisque ça change la posture.
— Hein ?

Il a fallut que je leur fasse une démonstration, avec mes chaussures aux talons les plus hauts (trois centimètres). Le Grand secouait la tête, éberlué de cette nouvelle preuve de la folie humaine.
(Je n'en reviens toujours pas de constater à quel point certaines choses lui passent très, très loin au-dessus de la tête.)

mardi 16 juillet 2019

Shorts pour fille

Faites le test, pour voir. Entrez dans le magasin de vêtements pour enfants le plus proche de chez vous. Allez regarder le rayon des shorts pour les garçons, en solde ou non. Puis allez regarder le même rayon, mais chez les filles.

Avec un peu de chance, les modèles équivalents seront au même prix. Mais pour moitié moins de tissu. Car tous les shorts des filles, tous, s'arrêtent tout en haut de la cuisse, au ras des fesses. Ceux des garçons vont au minimum jusqu'au milieu des cuisses, ou même jusqu'au genou.

Ah, vous trouviez que votre fille de 4, 8 ou 12 ans n'avait pas absolument besoin d'être "sexy", voire que c'était plutôt malsain ? Ah, vous pensiez qu'il n'était pas indispensable qu'on voie sa culotte quand elle se penche en avant ou grimpe aux arbres ? C'est que vous êtes vieux-jeu. Tant pis pour vous.
(Tant pis aussi pour ceux qui voudraient que leur garçon aient un short le plus court possible pour avoir moins chaud ou patauger dans un torrent sans se déshabiller ou n'importe quelle autre raison. Non, visiblement, pour les petits garçons, le haut de la cuisse est bien trop indécent.)

Test complémentaire : vérifiez la taille des poches. Quand j'ai fini, à sa demande, par lui acheter un short au rayon "garçons", ma gamine s'est émerveillée : il y avait des poches, des vraies, assez grandes pour y mettre des choses dedans, des mouchoirs ou des jolis cailloux ou des pièces de monnaie !
Ah oui, parce que sur les poches aussi, les fabricants rognent sur la quantité de tissu. Uniquement pour les filles, bien sûr. Et les femmes, évidemment. Selon une étude très sérieuse, 10% des jeans pour femme ont des poches assez grandes pour pouvoir y mettre la main. Contre 100% des jeans pour homme. Et là, pas moyen de faire l'équivalent de ce que j'ai fait pour Miss Thing One : je n'ai aucune chance de trouver un pantalon adapté à ma morphologie au rayon "hommes".

Non, ce n'est pas gravissime, loin de là. Mais oui, ça m'énerve.

mercredi 3 juillet 2019

Deux femmes

Les infos à la radio, ce matin, alors que j'étais encore aux trois quarts endormie :

"Ce sont deux femmes qui ont été nommées à des postes-clés de l'Union Européenne (...)".

Ce qu'on souligne en premier, ce n'est pas leur métier, leur orientation politique et économique, leur nationalité, que sais-je. Non, non, l'important, c'est leur sexe.
Vous croyez qu'un jour, la radio annoncera que "deux hommes ont été nommés à des postes-clés" ?

(Au moins, après ça, j'étais bien réveillée, du coup.)

vendredi 22 décembre 2017

Affiche de film - exercice d'observation



Un couloir du métro. Je m'arrête net.
— Les enfants, venez voir cette affiche. Je ne connais pas du tout ce film, je ne sais pas s'il est bon ou pas, mais qu'est-ce que vous voyez ?
— Des zens dans la zungle ?
— Tout à fait, mon Filou. Et ? Qu'est-ce que vous remarquez ?
— Comme d'hab, y a plus d'hommes que de femmes ?
— Exact, mais tais-toi, mon Grand, je voudrais savoir si les trois autres vont voir le problème. Regardez bien. Regardez leurs vêtements.
— La fille elle a des trucs courts et tout et pas les autres !
— Bravo, Mr Thing One. En effet. Si vous deviez aller vous promener dans la jungle, est-ce que vous iriez à moitié nus ?
— Bah non paske c'est pas pratique elle va se faire griffer par des branches et tout !
— Voilà. Donc on l'a habillée comme ça dans ce film juste parce qu'il faut qu'une femme soit toujours jolie et sexy alors qu'en fait c'est pas du tout logique. Et dans le même genre, ses cheveux ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Oui, Miss Thing One, je t'écoute.
— Elle a les cheveux lâchés alors que c'est n'importe quoi, dans la jungle elle va les emmêler et les avoir dans les yeux et vaudrait mieux qu'elle les coupe ou au moins qu'elle les attache, là c'est juste pour faire sa belle.
— Bravo tout le monde. Allez, venez, on s'en va.

(Il n'est jamais trop tôt pour faire contrepoint à la culture véhiculée par ces images)

(Chaque fois que je vois une affiche de ce genre, ça me met en rage)

(Grande discussion avec le Grand l'autre jour, qui reste convaincu que c'est une coïncidence si, dans SOS Fantôme, la – très jolie – fille possédée par un démon se dévoile, prend des poses lascives et veut coucher avec le héros, alors que le – très moche – garçon possédé reste tout habillé et ne semble pas particulièrement luxurieux)

dimanche 26 novembre 2017

Masculin pluriel

Ce sont cinq filles qui se sont donné pour mission de sauver les animaux grâce à des pierres précieuses magiques (une série pour les 7-9 ans que je traduis actuellement, d'une haute valeur littéraire, si si). Dans ce volume-là, elles sauvent un petit faon attaqué par des méchants braconniers. Elles l'emmènent en lieu sûr, mais figurez-vous qu'en chemin, il se met à pleuvoir.

Eh bien oui, je l'avoue, quand je parle de cinq filles et d'un faon (aussi mignon soit-il), écrire qu'en arrivant à la maison "ils étaient trempés", ça me dérange un peu.

vendredi 20 octobre 2017

Harcèlement sexuel

Parce que, depuis une semaine, chaque fois que je pense à nourrir mon blog, je suis bloquée parce que la seule chose qui me vient à l'esprit, c'est ÇA, j'ai décidé de me lancer. Même si je parle rarement d'actualité ici et que je préfère que ce blog parle de choses futiles ou positives. Même si j'ai très peur de ce qui pourrait être dit dans les commentaires et des histoires que certaines pourraient raconter. Même si c'est sans doute une mauvaise idée de parler de choses intimes sur la place publique, fût-ce sous couvert d'anonymat.

Je n'ai jamais été victime de harcèlement sexuel au travail. Ce qui ne doit pas beaucoup vous étonner, vu que je travaille toute seule à la maison. Mais même avant, je suis passée successivement par une librairie londonienne (où il n'y avait que des femmes et un seul homme, si charmant que je l'ai ramené dans mes bagages quand je suis rentrée en France), une agence littéraire (où il n'y avait que des femmes, dont la patronne folle qui harcelait tout le monde, mais pas sexuellement), et une maison d'édition (avec nettement plus de femmes que d'hommes, et où tous les hommes, en particulier le patron et le chef de fabrication, étaient extrêmement respectueux). Zéro problème.

Mais.
Quand j'étais enfant et ado, j'étais précoce physiquement. Dans le sens où j'étais la plus grande de la classe, et où ma poitrine a commencé à pousser vers 8-9 ans.
Et j'étais très jolie.
Et à partir de mon entrée en sixième, à onze ans, j'ai pris le métro tous les jours.
Oui, voilà. Vous avez compris. Vous avez vu passer, il y a quelques mois, le sondage sur le harcèlement sexuel dans le métro ? Le pourcentage des femmes qui ont été victimes de harcèlement ou d'attouchements dans les transports en commun ?
100%.
Donc plusieurs fois chacune, forcément.
Et bien sûr, il n'y avait pas que le métro. Il y avait la rue, aussi. Et le collège.

Je ne vais pas faire la liste complète de tous ceux qui m'ont agressée verbalement ou tripotée. Il y en a trop. Ces salopards ont probablement oublié l'incident deux jours plus tard. Je m'en souviens encore, trente ans après. Quelques "incidents" m'ont particulièrement marquée.
- La fois où, jeune ado, j'ai croisé deux hommes qui m'ont touché les seins en passant, et où l'homme qui m'accompagnait m'a lancé : "Mais aussi, pourquoi tu te promènes avec ton manteau ouvert ?" (Je vous jure qu'il a dit ça. En dessous, j'avais un pull à col roulé. Je n'en veux pas du tout à cet homme, qui était sans doute furieux contre lui-même de ne rien avoir pu faire et qui ne savait pas comment exprimer sa colère. Mais oui, il m'a reproché de ne pas avoir fermé mon manteau.)
- La fois où, alors que j'avais environ 15 ans, dans un métro horriblement bondé, un homme devant moi a coincé sa main entre mes jambes, et un autre derrière moi s'est frotté à mes fesses en haletant. Ils ne se connaissaient pas. Ils n'ont pas vu qu'ils étaient à deux sur la même victime. C'était une coïncidence.
- La fois où un homme s'est assis juste en face de moi dans un métro vide, et a serré ma jambe entre les siennes, alors que ma mère était juste à côté (sans rien remarquer : nous avions des manteaux et des sacs). Je devais avoir dix ou onze ans. Si. Je n'ai même pas compris pourquoi il faisait ça. Manquait-il de place ? Je n'ai rien dit, pour ne pas être malpolie, mais j'étais très mal à l'aise.
- La fois où deux garçons de troisième, alors que j'étais en sixième, m'ont pourchassée dans la cour, m'ont coincée contre un mur, et m'ont brièvement tripotée, sous les yeux de tous mes camarades de classe qui riaient.
Et tous les jours, tous les jours, TOUS les jours, des regards très appuyés ou des réflexions, allant du "Eh, mignonne !" au "En voilà une belle jument". C'est à l'époque que j'ai appris à marcher très vite et à ne croiser en aucun cas le regard des autres passants (au point qu'il m'est arrivé de rencontrer ma mère dans la rue sans la voir).

Voilà. A 10 ans, j'étais une gamine à peu près heureuse et insouciante. A 18 ans, j'étais dépressive. J'ai dû voir un psy pendant plusieurs années pour remonter la pente.

Et puis, vers 16 ans, j'ai eu un petit copain. Très travaillé par ses hormones. Et qui, au début de notre relation, n'a pas su ou voulu comprendre que non, ce n'était pas normal que je sois tétanisée ainsi.
Et mon corps a dit ce que ma bouche n'osait pas dire.
Le vaginisme est une contraction musculaire prolongée ou récurrente des muscles du plancher pelvien qui entourent l'ouverture du vagin. Cette action réflexe, involontaire et incontrôlable, empêche de façon persistante toute pénétration vaginale désirée (...). Sa source est toujours psychologique, mais découle souvent d'une source physiologique. Une tentative de pénétration en dépit d'un vaginisme peut entraîner de graves douleurs qui vont souvent l'exacerber (...).
Le vaginisme secondaire survient en général après un traumatisme, physique ou psychique (mauvaise expérience), de toute nature. On parle alors plutôt de « dyspareunies », c'est-à-dire de douleurs vaginales lors des relations sexuelles. Les dyspareunies ne sont pas des maladies en soi, plutôt des symptômes dont il faut chercher la cause.  (Source : Wikipedia)
Pendant plusieurs années. Ma gynéco s'arrachait les cheveux. Il lui fallait une demi-heure pour réussir à m'examiner.
Ça n'a pas arrêté mon petit copain. Il aurait préféré que je n'aie pas mal, bien sûr, mais il pensait que c'était juste un problème physique, et qu'il fallait faire avec. Ce qu'il faisait. Toujours. Même quand je disais "pas ce soir".
Je ne lui en veux pas (et je ne veux aucun commentaire négatif sur lui, s'il vous plaît). Il ne savait pas. Pas plus que moi. Je croyais que c'était normal d'avoir peur et mal. Je croyais que c'était normal qu'il insiste jusqu'à ce que je cède. Je ne savais même pas qu'on pouvait avoir du désir avant d'avoir eu du plaisir. Je ne savais pas que je pouvais avoir du plaisir, d'ailleurs. Comme tant de jeunes filles, j'ignorais qu'il y avait un organe féminin consacré à ça.

Je vais m'arrêter là. Aujourd'hui, je n'ai (presque) plus peur. Aujourd'hui, je sais que les agressions sexuelles sont punis par la loi. Aujourd'hui, j'ai un garçon de 15 ans qui a parfaitement intégré la notion de consentement, et une fille de 7 ans dont je vous jure qu'elle n'ira pas au collège en métro, dussé-je la conduire en vélo tous les jours, parce qu'à 12 ou 14 ans, même si on sait qu'on a la loi pour soi (ce que j'ignorais), on n'ose absolument pas s'en prendre à un homme de 20 ou 30 ans. Aujourd'hui, en cas d'attouchements, je saurais me défendre. Aujourd'hui, de toute façon, j'ai des cheveux gris, donc quand je passe devant un groupe d'adolescents sur le trottoir, ils ne me regardent même pas. Mais aujourd'hui encore, j'ai toujours le réflexe de fermer mon manteau, de baisser les yeux, et de presser le pas. Et même si je vais beaucoup mieux, je sais que ces milliers de blessures grandes ou petites subies pendant mon adolescence m'ont à jamais traumatisée, et que je ne m'en remettrai jamais complètement.

lundi 4 septembre 2017

139 jours

Aujourd'hui, pour fêter la rentrée, j'ai fait un petit calcul. Corrigez-moi si je me trompe, mais pour l'année scolaire 2017-2018, les enfants auront en tout 36 semaines de cours. En enlevant les samedi, dimanche, jours fériés ET les mercredi (le maire de ma commune a appliqué la réforme le plus mal possible, avec seulement deux heures ridicules le mercredi et aucune véritable activité périscolaire, du coup il a eu beau jeu de décréter que les parents étaient contre et de revenir à la semaine de quatre jours à la première occasion), cela fait 139 jours d'école dans toute l'année.

139 jours.

Le nombre le plus faible de toute l'Europe. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Le Monde, dans un article daté du 24 novembre 2015 :
La France est le pays où le jour moyen de jours d'école par an dans l'enseignement primaire est le plus bas de tous les pays de l'OCDE.
Et ça, c'était alors qu'on était encore à 4,5 jours par semaine.

Devinez quoi ? Ce n'est pas bon pour les enfants. Les spécialistes le disent, et tout le monde le sait, même si on fait semblant de l'ignorer. Ce n'est pas bon non plus pour les mères, car, oh, surprise, ce sont elles qui prennent des temps partiels pour s'occuper de leurs bambins, ce qui nuit fortement à leur carrière (et là aussi, c'est Le Monde qui le dit dans un article d'il y a trois jours intitulé La réforme des rythmes scolaires : un impact significatif sur l'emploi des femmes).

Rien de nouveau. Z'ont qu'à pas faire de gosses, les bonnes femmes. Ou convaincre leur mari de prendre un temps partiel. Sauf que bon, comme c'est presque toujours monsieur qui a un meilleur salaire, ça a peu de chances d'arriver.
Et pourquoi est-ce que c'est monsieur qui a un meilleur salaire ? Ben tiens, à cause de ces fameux écarts de salaire (de 26% ou 35% selon le mode de calcul) que les patrons justifient, entre autres, par... le fait que les femmes ont des horaires moins souples à cause de leurs gamins, et qu'elles prennent des temps partiels.
Ce ne serait pas ce qu'on appelle un cercle vicieux, par hasard ?


Bon sang, 139 jours sur 365. Même pas un jour sur deux, loin de là. Et dans mon cas, pas question de travailler moins, bien sûr. Donc je travaillerai dans de moins bonnes conditions, voilà tout. Dans le bruit, ou le soir, ou en vacances. Et je ne dormirai pas beaucoup. Pas grave, je suis habituée...

(D'ailleurs, je vais me coucher, tiens.)

samedi 13 mai 2017

Chick-litt et Manwhohasitall

Il y a quelque temps, la blogueuse Caroline avait parlé, parmi d'autres choses, d'un bouquin qu'elle avait bien aimé : Mon midi, mon minuit, d'Anna McPartlin. Avec cette phrase : "J'aime la chick-litt quand elle est bien tournée, ce qui est le cas de ce bouquin, dévoré en un après-midi (...)"
Curieuse, j'étais allée chercher un résumé en ligne. Le voici :
"À la suite d'un drame, le monde d'Emma, jusque-là rempli de promesses, s'effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d'elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre...
Comment survivre à la perte et au chagrin ?
Quel courage l'existence peut-elle parfois exiger de nous ?"
Je n'ai pas lu ce livre. Ma PAL est déjà horriblement haute. Mais je me suis posée une question : en quoi ce roman peut-il être qualifié de "chick-litt" ? Est-ce parce qu'il est optimiste et se termine bien ? Parce que ce n'est pas de la grande littérature (comme l'immense majorité des romans qui sortent tous les mois) ? Parce qu'il parle de sentiments ?

Aujourd'hui, sur Twitter, j'ai lu une phrase qui m'y a fait repenser. L'auteur de cette phrase est "Manwhohasitall" : un homme (?) qui, jour après jour, pose des questions, fait des plaisanteries et rapporte des commentaires en inversant systématiquement les genres. Un exemple d'aujourd'hui même : "Ma femme respecte vraiment les hommes, nous dit Matt, 35 ans. Elle pense qu'ils sont aussi intelligents que les femmes. Elle est vraiment formidable. J'ai beaucoup de chance."
J'adore ce compte, parce qu'au delà-de la plaisanterie, même moi, très sensible à tous les clichés, il me fait parfois réfléchir.
Bref, aujourd'hui, Manwhohasitall a écrit :
"Débat du jour : devrions-nous cesser d'appeler les livres écrits par des hommes et qui parlent d'hommes Dick Lit ?"

Ce qui a répondu indirectement à ma question. Mon midi, mon minuit est de la chic-litt parce que c'est un roman écrit par une femme qui met en scène une femme.
C'est triste.


PS : Quelques autres phrases de Manwhohasitall :

Aux garçons : votre genre ne doit pas vous empêcher de vous épanouir, quoi qu'en dise l'éducation, la littérature, le cinéma, l'art et la culture populaire, jour après jour !

Pourquoi les hommes dans notre pays essaient-ils d'améliorer leur condition, alors que les hommes dans les autres pays du monde sont beaucoup plus mal lotis ? Cela dessert leur cause.

Messieurs, la fête des pères est VOTRE journée. Pourquoi ne pas demander à votre femme de garder les enfants une heure ou deux pour que vous puissiez trier les vêtements tranquillement ?

Vos enfants dorment ? Votre femme regarde la télé ? Détendez-vous et lisez un magasine masculin pour comprendre tout ce cloche dans votre corps, votre maison, votre vie. Prenez soin de vous !

Messieurs, n'oubliez pas de sourire le plus souvent possible. Les femmes aiment les hommes positif.

"Ça ne me dérange pas du tout qu'on parle des Droits de la Femme, parce que je sais que le mot "Femme" recouvre à la fois les femmes et les hommes", nous dit Dan, 47 ans. Très raisonnable.

Bravo à toutes les femmes qui sacrifient volontairement leur temps libre pour aider leur mari à faire le ménage de printemps ce weekend. Merci, mesdames !

"Je refuse de faire les bagages de ma femme en plus de celui des enfants. C'est une adulte, elle peut le faire seule !" s'énerve Dan. Quel paresseux !

Sondage du jour : quel prince Disney rêviez-vous d'être quand vous étiez petit ?

"Je ne veux pas être appelé une femme de loi mais un HOMME de loi", s'énerve Peter, avocat, comme si ça avait la moindre importance.

"Ma femme se plaint quand je lui demande de l'aide pour le ménage. Que faire ?" nous demande Rob. As-tu essayé de lui trouver des corvées faciles ou qu'elle apprécie davantage ?

"Je respecte les hommes. J'ai même arrêté de sortir avec des beaux mecs : maintenant, je préfère les hommes capables de tenir une conversation", nous dit Claire, 52 ans. Bravo, Claire.

"Ils veulent qu'on les respecte, et ils se baladent avec des chaussures d'homme et des chemises sexy. C'est complètement incohérent !" nous dit Claire, PDG. C'est vrai.

(Si vous en voulez d'autres, c'est ici) (en anglais, bien sûr)

dimanche 26 mars 2017

Des femmes et des hommes (allemands)

Allemand du soir. (Quand j'y pense, je me trouve héroïque de réussir à caser ça presque tous les jours entre le coucher des enfants vers 21h et la reprise du boulot à 21h30 ou plus.)

— Allez, mon grand, on revient sur cette histoire de conditionnel ?
— Non, on fait plutôt mes devoirs pour mardi ? J'ai dix phrases à inventer.
— D'accord. Le thème ?
— Cinq clichés sur les hommes, et cinq sur les femmes.

Cette prof a toujours des idées extraordinaires.

Et voilà comment j'ai passé une bonne partie de ma soirée, non seulement à faire de l'allemand, mais aussi à écrire des crétineries telles que "Les hommes ne sont pas capables de faire plusieurs choses en même temps", "Les femmes sont plus douces avec les enfants", "Les hommes aiment bricoler" ou "Les femmes sont coquettes."

(Soupir)


[Bonus : après avoir terminé les phrases, on note le vocabulaire. Par-dessus son épaule, je constate que le Grand a écrit "étourdit".
— Enlève-moi ce T de là, s'il te plaît.
— Un S, alors ?
— Ben non, pas au singulier.
— Ah bon ? Pas de lettre muette ?
— Non. I tout court.
— Pff... C'est décevant.]

jeudi 9 mars 2017

Le collège du Grand et le 8 mars

Je vais vous raconter notre virée, mais d'abord, un email reçu hier du collège que fréquente le Grand, à l'occasion de la journée internationale DES DROITS des femmes :

Chers parents,
Dans le cadre de la journée de la femme, le collège offre aux mamans deux heures de fitness rien que pour elles !
Vous trouverez le flyer en pièce jointe.
Bien à vous,
Mme Machin, principale du collège

La journée "de la femme".
Les "mamans".
Du fitness.

Le 8 mars, malgré les efforts fait par des journaux tels que Le Monde pour parler des problèmes de société et d'inégalité, je m'attends toujours à recevoir une publicité pour un aspirateur ou des réduction sur les pizzas en forme de cœur. Je suis préparée. Et je ne suis pas naïve au point d'espérer que tous les collèges et lycées organisent des débats avec les élèves sur le harcèlement sexuel à l'école ou la place des filles dans la culture populaire. Mais j'avoue qu'en ouvrant un email de la part de la principale du collège, je ne m'attendais pas à ça.

mercredi 1 mars 2017

Salaires et pourcentages

Dans une semaine, à l'occasion de la journée des droits des femmes, celles qui le peuvent sont invitées à s'arrêter de travailler à 15h40, pour protester contre le fait qu'en France, de nos jours, les femmes gagnent en moyenne 25% de moins que les hommes. Comme si elles arrêtaient tous les jours d'être payées à 15h40, donc.

Bien entendu, si j'arrête de travailler, personne ne s'en rendra compte, mais c'est une initiative plutôt intéressante, je trouve. Il y a d'ailleurs d'autres moyens de participer. Si ça vous intéresse, c'est ici.

Mais en voyant ce chiffre, je me suis posée pour la millième fois de ma vie une question qui me turlupinait déjà quand j'étais adolescente :
Si les femmes sont payées 26% de moins que les hommes, pourquoi parle-t-on d'un écart de salaire d'un quart et pas d'un tiers ?

Non, je ne délire pas, vous pouvez faire le calcul. Si une personne gagne 100 et une autre 74, la deuxième est payée 26% de moins que la première, certes, mais la première est payée 35% de plus que la deuxième. Et à l'époque où j'étais adolescente et où on disait que la différence était d'un tiers, toujours dans le même sens, c'était encore plus frappant. Si un homme gagne 3000 euros et une femme 2000 euros, elle gagne un tiers de moins, mais il gagne moitié plus qu'elle, même les réfractaires aux mathématiques l'admettront. Pourquoi donc prend-on toujours comme point de départ le salaire le plus fort ? Pour minimiser les chiffres ? Ou parce que c'est forcément l'homme la référence ?

Juste une question en l'air...

mardi 24 janvier 2017

Une photographie vaut mieux qu'un long discours

Tiens, pour une fois, je profite de cet espace pour partager un commentaire trouvé sur Twitter. Il est question de la toute première mesure contre le droit à l'avortement du nouveau président des États-Unis, qui a signé un décret interdisant le financement des ONG qui proposent – entre autres – une aide à l'avortement. Cela va provoquer des fermetures de cliniques et de centres de planning familiaux dans le monde entier, et donc une baisse de l'aide à la contraception (sachant que, par ailleurs, la fin de "l'Obamacare" signifie la fin de la contraception gratuite pour des millions de femmes aux États-Unis). Logiquement, cela va donc provoquer une augmentation du nombre d'avortements, y compris clandestins. Et donc des centaines de morts, en particulier dans des pays pauvres d'Afrique et d'ailleurs.
Oui, les "pro-life" tuent.

Et donc, voici la photo de la signature du décret, avec le commentaire trouvé sur Twitter, traduit de l'anglais :

Vous aurez beau vivre très longtemps, vous ne verrez jamais une photographie de 7 femmes en train de signer un décret au sujet de ce que les hommes ont le droit de faire avec leurs organes reproducteurs.

Voilà, désolée, normalement j'évite de parler politique, mais cette fois je n'ai pas pu me retenir.

samedi 14 janvier 2017

Sous-catégorie

Extrait du documentaire que je viens de terminer de traduire :

"À l'intérieur, il y avait 151 hommes et 20 femmes et enfants."

Ça se passe de commentaires, non ?

(Comme l'info était connue, après vérification, j'ai traduit par "À bord, il y avait 151 hommes, 10 femmes et 10 enfants.")



(Ça m'a rappelé Le seigneur des anneaux, quand Legolas et Aragorn se plaignent qu'il n'y a pas assez d'hommes valides pour défendre Helm's Deep, et qu'on voit que sont enrôlés des vieillards boiteux et des gamins hauts comme trois pommes, pendant que les femmes – même celles qui sont grandes et fortes, même celles qui sont dans la force de l'âge, même celles qui n'ont pas d'enfants – sont priées d'aller s'enfermer avec les gosses et d'attendre gentiment que les orcs viennent les massacrer.)

mercredi 28 décembre 2016

Le Grand et l'exercice d'allemand

Leçon quotidienne d'allemand avec le Grand :

— Alors, l'accusatif correspond généralement au COD et le datif au COI, comme on l'a vu hier, et puis il y a les prépositions aosbaïmitnarsaïtfonnetsou qui sont toujours suivies du datif, mais comme les Allemands sont retors, il y a aussi des prépositions qui sont suivie soit du datif, soit de l'accusatif, selon que c'est une localisation ou un mouvement. En gros, accusatif si tu y vas, et datif si tu y es déjà. Alors, on va faire cet exercice page 25.

Il soupire un peu, pour la forme, mais il s'y colle :
— D'accord. Je vais à l'école, c'est un mouvement, blabla... Papa travaille dans son bureau, il y est déjà... Maman vient dans la cuisine... Tiens, comme par hasard, c'est maman qui va dans la cuisine et papa qui travaille. C'est toujours la même chose !

Voilà, il y a des soirs comme ça où je lui pardonne tout.

vendredi 15 juillet 2016

SpiderMAN, on te dit !

Mercredi soir, sortie du centre de loisirs. Les Things ont le visage maquillé. Je m'extasie. Mr Thing Two est en chien, et Miss Thing One en papillon. Elle commente :
— J'avais demandé qu'on me fasse un Spiderman comme à un copain, mais les animatrices m'ont dit que pour moi, c'était mieux un papillon rose.

Ah, diable ! Et moi qui avais cru bien faire...

(Soupir)

dimanche 26 juin 2016

Perceuse et cartables

Chapitre 1 - Chroniques du sexisme ordinaire :
Dimanche matin ; je fais la queue devant le fromager du marché. Mr Thing Two, qui est avec moi, repère l'emmenthal et s'exclame :
— Regarde, le fromage avec des trous ! Je veux celui-là !
— Mmm... Oui mais non, mon chéri. Il n'a pas beaucoup de goût, tu sais. On va plutôt prendre du comté, par exemple.
— Mais y a pas de trous, c'est moins rigolo !
Le fromager, qui a entendu notre conversation, intervient :
— Eh bien, il n'y a qu'à en faire. Il a une perceuse, ton père ?


Chapitre 2 - Cas de conscience féministe :
Je dois acheter des cartables aux Things, et après une longue étude de marché, j'ai choisi une marque assez chère, mais réputée, écolo, ancienne, et surtout solide ; j'aimerais bien que les cartables durent jusqu'en CM2 (le Grand a gardé le sien 5 ans). Problème : cette marque divise les cartables en deux rayons, "garçons" et "filles". Ce qui me hérisse passablement. Et c'est vraiment très, très genré. Du coup j'hésite. Je trouve celui-ci plutôt joli, par exemple :

... mais sa contrepartie est un cartable bleu avec une illustration de baseball dessus. Bof. Vous me direz, on évite les voitures, mais bof quand même.

Ou alors je pourrais prendre un cartable neutre, comme celui-ci :

... mais il n'y a que trois choix : rose, bleu, ou bleu et rouge. Donc celui des Things qui aurait un cartable monochrome serait parfaitement en droit d'être jaloux de celui ayant eu un cartable bicolore. Et puis je n'ai vraiment pas envie de céder à la tyrannie du rose ou du bleu, mais d'un autre côté, je ne veux pas non plus tomber dans l'excès inverse et prendre un truc rose pour Mr Thing Two ou un truc bleu pour Miss Thing One, parce que je sais que les enfants peuvent être très cruels envers ceux qui sortent du moule. Je rêve de cartables jaune et vert, orange et marron, bleu et gris, rouge et violet, décorés de zèbres, d'arbres, de vélos, de maisons, de montagnes, de livres, de balançoires...

(Si vous avez un avis, ou des conseils, je prends)





mardi 31 mai 2016

Une assurance automobile ?

— Allô, bonjour madame, je vous téléphone de la part de votre banque pour vous signaler que nous proposons des assurances automobiles à des prix extrêmement compétitifs, et...
— Je vous arrête tout de suite, je n'ai pas de voiture.
— Ah, elle n'est pas à votre nom, d'accord. Alors au revoir !

Je ne sais pas si c'est la Fofo cycliste ou la Fofo féministe qui était le plus agacée par ce coup de fil.