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mercredi 12 janvier 2022

Courage, fuyons !

Moi, par texto à mon père adoptif :

Je viens prendre le café demain matin chez toi, OK ?

Lui :

Volontiers, mais les enfants ne sont pas à la maison à cause de la grève des enseignants ?

Moi :

Ben si... Justement...

 

(Est-il naïf !)

mercredi 20 octobre 2021

Oubli d'enfant (acte 2)

 Avant, les matins, c'était à peu près simple :

- Les trois mini-moyens partaient tous à 8h15 ;

- Le Grand ne partait nulle part (OK, j'exagère, mais il a quand même passé l'essentiel de son année de terminale et de sa première année de fac en distanciel).

Maintenant, c'est nettement plus compliqué. Depuis la rentrée, tout le monde a des emplois du temps différents. Ils sont évidemment aimantés sur le frigidaire (les emplois du temps, pas les enfants), et j'en déduis l'heure à laquelle je dois les réveiller et les mettre dehors (les enfants, pas les emplois du temps), mais parfois il y a un prof absent, ou un cours est déplacé. Et je n'ai pas encore imposé aux deux jeunes collégiens de mettre leur réveil tous les jours. Quant au Grand, il le met, bien sûr, mais pour peu qu'il se soit endormi à 4h du matin, il faut quand même que je m'assure qu'il n'est pas encore en train de roupiller malgré la musique que son réveil crache à plein volume.

Non mais c'est pas pour me trouver des excuses, hein. C'est juste que, voilà, c'est compliqué.

Bref, lundi matin, je trouvais que j'avais assuré comme une chef :

- Je me suis levée à 7h10 et j'ai pris ma douche ;

- J'ai réveillé le Filou et Mr Thing Two à 7h30 ;

- Je les ai priés de ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller leur sœur, qui commençait plus tard ;

- J'ai vérifié à 7h50 que le Grand se levait ;

- J'ai accompagné Mr Thing Two jusqu'à l'ascenseur à 8h05 ;

- J'ai vu Miss Thing One aller aux toilettes à 8h10 ;

- J'ai accompagné le Filou jusqu'à l'ascenseur à 8h18 ;

- J'ai salué le Grand qui partait à 8h30 ;

- Dans le silence et le calme enfin revenu, j'ai pris mon petit-déjeuner, vidé le lave-vaisselle, rempli le lave-vaisselle, rangé un peu le séjour, lancé une lessive ;

- Je suis partie pour un rendez-vous médical à 9h.

Et puis j'ai vu le médecin, et puis je suis ressortie vers 9h45, et j'ai pris mon téléphone portable pour ôter le mode avion, et là j'ai vu que j'avais eu un appel qui provenait... de la maison.

Qui pouvait m'appeler de la maison ? Le Grand aurait-il eu un problème, et serait-il revenu ? Ou alors...

C'est à ce moment-là seulement que je me suis rendu compte que je n'avais pas vu partir Miss Thing One, qui commençait à 10h ce jour-là. Et que, comme elle était restée à lire dans sa chambre sans faire le moindre bruit entre 8h30 et 9h, j'avais totalement oublié son existence.

Je l'ai rappelée, et elle n'était pas inquiète, juste déboussolée :

— Je me suis levée pour prendre mon petit-déjeuner, et il n'y avait plus personne ! Normalement tu me dis quand tu t'en vas...

— Oui, je sais, j'ai oublié de te prévenir, je suis désolée !

— C'est pas grave. Je pars à 10h15. Tu seras rentrée ?

— Euh... oui. Oui, oui. Je te verrai. Je rentre. Tout de suite.

Et en effet, je suis rentrée à toute vitesse, pour arriver deux minutes avant son départ. Pas tellement pour pouvoir lui dire au-revoir, mais parce que ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'en partant, j'avais fermé la porte à clef...


(Note à moi-même : leur faire refaire des clefs capables d'ouvrir de l'intérieur, et pas seulement de l'extérieur.)


mardi 19 octobre 2021

Oubli d'enfant (acte 1)

Cette année, le samedi est devenu une journée pénible, car Mr Thing Two et le Filou ont tous les deux commencé une activité. Alors, oui, je suis très très contente qu'ils aient enfin trouvé quelque chose qu'ils aient envie de faire ; cela faisait des années qu'on cherchait. Tennis pour le premier et escrime pour le deuxième. C'est super. MAIS ça veut dire qu'entre 13h30 et 16h30, je ne fais qu'aller et venir pour accompagner, aller chercher, accompagner, aller chercher.

Et ce qui devait arriver arriva : samedi dernier, j'ai emmené le Filou à l'escrime, puis je suis revenue et repartie presque aussitôt pour emmener Mr Thing Two au tennis, en accueillant au passage Miss Thing One qui revenait d'une visite au musée avec son grand-père, et puis je suis rentrée et je me suis écroulée dans un fauteuil à 15h15 en me disant "bon, dans une demi-heure il faut que j'y retourne, mais au moins j'ai une demi-heure de repos, c'est bizarre, ça m'avait semblé encore plus fatiguant la dernière fois, pourq.... OH BON SANG j'ai oublié d'aller chercher le Filou !"

Je suis sortie précipitamment (ça tombait bien, je n'avais pas encore enlevé mes chaussures), je suis partie en courant, mais je n'avais fait que deux cent mètres quand j'ai croisé le gamin dans la rue.

— Filou ? Je suis désolée, je t'ai oublié !

— Oui, j'avais remarqué.

— Tu n'étais pas trop inquiet ?

— Si, et j'ai même failli pleurer, et puis finalement je me suis dit que j'allais plutôt rentrer tout seul.

 

Bon choix.

(Il peut le faire, donc. Il VA le faire, tous les samedis, même...)


lundi 11 janvier 2021

Virée cycliste en solitaire

Après la conversation de la semaine dernière avec les enfants, j'ai eu un petit coup de blues, mais vous me connaissez, je ne me laisse pas abattre comme ça.

Bon, d'accord, me suis-je dit : ils n'ont plus tellement envie de faire des promenades avec moi. Qu'à cela ne tienne : en attendant que la situation sanitaire me permette à nouveau de leur offrir à nouveau un menu alléchant, genre musée insolite, nuit en camping, sortie sportive ou visite de monument grandiose, je vais aller me promener toute seule. Na.

J'ai donc décidé de les planter tous là le dimanche et d'aller passer la journée par monts et par vaux. Après avoir hésité un peu entre une randonnée pédestre ou cycliste, j'ai choisi cette dernière, même si je n'ai pas vraiment de vélo adapté.

J'ai tout préparé la veille : je leur ai acheté des pizza Picard pour le déjeuner, j'ai prévu de quoi pique-niquer pour moi, je leur ai fait un emploi du temps détaillé, j'ai choisi avec eux le dessin animé qu'ils pourraient regarder l'après-midi, j'ai répété dix fois qu'ils devraient faire leurs devoirs avant le DVD, j'ai vérifié qu'ils avaient mon numéro de téléphone, j'ai averti le Grand que les enfants le réveilleraient vers 11h30, etc. Quant à moi, je me suis concocté un beau petit itinéraire empruntant en grande partie le début de la véloroute nommée "véloscénie" : un peu plus de 45 kilomètres pas vraiment plats de chez moi à Versailles en passant par Sceaux, Massy et Jouy, et retour par le RER. De quoi profiter du soleil qui s'annonçait, et bien faire travailler mes gambettes.

Et puis le matin du dimanche, Miss Thing One s'est levée avec le nez rouge vif à force de se moucher, la voix éraillée, et un beau mal de tête assorti d'une petite angine.

Franchement, c'est pas de la mauvaise volonté, de tomber malade juste le jour où j'ai prévu de passer la journée sur mon vélo loin d'eux ?

La mort dans l'âme, j'ai dû renoncer à mes projets. 


...


Mais non, je plaisante ! J'ai vérifié qu'elle n'avait pas de fièvre, je lui ai fait avaler un doliprane, j'en ai laissé un autre sur la table à prendre après le déjeuner, je lui ai expliqué que même si je restais je ne pourrais rien faire de plus pour elle, et j'ai filé.

(Oh, ça va,  hein. A mon retour, à l'heure du goûter, je lui ai préparé avec amour un chocolat chaud épais, pour me racheter.) (Oui, bon, je m'en suis préparé un à moi, parce que je l'avais bien mérité, et je lui en ai donné une tasse, mais ça revient au même, non ?)

vendredi 11 décembre 2020

Rendez-vous manqués

Tiens, et si j'écoutais mes messages sur mon téléphone portable ? Malgré mon insistance, il y a encore des gens qui s'obstinent à ne pas utiliser mon fixe, alors que celui-là, quand je suis à la maison, je l'entends toujours (et quand je n'y suis pas, c'est presque toujours que je ne suis PAS disponible, donc que je ne répondrai pas non plus à mon portable !)

Ah oui, tiens, il y a un message. La maîtresse de Miss Thing Two ? Allons bon, que me veut-elle ? La gamine vient de rentrer de l'école, et elle ne m'a rien signalé de spécial.

"Bonjour madame, sauf erreur de ma part nous avions rendez-vous à 15h45 pour la remise des bulletins..."

Oh, zuuut ! J'ai raté le rendez-vous !

Mais... attends une seconde... Où est mon agenda ? Il me semble...

C'est bien ça. J'avais rendez-vous avec la maîtresse du Filou hier, et avec le maître et la maîtresse des Things aujourd'hui.

J'ai raté trois rendez-vous en deux jours.

Je pense que je suis officiellement la plus mauvaise mère de toute l'école.

(Quelqu'un aurait une cheminée, pour que je puisse me couvrir la tête de cendres ?)


PS : Cela dit, je les ai déjà vu, les trois bulletins, et ils sont tout à fait convenables, donc oui, j'avoue que j'ai classé ces rendez-vous dans le coin de mon cerveau intitulé "démarches qu'il faut bien faire mais pas franchement utiles".


mardi 24 novembre 2020

Histoire de santons

 Une amie, qui m'offre souvent des santons en période de Noël, m'avertit qu'Escoffier est menacé de faillite à cause de l'annulation des marchés de Noël. Du coup, je passe commande sur leur site pour les soutenir.

Puis elle m'envoie la photo suivante, avec comme commentaire :

Je parie que tu ne l'as pas, ce santon !


Je lui réponds :

Non, en effet, je ne l'ai pas !

(J'espère juste qu'elle n'a pas l'intention de me l'offrir. Pouchky, si tu me lis, n'importe lequel mais pas celui-là*.) (Euh, non, pas n'importe lequel : je ne tiens pas à avoir le prêtre ou le Père Noël qui assistent à la naissance de Jésus, parce que même si je ne suis pas allergique aux anachronismes, là ça va trop loin. Et je n'aime pas beaucoup les anges.) (Dans la crèche, je veux dire : je n'ai rien contre ceux qui ornent les plafonds des palais, même si je n'en voudrais pas chez moi)

Et puis j'enchaîne :

Figure-toi qu'après avoir feuilleté le catalogue Escoffier pour passer commande, j'ai enfin compris le sens de l'expression "le ravi de la crèche" !

(Pour ceux qui ne savent pas, l'explication est ici.)

 Elle :

Pourquoi, tu l'imaginais comment, le ravi ?

Moi :

En fait je n'avais jamais fait le lien avec les santons. Je n'avais jamais compris de quoi il s'agissait. D'un berger en extase dont il était question dans l’Évangile ? D'un père enchanté de se débarrasser enfin de son bébé en le déposant à la crèche le lundi matin ?

 

 

 Ben quoi ?

 

* Il paraît qu'il s'est vendu comme des petits pains, pour 35 euros. Comme elle dit, les gens sont fous.

PS : Je précise que ce n'est PAS Escoffier qui commercialise ce santon ! Ne les boycottez pas !

 

mercredi 27 novembre 2019

Interrogatoire de l'orthodontiste

Visite chez l'orthodontiste avec Miss Thing One (qui a sucé son pouce pendant des années) et le Filou (qui continue à zozoter).
On me demande la date de naissance, et puis :
— Leur taille, s'il vous plaît ?
— ...
— Leur poids ?
— Euh, la dernière fois que je les ai pesés elle faisait cinq kilo et cinq centimètres de plus que lui, mais... je ne sais plus le poids et la taille de départ...
— Ça ne va pas nous aider, alors. Ils se lavent les dents combien de fois par jour ?

(Je veux mon avocat)

— Une seule, le soir...
— Ce serait bien de passer au minimum à deux. Dorment-ils la bouche ouverte ou fermée ?
— Euh... Je ne dors pas dans la même chambre qu'eux, donc...
— (Soupir.) L'âge de leur première dent de lait ?
— ...
— Oh, quand même ! Vous ne vous rappelez pas de l'âge à laquelle ils ont eu leur première dent ?
— Ben, non. J'ai arrêté de les allaiter vers six mois, donc c'était après, c'est tout ce que je peux vous dire...
— Bon. Votre fille a deux incisives définitives, et deux autres qui sont tombées et n'ont pas encore repoussé. Elles sont tombées il y a longtemps ?
— ...

(Je veux mon avocat, vous dis-je !)

— Fais-moi un grand sourire, ma petite. Non, un vrai sourire. Non, pas une grimace... Madame, vous pouvez la chatouiller, s'il vous plaît ?
— Ah oui, ça je peux !
— Parfait, j'ai vu ce que je voulais voir.

Voilà, je suis une très mauvaise mère, mais je sais chatouiller mes enfants.

(Verdict : aucune urgence. Le Filou a une dentition quasi normale, et si Miss Thing One a besoin d'un appareil, ça peut attendre au moins deux ou trois ans de plus. Ouf. Ça me laisse le temps de réviser les réponses avant le prochain rendez-vous...)

samedi 7 octobre 2017

Vaccination des Things



La dernière fois que je suis allée chez ma médecine traitante (ben quoi ?), elle s'est étonnée de ne jamais voir les Things.
— Le plus grand, avec son problème au genou et son asthme, je l'ai vu plusieurs fois, et votre dernier est tout le temps malade, mais vos jumeaux, je ne les connais même pas !
— C'est normal, ils ont été tellement, tellement, tellement malades les trois premières années de leur vie que forcément, après, ça s'est un peu calmé... Et quand ça leur arrive encore, c'est toujours le weekend ou pendant les vacances. Toujours. Donc on a recours à SOS médecin.
— D'accord, mais enfin, ce serait bien que quelqu'un les voie au moins une fois par an, tout de même.
— Pour une révision générale, vous voulez dire ? Vous avez raison. Je fais ça pour mes vélos, je peux le faire pour mes enfants...

La fois suivante, j'ai donc amené les deux zigotos, qu'elle a consciencieusement examinés, puis pesés et mesurés, pour voir où ils en étaient sur la courbe de croissance (surprise : tout en haut). Enfin, elle examine les carnets de santé :
— Il y avait un rappel de vaccin antitétanique à faire.
— Ah bon ? Mais c'est récent, non ? Je n'avais pas remarqué.
— Au printemps 2016.
— ...
— On prend rendez-vous la semaine prochaine ?

Elle me fait deux ordonnances pour les vaccins, et ajoute du doliprane à tout hasard. J'envoie Darling à la pharmacie. Il revient assez content de lui, avec le sentiment du devoir accompli :
— J'ai acheté le vaccin, je l'ai déjà mis dans la porte du frigidaire, comme on m'a dit de le faire.
Le vaccin ?
— Ben oui, celui qui était indiqué sur l'ordonnance.
— Darling, il y avait deux ordonnances.
— Ah non, c'était une copie, m'a dit la pharmacienne. Même date, même médicaments, même date de naissance...
— Et même prénom ?
— Euh...
— Darling, à la rigueur, la pharmacienne est excusable. Mais toi qui sais que tu as des jumeaux, comment as-tu pu ne pas trouver ça louche que je veuille vacciner seulement l'un des deux ?
— Je dois y retourner, alors ?
— Je crains fort que oui.

Aujourd'hui, c'est la date fatidique. Les Things ont la trouille, surtout Mr Thing Two.
— J'ai peur des piqûres !
— Oh, dit la doctoresse, ne vous inquiétez pas, ça ne fait pas mal.
Ce qui me fait doucement rigoler :
— Si j'étais vous, les mioches, je me méfierai. Vous vous rappelez la chanson de Jean-Jacques Goldman "C'est pas vrai", celle où il fait la liste de toutes les choses que les gens disent tout le temps mais qui sont des mensonges ? Eh bien, la toute première de la liste, juste avant "Tu n'as pas changé", c'est "Ça fait pas mal"...

Jean-Jacques Goldman avait raison, ça faisait mal. Mr Thing Two hurle. Du coup, Miss Thing One commence à pleurer avant même qu'on la pique, forcément.
— Ah, zut, il lui a fait peur avec son cirque, on aurait dû la faire passer avant, dit la doctoresse.
— Sauf que si elle était passée avant et qu'elle lui avait dit que ça faisait mal, ensuite, on aurait eu du mal à le coincer, le petit trouillard costaud...

Piqûres terminées, bonbon consolateur, et promesse rassurante :
— C'est bon, plus de rappel avant leur douzième année !
— Bien, ça leur laissera le temps d'oublier !
— Vous aussi, malheureusement.
— Moi, oublier les rappels des vaccins de mes enfants ? Oh, voyons, comment osez-vous insinuer une chose pareille ?

Allez, pour cette fois, c'est bon. Plus qu'à faire vacciner le Grand contre la grippe, comme chaque hiver. Ça devrait être un tout petit peu plus facile. Même si, la dernière fois, il avait encore réclamé un patch anti-douleur et une sucette...

mardi 3 octobre 2017

Le bris et la fureur

Les enfants m'ont énervée. Ils ont râlé au moment de mettre la table : LE truc qui me fait sortir de mes gonds quand je viens de passer une heure et demie en cuisine pour leur préparer une soupe maison, un gratin maison, et une crème dessert maison, en plus du goûter maison de l'après-midi. Dans ma colère, j'ai jeté quelque chose par terre, mais dans ma sagesse, j'ai choisi quelque chose qui ne pouvait pas se casser : pas d'assiette ni de verre.


Qui aurait cru que c'était si fragile, un couteau en inox ?

mardi 27 septembre 2016

Réunion au collège

Réunion parent-professeurs au collège. J'arrive dans le hall, et je me plante devant le tableau qui indique le numéro des salles où se tiendront les réunions, en fonction des classes. Une autre mère est plantée à mes côtés, l'air à peu près aussi perplexe que moi.
— Je ne sais plus dans quelle troisième il est, dis-je, penaude.
— Moi non plus ! avoue-t-elle. A, B ou C ?
Ça fait plaisir de savoir qu'il y a des parents tout aussi indignes que moi.

Nous nous adressons à un prof. Heureusement, le collège est petit, et les profs connaissent presque tous les élèves. Il est en train de nous renseigner quand un père arrive.
— Vous non plus, vous ne savez pas dans quelle classe est votre enfant ? demande le prof, ironique.
— Non... Enfin, si : il est en cinquième, je crois. Ou en quatrième ?
Ça fait plaisir de savoir qu'il y a des parents encore plus indignes que moi.


En bonus, quelques extraits de la réunion :
— Il faudra qu'ils profitent des opportunités... dit la conseillère d'orientation.
— Les nouveaux programmes scolaires n'ont pas trop impacté les troisièmes... dit le prof de français.
— Bon, je m'arrête là, désolée, je n'ai pas de punchline pour ma présentation... dit la prof d'allemand.
— On reviendra plusieurs fois sur les mêmes notions dans l'année : par exemple, d'abord les fonctions, et le step d'après, ce sera les fonctions affines... dit le prof de maths.

Heureusement, la prof d'anglais était absente. Quoique, selon toute probabilité, elle aurait utilisé moins d'anglicismes que les autres, non ?


(A part ça, j'ai un séjour londonien à vous raconter, mais aujourd'hui le temps m'a manqué !)


samedi 28 mai 2016

Poèmes pour la fête des mères

Moment de panique en approchant de l'école hier soir et en constatant que les parents portent des paquets enrubannés à la main :
Oh mon dieu c'est la fête des mères et je vais me retrouver avec trois colliers de pots de yaourts ou trois bibelots hautement décoratifs à installer en bonne place sur mes étagères !

Premier soulagement quand les enfants courent vers moi : ils tiennent bien des cadeaux à la main, mais plats. Pas de colliers, donc. Ouf.

Deuxième soulagement quand on a ouvert les cadeaux (à peine le pied posé à l'intérieur de la maison) (j'ai eu beau leur dire que la fête des mères était le surlendemain, ils n'ont rien voulu savoir) (remarquez bien que ça m'arrangeait, vu que je savais que je serais absente le jour J) (mère indigne) : ce ne sont pas des magnifiques cadres en plâtre peinturlurés couverts de paillettes et contenant une photo très laide de l'enfant (oui, j'ai déjà eu ça), mais des poèmes.
1 - Un petit poème que le Filou m'a récité séance tenante – et j'avoue, malgré mon peu d'affection pour la fête des mères, l'entendre me débiter sa ritournelle en zozotant et en faisant les gestes appropriés m'a émue...
2- Deux poèmes entièrement recopiés à la main par les Things (qui savent donc écrire avant de savoir lire, on applaudit bien fort), ce qui a dû leur prendre un temps fou. On remercie la maîtresse qui a prévu le même poème pour tout le monde sauf pour les deux paires de jumeaux qu'elle a dans sa classe, histoire de ne pas avoir de doublon.

(Ceux qui ne sont pas allergiques aux niaiseries peuvent cliquer pour lire.)

Voilà, je ne dis pas que je vais les encadrer et les afficher en place d'honneur (mère indigne, on a dit), mais je dois bien reconnaître que c'était mignon...

mercredi 10 février 2016

La closerie Falbala de Jean Dubuffet

Forcément, après être allée une fois au cirque avec la classe du Filou et une fois dans un château avec la classe des Things, j'ai été étiquetée "maman qui peut accompagner les sorties". Du coup, la semaine dernière, on m'a supplié d'aller à la bibliothèque avec la classe du Filou à défaut d'autres volontaires. Et forcément, cette semaine, je n'ai pas réussi à refuser d'aller à la closerie Falbala avec la classe des Things : question d'équilibre.
J'ai donc accepté, sans avoir la moindre idée de ce à quoi je m'engageais. Closerie Falbala ? Jamais entendu parler.

Maintenant, je sais. C'est, à l'intérieur d'un jardin rassemblant un certain nombre d’œuvres de l'artiste Jean Dubuffet, une sorte de grand terrain à la surface inégale et entouré de murs tout autant inégaux, entièrement blancs, et parcourus par des longs traits noirs. Un terrain de jeu formidable pour les enfants, qui ont adoré courir et sauter dans tous les sens.



 A l'intérieur de ce terrain se trouve la villa Falbala, espèce de grotte aux dessins toujours dans le même esprit, mais avec quelques aplats et rayures en bleu.


Et à l'intérieur de cette grotte, une pièce carrée que l'artiste a mis trois ans à décorer, entièrement seul, en sculptant et en peignant chaque centimètre carré des murs, toujours avec le même genre de dessin et avec les mêmes couleurs, mais avec le rouge en prime.



Une excellente visite pour les petits, avec une guide qui, pour une fois, savait ce qu'étaient des enfants de maternelle et donnait des explications compréhensibles, et même des comparaisons à chaque fois qu'elle donnait des chiffres concrets ("trois ans, c'est comme s'il commençait quand vous entrez en petite section, et finissait quand vous terminez la grande section !"). Ils ont été fascinés par tous les objets qu'on pouvait distinguer dans les formes abstraites, et sont repartis avec toutes les indications nécessaires pour dessiner à leur tour "comme Dubuffet".

Voilà, une belle visite, gratuite, que demander de plus ?

Ah si, peut-être du temps pour travailler... Rentrée à 13h, après avoir enfin mangé et lancé une lessive, je me suis plongée dans mon travail avec une telle concentration que j'ai été tout étonnée quand Darling m'a téléphoné :
— Allô, Fofo, je ne te dérange pas ? Tu es déjà allée chercher les enfants ?
— Mais non, voyons, ils ne sortent qu'à 16h15.
— Mais... il est déjà 16h25...
Et voilà comment, juste après avoir été une mère parfaite adulée par les instits le matin, je suis arrivée à l'école avec un quart d'heure de retard l'après-midi, complètement hors d'haleine, en devant expliquer piteusement que la journée m'avait paru si courte que oui, j'avais tout simplement oublié de venir chercher mes enfants...

dimanche 3 janvier 2016

La coupelle était pleine...

Allez, une petite anecdote, que j'ai un peu hésité à raconter parce qu'après l'histoire du plancher cassé et de la porte défoncée, entre autres, j'ai un peu peur de passer pour quelqu'un de violent, alors que je suis douce comme un agneau (hum, hum)... Mais après tout, c'est plutôt une histoire drôle, et puis souvenez-vous que je ne raconte que les fois où il se passe quelque chose, et pas les nombreuses soirées où tout va bien !
Bref, trêve de précautions oratoires :

Vacances de Noël, une journée pénible, en huit-clos, et un dîner exaspérant, avec des gamins qui n'arrêtent pas d'enchaîner bêtises, caprices, et râleries. J'essaie de leur faire plaisir en allant chercher de la glace pour le dessert. Pendant que je l'ouvre, le Grand apporte des coupelles : trois très belles coupelles en céramique pour les plus de 10 ans, et trois coupelles en mélamine (une rose, une bleue, une jaune) pour les petits. Qui se mettent aussitôt à se disputer :
— Je veux la rose !
— Non, elle est à moi !
— Non, c'est pour moi !
J'essaie d'intervenir, mais ils sont fatigués, casse-pieds, de mauvaise humeur (moi aussi). Il y en a déjà deux qui pleurent ou qui crient d'une voix stridente, avant même que j'aie eu le temps de négocier. J'essaie de les faire taire, en vain. Une énorme vague de ras-le-bol m'envahit. J'ai mal à la tête. J'en ai marre. Je veux du silence. J'ai envie de hurler (mais non, ce n'est pas contradictoire), ou de leur taper dessus. Finalement, je me contente de prendre la coupelle en mélamine rose et de la balancer à travers la pièce. Un peu trop fort. Si fort, en fait, qu'à ma grande surprise, elle éclate aussitôt en morceaux.
Tout le monde fige.
Silence total.
Plus personne ne pleure. Au moins, ça a marché.
Et du coup, je n'ai plus envie de les taper. Autre bon point. Tout cela en échange d'une coupelle quasi-incassable, ce n'était pas trop cher payé, je trouve.
Je commente :
— Voilà. Comme ça, vous n'avez plus besoin de vous disputer.
Les trois plus jeunes sont encore sous le choc. Ils me dévisagent, les yeux ronds. Leur père n'ose pas bouger non plus. Et puis, à côté de moi, je perçois un léger mouvement. Je me tourne, et je m'aperçois que le Grand, qui était en train de distribuer les coupelles, a récupéré avec discrétion celles en céramique qui étaient à ma portée, et les éloigne prudemment...

Du coup, croyez-y ou non, mais le dîner s'est terminé par un énorme fou-rire général qui a remis tout le monde de très bonne humeur. J'en ri encore quand j'y repense.

(Une famille de fous, je sais) (Et c'est moi la plus folle, je le sais aussi)

mardi 20 octobre 2015

Les manteaux de qui ?

Mon bouquin, ça, je ne l'ai pas oublié. En double, même.
Je n'ai pas oublié non plus de prendre de quoi manger.
Les manteaux des enfants, par contre...
Bon, mais ce n'est pas grave : des pulls et des k-ways d'adultes aux manches retroussées cinq fois font très bien l'affaire, hein ?


mardi 4 août 2015

Éducation musicale

Faire écouter Dorothée, Anne Sylvestre, Henri Dès et Émilie Jolie à ses enfants pendant les trajets en voiture, c'est ridiculement passéiste, c'est carrément de la maltraitance, ou bien peut-on estimer que c'est une initiation au vintage ?

jeudi 11 juin 2015

Questionnaire pour le conseil de classe

Non mais franchement, c'est quoi, cette semaine ? Lave-vaisselle en panne, instit absente, problème d'inscription au centre de loisir, rendez-vous médicaux, résultat des ateliers d'écriture à mettre en page, achat urgent de sandales pour les gamins, remise de prix littéraire au fin fond d'une banlieue très éloignée de la mienne, pyjama party du Grand, formalités administratives, fête de l'école maternelle, et puis bien entendu, traduction précédente à boucler et traduction suivante à continuer sans mollir... Je cours, je cours, je cours (je pédale pas mal, aussi), je reste penchée sur mon ordinateur jusqu'à minuit passé tous les jours, et pourtant je n'y arrive pas.

Bref.

Email reçu de la part d'un parent délégué de la classe du Grand, hier :

Madame, Monsieur,
En vue du conseil de classe de la 5°C, je vous  prie de bien vouloir répondre au questionnaire suivant :
- Comment s'est globalement passé l'année de votre enfant ?
Euh... bien ?
- Que pensez-vous de l'emploi du temps ?
Mmm... rien.
- Du contenu des cours ?
Sais pas. Il a appris quoi, cette année ?
- De l'accueil ?
Pourquoi, qu'est-ce qu'il a, l'accueil ?
- Du cahier de texte en ligne ?
Ah bon, on peut consulter les devoirs que les élèves ont à faire sur Internet ? Ça alors. On n'arrête pas le progrès, dites donc. (Maintenant que j'y pense, on a dû nous le dire à la rentrée...)
- Quels problèmes avez-vous rencontrés ?
Moi, aucun. Mon fils, je ne sais pas, mais sûrement rien de grave.
- Quelles sont vos suggestions ?
Ben, aucune, du coup.
Merci de votre participation.
Oh, de rien, ça ne m'a pas pris beaucoup de temps.

(Franchement, une semaine comme celle-ci, je me dis que j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de chance d'avoir un ado qui, tout pénible qu'il est parfois, suit son petit bonhomme de scolarité sans que j'aie à m'en soucier le moins du monde, à part dans quelques rares cas de crise. Brave garçon qui ménage sa mère débordée-et-un-peu-indigne-sur-les-bords !)

lundi 1 juin 2015

Traumatisés

Retour d'atelier d'écriture. Je suis partie hier matin. J'arrive juste avant que les enfants aillent se coucher. Ma mère, de passage à Paris, vient de terminer de leur raconter un livre.
— Bonjour mes chéris !
— Bonjour ! répond le Grand.
Miss Thing One me fait un sourire.
Mr Thing Two me fait coucou de la main.
Le Filou, qui est en train de regarder un livre, m'ignore.
— Ils n'ont pas l'air trop traumatisés par ton absence, commente ma mère.
(Faut dire que moi non plus, je n'étais pas traumatisée de passer la nuit à l'hôtel, dans le calme, loin d'eux.)

Plus tard, je dis à Darling :
— Je te rappelle que tu dois rentrer tôt demain soir. Je fais l’interprète auprès d'un auteur anglais, je ne serai pas là dans la soirée.
— Hein ? Encore ? Mais tu n'es jamais là !
C'est lui le plus traumatisé, en fait.

dimanche 1 mars 2015

Porte-malheur

— Non, moi pas pipi ! A pas veux ! Pas là, pipi ! Nooooon ! NOOOOON !
Hurlements, cris, rugissements, larmes, et je me roule par terre, et je tape mes parents, et je jette au loin tout ce qui est à ma portée, et je deviens rouge vif...
Le Filou fait de plus en plus de colères. Dix, douze par jour, et plus seulement à l'heure des repas. Sous le moindre prétexte. Parfois, je négocie. Tu ne veux pas t'habiller ? Et si je te laisse choisir son T-shirt ? Et si je te raconte un livre, d'abord ? Et si j'accepte de te laisser pieds nus pour le moment ? Parfois, je n'ai pas le temps, pas l'envie, ou je sais que ça ne servira à rien. Tu ne veux pas t'habiller ? Pas de bol, mon bonhomme, je suis plus forte que toi. Je te coince les jambes et les bras sous mon poids, et je t'enfile ton T-shirt de force malgré tes hurlements à faire pâlir d'envie les sirènes des pompiers.

Ce soir, j'étais fatiguée, et j'avais mal à l'épaule. Pour le repas, j'avais négocié. Pour le livre, j'avais négocié. Pour le deuxième doudou, j'avais cédé. Mais pour le pipi, non. Pas envie de changer les draps cette nuit, ou d'être réveillée à six heures du matin pour cause de vessie trop pleine du gamin qui a refusé de passer sur le pot (ou les toilettes, hein, il avait le choix). J'ai donc eu recours à cette arme minable, antithèse de l'éducation :
— Eh bien puisque c'est comme ça, tu restes dans la salle de bain, et tu ne viendras écouter le livre que quand tu auras au moins essayé de faire pipi !

Il hurle, il hurle, il hurle, et il essaie de tirer la porte, mais je tiens la poignée de l'autre côté. Une minute, pas plus, parce que non seulement je suis mauvaise mère, mais en plus je n'arrive même pas à tenir bon ou à mettre mes menaces à exécution, ce qui aurait au moins le mérite de la logique. Je décide de réessayer les négociations. J'appuie sur la poignée...
... et rien ne se passe.
J'appuie plus fort.
Toujours rien.
Je donne des petits coups dans la porte.
En vain.
Le pêne est bloqué dans la gâche. Et visiblement, la poignée ne l'actionne plus.

Qu'à cela ne tienne, je vais démonter la poignée. Je file chercher un tournevis.
Pendant ce temps, le gamin hurle de rage, encore. Darling essaie lui aussi d'ouvrir cette maudite porte, sans plus de succès que moi. Miss Thing One est dans nos pattes : elle adore les drames. Le Grand demande ce qu'il se passe. Mr Thing Two râle parce que je ne suis pas encore venu lui chanter sa berceuse du soir. Et comme si cela ne suffisait pas, Oma, la mère de Darling de passage à Paris, est plantée au milieu de l'escalier pour surveiller que nous ne torturons pas nos enfants (ce qu'elle nous soupçonne de faire dès qu'elle a le dos tourné).

Je démonte la poignée de mon côté. Comme le Filou tire dessus de l'autre côté, la poignée lui reste dans les mains, à lui aussi. Il hurle de plus belle, de toute sa voix : il n'a pas encore conscience d'être bloqué à l'intérieur, mais je crois qu'il est absolument horrifié à l'idée d'avoir cassé la poignée. Malheureusement, ça n'a servi à rien, car la porte ne s'ouvre toujours pas. J'arrive à convaincre le gamin de reculer, ce qu'il fait tout en pleurant avec autant d'ardeur que jamais, et puis je demande à Darling de défoncer la porte. Ce qu'il s'emploie à faire à coups de pieds, pendant qu'à l'intérieur, les décibels montent encore (ce que je n'aurais pas cru possible), et que de ce côté-ci, Oma s'épouvante, le Grand pose des question stupides (sa spécialité dans les moments de crise), Mr Thing Two s'énerve d'être négligé, et Miss Thing One manque de nous faire tomber à force de tourner autour de nous pour assister au spectacle aux premières loges.

Finalement, une fois le battant brisé, avec des éclats de bois partout sur la moquette et dans l'escalier, j'ai récupéré mon petit bonhomme qui n'en pouvait plus de pleurer. Je crois vraiment qu'il n'a pas compris que nous n'arrivions plus à ouvrir, mais qu'il a été traumatisé de nous voir casser la porte, surtout qu'il avait l'air de penser que c'était sa faute (il a dû croire que c'est parce qu'il avait trop tiré sur la poignée qu'elle lui était restée dans les mains). Miss Thing One aussi était bouleversée, d'ailleurs, et il a fallu lui promettre de racheter une nouvelle porte, ce qu'elle voulait que nous fassions immédiatement, dans la nuit, parce que laisser cette porte dans cet état-là, ça la perturbait beaucoup.

Il nous a encore fallu un certain temps pour ramasser toutes les échardes, et pour calmer tout le monde, et pour coucher enfin les enfants.

Et qu'a dit le Filou, à peine installé dans son lit ?
— A va pipi, moi ! L'est là, pipi !
Et il est ressorti du lit avant de filer tout droit remplir son pot.

D'une certaine manière, on peut donc dire que j'ai gagné, non ?


samedi 21 février 2015

Retour et re-départ

Voyage de retour toujours sans histoire – désolée, encore une fois. Juste les Things qui refusaient de regarder le DVD que je leur avais mis et qui préféraient chahuter, et le Grand qui a refusé, même sous menace de punition, d'aller s'asseoir sur son siège derrière le mien, parce que "je veux pas être tout seul, je serai trop loin de vous", et du coup il a fallu se serrer à cinq sur quatre places. De la part d'un pré-ado qui n'a quasiment pas quitté sa chambre pendant six jours d'affilée, et que nous n'avons vu qu'à l'heure des repas, cela m'a un peu agacée. Surtout qu'en fait, j'aurais pu prendre seulement quatre places, puisque le Filou a moins de trois ans, mais que j'en ai pris cinq pour que ce soit plus confortable et pour que le Grand puisse bouquiner tranquillement à l'écart. Du coup j'ai dépensé 18 euros (aller-retour) pour que la dame assise derrière nous ait la place de poser son sac et son manteau à côté d'elle.
Et puis quand je suis arrivée à la maison, j'ai découvert que j'avais 4,13 euros sur mon compte en banque, que le frigo était presque aussi vide que mon compte en banque, et qu'il y avait eu un attentat à Copenhague.
Du coup j'ai envie de repartir. Et ça tombe bien, parce que lundi matin, je repars en effet, et toute seule, pour quatre jours. Pas au ski, hélas : j'ai un certain nombre de démarches administratives à faire dans la maison où nous passons tous les étés, et bien entendu, j'emporte ma traduction sous le bras, à terminer impérativement cette semaine. Mais quand même, rien qu'à l'idée que je vais passer trois soirées seule, manger quand j'en aurai envie, me réveiller le matin sans entendre le Filou crier "Maman, a matin !" à 7h, discuter avec les voisins, et même certainement lire un roman dans le train (je ne peux pas travailler sur l'ordinateur dans le TGV, ça me donne une nausée terrible), j'ai envie de danser.
Et dire que Darling, qui vient de passer une semaine tout seul à la maison (et au boulot, bien sûr) n'attendait qu'une chose : notre retour... Le monde est mal fait !

mardi 27 janvier 2015

Mauvaise nuit pour le Grand

Le Grand arrive demain matin, vers 6h30, après un voyage de nuit dans le car. Je n'ai eu aucune nouvelle depuis son départ. Mais vraiment strictement aucune : je n'ai rien vu sur la porte du collège quand je suis passée devant ce weekend (pas même le fameux "le car est bien arrivé"), je n'ai croisé aucun autre parent, et bien entendu, même si je lui avais donné mon numéro de portable en lui disant vaguement "Si un copain peut te prêter son téléphone une minute, envoie-moi juste un texto, c'est gratuit", inutile de dire que mon portable est resté muet (et pourtant, je l'ai consulté au moins deux fois en cinq jours : si si, je peux le faire, dans les grandes occasions).

Je me demande s'il a pu skier, ou si sa douleur au genou l'en a empêché. Je me demande s'il a été malade dans le car. Je me demande s'il a pensé à prendre son traitement contre l'asthme. Je me demande s'il était dans une chambre avec des garçons sympas. Je me demande s'ils ont bavardé tous les soirs jusqu'à minuit. Je me demande s'il m'a envoyé une carte postale le dernier jour en toute hâte, ou s'il a oublié l'enveloppe timbrée au fond de sa valise.

Je vais être franche : malgré ma mèrindignitude, je me suis même posé ces questions trois ou quatre fois ces derniers jours. Il m'est même venu à l'esprit que je pourrais appeler la mère d'un de ses copains pour avoir des nouvelles. Mais je vous rassure, ces accès de mèrepoulitude n'ont pas duré plus de quelques secondes, et l'idée qu'il est actuellement en train de dormir dans une position atrocement inconfortable dans un car rempli d'ados et conduit par un chauffeur qui carbure au café ne va pas du tout m'empêcher de dormir moi-même – et le plus confortablement possible, même.