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mercredi 25 mai 2022

L'école du bout du monde

 Hier, je suis allée au cinéma avec le Grand. Ce n'est pas quelque chose qui arrive souvent. Dans le sens où ça nous est peut-être arrivé cinq fois en tout, dont zéro au cours des six ou sept dernières années. Mais là, j'ai réussi à le convaincre avec une formule magique : "Ça se passe au Bouthan !"

Donc voilà, hier nous sommes allés au cinéma à 17h30, voir un film en dzongkha (oui, c'est une vraie langue), sous-titré en français, L'école du bout du monde, qui s'appelait à l'origine "Un yak dans la salle de classe". A ma grande surprise, nous n'étions pas seuls dans la salle : il y avait au moins une quinzaine de personnes.

Lunana: A Yak in the Classroom (2019) - IMDb

Aucune surprise : j'avais lu une bonne critique dans Télérama, et l'histoire tient sur un timbre-poste. Un instituteur de la ville est expédié pendant un trimestre dans l'école la plus reculée du Bouthan, et donc probablement du monde entier. Un village de 58 habitants, à huit jours de marche de la ville et des magasins les plus proches ; pas de réseau téléphonique, pas d'eau courante, pas d'électricité. On s'imagine très bien ce que ça va donner. Aucune surprise, donc, mais nous sommes tombés sous le charme de ce film très humain, de ces paysages incroyables, de ces personnages si touchants. La fin était parfaite, beaucoup moins mièvre que je ne le craignais. Et en prime, nous avons vu la gamine la plus craquante qu'on puisse imaginer, qui est une vraie habitante de ce village paumé qui joue son propre rôle.

Voilà, maintenant j'ai quatre autres films à aller voir avant les vacances, grâce à ma mère qui m'a offert une carte de cinq places valable pour deux mois. Je m'en réjouis d'avance !


mardi 21 décembre 2021

Les trois mousquetaires au théâtre Ranelagh

Ça faisait trop, beaucoup trop longtemps que nous n'étions pas allés au théâtre en famille. Environ deux ans : depuis avant la pandémie... Alors quand j'ai vu que le Grenier de Babouchka, cette troupe théâtrale que j'ai déjà eu plusieurs fois l'occasion d'apprécier et qui met les classiques à portées des jeunes, avait Les trois mousquetaires dans son programme, dans une mise en scène de Charlotte Matzneff, j'ai pris des billets pour tout le monde !




Verdict ? Vraiment très bien. Pas de décors, mais de très beaux costumes. Une douzaine d'acteurs, qui jouent chacun plusieurs rôles, ce qui fait que tous les personnages principaux sont bien représentés (même si Grimaud m'a un peu manqué). Une adaptation assez fidèle, qui laisse évidemment la part belle à l'affaire des ferrets mais ne résume pas l'intrigue à cela (je me souviens avoir été ébahie, quand j'ai lu le roman pour la première fois, de constater que ce voyage en Angleterre n'occupait qu'une partie très réduite du livre alors que c'est la seule chose que tout le monde en retient). Des morceaux de dialogues qui sont tirés mot pour mot du roman, ce qui permet de reconnaître l'humour de Dumas. Des coupes intelligentes (800 pages en moins de deux heures, il faut y arriver). Et quelques légers changements que j'approuve à 100%, car la légèreté avec laquelle l'auteur nous présente les crimes d'Athos et de d'Artagnan envers Milady est assez écœurante dans le roman, et nous présenter aujourd'hui celle-ci comme une affreuse méchante qui mérite tout ce qui lui arrive et ceux-ci comme des héros malheureux ne passerait plus. Résultat, Milady est le personnage le plus intéressant de la pièce à mes yeux.


Et puis des duels, et des scènes d'amour, et de la musique jouée en live au fond de la scène, et quelques pas de danse, et des boîtes qui se transforment par magie en chevaux... Bref, tout le monde a passé un très bon moment, même le Filou qui avait râlé ferme parce que "le théâtre, c'est ennuyeux", et même le Grand !


mercredi 23 janvier 2019

Peau d'âne au théâtre de Marigny

C'était sans doute l'un des films préférés de ma sœur quand elle était petite. Alors quand j'ai vu que le théâtre de Marigny en proposait une adaptation, je n'ai pas hésité : je lui ai pris une place comme cadeau de Noël.
 
Bien sûr, ce n'était pas facile de passer après Catherine Deneuve, Jean Marais, Jacques Perrin, Delphine Seyrig etc. Le metteur en scène Emilio Sagi a relevé le défi. Les critiques sont unanimes et élogieuses : le pari est, de l'avis général, très réussi. Et de fait, je n'ai pas été déçue.

La musique de Michel Legrand est bien entendu magnifique, l'orchestre est parfait, et les chanteurs chantent divinement bien. La musique est omniprésente, avec des mélodies et des chœurs qui rythment chaque changement de décor ou chaque scène muette, mais sans nouvelle chanson. Les décors sont superbes. Et les costumes sont véritablement éblouissants. Bref, les yeux et les oreilles sont comblés.
Et pourtant... en sortant de là, je me suis dit qu'il manquait un petit quelque chose. Je n'ai pas été déçue, certes, mais je n'ai pas été transportée. Oui, je sais, je suis difficile : j'ai vu beaucoup, beaucoup de comédies musicales sur scène, surtout à Londres, et mes standards sont devenu très élevés. Mais j'ai tout de même deux reproches principaux à faire à ce spectacle.

Le premier, c'est que les acteurs ne sont pas tous à la hauteur. Le père de Peau d'Âne est franchement mauvais, à tel point que c'est un soulagement quand l'héroïne s'enfuit enfin et qu'il disparait de l'histoire. D'autres sont tout simplement plats, manquant de caractère ou de piquant : ils récitent sagement leur rôle, sans plus. Peut-être parce qu'ils ont été choisis avant tout pour la qualité de leur chant ? En tout cas, c'est dommage.

Le deuxième, c'est que la mise en scène manque d'audace. Le dialogue est celui du film au mot près ; l'enchaînement des scènes est lui aussi exactement semblable, et à part des rollers et un vélo inattendus (mais moins que ne l'était l'hélicoptère d'origine !), tout est très sage, très classique, sans rien de neuf. Pour ne pas décevoir ou choquer les inconditionnels du film ? Mais un poil d'humour ou quelques détails originaux (autre que Claire Chazal en présentatrice – "C'est un peu WTF, non ?" a commenté ma sœur) n'auraient fait qu'enrichir la pièce sans rien ôter à l'histoire d'origine...

Bref, un spectacle impeccable, visuellement et musicalement d'excellente qualité, mais avec moins d'émotion ou de joie que j'aurais aimé y trouver. Néanmoins, je ne regrette pas une seconde ma sortie. Et je me promets bien de trouver autre chose d'équivalent pour l'année prochaine !

samedi 12 janvier 2019

Edmond, film et pièce


Cela faisait des mois que je n'étais pas allée au cinéma. Ce soir, je suis allée voir Edmond. J'ai un peu hésité, parce que j'ai vu la pièce de théâtre il y a moins d'un an, donc je savais que ce ne serait pas une surprise. D'un autre côté, j'avais vraiment beaucoup aimé, donc ça ne me gênait pas d'en voir une nouvelle version.

Verdict ? C'est excellent. Pour ceux qui ne connaissent pas, Michalik imagine la manière dont Edmond Rostand a inventé son chef d’œuvre, Cyrano de Bergerac, au pied levé, en trois semaines, malgré d’innombrables péripéties et difficultés, en s'inspirant en partie de sa vie quotidienne. Certains détails sont vrais, d'autres sont très probablement inventés de toutes pièces, mais peu importe : c'est très réussi, très drôle, avec des exagérations largement assumées (les producteurs corses proxénètes et leurs manœuvres...), et on en ressort avec le sourire !

Comparant le film et la pièce, Télérama avoue préférer le film. Je n'en dirais pas autant, car j'avais adoré les prouesses techniques vues au théâtre : les décors qui changent parfois à chaque minute en un tourbillon incessant mais réglé comme un ballet, les acteurs qui jouent une dizaine de rôles chacun et à qui un simple accessoire (ou un accent !) suffit pour se transformer complètement... Mais la réalisation du film est également très réussie, en dehors de quelques moments où la caméra tourne un peu trop à mon goût. Mention spéciale à ce moment où Cyrano et Roxane ne sont plus des acteurs, mais des "vraies" personnes, et où le décor du théâtre devient un véritable couvent, pour nous montrer à quel point les spectateurs sont plongés dans l'histoire : une très jolie idée. Les acteurs sont tous excellents, les décors du Paris de la Belle Epoque magnifiques, et l'intrigue est menée tambour battant : on ne s'ennuie pas une seconde. Bref, que vous ayez vu la pièce ou pas, n'hésitez pas si vous avez envie de passer un bon moment !

PS : En vrai, dans Cyrano de Bergerac, la femme de Ragueneau est tout sauf tendre avec son mari, et ce n'est pas le vicomte qui trouve le nez de Cyrano "tout petit, minuscule". Et aussi, "amputasse" rime avec "votre tasse". Voilà. (Désolée, il fallait que ça sorte) (Je vous ai déjà dit que Cyrano de Bergerac est ma pièce préférée et que je la connais à peu près intégralement par cœur ?)

lundi 17 décembre 2018

Les animaux fantastiques 2 - Les crimes de Grindelwald

(Critique garantie sans spoilers)

Ma mère l'avait trouvé "noir", un copain à moi avait dit "bof", et Télérama parlait d'une "puissance évocatrice rare" (gloups), donc j'y suis allée sans m'attendre à grand-chose, si ce n'est de pouvoir en discuter enfin avec ceux qui l'avaient déjà vu.

La bonne nouvelle, c'est que du coup, je n'ai pas été déçue. Certes, certes, c'est distrayant, et visuellement très réussi, et il y a quelques personnages intéressants. Voilà.

A part ça, les coïncidences deviennent de plus en plus énormes, la chronologie me laisse perplexe (mais quel âge a donc McGonagall, devenue directrice de Poudlard lorsque Albus Potter y étudie à partir de septembre 2017, si elle était déjà prof dans les années 1910 ?), le couple Jacob/Queenie m'énerve toujours autant (imaginez, juste une seconde, qu'un homme top-model avec de grands pouvoirs tombe raide amoureux d'une femme assez laide, avec 30 kilos de trop, gentille mais banale, sans aucun talent particulier, et ayant dix ans de plus que lui... Ah oui, tout de suite, ça paraît moins vraisemblable, hein ?), et la place prise par les effets spéciaux au détriment du scénario me désole : on aurait pu nous raconter tant de choses intéressantes, par exemple, pendant les dix minutes durant lesquelles un gros feu orange combat un gros feu bleu, ou pendant l'interminable vol en calèche du début...

Et puis surtout, surtout, cette histoire à peine ébauchée en deux heures à l'écran aurait pu faire un si beau roman ! Franchement, je ne me remettrai jamais de ce gâchis.

mardi 19 décembre 2017

Kids United à Bercy

Quinze mille personnes à Bercy pour les Kids United, ça fait bien, disons... 6000 ou 7000 gamines de 5-15 ans en train de piailler ?

Et dire que ça faisait bien 30 ans que je n'y étais pas allée. Depuis que c'était moi, la gamine au milieu de 7000 autres venues écouter... Dorothée.

En tous cas, voilà, Miss Thing One a vu Nilusi lors de son tout dernier concert avec le groupe, même si nous étions tellement loin que sans les écrans on aurait pu nous refourguer un vieux barbu à la place de la jeune chanteuse et nous n'y aurions vu que du feu. Nous avons vu défiler des invités que nous ne connaissions ni elle ni moi, nous avons dansé à nos places et dans les allées, les mères ont pris leur revanche sur les fillettes quand est venu le tour de Alors regarde de Patrick Bruel (Miss Thing One n'avait pas l'air de trouver ça tout à fait convenable, toutes ces femmes d'âge respectable qui connaissaient les paroles beaucoup mieux qu'elle), nous avons même eu droit à, je cite, "LA chanson de Disney que les enfants adorent et que les parents déteste" (J'ai échangé un regard consterné avec la mère la plus proche : "Oh non, ils ne vont pas nous faire Libérée Délivrée ?" Eh si !)

Et même si j'avais pris ça comme une BA, je dois avouer que dans l'ensemble, même moi, je me suis bien amusée.

ALLEZ BERCY ON VOUS ENTEND PAS  !* Tous en chœur : "On écrit sur les murs à l'encre de nos veines..."

Voyez, je vous dis la vérité !

Même avec le zoom, c'est tout juste si on pouvait les compter...
(Et là, je suis formelle, y a une intruse)


(Si vous ne comprenez strictement rien à ce billet, c'est sans doute que vous n'avez pas de fille pré-ado. Tant pis pour vous.)

* Menteur !

lundi 20 novembre 2017

Ceci n'est pas une comédie romantique

(Mais non, le titre n'est pas une allusion à ma situation actuelle, c'est le titre d'une pièce que je suis allée voir !)
(Je refais une tentative pour réveiller mon blog de sa léthargie. Si vraiment je m'aperçois que je n'ai vraiment plus la tête à ça, je ferai une pause de quelques mois.)


J'y suis allée complètement par hasard, parce que j'avais eu des invitations par Télérama, sans avoir la moindre idée de ce que ça valait. Le titre m'avait vaguement intriguée : "Ceci n'est pas une comédie romantique", pièce de Yanik Vabre avec seulement deux acteurs, un homme et une femme.
— Je parie que c'en est une quand même, a prophétisé Darling.
J'ai invité une amie au débotté, et je suis partie pour le Funambule, ce théâtre juste à côté de Montmartre dont je n'avais jamais entendu parler. En laissant les cinq enfants à Darling. Oui, cinq, parce que ma sœur nous avait prêté mon neveu de deux ans, et que j'avais oublié que je sortais justement ce soir-là. (Il s'en est parfaitement bien tiré, rassurez-vous.)

Alors, soyons clairs : ce n'est pas une pièce qui révolutionnera l'histoire du théâtre. L'intrigue n'est pas d'une originalité époustouflante, et la mise en scène est très sage. N'empêche que j'ai adoré. Vraiment. Je ne m'attendais pas à en ressortir aussi enthousiaste. Pourquoi ? Tout simplement parce que ça faisait très longtemps que je n'avais pas eu à ce point le sentiment d'être une petite souris en train de regarder deux "vraies" personnes plaisanter, bavarder et se disputer. Aucune outrance, un décor simple mais aussi crédible que la mise en scène, un dialogue pas du tout "écrit", qui sonne vraiment juste (ce qui est assez rare, en fin de compte), et surtout, deux acteurs excellents. Ce soir-là, le personnage féminin était joué par Jane Resmond (j'ai cherché son nom, je veux m'en souvenir), et elle m'a franchement époustouflée.

Bref, si vous habitez en région parisienne et que vous avez envie d'une soirée sympa, n'hésitez pas. Cela m'étonnerait énormément que vous le regrettiez. Et puis cela vous permettra d'avoir la réponse à la question que m'a posée Darling quand je suis rentrée :
— Alors, c'en était une, ou pas ?
Je vous laisse le découvrir...

jeudi 5 octobre 2017

Confident royal (Victoria and Abdul)

Film historique, par Stephen Frears, dont j'avais absolument adoré The Queen, et avec Judi Dench, toujours merveilleuse : j'avais repéré bien avant sa sortie Confident Royal, et je comptais bien aller le voir au plus vite. J'ai tenu parole : quand j'ai vu en fin d'après-midi que j'avais traduit mon quota de pages pour la journée ET déjà aidé les enfants à faire leurs devoirs, j'ai décidé de m'y précipiter le jour même de la sortie. Faites-vous des pâtes, j'enfourche mon vélo, à moi la liberté !

Verdict ?
C'est très joli.
Judi Dench joue admirablement bien, évidemment.
La reconstitution historique est impeccable.
L'histoire est charmante.

Pourtant, il manque quelque chose. Un peu de sel. Un peu de profondeur. Un peu d'originalité. Un peu de surprise. Le scénario suit une trame écrite d'avance, la rencontre, l'amitié improbable, les réactions outrées de la Cour, la dispute et quasi-rupture à mi-parcours, la fidélité jusqu'au bout. On sourit, on rit parfois, on pleure un peu, mais toujours à des moments attendus, sans jamais sortir des rails. Sans jamais sonder vraiment la complexité de la situation historique, ou des deux personnages principaux, et encore moins des personnages secondaires.

Soyons clairs, je ne regrette pas une seconde ma soirée. Et cette actrice, bon sang, quelle actrice ! Mais ça aurait pu être encore mieux. Comme si scénariste et réalisateur n'avaient pas osé aller au-delà du simple tableau historique un peu convenu. Dommage !

dimanche 4 juin 2017

Braquage à l'ancienne



Hier matin, je vous l'ai raconté, la journée a commencé assez péniblement. J'étais donc d'autant plus décidée à aller à un atelier vélo pendant l'après-midi. Cela fait des mois et même des années que j'en ai envie, et je me suis enfin décidée. En fin de matinée, j'ai vérifié l'adresse. Et c'est là que j'ai découvert l’astérisque sous les horaires d'ouvertures :

Ouvert le samedi* de 14h à 19h
* sauf le premier samedi du mois.

Voyons le bon côté des choses : j'aurais pu y aller en poussant laborieusement à la main le vélo mal en point que j'ai rapporté de Grenoble, trouver porte close, et devoir revenir. 12 km à côté d'un vélo, pour rien, ça m'aurait agacée.

Du coup, le soir, je suis allée au cinéma. J'ai choisi un film dont j'étais certaine qu'il me mettrait de bonne humeur : Braquage à l'ancienne. Et j'avais raison, ça m'a mise de bonne humeur. Pas seulement le film lui-même, d'ailleurs, mais aussi les bandes-annonces, les publicités (Ha ha, l'Oasis bon pour la santé, avec des fruits qui parlent, et "exciting" traduit par "trop kiffant" ! Mes voisins ne comprenaient pas pourquoi je riais comme ça...), et surtout le trajet sur une piste loin des voitures, sous une pluie vivifiante à l'aller, dans la nuit au retour, comme une transition toute douce entre la fiction et la réalité. Et puis le film lui-même aussi, bien sûr : pas d'une originalité folle, mais divertissant, avec de bons acteurs, et d'où on est certain de sortir avec le sourire (et quelques questions sans réponse, mais peu importe).

Une bonne soirée, ça fait oublier tous les tracas et contretemps, non ?

lundi 13 mars 2017

Les figures de l'ombre

J'étais partie pour voir (enfin) La la land, et puis j'ai changé d'avis au dernier moment, parce qu'en fait j'étais beaucoup plus tentée par celui-là. Une histoire incroyable, inspirée de l'histoire vraie de trois femmes noires mathématiciennes qui travaillent pour la NASA en 1961, époque de la course vers l'espace et de la ségrégation raciale (on a du mal à s'imaginer qu'il y a cinquante ans, aux États-Unis, les Noirs n'avaient pas le droit de boire aux mêmes fontaines ou d'aller dans les mêmes bibliothèques que les Blancs).

En deux mots, j'ai adoré le film. Certes, c'est une comédie relativement classique, et on sait d'avance comment ça va se terminer, mais j'ai apprécié la retenue du réalisateur (ou du scénariste) qui n'en fait jamais trop et évite les clichés trop appuyés. C'est souvent drôle (ah, l'explication de celle qui a accepté l'escorte d'un policier pour aller au travail !), souvent émouvant, et même si on peut penser que ça enfonce des portes ouvertes (Non, vraiment, on peut être une femme noire et raisonner aussi bien qu'un homme blanc ?), d'un autre côté, le message que cela fait passer est actuellement plus essentiel que jamais.

Allez-y, n'hésitez pas. Même avec des enfants. C'est un film charmant, positif, encourageant, instructif ; le genre de film après lequel je rentre chez moi à toute allure dans la nuit sur mon vélo en chantant à tue-tête...

jeudi 23 février 2017

Fantasio au Théâtre du Châtelet

Pour Noël 2015, ma sœur m'avait offert des bouts de phrases aimantés à coller sur le frigo. Plein de messages différents : il y a là de quoi laisser des mots doux à sa moitié, ou prendre toutes sortes de bonnes résolutions, depuis "J'ai décidé de recoudre mon bouton" à "Je veux passer mon permis". Cette année, j'en ai choisi une seule que j'ai collée tout en haut : "J'ai décidé de sortir plus souvent".

Dont acte.


Fantasio. Un opéra-comique d'Offenbach, à partir d'une pièce de Musset, au théâtre du Châtelet ; une mise en scène de Thomas Jolly que je ne connais pas, mais une bonne critique dans Télérama. Plus d'arguments qu'il ne m'en fallait pour acheter un billet il y a quatre ou cinq jours, sur une impulsion, sans même chercher à savoir auparavant ce que ça racontait.

Verdict ? Eh bien, tout ce que j'espérais y était : de bons chanteurs, un décor magnifique, une mise en scène inventive et très réussie qui tirait franchement sur la comédie musicale (je suis prête à parier mon stylo à plume que la scène de la barricade est inspirée des Misérables), bref, le théâtre avait vraiment fait de son mieux pour mettre la pièce en valeur, et il n'y a rien à redire de ce côté-là.


Sauf que...
Sauf que je me suis ennuyée.
Parce que les décors, le jeu et les voix ne suffisent pas si l'histoire n'est pas à la hauteur. Et que là, franchement, j'ai trouvé que c'était le cas. Un magnifique dilemme cornélien qui tourne court, une intrigue bancale, des personnages inachevés, une fin bâclée en trois lignes et d'une naïveté à faire lever les yeux au ciel au plus crédule des spectateurs, des longueurs tout au long de la pièce, des chants répétitifs... Non, vraiment, autant la mise en scène de Thomas Jolly était excellente, autant Offenbach m'a passablement déçue, sur ce coup-là.
(Et puis j'avoue que le fait que les deux rôles principaux soient tenus par une soprano et une mezzo-soprano m'a perturbée. Autant je peux comprendre pourquoi Mozart a choisi de donner une partition de femme au tout jeune Chérubin dans Les noces de Figaro, autant, là, Fantasio est censé avoir au moins vingt ans, et donc avoir mué depuis longtemps... Et une voix basse avec une voix aiguë, je trouve que cela fait des duos plus harmonieux. Non ?)

Bref, ce n'est pas très grave : j'ai tout de même passé un bon moment, et visuellement, c'était splendide. On ne peut pas avoir une divine surprise à tous les coups. Cela ne m'empêchera pas de recommencer !

vendredi 20 janvier 2017

Ballerina, et un après-midi avec Miss Thing One

Quelques mots tout de même sur dimanche dernier. Je vous l'avais dit, après la journée passée avec Mr Thing Two, j'avais promis d'en faire autant avec Miss Thing One, notamment en l'emmenant voir un film au cinéma, déjeuner dans une crêperie, et faire du vélo, trois activités que son jumeau n'apprécie pas beaucoup ou pas du tout.

Finalement, il a fallu revoir le programme à la baisse, notamment à cause de la fièvre qui s'est déclenchée chez la gamine pendant la nuit du samedi au dimanche et de la météo peu clémente. Mais elle n'était pas trop malade, donc nous avons pu sortir quelques heures. Après le déjeuner, nous sommes allées dans un cinéma proche de chez moi pour y voir Ballerina. Ensuite, nous avons pris le goûter dans un salon de thé dont j'avais vérifié qu'il servait ce dont elle rêvait, des crêpes au nutella – avec un thé Earl Grey, je vous prie. Enfin, nous sommes rentrées à pied, main dans la main, en faisant un petit détour pour emprunter un "passage secret" que nous ne connaissions ni l'une ni l'autre, et pour admirer les péniches éclairées dans la nuit.

Bien sûr, ce fut un après-midi formidable. Ma diablotine souvent grincheuse est devenue par miracle la plus mignonne des fillettes en se retrouvant en tête-à-tête avec sa maman. J'ai pu vraiment discuter avec elle, lui expliquer des choses sans que son jumeau comprenne avant elle, la laisser parler lentement sans que quelqu'un lui coupe la parole, l'interroger un peu sur ses copines et sur son futur spectacle de danse sans devoir l'interrompre pour gronder un touche-à-tout ou donner de l'eau à un assoiffé ou fermer le manteau d'un frileux. Une réussite sur toute la ligne, comme l'avait été le dimanche précédent avec son frère. Et puisque l'un comme l'autre ont reparlé maintes fois de cette sortie depuis, j'en conclus qu'ils ont vraiment apprécié. Je le referai ; promis, juré. Une fois par mois, si j'y arrive. Pour redécouvrir plus tranquillement ces deux-là, un peu sacrifiés sur l'autel – certes sympathique – de la gémellité et de la famille nombreuse...


Quelques mots sur Ballerina, pendant que j'y suis ? Pour commencer, mon ressenti : j'ai adoré. Mais vraiment ! Je me suis laissée prendre au jeu comme ça ne m'était pas arrivé avec un dessin animé depuis Raiponce. Et Miss Thing One était du même avis, à tel point que quand les lumières se sont rallumées, elle a protesté : "C'est déjà fini ?"

Plus objectivement, je vois des qualités et des défauts dans l'histoire de cette fillette qui rêve de devenir danseuse et qui s'échappe vers 1880 de son orphelinat pour aller à Paris avec son meilleur ami. Les défauts, d'abord :
- C'est bien entendu totalement et absolument irréaliste, le plus ahurissant étant le fait qu'une fois entrée à l'opéra, l'héroïne devient une danseuse hors pair en... une semaine (si, si) ;
- La "méchante" n'était pas indispensable, et la course-poursuite finale ressemble trop à un passage obligé et pas assez à une nécessité du scénario ;
- Les anachronismes abondent tant et plus, à commencer par les tenues (Félicie se balade le plus souvent... en short, et tête nue, bien sûr) et par le langage ("Il est trop beau !"). Je comprends qu'imiter le langage d'il y a 140 ans aurait posé des problèmes au jeune public, mais ne pouvait-on au moins gommer les expressions trop modernes ?

Mais ces légers défauts sont compensés par bien des qualités. La première étant que les personnages sont très réussis et même assez crédibles et nuancés pour la plupart, et que notre petite héroïne est terriblement attachante avec son acharnement et sa façon de mettre les pieds dans le plats. A part ça, les dessins sont superbes, l'histoire fonctionne bien (on veut vraiment qu'elle y arrive, nous aussi !), et j'ai aussi beaucoup apprécié que les scénaristes évident les écueils disneyens : pas d'animaux de compagnie, pas (trop) d'humour bête au détriment de l'histoire, pas l'ombre d'une princesse, et tenez-vous bien, Félicie ne retrouve pas miraculeusement sa mère à la fin et demeure obstinément "personne". Cela n'a l'air de rien, mais c'est courageux. Presque autant que le fait que Félicie soit physiquement plus grande que son ami. Je vous jure, ils ont osé. C'est fou, non ?


Bref, cette sortie cinéma, comme le reste de la sortie, s'est avérée être tout sauf une corvée, et j'en ai profité presque autant que ma fille. Malgré tout, je dois avouer que j'ai été assez estomaquée quand s'est assis à côté de moi, dans le cinéma presque plein, un monsieur d'une cinquantaine d'années, d'allure sportive, venu seul, sans le moindre bambin pour lui servir de prétexte. Si j'avais été seule, moi aussi, j'aurais peut-être engagé la conversation, mais puisque ma gamine était là, je me suis abstenue...


PS : Oui, j'avais illustré mon billet sur la sortie avec Mr Thing Two de photos de ce dernier, et ici, de la miss, pas l'ombre. N'y lisez pas un acte manqué quelconque, mais au cinéma, on ne prend pas de photos, et quand nous sommes sorties du cinéma, il faisait déjà nuit. Et le salon de thé n'était pas spécialement joli. Bref, l'appareil est resté dans mon sac cette fois-ci. Ce n'est que partie remise !

samedi 31 décembre 2016

Les Franglaises

Je crois que je n'ai jamais autant fréquenté les salles de cinéma et de théâtre que ces dix derniers jours. A tel point que je n'ai pas mentionné toutes mes sorties d'un coup pour ne pas devoir changer à nouveau le titre de mon blog ("Des mômes, des livres, des casseroles, des vélos, des spectacles", ça commence à faire long, non ?). Mais même si ce que j'ai vu hier était excellent, et si ce que j'ai vu il y a quelques jours était également très réussi, et si ce que je verrai demain a toutes les chances de l'être, là, je reviens de Bobino où j'ai vu les Franglaises, et il fallait absolument que j'en dise immédiatement tout le bien que j'en pense.


Pourtant, si j'avais été seule, je n'aurais jamais songé à y aller. Si vous avez déjà entendu parler de cette troupe (ils ont eu un Molière en 2015, et ce spectacle-ci est leur come-back, pardon, leur "viens-retour"), vous connaissez le principe : une bande de chanteur/acteurs/musiciens qui chante en français des chansons anglaises. Autrement dit, qui débite avec conviction "Bienvenue à l'hôtel Californie, Quel endroit charmant...", ou "Billie Jean n'est pas mon amante, c'est juste une fille qui dit que je suis le un, mais le gosse n'est pas mon fils", ou "Tu dis oui et je dis non, tu dis bonjour et je dis au revoir", etc.
Le problème, c'est qu'en variétés anglo-saxonnes, je suis nulle. Mais vraiment nulle. Je n'ai jamais voulu écouter de chansons que je ne comprenais pas, donc pendant toute mon adolescence, on n'aurait pas trouvé un seul disque avec une seule chanson anglaise dans ma discothèque. Et comme je n'ai jamais écouté la radio, et que je fréquente très peu les supermarchés, même les tubes les plus connus m'ont échappé. A part quelques CD qu'on m'a offert au fil des années et que j'écoute très rarement, je n'y connais donc RIEN. Logiquement, je me suis dit que j'allais reconnaître une chanson sur cinq, et donc que ça m'amuserait beaucoup moins.

J'avais à la fois tort et raison. J'ai effectivement reconnu tout au plus une chanson sur cinq, et des titres tels que "Sonne ma cloche" ou "Le spectacle doit continuer" ou "Pluie violette" ne m'ont rien évoqué du tout. Mais en fait, cela n'a aucune importance. D'abord parce qu'on peut tout de même s'amuser des textes incompréhensibles ou absurdes de certaines chansons. Et ensuite, parce qu'il n'y a pas que les chansons, mais aussi une mise en scène extraordinaire. Des mimes, des bruitages, des fausses disputes, des crises de nerfs, un strip-tease ("Tu peux garder ton chapeau"), et même un début d'incendie, pour faire bonne mesure. C'est fou, c'est ahurissant, c'est complètement déjanté, et c'est hilarant. Franchement, cela faisait très longtemps que je n'avais pas autant ri. Je suis vraiment très contente de ne pas avoir raté ça !

La mauvaise nouvelle, c'est qu'ils sont vendus-dehors (sold out, quoi) pour cette saison. Mais on n'en doute pas : ils reviendront. Dans ce cas, précipitez-vous. Juré, ça vaut le coup !

mardi 27 décembre 2016

Les chevaliers de la table ronde à l'Athénée

"Un opéra-bouffe où l'on ne mange pas" : c'est écrit sur le rideau.
Une histoire complètement loufoque, anachronique et déjantée.
Des acteurs formidables, qui s'éclatent et se donnent à fond, même les seconds rôles (ah, cette soubrette !).
Un décor et des costumes magnifiques, vraiment splendides : toute une symphonie de blancs et de noirs.
Des mélodies qui restent dans la tête après le baisser du rideau.
De l'humour du début à la fin, qui a fait rire même les ados.
Un petit théâtre charmant, sur une adorable place piétonne parisienne que je ne connaissais pas.
Un véritable orchestre dans la fosse.
Une mise en scène de Pierre-André Weitz ; une compagnie, celle des Brigands.
Quelques très belles voix qui ne décevraient pas les amateurs de "vrais" opéras.
Une excellente soirée, garantie à 100%, pour tous les goûts et tous les âges (à partir d'environ 10 ans).
Pour nous, un excellent après-midi de Noël !


samedi 26 novembre 2016

Le Cid au théâtre Ranelagh

Le Cid. Corneille. 1636. Alexandrins. Tragicomédie, donc avec tous les ingrédients de la tragédie et aucun des ingrédients de la comédie, à part une fin pas trop tragique.


A priori, pas du tout le genre de choses qui pourrait plaire au Grand, avais-je pensé.

Mais bon, Le Cid, c'est aussi une histoire d'amour très connue, un auteur très connu, et puis des citations très, très, très connues. Et le théâtre était un petit théâtre charmant, le théâtre Ranelagh ; et la troupe était celle que nous avions déjà énormément appréciée dans deux Molière au théâtre Michel, le grenier de Babouchka ; et le metteur en scène était aussi le même, Jean-Philippe Daguerre, qui s'adresse entre autres aux adolescents qui découvrent ces œuvres classiques pour la première fois. Donc ça valait le coup d'essayer. Et puis moi, égoïstement, j'avais envie d'y aller, voilà.

N'empêche, je savais que je prenais des risques. Je me suis dit que le Grand allait traîner des pieds, râler parce qu'il y a un mort, ne rien piger à la moitié des alexandrins, s'ennuyer et décréter que de toute façon, les histoires d'amour, c'est nul.
Eh bien, vous savez quoi ? J'avais plutôt raison.

Le Grand est un garçon de 14 ans qui trouve que tout ce qui n'est pas drôle est du temps perdu, sauf si ça concerne l'Histoire ou à la géographie, à la rigueur (je le voyais se réveiller à chaque fois qu'un acteur prononçait les mots "Castille" ou "Grenade" ou "Maures", etc.). Les dilemmes cornéliens, franchement, ce n'est pas son truc, et cette histoire d'honneur qui fait que Rodrigue est obligé de tuer le père de sa copine au risque de la perdre parce que sinon il aura perdu son honneur et donc de toute façon il sera indigne d'elle, ça lui semble assez ridicule parce que bon, "ça se fait pas de tuer quelqu'un, même quand il vous file une baffe" (et là, j'ai un peu de mal à lui donner tort).


Mais il est venu, il a écouté, il a compris, il ne s'est pas trop ennuyé, et il n'a pas trop regretté de ne pas avoir passé sa soirée à relire un Picsou Magazine. Et le mérite en revient tout entier aux acteurs et à la mise en scène. Le texte n'a été que légèrement écourté, mais grâce à un rythme sans temps mort et à des transitions presque instantanées, la pièce ne durait que 1h40, là où, à la Comédie Française, on aurait eu droit à 3h et quelques. Les décors étaient inexistants, mais les costumes tout en dégradé de rouge et blanc étaient somptueux. Le texte était dit avec naturel, mais on entendait bien les alexandrins. Quelques miettes d'humour avaient été introduites mais sans que cela ne cède à la bouffonnerie. Les duels à l'épée étaient assez spectaculaires (chapeau aux comédiens). Et les musiciens présents au fond de la scène ponctuaient l'action assez légèrement (même s'il m'est arrivé une ou deux fois de trouver que la musique couvrait parfois le texte : c'est le seul reproche, minime, que je ferais à cette représentation).

Ah, et puis un dernier détail : il y avait au moins trois acteurs tout à fait charmants sur la scène. Si Don Sanche veut se consoler de son chagrin d'amour, qu'il n'hésite pas à m'écrire un email, surtout...

Et sinon, Rodrigue est pris, OK, mais son père, il est veuf, non ?
(Juste par curiosité.)

Bref, encore une fois, une excellente soirée. Dès le retour, je me suis abonnée à la newsletter du Grenier de Babouchka, et j'ai bien l'intention de retourner les voir très bientôt !

mardi 22 novembre 2016

Les animaux fantastiques

Avertissement : cet article ne contient pas de véritables spoilers, mais je vous conseille tout de même de ne pas le lire si vous n'avez pas encore vu le film et si vous avez l'intention de le voir prochainement, pour que ma vision des choses ne vous influence pas !

 Je n'ai pas vu les films de la saga Harry Potter lors de leur sortie, juste deux d'entre eux avant d'aller visiter le studio où ils ont été tournés en Angleterre, et je me suis empressée de les oublier depuis. Je ne compte plus les fois où j'ai écrit cette phrase sur ce blog, mais je n'aime pas les adaptations, en tous cas pas les adaptations de livres que j'ai appréciés. J'ai toujours l'impression qu'on me prend mes images mentales pour les remplacer par d'autres qui sont forcément moins personnelles, moins parfaites, moins riches, moins détaillées. Sans compter qu'on perd la magie des mots, sauf dans les dialogues. Je ne vois pas quel plan, même très réussi, pourrait remplacer cette phrase merveilleuse "But from that moment on, Hermione Granger became their friend. There are some things you can't share without ending up liking each other, and knocking out a twelve-foot mountain troll is one of them." (traduction de JF Ménard, qui ne me satisfait pas pleinement, même si je ne suis pas certaine qu'on puisse faire mieux : "A compter de ce moment, Hermione devint amie avec Ron et Harry. Il se crée des liens particuliers lorsqu'on fait ensemble certaines choses. Abattre un troll de quatre mètres de haut, par exemple").

Bref, je n'aime pas les adaptations, mais quand j'ai appris le tournage du film Les animaux fantastiques, j'étais enchantée, car ce n'est pas une adaptation, justement. J'aurais voulu aller le voir le jour de la sortie, pour être parmi les premiers. Une assemblée générale de militants cyclistes m'en a empêchée, mais je me suis rattrapée dès dimanche, après avoir passé une bonne partie de la journée à travailler, de manière à ne pas trop culpabiliser. A 18h, j'ai salué tout le monde, j'ai enfourché mon vélo, et je suis partie dans un grand cinéma à une demi-heure de chez moi.

Bien entendu, j'ai passé une excellente soirée. Contrairement à Darling, j'adore aller au cinéma toute seule : on est certain de ne pas être déconcentré par quelqu'un qui vous demande un mouchoir / ôte son pull / vous prend la main... J'étais donc dans le film à 100%, et j'ai pu l'apprécier pleinement.
Ce n'est pas la peine que je vous fasse une critique positive, vous en trouverez partout, même dans Télérama. Bien sûr que c'est bien ficelé, bien sûr que les effets spéciaux sont à couper le souffle, bien sûr que les acteurs sont excellents, bien sûr qu'on apprécie la fin qui clot réellement l'épisode tout en laissant une porte ouverte pour la suite.
Du coup, comme je n'ai rien à dire de très original au sujet des qualités du film, je vais me concentrer sur ses défauts (à mes yeux, bien sûr).

- Ce n'est pas d'une grande originalité. OK, je sais, ce n'est pas ça qu'on va chercher en allant voir un neuvième film sur la même thématique situé dans le même univers, donc c'est une critique injuste. N'empêche, je m'attendais à un peu plus de surprises, de rebondissements, de différences, autres que celle de l'époque où se situe l'intrigue.

- Le personnage principal manque un peu de charisme. Je sais bien que c'est voulu, qu'il est censé être plutôt asocial et bien plus à l'aise en compagnie des animaux que des humains, mais ça m'a chagrinée. Cette manière qu'a l'acteur de regarder les gens en biais sous ses cheveux a fini par m'agacer. De même, l'héroïne est un petit peu fade. En fait, ils se font éclipser tous les deux, l'un par son copain, l'autre par sa sœur. Dommage.

- L'histoire d'amour principale qui est esquissée manque cruellement d'étincelles. Inutile de revenir là-dessus : les histoires d'amour sont le gros point faible de JK Rowling, alors que ses histoires d'amitié sont merveilleuses. Franchement, je ne vois pas l'ombre d'une attirance entre les deux personnages principaux.

- Un détail, mais qui n'en est pas vraiment un : l'histoire d'amour secondaire entre un homme obèse et pas spécialement beau de 40 ans et une femme incroyablement sexy de 32 ans m'a agacée. Non pas que ça me pose problème en soi, mais c'est toujours, toujours dans le même sens. Et non, le fait que la présidente du MACUSA soit une femme ne me console pas, surtout que c'est, là aussi, une femme jeune et jolie, bien sûr. Les femmes moches de 50 ans n'existent pas au cinéma, en tous cas pas dans des rôles positifs.

- Dernière chose : c'est trop court ! Je suppose que ça m'a fait cette impression parce que je comparai inconsciemment aux romans de Harry Potter, mais j'ai trouvé que ça manquait d'explications, de scènes d'ambiance, de détails, de longs dialogues, de récits, de souvenirs, d'anecdotes... Bref, tout ce qui fait, d'après moi, le charme des romans. Comment voulez-vous caser tout cela en deux ou trois heures, surtout avec toutes les scènes d'actions indispensables ? Impossible, je sais. Voilà pourquoi je regrette infiniment que JK Rowling n'ait pas décidé de raconter cette histoire par écrit, plutôt...


Voilà, maintenant que j'ai bien pinaillé, je répète que j'ai passé une très bonne soirée, et que c'est du bon boulot. J'irai très certainement voir les suivants, et avec plaisir. Tant mieux, parce qu'avec une série de cinq films espacés de deux ans, on en a encore pour huit ans à en bouffer, des animaux fantastiques !

lundi 17 octobre 2016

Oliver Twist

Avec des amis, nous avions réservé ce weekend de mi-octobre pour aller voir Le Fantôme de l'Opéra, que j'ai déjà vu à Londres il y a tout plein d'années, mais que j'aurais volontiers revu. Sauf que voilà, le théâtre Mogador a brûlé. Représentation annulée, Fantôme de l'Opéra repoussé, places remboursée. Alors ?



Alors j'ai proposé de tester à la place le nouveau spectacle musical sur Oliver Twist qui se joue actuellement Salle Gaveau, dans une mise en scène de Ladislas Chollat. J'avais vu la bande annonce, et cela ressemblait vraiment à une comédie musicale comme celles que l'on peut voir à Londres. Samedi soir, avec deux de mes amis et avec le Grand, nous sommes donc allés voir ce que cela donnait.

Conclusion ? C'est très bien, évidemment. Des très bonnes voix, des chorégraphies spectaculaires, des décors très réussis. Mais comme je suis devenue très difficile pour ce genre de choses, je me suis permis de maugréer un peu en sortant. D'abord parce que la salle "d'une acoustique exceptionnelle" est visiblement faite pour écouter et pas pour voir : scène trop basse et parterre horizontal, donc on voit surtout les têtes des spectateurs devant soi et pas les acteurs. Ensuite, parce que les acteurs sont trop âgés : je sais qu'en France, il est impossible de trouver plein de gamins qui savent à la fois jouer et chanter (et, tant qu'à faire, danser), mais c'est vraiment dommage (j'avais vu le spectacle Oliver ! adapté du même roman il y a quelques années à Londres, et il y avait une bonne dizaine de gamins sur scène...). Et puis parce que les chansons ne sont pas inoubliables, et puis parce que certains acteurs chantent et dansent mieux qu'ils ne jouent, et puis parce que certains détails sont carrément lourds (par exemple, l'immense silhouette d'un garçon qui court, projetée sur le rideau derrière Oliver pendant sa seule chanson en solo, est d'un goût plus que douteux), et puis parce que certains enchaînements ne sont pas très réussis ("Je le défendrai au péril de ma vie !" dit brusquement Nancy alors qu'elle s'était totalement désintéressée du sort du gamin jusque là), et puis parce que le message  du roman est passablement dénaturé ("Quand on est honnête et qu'on garde la foi, on peut toujours s'en sortir", dit en substance Oliver, gosse de riche qui va bientôt retrouver sa famille, à ses camarades qui crèvent de faim)...


Néanmoins, c'est un beau spectacle. Et j'insiste sur le mot spectacle. N'allez pas là-bas pour chercher de l'émotion, pour verser des larmes sur le sort des miséreux dans l'Europe des années 1830. Si c'est ce que vous cherchez, Les Misérables est la pièce qu'il vous faut (plus qu'à aller à Londres). Mais c'est une comédie musicale tout à fait honorable, et "made in France", en prime (Les Misérables aussi, cela dit) (d'accord, j'arrête).

Un dernier avertissement, cependant. Si vous avez des enfants trop sensibles, faites attention. Le Grand, qui passe son temps à regarder des documentaires sur la Seconde Guerre mondiale, s'est trouvé mal parce qu'à un moment donné, l'actrice qui jouait une gamine malade est apparue avec un peu de rouge autour de la bouche. Et là, le grand dadais de quatorze ans est tombé dans les pommes. Si, pour de vrai. Il s'est effondré sur mes genoux, et il ne me répondait plus. Il a perdu connaissance deux minutes à peine, mais ça m'a fait un choc, tout de même. En fait, c'est sans doute l'émotion la plus forte que j'ai ressentie de la soirée...

mercredi 12 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers

Je ne fais pas cela très souvent, mais ce soir, j'en avais envie. Peut-être même besoin. A 18h30, j'ai planté là homme et enfants, j'ai enfourché mon vélo, et je suis allée voir Miss Peregrine et les enfants particuliers.


C'est vrai, d'habitude, je n'aime pas trop les adaptations... quand j'ai vraiment aimé un livre. Ce qui, en toute franchise, n'était pas vraiment le cas pour celui-ci. Je l'ai lu juste avant sa sortie en France, je l'ai apprécié, sans plus, et puis je l'ai plus ou moins oublié. Le film ne risquait donc pas de chasser le roman dans ma mémoire, puisque le roman en était déjà sorti.

Quoi qu'il en soit, j'ai passé une excellente soirée. Entre autres parce que j'ai échappé au dîner des fauves, et parce que j'ai fait une heure de vélo, dans un superbe crépuscule à l'allée, et dans le noir au retour (j'adore), à admirer le jeu des ombres et les lumières, dont celle de la une, qui se reflétaient sur l'eau. Mais aussi parce que le film m'a plu. En tous cas, il m'a permis de m'évader. Je me suis laissée emporter par l'histoire, et n'est-ce pas la première chose que l'on demande à un film ?

Un petit reproche, tout de même. Non, pas au sujet des clichés divers, qui sont inévitables dans un film aussi commercial. Ni au sujet des quelques incohérences, qui ne posent problème que quand on y réfléchit après coup. Ni au sujet de l'intrigue passablement compliquée : je n'ai rien compris à ces histoires d'aller-retours dans le temps, mais ça n'a pas d'importance (il y a bien un Fantômette où je n'ai toujours pas compris pourquoi il fallait truquer la vedette et à quoi servait le cerf-volant, ce qui ne m'a pas empêchée de le relire une bonne quinzaine de fois).
Non, ce qui m'a vraiment choquée, c'est de voir cette Anglaise pur jus, très chic, boire son thé de l'après-midi non dans une tasse, mais dans un mug. Sans même une soucoupe. Ni une petite cuillère pour remuer le lait qu'elle vient d'ajouter. En 1943. En Angleterre. Un mug. Des enfants invisibles, forts comme Hercule, ou plus légers que l'air, passe encore, mais avec un détail pareil, comment voulez-vous que le film reste crédible ?

jeudi 29 septembre 2016

Séjour à Londres (1)

Et donc, comme la plupart d'entre vous l'avaient deviné, j'ai passé trois jours et demi à Londres avec une amie. Je vous raconte ?

(Question toute théorique, d'abord parce que vous ne pouvez pas me répondre, et ensuite parce que même si ça barbait tout le monde, je le ferais quand même, comme je l'ai fait la dernière fois, pour en garder une trace moi-même !)


Le premier jour, nous sommes parties de la maison à 5h45 du matin, nous avons prix l'eurostar à 7h30, et par la magie du décalage horaire, nous sommes arrivées chez notre hôte à 10h du matin à peine, bien décidées à y prendre un deuxième petit-déjeuner pour compléter celui que nous avions vaguement grignoté dans le train (vous savez, le fameux deuxième petit-déjeuner qui s'interpose entre le premier petit-déjeuner et les elevenses). Sauf que notre hôte nous a tout juste offert un café, et rien à nous mettre dans le ventre. Donc nous nous sommes contentées de laisser nos bagages, et nous sommes parties vers le centre-ville. Une fois là, nous avons commencé par faire la toute première chose que fait toute personne sensée en arrivant à Londres : acheter des billets de théâtre. Ensuite, nous avons mangé. Ouf. L'essentiel était fait. Notre tourisme pouvait commencer.

Il a commencé par la National Gallery, où je n'étais pas entrée depuis des années, ce qui m'a permis de confirmer que Turner reste un de mes peintres préférés (ce n'est pas terriblement original, je sais).

Celui-là, je l'ai chez moi (enfin, une reproduction, hein)
  Puis, après un passage chez notre hôte pour nous reposer, nous avons filé voir Les Misérables.


Les Misérables, la pièce musicale. Que vous dire ? D'abord, le roman : je l'adore, et je l'ai lu un certain nombre de fois. Je vous ai déjà raconté que quand je suis allée à Londres juste après mes études, je suis tombée amoureuse de ce qu'on appelle en français les "comédies musicales" même quand ce sont des tragédies, après avoir été transportée par la version scénique de La belle et la bête de Disney. Après cette dernière, la deuxième que je sois allée voir, c'était Les Misérables, parce que je savais que même si je ne parlais pas encore plus d'une douzaine de mots d'anglais, je parviendrais à comprendre ce qui se passait, puisque je connaissais si bien le livre.

"One day more", la plus belle chanson de groupe que je connaisse.

Un choc. Une grande baffe. Depuis, j'ai dû voir une quarantaine ou une cinquantaine de spectacles de ce genre, mais celui-là reste de loin mon préféré. A tel point que c'est le seul que j'ai vu cinq fois. Et même six, donc, maintenant. [Parenthèse : non, je ne roulais par sur l'or quand j'habitais à Londres, mais je prenais les places les moins chères, et j'ai réussi à me faire inviter deux fois : une par un ouvreur, et une autre par un violoniste de l'orchestre (et non, je n'ai pas dû payer en nature) (les Anglais ne sont pas tous des gentlemen, mais il y en a tout de même beaucoup, d'après mon expérience)]. Pour moi, la musique est insurpassable, la mise en scène formidable, et même si j'ai vu des spectacles bien plus éblouissants du point de vue des décors et des costumes, je n'en ai jamais vu aucun qui m'ait autant touchée. Cette fois encore, j'ai beaucoup apprécié la représentation, mais forcément, j'ai été moins bouleversée que la première fois, vu que je connaissais le texte par cœur de la première à la dernière ligne. Et puis bon, la doublure qui jouait Marius ce soir-là avait une belle voix, certes, mais il chantait qu'il était amoureux de Cosette ou parlait de révolution avec Enjolras ou voyait mourir Eponine avec à peu près autant d'émotion que s'il avait récité le dictionnaire. Néanmoins, je le dis, je le maintiens, je le soutiens : si c'est la pièce musicale qui a battu tous les records de longévité (40 ans : même Cats n'a pas tenu autant), c'est parce que c'est la meilleure, un point c'est tout.

Le théâtre a changé depuis la dernière fois que je l'ai vu
(c'était au Palace, mais Harry Potter and the cursed child l'a délogé)
(Photographie © Ficelle)


Désolée, je me suis laissée emporter par mon enthousiasme... Où en étais-je ? Ah oui : après cette première journée particulièrement longue, nous sommes rentrées chez notre hôte, sommes montées jusqu'à notre chambre sur la pointe des pieds, et nous avons dormi d'un sommeil de plomb.




Deuxième journée, direction South Kensington, parce que mon amie voulait aller voir le National History Museum. Un musée magnifique d'un point de vue architectural, et très intéressant si on aime les vieux os – mais en réalité, mon amie voulait surtout voir les fossiles trouvés par Mary Anning, une des premières femmes paléontologue, parce qu'elle avait fait sa connaissance dans Prodigieuses Créatures de Tracy Chevalier. Un argument que je peux tout à fait comprendre.

Il n'était pas fait mention de son amie Elizabeth Philpot, hélas.
(Photographie © Ficelle)


L'après-midi, après un passage par la plus belle librairie de Londres, nous sommes allées dans la City, et nous sommes montées en haut du Monument au Grand Incendie de Londres, où se passera l'un des chapitres de l'une de mes prochaines traductions. Du haut de cette tour étroite, nous avons pu admirer les gratte-ciels qui poussent comme des champignons dans cette partie de la ville, alors qu'il n'y en avait quasiment pas il y a quinze ans.

Photographie © Ficelle


Et puis nous avons fini notre journée devant une nouvelle comédie musicale, qui fête cette année ses dix ans : Wicked, l'histoire de la méchante sorcière de l'ouest du Magicien d'Oz, adaptée d'après le roman éponyme de Gregory Maguire. Un spectacle absolument grandiose, avec des costumes et des décors à couper le souffle, et une belle histoire de méchante-qui-ne-l'est-pas-tant-que-ça, et des voix magnifiques... mais qui a souffert de la comparaison avec Les Misérables vu la veille. C'est beau, c'est superbe, c'est magnifique, mais il manquait quelque chose. Moins de paillettes, et plus d'émotion, ça nous aurait plus davantage.

A couper le souffle, je vous dis.

Et puis nous sommes de nouveau rentrées sur la pointe des pieds, et avons de nouveau dormi comme des souches.

(La suite demain) (Pas d'inquiétude, nous ne sommes pas allées voir une troisième comédie musicale, donc il n'y aura pas d'autre critique de théâtre, promis).