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mardi 20 décembre 2022

Conclusions hâtives et petites hypocrisies

Nous devions partir tous ensemble ce matin pour aller chez ma mère fêter Noël, après quoi nous avons un échange de maison prévu pendant quelques jours avec des Suisses. Hélas, tous les gamins ont été malades les uns après les autres, et là, c'est le tour du Filou, qui comate au lit depuis 48 heures et ne se redresse que pour vomir. Je suis donc restée à Paris en attendant qu'il soit transportable. On applaudit bien fort le Grand qui a eu le courage de prendre le train avec les jumeaux ET ses petits cousins, et a visiblement réussi à n'en perdre (ni en étrangler) aucun.

Bref, hier soir, alors que je croyais encore pouvoir partir aujourd'hui avec les autres, j'ai écrit aux Suisses qui vont venir chez nous pour leur expliquer que je n'avais pas pu tout bien ranger comme je l'aurais voulu, que les derniers jours avaient été difficiles, et que j'espérais qu'ils seraient indulgents. Je me méfie des critères de propreté des Suisses, et je ne voulais pas qu'ils se formalisent en découvrant que je n'avais pas réussi à libérer des tiroirs pour qu'ils y entreposent leurs affaires, ou à vider totalement le panier de linge-sale, ou à nettoyer le réfrigérateur à fond.

La mère me répond aujourd'hui très gentiment, pour me dire qu'elle espérait que j'avais pu partir malgré tout, qu'avec un peu de chance le bon air de la Suisse rétablirait mes petits malades, et pour savoir si nous aimions la raclette, car ils proposent de nous en laisser pour notre premier repas. Je me dis qu'elle est vraiment très aimable et compréhensive envers la mère célibataire débordée que je suis.

Et puis, au moment de la remercier, je scrolle son message vers le bas, et je m'aperçois qu'elle a transféré mon mail à son mari avant de me répondre, en ajoutant un commentaire qu'elle a oublié d'effacer :

Pff... L'appart va être déguelasse, quoi !


(J'ai envisagé de lui signaler aimablement que ça s'écrit "dégueulasse", mais j'ai finalement préféré faire comme si je n'avais rien vu)

(La bonne nouvelle, c'est que s'ils s'attendent au pire, ils auront une bonne surprise)

 

 


mercredi 23 mars 2022

Le livre à moitié vide ou à moitié plein

Soit un rapport du Centre National du Livre sur la lecture chez les jeunes. 93% des 7-25 ans déclarent lire des livres, et 84% déclarent adorer ou aimer ça. Au primaire, c'est stable (89% des 10-12 ans déclarent lire), mais ça baisse beaucoup au collège à cause de la concurrence des écrans : ils ne sont plus que 68% chez les 13-15 ans. Et pour 40% d'entre eux, leur genre préféré, ce sont les mangas.

Conclusion de Télérama : "Mais oui, les jeunes aiment encore lire !"

Conclusion du Monde : "La lecture s'effondre chez les adolescents !"

 Comme quoi, tout est une question de point de vue...

 

(Autre distorsion, au sujet du fait que 40% des jeunes écoutent parfois des livres audios : pour le Monde, cela prouve le manque de concentration ou "l'appétence pour les écrans" – ce qui n'a aucun sens –, alors que pour Télérama, c'est relié au fait que la quasi-totalité des 86% à qui on lisait des livres à voix haute quand ils étaient petits aimaient ça – ce qui me paraît nettement plus logique !)


lundi 14 mars 2022

Ouf, c'est possible !

 Je viens de tomber sur un article intitulé "Porter une jupe midi sans talons, c'est possible !", et je voulais partager cette information avec vous. Parce que peut-être que vous pensiez que non, mais en fait si. Ou peut-être que vous ne saviez pas que c'était considéré comme quasi impossible, mais que ça vous rassurera de savoir qu'en fait non, pas complètement. Ou peut-être que vous êtes comme moi et que vous ne mettez jamais de jupe, mais que si vous envisagiez d'en mettre une, vous ne sauriez pas à quel point la tenue qui vous tente est possible, ou pas.

Bref, rassurez-vous, c'est possible.

(Ça me rappelle quand j'ai découvert sur un forum de vélotaffeurs acharnés que c'était impossible de circuler au quotidien dans Paris, avec pas mal de kilomètres et de dénivelé, uniquement en vélo hollandais. Et moi qui l'ignorais et qui faisait ça depuis quinze ans !)

jeudi 20 janvier 2022

Séquelle alimentaire

 Je discute avec une mère à qui j'ai apporté des livres et des DVD quand elle, son mari et ses deux enfants ont dû rester enfermés dix jours dans leur appart pour cause de vous-savez-quoi :

— Et alors, ça va ? Vous n'avez pas été trop malades ?

— On était vaccinés, donc ça aurait pu être pire. Moi j'ai eu très mal à la tête pendant quelques jours et mon mari a eu un gros coup de fatigue.

— Et les enfants ?

— Quasiment rien, juste un peu de fièvre et un rhume.

— Aucune séquelle ?

— Alors, nous non, mais les enfants... Franchement, j'ai du mal à croire que ce soit une coïncidence, tous les deux en même temps, le même jour, juste après l'infection...

— Quoi donc ?

— Eux qui adoraient ça depuis des années et auraient pu en manger à tous les repas, d'un jour à l'autre, sans se concerter, ils ont tous les deux décidé qu'ils n'aimaient plus le nutella. Bizarre, non ?

 

Voilà un effet secondaire fort grave dont personne ne m'avait parlé, dis donc.

(Si un labo a besoin d'un sponsor pour financer ses recherches et veut faire raquer Ferrero, je peux filer le numéro de cette mère pour témoignage)

mercredi 10 novembre 2021

Mal (aux oreilles)

 Réunion de préparation à un weekend scout.

(Oui, je me suis enrôlée parmi les bénévoles, oui, je suis folle, oui, mes trois mômes sont inscrits chez les scouts, oui, nous sommes athées mais c'est ouvert à toutes les religions ou absence de religion, oui, c'est mixte, oui, c'est vraiment chouette les sorties et les weekend et les camps, d'autres questions ?)

— Alors, dit le responsable de l'intendance, pour le transport, les cars partiront à 11h... Tiens, d'ailleurs, il faut que je téléphone pour savoir s'ils peuvent prendre les mâles.

???

—  De quoi tu parles ? Des enfants ?

— Pardon ?

Nous échangeons un regard, aussi perplexe l'un que l'autre. Il ne comprend visiblement pas ma question. Moi, je ne vois pas pourquoi les cars n'emmèneraient que les filles, et pourquoi il utilise ce terme-là. Il finit par développer :

— Je ne sais pas s'il y aura assez de place dans le car, et donc s'ils peuvent aussi emporter les tentes et le matos, dans les mâles...

Tilt.

— Ah, d'accord, les MALLES !


De l'intérêt de distinguer [a] et [ɑ].

mardi 9 novembre 2021

Rousseau version manga

J'avoue, ce n'est vraiment pas le genre de titre que je m'attendais à trouver en passant dans le rayon mangas de cette grande librairie.

La prochaine fois que j'y vais, je regarde s'ils ont La critique de la raison pure. Je vous tiens au courant.

vendredi 5 novembre 2021

Masque littéraire

Une vendeuse, à la boulangerie :
- Votre masque, madame, c'est pas un livre ?
??
- Euh, non, je l'ai fait avec un vieux drap...
- Pourtant ça me rappelle quelque chose. Un truc avec un éléphant...
 
Voilà, aujourd'hui j'ai fait ressurgir dans la mémoire d'une jeune femme l'époque où ses parents (ou n'importe qui d'autre) lui racontaient Elmer, et j'en suis enchantée.

lundi 22 février 2021

Complications informatiques

Elle: Tu as reçu le tableau excel que je t'ai envoyé par mail? Il faut que tu l'envoies à la banque.
Lui: Oui, merci. Mais je vais plutôt l'envoyer par la poste. Le fichier est trop lourd pour l'envoyer par mail.
Elle: Ah bon? Un tableau excel, ce n'est pas trop lourd, en général.
Lui: Ah si, au moins 4 ou 5 mégaoctets par page, et comme il y a trois pages...
Elle: Hein? Mais qu'est-ce que tu as fait?
Lui: Ben, j'ai imprimé le tableau et j'ai scanné chaque page, pourquoi ?

(Comme quoi on peut être brillantissime dans son domaine et pas très doué en informatique)

vendredi 5 février 2021

Parisiannocentrisme

Je découvre l'application Hapi. qui propose des sorties accessibles en transports en commun pour découvrir le patrimoine d'Île-de-France.

Description : "Avec Hapi, découvrez les incontournables de Paris et sa région en transports publics".

Concepteurs : SNCF et Île-de-France mobilités.

Visuel :

Premier commentaire d'utilisateur, avec la plus mauvaise note :

Une appli pour les parisiens... la province est oubliée. Je sélectionne "autour de moi" on me montre Paris... J'habite en Haute Savoie! Je déplace la carte moi même... rien à voir/faire! Même à Genève ! Je désinstalle!


Je n'en reviens toujours pas.

mardi 24 novembre 2020

Histoire de santons

 Une amie, qui m'offre souvent des santons en période de Noël, m'avertit qu'Escoffier est menacé de faillite à cause de l'annulation des marchés de Noël. Du coup, je passe commande sur leur site pour les soutenir.

Puis elle m'envoie la photo suivante, avec comme commentaire :

Je parie que tu ne l'as pas, ce santon !


Je lui réponds :

Non, en effet, je ne l'ai pas !

(J'espère juste qu'elle n'a pas l'intention de me l'offrir. Pouchky, si tu me lis, n'importe lequel mais pas celui-là*.) (Euh, non, pas n'importe lequel : je ne tiens pas à avoir le prêtre ou le Père Noël qui assistent à la naissance de Jésus, parce que même si je ne suis pas allergique aux anachronismes, là ça va trop loin. Et je n'aime pas beaucoup les anges.) (Dans la crèche, je veux dire : je n'ai rien contre ceux qui ornent les plafonds des palais, même si je n'en voudrais pas chez moi)

Et puis j'enchaîne :

Figure-toi qu'après avoir feuilleté le catalogue Escoffier pour passer commande, j'ai enfin compris le sens de l'expression "le ravi de la crèche" !

(Pour ceux qui ne savent pas, l'explication est ici.)

 Elle :

Pourquoi, tu l'imaginais comment, le ravi ?

Moi :

En fait je n'avais jamais fait le lien avec les santons. Je n'avais jamais compris de quoi il s'agissait. D'un berger en extase dont il était question dans l’Évangile ? D'un père enchanté de se débarrasser enfin de son bébé en le déposant à la crèche le lundi matin ?

 

 

 Ben quoi ?

 

* Il paraît qu'il s'est vendu comme des petits pains, pour 35 euros. Comme elle dit, les gens sont fous.

PS : Je précise que ce n'est PAS Escoffier qui commercialise ce santon ! Ne les boycottez pas !

 

vendredi 27 mars 2020

Sortie en vélo nocturne

Je suis sortie. J'avoue. C'est mon père adoptif qui m'a fourni une excellente excuse : il n'avait plus rien à manger. Enfin, plus rien de bon. Ou d'élaboré. Ou de varié. Bref, il avait absolument besoin de quelques tupperwares de lasagnes aux légumes, chili con carne, bœuf bourguignon, etc. Et quelques fruits frais en prime. C'est déjà dur d'être tout seul dans une maison quand on est ultra-sociable, alors si en plus on n'a pas des bons petits plats, c'est la déprime assurée, non ? Et si ça peut lui éviter d'aller au supermarché, il me semble que ça vaut le coup.

J'y suis donc allée hier soir, en vélo. Le ministère de l'intérieur a confirmé que le vélo était autorisé pour les déplacements utilitaire, mais les flics ne le savent pas tous : il y a eu plusieurs cas de cyclistes ayant écopé d'une amende alors qu'ils étaient dans leur droit. J'avais donc préparé, en plus de mon attestation, tout un laïus passionné à base de "tout le monde n'a pas de voiture", "circuler à moto est mille fois plus dangereux, regardez les statistiques", "De toute façon ce n'est pas le vélo qui est dangereux, ce sont les voitures qui sont dangereuses pour les vélos", "Ça fait vingt ans que je vais partout à vélo et je ne suis tombée qu'une seule fois", "Vous trouvez vraiment que c'est mieux de prendre le métro ?", "Je sais bien qu'il est tard mais justement il y a encore moins de monde dans les rues donc c'est moins dangereux", "A ma connaissance le couvre-feu n'a pas encore été décrété à Paris et de toute façon je viens juste de coucher mes gamins, figurez-vous, comment osez-vous faire des reproches à une mère célibataire de famille nombreuse débordée ?", "Laissez-moi passer, mon pauvre père est sur le point de mourir de faim", etc.

Manque de pot, je n'ai pas été contrôlée. Chuis déçue.

Bref, j'ai été raisonnable, j'ai roulé tranquillement, je n'ai (presque) pas fait de détour, et j'ai mis moins d'une heure pour faire l'aller-retour. Mais j'ai quand même apprécié cette sortie. Enfin un peu d'air, enfin un peu d'exercice qui n'implique pas de faire des pas chassés sur la moquette du palier, enfin des paysages autres que celui – certes très agréable, vu que je suis au 15ème étage – que j'ai depuis ma fenêtre !
Le retour a été particulièrement étrange. Il était 21h, et à part quelques joggeurs et quelques promeneurs de chien, les rues étaient vides. Dans le quartier d'affaire par lequel je suis passée, on se serait crus à la City de Londres un dimanche soir. Une ambiance de fin du monde.

Et puis c'est justement là, dans cette rue où il n'y a que des immeubles de bureaux entre un Starbucks et une sandwicherie, que j'ai croisé ce livreur Deliveroo qui apportait son repas à un égoïste qui préfère mettre en danger un travailleur sous-payé plutôt que faire sa pizza lui-même gourmand. Le livreur était à vélo. Je me trouvais à quelques dizaines de mètres derrière lui ; il ne m'avait pas vue ni entendue (pour une fois, je ne chantais pas à tue-tête, car l'atmosphère générale ne s'y prêtait pas). Et ce monsieur, en plein milieu de la rue – pas sur le trottoir, hein, mais au beau milieu de cette avenue déserte à 4 voies –, a arrêté sa byciclette, a mis pied à terre, et s'est mis à pisser. Le plus loin possible.

Les gens ne cessent de m'étonner.

(Heureusement, vu la largeur de l'avenue, j'ai pu passer à bonne distance du jet)

(J'ai aussi vu, dans ces rues où la moitié des places de stationnement sont désormais vides depuis qu'une bonne partie des 30% de Parisiens possédant une voiture sont partis se confiner à la campagne, une voiture garée sur la piste cyclable. Si. Juste en face d'une dizaine de places vides. Mais ça, ça ne m'étonne même pas...)



jeudi 26 septembre 2019

Message angi-gaspillage



Ceci est un écran publicitaire, de ceux qui ont remplacé beaucoup d'affiches en papier, et qui sont allumés au moins 18h par jour dans les couloirs du RER.

Oui, vous avez bien vu, cet écran relaie un message écologique contre le gaspillage de l'électricité.

Je n'ai rien à ajouter.

jeudi 12 septembre 2019

Insulte inattendue

Texto à ma soeur :

C'est bien toi qui as ma perceuse ? Je peux la récupérer ?

Sa réponse :

Nouille !

Mais heu ?



(Sans rire, pourquoi est-ce que personne ne désactive les corrections automatiques sur son téléphone ?)

(D'après elle, elle aurait tapé "oui" avec un N malencontreux devant, et le correcteur a interprété son "noui" comme il le pouvait...)

lundi 15 juillet 2019

Théories du complot

Vous connaissez certainement les antivax, qui sont convaincus sans la moindre preuve scientifiques (et même avec des centaines d'études prouvant le contraire) que les vaccins rendent autistes. J'ai même lu un jour quelque part un "Je connais trois personnes autistes, eh ben comme par hasard ils ont tous été vaccinés dans leur enfance" qui m'a stupéfiée (personnellement, toutes les personnes que je connais qui ont eu un accident de la route mangeaient du pain, alors je suis très inquiète). Bon, les antivax ne sont pas très rigolos, car ils contribuent à la propagation de maladies qui peuvent être gravissimes pour des personnes au système immunitaire défaillant. Bref.

Vous avez aussi probablement entendu parler des platistes, qui pensent que la Terre est plate et que ce n'est qu'à cause d'un grand complot mondial qu'on croit le contraire. Ce qui me fait mourir de rire, car ça me rappelle une histoire parodique d'un Christophe Colomb qui partait faire le tour du monde et qui finalement arrivait au bord de l'assiette terrestre, manquant de basculer dans le vide avec ses bateaux, ce qui du coup le contraignait à faire demi-tour, "mais comme il a eu honte de son échec il ne l'a raconté à personne, et du coup aujourd'hui tout le monde croit que la Terre est ronde". OK, les platistes ne sont pas très clairs sur la raison pour laquelle on soudoie les pilotes d'avion afin de tromper la population, mais l'idée est amusante.

Vous savez aussi sans doute que Michael Jackson n'est pas mort, que la NASA nous cache l'existence des extra-terrestres, et que les Illuminati contrôlent le monde. Ah, et plus récemment, que Notre-Dame a brûlé parce que Macron n'avait pas eu le temps de terminer le discours qu'il devait prononcer ce soir-là.

Mais connaissez-vous les récentistes, dont je viens de découvrir l'existence ? Ce sont des gens qui pensent que le Moyen-âge a été inventé par l’Église Catholique, alors qu'en réalité on est passé directement de l'Empire Romain à la Renaissance. Comme les platistes, ils ne donnent pas beaucoup d'explication sur la motivation de ce complot organisé à l'échelle mondiale, mais voilà, sachez-le, les historiens vous mentent.
Franchement, j'aimerais comprendre comment fonctionne le cerveau des gens qui inventent des histoires pareilles. C'est fascinant, non ?

PS : Un commentaire sur Twitter qui m'a réjouie pour la soirée : "Ah, alors c'est pour ça que la fin du monde n'a pas eu lieu en 2012 : parce qu'en fait on est en 1012 !". Eh oui, il suffisait d'y penser...

mercredi 10 juillet 2019

Noyade dans la Seine

(Attention, ceci n'est pas un article rigolo)

Lundi soir, j'ai assisté à une noyade en direct.

J'étais partie faire une grande promenade à vélo, le soir, pour admirer Paris sous le soleil couchant, pour me dégourdir les jambes, pour profiter de la fraîcheur retrouvée. J'ai gagné la Seine côté rive droite et j'ai commencé à rouler au pas sur les voies sur berge devenues piétonnes, pleines de pique-niqueurs, de touristes épatés, de gamins joyeux. Et puis quand je suis arrivée au Pont-Neuf, j'ai vu quelqu'un qui nageait dans le fleuve, et des gens qui criaient autour, depuis la berge et du haut du pont. Je me suis arrêtée et j'ai constaté que deux hommes, bientôt rejoints par un troisième, nageaient le plus vite possible vers un autre en train de s'enfoncer dans l'eau. Apparemment, il était tombé du pont quelques secondes plus tôt. Je présume qu'il est tombé, et qu'il n'a pas sauté pour se rafraîchir, d'abord parce qu'il avait encore ses chaussures, ensuite parce que le pont est assez haut et que quelqu'un désireux de se baigner aurait plutôt choisi de sauter de la berge, et enfin parce qu'il ne faisait pas chaud, ce soir-là. J'ignore comment il est tombé. J'imagine qu'il était assis sur le rebord du pont et qu'il a fait le clown ou qu'il a été bousculé. Et soit il ne savait pas nager, soit il était ivre, soit il est tombé à plat dos ou sur la nuque et ça l'a assommé.

Toujours est-il que quand les hommes qui avaient plongé pour le repêcher sont arrivés sur place, il avait déjà coulé.

Ils ont bien tenté de plonger, mais ils n'ont pas réussi à le retrouver. Sans lunettes, et dans cette eau marron, ils n'y voyaient rien.

Sur le quai, plusieurs personnes avaient déjà appelé les pompiers, et j'ai même entendu une femme s'indigner en anglais qu'ils ne soient pas déjà là, parce que "dans une grande ville, ils devraient arriver en une minute maximum". Personnellement, je me demandais comment ils feraient pour venir, car même sirènes hurlantes, ce ne serait pas facile de circuler dans les rues. Mais en fait ils sont arrivés par barque à moteur : deux de pompiers, une de police. A bord, les pompiers étaient déjà en combinaison de plongée et terminaient de mettre leurs masques. Ils ont disparu sous l'eau. Sont remontés les mains vides. Ont recommencé. Et cette fois, ils sont remontés avec un corps inanimé. Le noyé a été hissé à bord, un pompier a immédiatement entrepris de lui faire un massage cardiaque, et la barque est partie aussitôt.

(Ah, et j'oubliais de dire que les policiers, eux, avaient repêchés les héros qui s'étaient jetés à l'eau et qui ne réussissaient pas à remonter sur les berges : pas d'escalier à cet endroit-là).

Voilà, je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça. Sans doute parce que ça m'a passablement traumatisée. L'homme a passé au moins cinq minutes sous l'eau, peut-être plus – je n'ai évidemment pas pensé à regarder ma montre. Il paraît qu'il y a de bonnes chances qu'il puisse être ranimé, et que le cerveau peut survivre à environ six minutes de manque d'oxygène sans séquelles. J'ai regardé dans les actualités pour savoir s'il allait bien, mais il faut croire que ce genre d'incident n'est pas suffisamment rare pour qu'on en parle : je n'ai rien trouvé.

Tout ça pour dire que c'est mieux de ne pas s'assoir sur le rebord d'un pont. Et aussi que mes enfants vont prendre des cours de natation à partir de septembre, et que je ne lâcherai pas l'affaire tant qu'ils ne sauront pas nager.

vendredi 28 juin 2019

T-shirts mal assortis

Je n'ai pas osé prendre une photo. J'aurais dû, discrètement, en faisant mine de chercher quelque chose sur mon téléphone. Parce que franchement, ces deux copines de 18 ou 20 ans qui marchaient bras-dessus bras-dessous, l'une avec un t-shirt Che Guevara marqué "Hasta la victoria siempre", l'autre avec un t-shirt Nike, c'était si drôle...

jeudi 24 janvier 2019

Orientation du papier toilette

Vous saviez, vous, qu'il y avait toute une page Wikipedia consacrée à l'orientation du papier toilette ? Autrement dit, à la question de savoir si le papier doit pendre par-dessus ou par-dessous le rouleau ?

Eh bien voilà, maintenant vous savez.

(Et encore, en français, ce n'est rien. La page anglaise est loooongue, bien plus que, que sais-je, la page consacrée à la peintre Vigée-Lebrun, par exemple. Ou à Hébé, la déesse de la jeunesse dans la mythologie grecque. Ou à Oliver Twist de Dickens...)

Les défenseurs de l'une ou l'autre des positions citent des avantages allant de l'esthétique, l'hospitalité, la propreté, l'économie de papier jusqu'à la facilité avec laquelle on peut détacher les feuilles. D'un côté comme de l'autre, on trouve des célébrités et des experts. Il existe de nombreuses théories sur ce que pourrait révéler la préférence d'une personne : l'âge, le sexe, le statut socio-économique ou l'orientation politique ; un aperçu de certains traits de la personnalité comme la fiabilité ou la flexibilité ; enfin, il pourrait y avoir une corrélation entre ce choix et le fait de posséder un camping-car ou un chat.

Sérieusement.

(Chez moi, c'est par-dessus. Comme le préconisait l'inventeur, sachez-le. Mais si vous mettez le vôtre en-dessous, vous pouvez quand même m'inviter, je ne piquerai pas une crise, promis. Je ne le changerai même pas de sens. Je respecterai votre choix.)
(Ça me rappelle cette copine qui était venue dormir chez moi et qui avait discrètement déplié, retourné et replié toutes mes housses de couette, parce qu'elles étaient pliées sur l'envers...)

mardi 30 janvier 2018

Accueil de réfugiés

Je fais un tour sur Facebook. Ça ne m'arrive pas souvent, mais il est arrivé que j'y trouve des infos intéressantes, concernant le monde de l'édition ou la vie locale. Et justement, il y a un message posté il y a quelques jours par ma municipalité :
Tout est prêt pour accueillir des réfugiés au gymnase Machintruc. Lits, repas, kits sanitaires, etc. Le maire est venu en personne vérifier les préparatifs.
Texte accompagné d'une photo de notre maire compassé, qui pose en effet devant lits de camps et des piles de nourriture.
J'en suis restée baba. Je n'en croyais pas mes yeux. Non, sérieusement, ma petite banlieue bourgeoise ultra-conservatrice va accueillir des réfugiés ? On parle bien de cette équipe municipale qui a fait un scandale et lancé une pétition il y a quelques années parce qu'un affreux parking désaffecté, dans une zone limitrophe de la commune, allait être transformé en aire verdoyante pour accueillir occasionnellement les gens du voyage ?

Il m'a fallu quelques secondes pour comprendre que les réfugiés dont il était question n'étaient pas des étranges ayant l'idée saugrenue de fuir la guerre, les tortures ou la misère, mais des gens bien de chez nous qui ont vu entrer quelques centimètres d'eau au rez-de-chaussée de leur villa très chic; à cause de la crue...

(Vérification faite, personne n'a profité de l'hébergement d'urgence mis en place à grand tapage par le maire. Oh surprise, les habitants du quartier ont tous des amis ou de la famille pouvant les loger si nécessaire, ou les moyens d'aller à l'hôtel. Incroyable, hein ?) (Jamais le proverbe "On ne prête qu'aux riches" ne sera si adapté.)

vendredi 1 décembre 2017

Marche surplace

Aujourd'hui, en conduisant Miss Thing One à son cours de danse, j'ai vu une femme qui arrivait en voiture au club (qui fait aussi salle de sport), et quand je suis repartie, j'ai vu qu'elle était en train de marcher sur un tapis roulant.
Elle est venue en voiture marcher sur un tapis roulant.

Non, ne me dites pas qu'elle n'aime peut-être pas marcher en ville, qu'elle a peut-être peur de marcher dehors alors qu'il fait nuit quand elle sort du boulot, qu'elle connaît le bois le plus proche par cœur, ou n'importe quelle excuse du genre. Pensez juste à cette société dans laquelle des gens sont tellement sédentaires qu'ils considèrent qu'ils doivent prendre le temps d'aller faire du surplace en marchant sur une grosse machine chère, électronique, et qui consomme de l'électricité.

Rassurez-moi, je ne suis pas la seule à qui ça donne envie de tout faire sauter ?



(Le Grand était moins indigné que je l'aurais souhaité, jusqu'à ce qu'il apprenne que l'abonnement à la salle de sport n'était pas gratuit.) ("Tu veux dire qu'elle a payé pour marcher ? Mais elle est folle ?")

samedi 11 novembre 2017

Une astuce pour le prix de cinquante

Celui-là, c'est une pépite. Quand j'ai vu ça chez un marchand de journaux, j'en suis restée baba. Bon sang, CINQUANTE conseils pour être "au naturel" !

Comme je suis sympa, je vais vous faire économiser temps et argent et vous donner mon conseil à moi :

- Lavez-vous visage, cheveux et corps chaque matin (ou tous les deux ou trois jours pour les cheveux) avec un shampoing-douche ou un savon en pain ;
- C'est tout.

Vous verrez, on ne fait pas plus efficace.

(Si quelqu'un voit passer ce numéro chez son dentiste, je serais curieuse de connaître quelques-uns des cinquante conseils, quand même.)