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mardi 27 septembre 2022

Dialogue mère-fille

Miss Thing One et moi, dans l'entrée :

— Tu sors ?

— Oui, je vais au collège.

— Et on peut savoir pourquoi tu as mis des talons ?

— Tu parles de mes bottines ? Ce ne sont pas vraiment des talons...

— Alors si, moi je vois des talons.

— De deux centimètres de haut ! Ça ne compte pas.

— Trois centimètres, au moins. Et cet imperméable chic, d'où il sort ?

— Tu trouves qu'il ne me va pas ?

— Si, très bien, au contraire, mais ça ne te ressemble pas de mettre des trucs comme ça. Ces derniers temps, tu fais plus attention à comment tu t'habilles, on dirait que tu veux te faire belle. Pourquoi, hein ? Pourquoi ?

 

Franchement, vous ne trouvez pas que ma fille exagère ? Si je n'ai plus le droit d'aller à la réunion parents-profs habillée comme je veux...



lundi 24 janvier 2022

Divergences sur l'affichage dans les toilettes





Moi, face à la porte, j'avais mis la généalogie des Bourbons, mais quelqu'un a dû trouver que ce n'était pas assez ludique...

lundi 13 décembre 2021

Histoire de croches

 Quand on est traductrice et autrice jeunesse, c'est vraiment pratique d'avoir des gamins à domicile qui peuvent vous confirmer que telle expression ou tel mot d'argot n'est plus employé, ou au contraire fait fureur. Pourquoi les gamins d'aujourd'hui utilisent-ils "ton daron" mais pas "ton frangin" ? Mystère, mais il faut le savoir si on ne veut pas faire une gaffe professionnelle.

Bref, j'interroge les enfants :

— "Sortir avec quelqu'un", ça se dit toujours ? Est-ce que Machine peut demander à Machin s'il veut sortir avec elle ?

— Moui... dit Mr Thing Two. En tous cas c'est pas choquant, je pense.

— Il y a quelque chose de plus courant ?

— "Est-ce que tu veux devenir mon mec", ou "ma meuf".

(Là, il me faut une seconde avant de digérer cette réponse. Bon sang, ils sont ONZE ANS !)

— Ou alors "mon croche", intervient Miss Thing One.

— "Croche" ?

— Ben oui, tu sais, parce qu'on s'accroche à quelqu'un.

(Je l'ai beaucoup déçue en lui expliquant que c'était "crush", mais son étymologie fantaisiste et néanmoins parfaitement logique m'a beaucoup plu.)

mercredi 20 octobre 2021

Oubli d'enfant (acte 2)

 Avant, les matins, c'était à peu près simple :

- Les trois mini-moyens partaient tous à 8h15 ;

- Le Grand ne partait nulle part (OK, j'exagère, mais il a quand même passé l'essentiel de son année de terminale et de sa première année de fac en distanciel).

Maintenant, c'est nettement plus compliqué. Depuis la rentrée, tout le monde a des emplois du temps différents. Ils sont évidemment aimantés sur le frigidaire (les emplois du temps, pas les enfants), et j'en déduis l'heure à laquelle je dois les réveiller et les mettre dehors (les enfants, pas les emplois du temps), mais parfois il y a un prof absent, ou un cours est déplacé. Et je n'ai pas encore imposé aux deux jeunes collégiens de mettre leur réveil tous les jours. Quant au Grand, il le met, bien sûr, mais pour peu qu'il se soit endormi à 4h du matin, il faut quand même que je m'assure qu'il n'est pas encore en train de roupiller malgré la musique que son réveil crache à plein volume.

Non mais c'est pas pour me trouver des excuses, hein. C'est juste que, voilà, c'est compliqué.

Bref, lundi matin, je trouvais que j'avais assuré comme une chef :

- Je me suis levée à 7h10 et j'ai pris ma douche ;

- J'ai réveillé le Filou et Mr Thing Two à 7h30 ;

- Je les ai priés de ne pas faire de bruit pour ne pas réveiller leur sœur, qui commençait plus tard ;

- J'ai vérifié à 7h50 que le Grand se levait ;

- J'ai accompagné Mr Thing Two jusqu'à l'ascenseur à 8h05 ;

- J'ai vu Miss Thing One aller aux toilettes à 8h10 ;

- J'ai accompagné le Filou jusqu'à l'ascenseur à 8h18 ;

- J'ai salué le Grand qui partait à 8h30 ;

- Dans le silence et le calme enfin revenu, j'ai pris mon petit-déjeuner, vidé le lave-vaisselle, rempli le lave-vaisselle, rangé un peu le séjour, lancé une lessive ;

- Je suis partie pour un rendez-vous médical à 9h.

Et puis j'ai vu le médecin, et puis je suis ressortie vers 9h45, et j'ai pris mon téléphone portable pour ôter le mode avion, et là j'ai vu que j'avais eu un appel qui provenait... de la maison.

Qui pouvait m'appeler de la maison ? Le Grand aurait-il eu un problème, et serait-il revenu ? Ou alors...

C'est à ce moment-là seulement que je me suis rendu compte que je n'avais pas vu partir Miss Thing One, qui commençait à 10h ce jour-là. Et que, comme elle était restée à lire dans sa chambre sans faire le moindre bruit entre 8h30 et 9h, j'avais totalement oublié son existence.

Je l'ai rappelée, et elle n'était pas inquiète, juste déboussolée :

— Je me suis levée pour prendre mon petit-déjeuner, et il n'y avait plus personne ! Normalement tu me dis quand tu t'en vas...

— Oui, je sais, j'ai oublié de te prévenir, je suis désolée !

— C'est pas grave. Je pars à 10h15. Tu seras rentrée ?

— Euh... oui. Oui, oui. Je te verrai. Je rentre. Tout de suite.

Et en effet, je suis rentrée à toute vitesse, pour arriver deux minutes avant son départ. Pas tellement pour pouvoir lui dire au-revoir, mais parce que ce qu'elle ne savait pas, c'était qu'en partant, j'avais fermé la porte à clef...


(Note à moi-même : leur faire refaire des clefs capables d'ouvrir de l'intérieur, et pas seulement de l'extérieur.)


jeudi 7 octobre 2021

La Pompadour et l'art moderne

(Enfants et musées, suite)

Au dîner, je déclare :

— Les mini-moyens – pas toi, le Grand, on sait que tu veux dormir jusqu'à 14h le weekend –, je propose qu'on aille dans un musée samedi ou dimanche. Faut juste trouver lequel. On pourrait retourner au Louvre ? La dernière fois, on n'avait pas vu le département égyptien, ni la Joconde... Ou alors au musées des égouts, s'il a rouvert ?

— Oui, le musée des égouts, moi je suis chaud ! dit Mr Thing Two.

(Sic.)

— Moi aussi je vote pour ça, dit le Filou.

— Moi je préférerais aller au truc de la Pompadour, là. dit Miss Thing One.

???

Pense-t-elle à Versailles ? Non, sans doute pas. Alors peut-être...

— A Beaubourg ?

— Oui, c'est ça !

 

(Ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai compris qu'elle avait fait un mix entre le centre POMPiDou et BeaubOURg.)

mardi 29 juin 2021

Un match sous nos fenêtres ?

 Hier, 22h30, Miss Thing One se relève :

— Maman, c'est quoi tous ces gens qui crient ? Je n'arrive pas à m'endormir ! C'est encore la directrice qui fait la fête ?

(Note : L'école primaire des gamins est juste sous nos fenêtres, et la directrice y a son logement de fonction. Environ deux fois par an, elle organise une petite fête, et on voit des gens qui dansent et rient en musique dans la cour de récréation. Nous sommes tous très jaloux.) (Mais elle, au moins, elle baisse le son après 22h !)

— Non ma chérie, c'est un match de foot.

— Ah, d'accord ! Mais je ne comprends pas d'où vient le bruit ? Il est où, ce match, là ou là ?

Elle désigne les fenêtres côtés nord et côté ouest. Je souris :

— Il n'est pas dans le quartier, ma puce ! Ni à Paris. Ni même en France, il me semble. Mais si j'en crois les braillements, il y a l'équipe de France qui joue contre une autre, ce soir.

Elle me regarde sans comprendre. J'insiste :

— Tu n'as pas entendu des crétins hurler "Allez les bleus" ? Ils encouragent leur équipe ! Sans se demander s'ils empêchent qui que ce soit de dormir, évidemment.

— Mais... demande-t-elle, totalement perplexe. Mais s'il est dans un autre pays, ce match, comment les gens peuvent le voir ?


Un jour, mes gamins réaliseront que la télévision n'est pas juste un écran qui sert à regarder des DVD de temps en temps.

jeudi 25 mars 2021

Les enfants de CM2 et Internet

Miss Thing One revient avec un tableau : "Les usages personnels d'internet des élèves de la classe". Pour chaque type d'écran (ordinateur, ordinateur portable, téléphone, tablette, console", il fallait dire combien d'élèves en tout l'utilisaient pour regarder des vidéos, faire des recherches, écouter de la musique, communiquer sur les réseaux sociaux, etc. Et puis il y avait la case "Je n'utilise pas Internet". Dedans, un chiffre : 1.

Devinez qui ?

(Miraculeusement, pour l'instant, elle ne m'en veut pas encore. Elle m'a même dit "J'étais choquée de voir qu'ils utilisaient TOUS les réseaux sociaux, alors que normalement on n'a pas le droit à notre âge, non ?" J'en profite, ça ne va pas durer...)

(Mr Thing Two est dans une autre classe, sinon ils auraient été deux, bien sûr.)

samedi 28 novembre 2020

Viande exotique

 — Maman, aujourd'hui on a mangé du fauve, à la cantine.

????

— Tu es sûre, ma puce ?

— Oui, oui. Et à un moment donné, j'ai vu que l'animateur ne mangeait pas de viande, et je lui ai demandé pourquoi, et il m'a répondu "Je n'aime pas manger les bébés".

????

Illumination du Grand :

— Du veau ?

— Ah, oui, peut-être... 

(Peut-être, oui.)

mercredi 18 novembre 2020

Lettres au Père Noël

On a écrit les lettres en avance, cette année, parce que les gamins en avaient envie, et aussi parce que vu la situation, il ne faudrait pas que le Père Noël soit pris au dépourvu et se retrouve contraint de faire ses achats en dernière minute sur Amazon...

Le Filou est resté une demi-heure devant sa feuille et n'a réussi à pondre qu'un brouillon :

 

Donne-moi !!!
- Kirby
- Super Smash Bros
- Légo : le château de l'empereur oublié, numéro  70678
- L'armure de feu, numéro 70615

 

Oui, c'est une liste de course et pas une lettre, soit précisément ce contre quoi je m'insurge (et encore, j'ai réussi à l'arrêter avant qu'il ne me trouve le prix exact de chaque article). Mais le Filou a beaucoup, beaucoup de mal à écrire des lettres, comme le Grand avant lui. J'ai décidé de ne pas insister : pas la peine que ça devienne un calvaire.

 Comme d'habitude, Miss Thing One est l'épistolière plus classique (et quand ils sont en colonie ou chez leur père, celle sur laquelle je peux le plus compter pour obtenir quelques informations) :

 

Cher Père Noël,

On va fêter Noël chez ma grand-mère, Mouna, si on n'est plus confinés. Macron nous a reconfinés car les gens ne faisaient plus attention. C'est vrai que c'est triste mais ça me soulage un peu, parce que au moins, je ne suis plus inquiète et Mouna ne va sûrement pas attraper le Covid 19.

Moi, pour Noël, j'aimerais en tout premier Mario Maker. C'est un jeu vidéo sur Switch mais aussi sur 3DS. Deuxièmement, j'aimerais un vélo, car mon ancien s'est fait voler. En troisième, j'aimerais si c'est possible une voiture télécommandée. J'aimerais aussi comme l'année dernière un abonnement à Astrapi. Et enfin, le jeu vidéo Yokai Watch.

Au revoir !

Miss Thing One


 Elle a accompagné sa lettre d'un dessin de sapin enguirlandé. Classique, je vous dis.

Quant à Mr Thing Two, c'est le plus, disons, inventif (et son orthographe, non reproduite ici, n'est pas en reste) :

 

 Salut papy Noël !

Sois sympa, j'ai été cool cette année ! On va passer les vacances de Noël chez ma grand-mère. Elle est super sympa !

Petite remarque : essaie de réveiller [le Grand] et de le mettre en mode actif ! Donc fais-lui lâcher son ordi, et boum, dehors dans le parc !

Bon, il y a le covid 19, essaie de ne pas le choper, sinon pouf, plus de cadeaux !

Assez de blablas, hein ? A Noël, j'aimerais : des cartes Pokémon, Mario Maker, une voiture télécommandée en légos, des légos genre guerre, un gros doudou mignon et tout doux, et enfin que [le Grand] me montre sur son ordi les bateaux de Zelda.

Salut !

Mr Thing Two

(Ils me gonflent, avec leurs voitures télécommandées. Ils ont vu ça chez un copain et ça leur a tapé dans l’œil, mais je suis persuadée que si je cède, ils vont s'en lasser très très vite.)


Voilà. Le Grand n'a pas écrit de lettre, mais je crois qu'il veut une nouvelle console. Et un Picsou, parce qu'il est encore un peu petit, parfois.

dimanche 15 novembre 2020

Miss Thing One et la géographie

 — Maman, me dit Miss Thing One, tu m'aides à réviser ? J'ai une évaluation de géographie.

Elle me tend une carte du monde vierge.

— Tu dois apprendre quoi ?

— Les continents et les océans.

— Oh, ben ça ne devrait pas être trop difficile. (Je désigne l'Amérique du Nord.) C'est quoi, ça ?

— Euh... L'Afrique ?

Je la dévisage, les yeux ronds. Elle ne plaisante pas.

— Mais enfin, quand même ! C'est là que se trouve l'un des pays les plus importants du monde, juste ici ! Tu sais, on en a beaucoup parlé ces derniers temps, à cause des élections, tu te souviens ?

— ...

— Les États-Unis, voyons ! Et comment est-ce qu'on appelle les habitants des États-Unis ? On ne dit pas "les États-uniens", en général : on dit les...

— ...

— Mais enfin, nom d'un chien, tu as déjà entendu parler des États-Unis, non ? Trump, le coca-cola, les cow-boys et les Indiens, New York ? C'est sur quel continent ?

— Euh, en Europe ?

(Je vous rassure, le Grand était dans sa chambre : aucune crise d'apoplexie n'est à déplorer chez nous ce soir, tout va bien.) 


PS : Cette scène a eu lieu jeudi soir. Mais comme Miss Thing One, à défaut de s'intéresser un tant soit peu à l'histoire et à la géographie, est une bonne petit poufsouffle bien adaptée au système scolaire, elle a révisé longuement, et le vendredi, elle a eu vingt sur vingt à son évaluation. Qu'on se le dise.
(Ce qui ne l'empêchera pas d'avoir totalement oublié l'emplacement de l'Asie d'ici une semaine au grand maximum.)


lundi 7 octobre 2019

Onze jours sans Miss Thing One

Miss Thing One est partie en classe de mer ce matin.


Bien qu'il en soit question depuis des semaines, le Filou n'a réalisé qu'hier midi qu'il ne verrait pas sa sœur pendant une semaine et demie. Et ils ont beau ne pas toujours s'entendre, ces deux-là, ça lui a fait quelque chose. Il l'a raconté à son père lors de la séance Skype traditionnelle du dimanche après-midi :
— Elle sera plus là du tout ! Pendant onze zours !
— Et ça va te paraître long ! compatit Darling.
— Ben oui, un petit peu, quand même.
— C'est normal, tu n'as jamais passé aussi longtemps sans elle. Elle te manque déjà, hein ?
Le gamin dévisage son père (par écran interposé) comme s'il avait perdu la tête :
— Ben non ! Elle est encore là !

(Les gamins vont en Bretagne. Ils feront de la voile et de la pêche à pied, entre autres. C'est peu dire que Miss Thing One était surexcitée. Ce matin, j'étais censée la lever à 6h50 pour la conduire devant l'école à 7h20, mais quand je suis entrée à pas de loup dans sa chambre, elle était déjà assise sur son lit et m'a expliquée qu'elle s'était réveillée à 6h05 et m'attendait depuis trois quarts d'heure...)

dimanche 22 septembre 2019

De l'intérêt d'apprendre une langue étrangère

— On fait de l'anglais ? me propose Miss Thing One pendant le dîner.
(C'est toujours elle qui m'y fait penser, et elle qui essaie de mémoriser ce que je lui dis. Les autres n'écoutent que d'une oreille. Quand nous étions allés à Berlin, elle avait tenu à apprendre à compter en allemand jusqu'à cent. Elle veut toujours apprendre plein de choses.)
Le Grand soupire :
— Pff, non, c'est ennuyeux, vos leçons.
— Pour toi, forcément, puisque tu connais déjà tout ça, rétorqué-je.
— Oui mais même, c'est objectivement ennuyeux, pas comme l'histoire et la géographie. L'histoire on peut s'y intéresser en soi, alors qu'une langue en soi, ça n'a aucun intérêt.
— Mmm... Mais même en admettant que tu aies raison, une fois qu'on la connaît, cette langue, on peut faire plein de choses intéressantes avec. Ça peut servir à plein de choses.
— Oui, confirme Mr Thing Two, qui a envie de mettre son grain de sel. À se vanter, par exemple.


vendredi 19 juillet 2019

Des photos non concluantes

Les gamins rentrent de colonie ce soir. Sur le site des organisateurs, quelques photos floues ont été postées. Je les scrute avec le Grand.

— C'est Miss Thing One, la fille de profil, non ?
— Ben, il me semble... Mais je n'ai jamais vu ce t-shirt jaune poussin auparavant... Pourtant, c'est bien ses cheveux, et elle a une montre comme elle, et elle lui ressemble drôlement...

Photo suivante.

— Oh, et là, regarde, avec les lunettes de soleil, c'est encore elle ! Pas vrai ?
— C'est la même tête, en tous cas. Et elle a un appareil photo rouge autour du cou qui ressemble à celui que je lui ai donné. Mais ta sœur n'a jamais eu de t-shirt blanc marqué "Adidas", ni de casquette verte...

Je suis perplexe. Aurait-elle un sosie à la colonie dont elle a omis de me parler dans sa courte lettre ? Ou va-t-elle revenir ce soir avec une valise qui n'est pas la sienne ?

jeudi 18 juillet 2019

Lettre de Miss Thing One

Les trois plus jeunes sont en colonie depuis lundi dernier. C'est leur première colonie, et ils étaient enchantés d'y aller, parce qu'ils avaient assisté à la réunion d'information et que le directeur avait vraiment réussi à leur donner envie. Et puis c'est forcément plus facile à trois que tout seul.

Lundi dernier, je les ai donc amenés à la gare, avec leurs vêtements étiquetés dans leurs valises étiquetées et leurs étiquettes au poignet, et je leur ai dit au revoir, en leur recommandant pour la millième fois :
— Vous me donnerez des nouvelles, hein ! Vous avez des enveloppes timbrées, des cartes, du papier, alors vous m'écrirez vite, un jour ou deux après l'arrivée, pour me dire si c'est bien, là-bas !

Depuis, plus de nouvelle. Heureusement que je ne suis pas une mère angoissée, ni suffisamment naïve pour croire qu'ils obéiraient illico à mes mille recommandations. N'empêche que tous les jours depuis jeudi dernier, je vérifie le contenu de ma boîte aux lettres, et je suis de plus en plus dépitée.

Et puis aujourd'hui, miracle ! Je reconnais ma propre écriture sur une enveloppe ! A l'intérieur, une feuille, une seule. Pas de date, pas de signature, mais je sais tout de suite que c'est ma gamine, à l'écriture et à l'orthographe (celle de son frère jumeau est bien pire, et le Filou vient seulement de finir le CP). Et surtout, c'était sur elle que je comptais le plus pour m'écrire, parce que les autres sont de gros flemmards quand il s'agit de tenir un stylo.

Je la reproduis tel quel ci-dessous, d'abord pour donner des nouvelles à ceux de la famille qui lisent mon blog, et ensuite parce que je suis très contente de recevoir pour la première fois de ma vie une lettre de l'un de mes enfants (le Grand m'avait bien écrit une carte postale un jour, contraint et forcé par ma mère, mais voilà tout).

Coucou mamounète !
J'ais âte de te revoir mais en même temps j'ais envie de resté.
Nous sommes allé a la piscine mais nous n'avons pas pied. On a pris des cainture et on c'est bien amuser.
Je me suis fait 2 amis. On est dans une chambre a 6 et on a une animatrice. Trop sympas ! Elle s'appelle Lucie.
A bientôt !

Bien, j'en conclus que ça se passe bien, au moins pour elle, et pas trop trop mal pour ses frères, sinon elle me le dirait (je pense). J'en saurai davantage quand je les récupérerai vendredi. Quitte à nuire à ma réputation de mère indigne, j'avouerais que j'ai presque "âte", moi aussi !

vendredi 5 juillet 2019

L'école est finie (ou presque)

16h40. Sonnerie à la porte. Ce sont les trois mômes, qui rentrent tout seuls depuis quelques mois.
— Bonjour maman ! On est en vacances !
— Ouaiiiis !
— Youpie !
On prend le goûter en vidant les cartables. L'ambiance est joyeuse. Puis, comme d'habitude, je retourne à mon bureau pour recommencer à travailler, et eux se dirigent vers leur chambre. Dans le couloir, j'entends le Filou qui propose aux deux autres :
— On joue à l'école ?
— Oui, d'accord ! répond Miss Thing One avec enthousiasme.

Je ne m'en suis pas encore remise.

mercredi 12 juin 2019

Voler aux riches, donner aux pauvres

Pour des raisons professionnelles, j'enquête sur le degré de connaissance qu'ont les enfants et les adolescents français du personnage Robin des Bois.
(Spoiler : proche de zéro. Contrairement à ce que je croyais, Robin des Bois est bien mal connu par la nouvelle génération, y compris par les ados de 16-17 ans, qui souvent n'ont que le dessin animé de Disney comme unique référence, et même pas toujours. Moi qui m'attendais au minimum à entendre parler de Petit Jean, de la belle Marianne, de la forêt de Sherwood ou de tir à l'arc, j'ai été très déçue.)

Interrogé, le Grand se lance aussitôt dans une leçon d'Histoire britannique. Le Filou me dit que c'est un renard (voir plus haut). Mr Thing Two pense qu'à l'origine, c'est peut-être un personnage de livre, et qu'il a un arc (ah, quand même !). Avec Miss Thing One, le Grand tente une nouvelle approche :
— Dis, si je te parle de quelqu'un qui volait aux riches pour donner aux pauvres, tu vois qui c'est ?
La gamine hésite, puis répond, triomphante :
— Lénine !


(Je vais donc dire à mon éditeur de faire plutôt un bouquin sur Lénine. A moins que mes enfants ne soient pas représentatifs ?)
(Je précise que le bourrage de crâne politico-historique, c'est le Grand, hein, ce n'est pas moi.)
(Moi, je leur bourre le crâne sur l'écologie, plutôt. Et sur Fantômette et Harry Potter.) (Chacun son truc.)

lundi 28 janvier 2019

Un malade ennuyé et ennuyant

Mr Thing Two est malade.
(Oui, sa sœur va mieux, merci.)

Hier, il a passé la journée à comater et à se lamenter de ne pas avoir son énergie habituelle (celle de cinq gamins ordinaires, ou dix adultes en forme), et le soir venu, quand j'ai annoncé le dîner, il a éclaté en sanglots :
— J'ai même pas pu joueeeeeer !
(Une journée passée sans jouer est une journée fichue, même quand on a fait une sortie ou des activités extraordinaires, ce qui n'était bien évidemment pas le cas.)

Aujourd'hui, je lui ai dit que j'allais le garder à la maison. Je pensais qu'il serait content de rater l'école, mais en réalité, il était horrifié :
— Je vais rester toute la journée TOUT SEUL ? Non, non, non ! Je vais mourir d'ennui !
(Il était tellement malheureux que je n'ai pas eu le cœur de lui rappeler qu'il existait des enfants uniques.)

Heureusement (?), j'avais moi-même un rendez-vous médical auquel il a dû m'accompagner, et puis on est allé chez le médecin pour lui.
(Rhinotrachéite : tiens, je ne la connaissais pas encore, celle-là)
 Bref, entre une chose et l'autre, on a réussi à passer le temps.
(Non, je n'ai pas travaillé une seconde, bien sûr)

— Attention, m'a prévenue la docteure : c'est très contagieux.
— Gloups. Heureusement que son petit frère, qui chope tout ce qui passe, est déjà sous antibiotiques depuis mercredi dernier...
— Sauf que les antibiotiques ne peuvent rien contre ça, puisque c'est un virus.
(Suis-je bête.)

 Bref. J'espère seulement que demain, il ira mieux. En tous cas assez bien pour aller à l'école. Parce que quand Mr Thing Two est malade, tout le monde souffre... surtout moi.



(Bonus : ce soir, mauvaise humeur, boulot en retard, draps à changer, dîner à préparer en quatrième vitesse, et tout à coup, sanglots stridents de Miss Thing One dans la salle de bain. Je me précipite :
— Qu'est-ce qui t'arrive, ma chérie ?
— J'ai fait tomber mes lunettes tout au fond des toilettes alors que je viens de faire cacaaaaaa !)

(Fatiguée.)
(Oui, je les ai repêchées, et non, je ne donnerai pas de détails.)




jeudi 13 décembre 2018

De potentiels beaux-parents


— Maman, maintenant que papa et toi vous êtes divorcés, est-ce qu'on va avoir un beau-père et une belle-mère ?
Oh là là. J'étais en train de préparer le dîner, mais je lâche tout pour rejoindre Miss Thing One sur le canapé et tenter de la rassurer :
— Pour l'instant, ce n'est pas du tout prévu au programme, ma chérie. Je ne pense pas que papa ait très envie de retomber amoureux, et moi pas forcément non plus, en tous cas pas immédiatement, sans compter que je n'ai pas beaucoup d'occasions de rencontrer des hommes. Et même si papa ou moi tombions amoureux de quelqu'un d'autre, ça ne veut pas dire qu'on déciderait de vivre ensemble, tu sais. Enfin bref, ce n'est vraiment, vraiment pas pour tout de suite !
Elle hoche la tête et soupire :
— Dommage, parce que j'adorerais ça.
— ...
— Ça nous ferait comme deux papas et deux mamans, et ça nous ferait plus de famille à aimer et qui nous aimerait. Ce serait chouette.


Voilà, on lit des tas de manuels et d'articles et de romans qui parlent du traumatisme que représente le divorce des parents et du meilleur moyen d'aider les enfants à le surmonter, mais ça n'empêche pas les surprises...

dimanche 22 juillet 2018

Émulation

"Ouh ! C'est dur !" dit mon neveu, Gnafron, 2 ans et demi, en essayant  de suivre ses cousins et sa cousine.
C'est dans ce genre de cas que je me rends compte à quel point les miens ont grandi...


PS: A côté de la toile d'araignée, il y avait un poteau. Je mets Mr Thing Two au défi de grimper jusqu'en haut. Il le fait sans trop de difficulté : ce gamin a des muscles en acier. Miss Thing One tente à son tour, et bien sûr, elle n'y arrive pas. Elle recommence. Encore. Encore. S'acharne. Échoue. Tente une autre technique. Encore. Insiste. Les autres changent de jeux, s'éparpillent. Elle s'obstine, même si elle est de plus en plus fatiguée et glissante de sueur. 25 minutes plus tard, je sonne le départ. Et là, avec l'énergie du désespoir, elle s'agrippe, monte, monte... et arrive en haut. J'étais SCIÉE. Une telle persévérance, si jeune, ça vaut toutes les facilités innées du monde. Bravo ma championne !

mardi 21 novembre 2017

Un cadeau pour Miss Thing One (et pour toute la famille)

Pendant le dîner, j'annonce :
— Demain, on écrit les lettres au Père Noël !
Excitation intense. Ils se mettent tous à parler en même temps. Quand elle arrive à en placer une, Miss Thing One me dit joyeusement :
— Moi, tu sais déjà ce que je veux : le troisième disque des Kids United, et un lecteur PM... N3... BN3...
— MP3, ma puce.
— Pourquoi faire ? s'étonne le Grand, à qui quelqu'un en a offert un il y a longtemps et qui ne l'a jamais utilisé.*
J'explique :
— Pour pouvoir écouter les trois albums des Kids United y compris le matin quand tu dors encore, au lieu de devoir se limiter à une plage horaire aussi ridiculement réduite que 10h30-19h30.
— Oui, et puis comme ça, je pourrais les écouter autant que je veux et je dérangerai personne et vous viendrez pas me dire de mettre moins fort ! se réjouit-elle.
— Excellente idée, approuve le Grand.
— Je suis d'accord, ajoute Mr Thing Two.
— Ah oui, ah oui ! approuve le Filou.
— Ouf ! fait Darling.
On dirait que ça fait l'unanimité, donc.

* Pratique : il sait donc déjà ce qu'il va offrir à sa sœur.