Vous saviez, vous, que les difficultés du début de l'allaitement qu'on-oublie-très-vite-parce-que-c'est-un-tel-bonheur-ensuite (gnagnagna) peuvent survenir aussi alors que l'allaitement est bien installé ? Autrement dit, qu'on peut avoir un engorgement même au bout de cinq mois et quelques, avec un gamin à l'appétit solide et réglé comme une horloge ?
Maintenant, je le sais.
Alors même si ça fait longtemps que je ne m'effraie plus du tout des engorgements des débuts et si j'ai appris à supporter sans broncher (ou presque) ces moments délicieux où on a l'impression qu'un enchanteur malveillant a remplacé nos jolies rondeurs par deux ballons de baseball remplis de cailloux pointus, ce matin, quand j'ai réalisé que c'était bien ce à quoi ça ressemblait, j'étais un peu inquiète. Je me voyais déjà avec une mastite, 40° de fièvre, une hospitalisation d'urgence, un sein coupé, un sevrage brutal, un Darling et des enfants traumatisés, un divorce, quinze années de psychanalyse pour chaque membre de la famille, tout ça.
Dans ce genre de situation, on a deux possibilités : prier, ou interroger google (ou les deux). J'ai choisi la seconde. Quelques minutes plus tard (Google étant bien plus bavard que Dieu), je savais ce qu'il me fallait :
- Des compresses chaudes
Mouais. Je ne sais pas si c'est moi qui me débrouille mal, mais personnellement, le temps que j'installe le gant de toilette mouillé, il n'est plus vraiment chaud. J'ai tout de même placé deux ou trois fois un gant de toilette tiède dans mon soutif, mais sans grande conviction.
- Des massages
Re-mouais. Là aussi, j'ai dû m'y prendre comme un manche, mais ça n'a eu aucun effet. Ça m'a fait encore plus mal, voilà tout.
- Du repos
HA HA HA !
Pardon, ça m'a échappé. Disons simplement que Darling travaille, et que ni la crèche ni l'école n'ont rouvert leurs portes ; cela devrait suffire à faire comprendre l'ironie de cette recommandation.
- Des tétées nombreuses
Ah, ça je peux faire !
Et voilà comment le Petit, que j'essayais péniblement de faire passer à... sept repas par jour (oui, je sais, certains nouveaux-nés n'en font même pas autant, mais voilà, ce môme n'a jamais voulu comprendre que le repas solide était censé remplacer une tétée et non s'y ajouter, et n'a toujours pas renoncé à ses tétées nocturnes), a pris le sein toutes les deux heures depuis ce matin.
Inutile de dire qu'il n'a pas protesté.
Et ça a fini par marcher ! Au cours de la dernière tétée, le vilain petit canal a dû se déboucher, car j'ai enfin retrouvé ma flasquitude habituelle.
Maintenant, il va falloir faire admettre au Petit qu'il doit reprendre un rythme "normal", demain...
La vie d'une traductrice, mère célibataire de famille nombreuse
vendredi 31 août 2012
jeudi 30 août 2012
Salon / salle à manger, etc.
Avant, j'avais un salon / salle à manger. Une pièce pas très grande, de 19 m² environ, mais qui contenait sans problème une table ronde avec quatre chaises pliantes, un canapé avec sa table basse et une télévision en face, quelques étagères, et même un piano (droit, bien sûr).
Puis les Things se sont annoncés, et il a fallu leur céder mon bureau pour en faire une chambre. Du coup, la pièce est devenue un salon / salle à manger / bureau. Les étagères se sont agrémentée d'un tout petit bureau de 80 cm de large, à peine de quoi poser l'ordinateur, le bouquin en cours de traduction, et un dictionnaire si nécessaire. L'imprimante a plus ou moins trouvé sa place à côté, sur les étagères, et les dossiers alignés sous le bureau font office de repose-pieds. Le pauvre piano, lui, a été exilé chez un parent hospitalier.
Puis les Things ont grandi, et la pièce s'est transformée en salon / salle à manger / bureau / salle de jeu. Essayez donc de contraindre deux bambins à jouer uniquement dans leur propre chambre, loin de leurs parents, et sans se disputer entre eux ! Coffres à jouets et albums de Barbapapa ont envahi l'espace. Au passage, la table à manger a été dotée d'une rallonge, et deux chaises hautes ont été ajoutées aux chaises pliantes. Inutile de dire que la table basse a été reléguée à la cave.
Et maintenant que le Petit passe de plus en plus de temps éveillé, la pièce vient d'être promue salon / salle à manger / bureau / salle de jeu / nursery. Un magnifique parc en bois trône désormais sur un superbe tapis d'éveil. Le transat attend dans un coin, ou plutôt il attendrait dans un coin s'il y avait encore des coins ; disons que quand il n'est pas juste en plein milieu du passage, enfin, des quelques cm² libres qui nous permettent encore de circuler – quand les jeux ne jonchent pas le sol –, nous sommes contents.
Et quelqu'un vient nous rendre visite, on déplie le canapé-lit, et la pièce est momentanément nommée salon / salle à manger / bureau / salle de jeu / nursery / chambre d'amis.
Une pièce de 19 m². Avec une baie vitrée qui occupe tout un pan de mur, une grande porte à deux battant, et une autre porte en face.
Je médite d'y faire bientôt installer une douche, ou une penderie...
(Ou alors, on déménage. C'est une idée, oui.)
Puis les Things se sont annoncés, et il a fallu leur céder mon bureau pour en faire une chambre. Du coup, la pièce est devenue un salon / salle à manger / bureau. Les étagères se sont agrémentée d'un tout petit bureau de 80 cm de large, à peine de quoi poser l'ordinateur, le bouquin en cours de traduction, et un dictionnaire si nécessaire. L'imprimante a plus ou moins trouvé sa place à côté, sur les étagères, et les dossiers alignés sous le bureau font office de repose-pieds. Le pauvre piano, lui, a été exilé chez un parent hospitalier.
Puis les Things ont grandi, et la pièce s'est transformée en salon / salle à manger / bureau / salle de jeu. Essayez donc de contraindre deux bambins à jouer uniquement dans leur propre chambre, loin de leurs parents, et sans se disputer entre eux ! Coffres à jouets et albums de Barbapapa ont envahi l'espace. Au passage, la table à manger a été dotée d'une rallonge, et deux chaises hautes ont été ajoutées aux chaises pliantes. Inutile de dire que la table basse a été reléguée à la cave.
Et maintenant que le Petit passe de plus en plus de temps éveillé, la pièce vient d'être promue salon / salle à manger / bureau / salle de jeu / nursery. Un magnifique parc en bois trône désormais sur un superbe tapis d'éveil. Le transat attend dans un coin, ou plutôt il attendrait dans un coin s'il y avait encore des coins ; disons que quand il n'est pas juste en plein milieu du passage, enfin, des quelques cm² libres qui nous permettent encore de circuler – quand les jeux ne jonchent pas le sol –, nous sommes contents.
Et quelqu'un vient nous rendre visite, on déplie le canapé-lit, et la pièce est momentanément nommée salon / salle à manger / bureau / salle de jeu / nursery / chambre d'amis.
Une pièce de 19 m². Avec une baie vitrée qui occupe tout un pan de mur, une grande porte à deux battant, et une autre porte en face.
Je médite d'y faire bientôt installer une douche, ou une penderie...
(Ou alors, on déménage. C'est une idée, oui.)
mercredi 29 août 2012
Bilan estival
- Six semaines et deux jours passés finalement plus vite que prévu, après des débuts mouvementés ;
- Une très jolie terrasse toute neuve qui agrandit considérablement la maison ;
- Un accident à un carrefour avec un stop à moitié caché par les arbres et aucun marquage au sol ;
- Une voiture de location rendue toute cabossée, ce qui rend les vacances aussi chère que si nous étions partis en croisière, ou presque ;
- 44 jours de soleil et à peine deux fois dix minutes de pluie, au grand désespoir des paysans ;
- Des étoiles par milliers ;
- Pas un seul coup de fil à la pédiatre du village, ce qui est un immense progrès par rapport à l'année dernière ;
- Un hamac qui a beaucoup servi pour calmer les insomnies ou cauchemars des petits (même à trois heures du matin, se balancer doucement avec un bébé dans les bras en regardant les étoiles et en écoutant le bruissement des feuilles a quelque chose de merveilleux) ;
- Un passage éclair de ma sœur qui allait à Istanbul en stop avec une copine ;
- Trois connexions à Internet en un mois de tentatives quotidiennes (je sens que je me suis fait avoir avec cette clef 3G) ;
- Une demi-douzaine de promenades seulement, dont une avec trois porte-bébé (ça grimpait trop, les Things n'auraient pas tenu le choc) pour seulement deux porteurs ;
- Tout au plus six ou sept livres lus en autant de semaines, et pas une seule ligne traduite ;
- Trois nuit avec une seule interruption (tétée, cauchemar, caprice, bobo...), 41 nuits avec deux interruptions et plus (jusqu'à six), et des dizaines d'heures de sommeil à rattraper ;
- Un gros bébé de bientôt six mois qui n'a plus rien d'un nouveau-né, et deux bambins qui commencent enfin à s'exprimer ;
- Deux kilos en moins malgré la cinquantaine de glaces avalées, et quelques autres encore à perdre avant de retrouver mon poids normal ;
- Deux sorties à la piscine avec deux adultes pour cinq enfants, dont quatre ne sachant pas nager, dont trois n'étant jamais allé à la piscine de leur vie ;
- De bons moments, quelques rires, quelques petits plaisirs, beaucoup d'heures trop lentes à s'écouler, mais la conviction d'avoir passé d'aussi bonnes vacances que possible étant donné les circonstances.
Je suis de retour, après avoir survécu à mes six semaines avec trois enfants de moins de trois ans. La crèche rouvre ses portes lundi, et le Petit commence l'adaptation une semaine plus tard. Je vais bientôt recommencer à travailler, et à faire des petits gâteaux.
Vive la rentrée !
- Une très jolie terrasse toute neuve qui agrandit considérablement la maison ;
- Un accident à un carrefour avec un stop à moitié caché par les arbres et aucun marquage au sol ;
- Une voiture de location rendue toute cabossée, ce qui rend les vacances aussi chère que si nous étions partis en croisière, ou presque ;
- 44 jours de soleil et à peine deux fois dix minutes de pluie, au grand désespoir des paysans ;
- Des étoiles par milliers ;
- Pas un seul coup de fil à la pédiatre du village, ce qui est un immense progrès par rapport à l'année dernière ;
- Un hamac qui a beaucoup servi pour calmer les insomnies ou cauchemars des petits (même à trois heures du matin, se balancer doucement avec un bébé dans les bras en regardant les étoiles et en écoutant le bruissement des feuilles a quelque chose de merveilleux) ;
- Un passage éclair de ma sœur qui allait à Istanbul en stop avec une copine ;
- Trois connexions à Internet en un mois de tentatives quotidiennes (je sens que je me suis fait avoir avec cette clef 3G) ;
- Une demi-douzaine de promenades seulement, dont une avec trois porte-bébé (ça grimpait trop, les Things n'auraient pas tenu le choc) pour seulement deux porteurs ;
- Tout au plus six ou sept livres lus en autant de semaines, et pas une seule ligne traduite ;
- Trois nuit avec une seule interruption (tétée, cauchemar, caprice, bobo...), 41 nuits avec deux interruptions et plus (jusqu'à six), et des dizaines d'heures de sommeil à rattraper ;
- Un gros bébé de bientôt six mois qui n'a plus rien d'un nouveau-né, et deux bambins qui commencent enfin à s'exprimer ;
- Deux kilos en moins malgré la cinquantaine de glaces avalées, et quelques autres encore à perdre avant de retrouver mon poids normal ;
- Deux sorties à la piscine avec deux adultes pour cinq enfants, dont quatre ne sachant pas nager, dont trois n'étant jamais allé à la piscine de leur vie ;
- De bons moments, quelques rires, quelques petits plaisirs, beaucoup d'heures trop lentes à s'écouler, mais la conviction d'avoir passé d'aussi bonnes vacances que possible étant donné les circonstances.
Je suis de retour, après avoir survécu à mes six semaines avec trois enfants de moins de trois ans. La crèche rouvre ses portes lundi, et le Petit commence l'adaptation une semaine plus tard. Je vais bientôt recommencer à travailler, et à faire des petits gâteaux.
Vive la rentrée !
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mercredi 22 août 2012
Diversification alimentaire
Depuis quelques semaines, à chaque fois que nous
mangeons, le Petit râle. Il ne veut pas nous attendre sagement allongé par
terre, ni sur le dos, ni sur le ventre (ça fait un bout de temps qu’il se
retourne).
Mais depuis quelques jours, même quand je finis par le
prendre sur mes genoux, il râle. Et même encore plus fort. Il s’énerve
vraiment.
J’ai d’abord pensé que c’était la douce atmosphère des
repas (« Attention, Machin, tu vas renverser ton verre ! Non, Truc,
tu ne peux pas trier les oignons dans les pâtes à la carbonara ! Oh non,
Chose, ne te mets pas debout sur ta chaise haute, tu vas tomber ! »)
qui ne lui plaisait pas.
Et puis un soupçon m’est venu. Pourrait-il avoir envie de
manger ce que nous mangeons nous-mêmes ? On dirait vraiment qu’il essaie
d’attraper le contenu de mon assiette, et il suit des yeux le trajet de la
fourchette avec beaucoup d’intérêt.
Du coup, hier, je lui ai fait goûter son premier petit
pot, une compote de fruits. Succès total. Il a adoré, et a protesté avec
beaucoup de conviction quand j’ai arrêté.
Enhardie par ce résultat, j’ai tenté le salé. Il a
terminé sa purée avec joie. C’est la première fois que je vois un bébé
accueillir avec autant d’enthousiasme l’arrivée des légumes dans sa vie.
Aujourd’hui, je suis donc passée à la troisième étape, et
j’ai partagé ma glace à la vanille avec lui.
(Quoi, quoi ? « Des fruits, des légumes, des
laitages », a dit le pédiatre. Ça fait partie des laitages, non ?)
mardi 21 août 2012
Peur bleue
Depuis trois ou quatre jours, j’ai plein de bleus sur les
jambes. Certes, je me cogne souvent et je marque facilement, mais je ne me
souviens pas m’être fait tout ça.
— Il n’y a pas une maladie qui commence par des bleus
partout ? je demande à l’amie qui me tient compagnie en ce moment.
— Si, la méningite bactérienne. Mon père a connu une jeune femme qui en est morte en quelques jours. Pourquoi ?
Bon.
On va plutôt supposer que ce sont les coups de pieds dont
me bourre le Petit à chaque fois qu’il prend le sein, d’accord ?
lundi 20 août 2012
Terrassée
Au début, moi, je voulais un escalier. Juste un petit
escalier de rien du tout qui parte de la fenêtre de la cuisine, transformée en porte-fenêtre,
pour conduire dans le jardin, histoire de pouvoir aller jouer dans l’herbe
autrement qu’en faisant tout le tour de la maison, et aussi de pouvoir manger
dehors à la belle saison.
Consultés séparément, Darling et ma mère ont dit tous les
deux qu’il fallait faire mieux encore : une terrasse. Une petite terrasse
pour admirer le paysage de haut, et pour y mettre une table et quelques
chaises. Bon, pourquoi pas ? Quand ma mère et Darling sont d’accord, je
m’exécute.
L’architecte, lui, a trouvé que nous étions trop
modestes, et que tant qu’à construire une terrasse, autant en construire une
grande. Et jolie, avec un beau carrelage, et des piliers en briques anciennes,
tout ça.
Le maçon a dit que d’accord, mais que dans ce cas, il
fallait faire des murs de soutien sous la terrasse, et donc démolir le muret
qui était déjà là, mais pas au bon endroit. Et pendant qu’on y était, qu’il
serait bon de renforcer les fondations.
Même la voisine a mis son grain de sel et a jugé qu’à ce
stade, il pourrait être souhaitable de faire un toit et de transformer la
terrasse en véranda. Dans un sursaut de lucidité, j’ai refusé. Non parce que
sinon, on pouvait aussi faire les murs dans la foulée, et on avait une belle
chambre supplémentaire, certes, mais plus de terrasse, ce qui n’était pas le but recherché.
N’empêche. Je voulais un escalier, et j’ai fait
construire une immense terrasse de sept mètres sur trois avec briques
anciennes, carrelage de luxe, piliers décoratifs, rambarde en inox
parce-que-ça-demande-moins-d’entretien-que-le-fer-mais-attention-ça-coûte-un-peu-plus-cher,
nouvelles fondations, etc. Autant dire que le prix a environ quintuplé, dans
cette affaire. C’est bien simple, je n’ai plus d’assurance vie, plus de plan
d’épargne logement, plus de livret A, et mon compte sur livret sera à sec d’ici
la fin de l’été.
Mais j’ai une belle terrasse.
Enfin, je l’aurai, car le projet commandé en août dernier
n’est pas encore tout à fait terminé. Ah ben oui, visiblement, les maçons ne
souffrent pas trop de la fameuse crise, et ils ont du boulot par-dessus la
tête.
L’autre soir, vers vingt heures, je suis sortie sur ma
terrasse encore dépourvue de rambarde et de carrelage, pour oublier mes soucis
économiques en admirant le paysage. Darling et moi avons même trinqué en nous
félicitant de cet ajout à la maison.
Cinq minutes plus tard, je suis rentrée précipitamment à
l’intérieur avec une douzaine de boutons de moustiques répartis sur les jambes
et les bras.
Bon. Je me suis donc ruinée pour
faire construire une splendide terrasse dont je ne pourrai pas profiter sans me
faire dévorer par les insectes. La vie est belle.
dimanche 19 août 2012
Faut pas !
A chaque fois que je change sa couche alors qu’il a fait
la grosse commission, Mr Thing Two me débite le même discours :
- Beurk, caca !
- Oui, mon chéri.
- C’est pas bon !
- Ah non, c’est sûr, c’est pas bon.
- On faut pas manger !
- Oh non, surtout pas !
- Oh non !
Au début, je me suis dit que c’était plutôt positif, que
ça signifiait qu’il avait bien compris, et qu’au moins, il n’irait pas fouiller
dans la poubelle à couche pour tenter une nouvelle expérience gustative, comme font
certains enfants.
Et puis après, j’ai repensé à certaines phrases prononcées
entendues ici et là.
« Je n’ai plus faim, je ne finirai pas la tablette
de Milka. »
« J’ai du travail en retard, il est hors de question
que je traîne sur Internet ce matin. »
« Quoi qu’il arrive, je ne crierai pas sur mes
enfants, je resterai ferme mais calme. »
Finalement, je me demande si je ne devrais pas
m’inquiéter…
samedi 18 août 2012
Ampoule
Ampoule (n.f.) : 1- Petite fiole à col long faite pour contenir un liquide, médicamenteux ou autre ; 2- Enveloppe de verre étanche dans laquelle est inséré le corps lumineux d’une lampe ; 3- Accumulation de sérosité sous l’épiderme formant une cloque ; 4- Nom générique de certains vacuoles ou vésicules.
Quand nous sommes arrivés dans cette maison où personne
n’avait séjourné depuis un an, nous avons constaté que le plafonnier de la
petite chambre ou devait dormir le Grand ne fonctionnait pas. Nous avons donc
ôté l’ampoule, une grosse ampoule ronde d’au moins dix centimètres de diamètre
vendue avec la lampe, pour la changer.
Et nous avons compris pourquoi elle ne marchait plus.
(Aucune idée de ce qui
s’est passé. Il y a une trace jaune sur le fil électrique ; peut-être de
la condensation, ou peut-être une fuite au plafond, qui a coulé goutte à goutte
le long du fil jusqu’à remplir la fiole, pardon, l’ampoule. Pas d’eau par
terre, mais elle a pu sécher, j’imagine. Pas de trace au plafond non plus. En
tous cas, « enveloppe de verre étanche », c’est vite dit…)
vendredi 17 août 2012
Poäng !
L’autre jour, à l’heure du déjeuner, Miss Thing One suce
son pouce avec application. Quelques minutes plus tard, Darling vient
m’annoncer :
— Elle devait être vraiment épuisée, elle s’est endormie
sur le Poäng !
…
Il m’a fallu quelques secondes pour comprendre de quoi il parlait.
Dans le même esprit, quelques jours plus tôt, il avait
posé les clefs de la voiture sur le Billy dans l’entrée.
Je m’attends d’un jour à l’autre à ce qu’il allume
le Jansjö ou qu’il fasse une petite sieste sur l’Ektorp.
Existe-t-il une cure de désintoxication pour les
Ikéaphiles ?
jeudi 16 août 2012
Le cal de la mère de famille nombreuse

Au début, j’ai cru que je m’étais fait mal, mais ce
n’était pas une cicatrice, vraiment un cal. Puis j’ai pensé que c’était mes
chaussures qui frottaient, mais ça ne tenait pas debout, puisque je suis encore
plus souvent pieds nus en été qu’en hiver.
La semaine dernière, j’ai eu une illumination. Qu’est-ce
qui change dans ma vie en été, à part l’habillement ?
Je suis sans cesse avec les enfants.
Et donc ?
Et donc je change au moins 80 couches par semaine. Sans
table à langer. Accroupie par terre, un pied replié sous les fesses.
Sans même compter les douches, les bains, les câlins au
Petit quand il est sur son tapis d’éveil, etc., fin août, ça fera environ 500
fois où je me serai à moitié agenouillée par terre, une partie du poids de mon
corps reposant sur l’extérieur de ma cheville droite.
Au moins, c’est original, non ?
mercredi 15 août 2012
Coucou !
Oh, après une semaine de tentatives vaines, ça remarche ! Vite, vite, j'en profite. Vous aurez encore quelques petits aperçus de mes vacances dans les jours à venir.
(Par contre, je ne peux pas consulter les commentaires ni y répondre, alors soyez sages, hein ?)
Dans une douzaine de jours, retour à la civilisation. Je rêve de passer une heure à flâner sur Internet, de faire des petits gâteaux (ici j'ai bien un peu de matériel, mais pas les ingrédients), et de manger du pain convenable (celui qu'on trouve ici est atroce, du carton au bout de deux heures). Et puis de téléphoner ou d'écrire à tous mes amis. Et aussi de revoir Darling, mais si. Et de sevrer le Petit, et de reprendre le sport. Et de recommencer à travailler. Et de trouver une maison de huit pièces avec jardin à Paris intra-muros pour le même prix que notre quatre pièces, mais ça, c'est peut-être un peu plus hasardeux.
Allez, à très bientôt !
(Par contre, je ne peux pas consulter les commentaires ni y répondre, alors soyez sages, hein ?)
Dans une douzaine de jours, retour à la civilisation. Je rêve de passer une heure à flâner sur Internet, de faire des petits gâteaux (ici j'ai bien un peu de matériel, mais pas les ingrédients), et de manger du pain convenable (celui qu'on trouve ici est atroce, du carton au bout de deux heures). Et puis de téléphoner ou d'écrire à tous mes amis. Et aussi de revoir Darling, mais si. Et de sevrer le Petit, et de reprendre le sport. Et de recommencer à travailler. Et de trouver une maison de huit pièces avec jardin à Paris intra-muros pour le même prix que notre quatre pièces, mais ça, c'est peut-être un peu plus hasardeux.
Allez, à très bientôt !
lundi 13 août 2012
Explosion du langage (dommages collatéraux)
Mr Thing Two, et dans une moindre mesure Miss Thing One,
sont dans la phase dite de « l’explosion du langage ». Autrement dit,
ils apprennent de nouveaux mots tous les jours, et se font de mieux en mieux
comprendre.
Mais parfois, ça reste approximatif. Et on se retrouve,
perplexe, à se demander pourquoi le gamin veut absolument mettre son manteau
alors qu’en réalité, il veut aller dans le porte-bébé. Ben oui, quoi, il veut
aller sur « mon dos ».
Ou alors, pendant un long voyage en train, il importune
tous les voyageurs en clamant à moult reprises qu’il veut un missile, oui oui, un missile, mais si, un missile, et même
que s’il n’a pas un missile très vite, il va crier très fort. Ce qu’il a fait.
Ce n’est que le lendemain que nous avons saisi qu’il aurait aimé regarder une
vidéo de « Minuscule ».
Dans la même série, ce n’était pas un hérisson qu’il
réclamait, mais Winnie l’Ourson.
Et je défie quiconque de deviner, quand il réclame de la
salade pour son goûter, qu’il aimerait boire un jus d’ananas.
Remarquez bien que pour l’aîné, les yaourts se sont
longtemps appelés « rajoute » et le feu « oh la la », et il
a tout de même appris à parler à peu près correctement.
(A peu près, seulement. L’autre jour, je l’ai entendu
dire que quelque chose était « trop génial ». J’ai hésité à le
renier, mais bon, je le garde. On va dire que c’est un investissement.)
dimanche 12 août 2012
Crise
De temps en temps, une demi-douzaine de fois par semaine,
j’ai un aperçu de ce que pourront être nos vacances ici dans trois ou quatre
ans. Les enfants jouent, le Petit regarde le monde, Darling sirote un verre de
vin, je contemple les collines pendant que la brise me caresse la peau, tout le
monde est de bonne humeur.
Malheureusement, ça dure généralement moins de cinq
minutes.
Les crises, elles, sont beaucoup plus nombreuses. Et
beaucoup plus longues.
Un exemple de ce que j’entends par « crise » ?
L’autre jour, vers 16h, alors qu’elle s’était endormie
très tard pour la sieste, Miss Thing One se met à pleurer. Je vais la voir.
Elle a dû dormir dans une mauvaise position, et elle a mal à la main. Du moins
est-ce ce que je présume, car elle refuse de répondre à mes questions et se met
en colère.
Mr Thing Two a été réveillé en sursaut par les cris de sa
sœur. Or, ce garçon n’est pas particulièrement de bonne humeur quand il se
réveille, même en douceur. Autant dire que là, il est furieux. Il braille et se
met dans une rage incroyable dès que j’essaie de l’approcher ou même de lui
parler, mais ne veut pas non plus que je le laisse tout seul se rendormir.
Tous ces cris ont réveillé le Petit, qui se rend compte
que c’est l’heure de la tétée. Il nous le fait savoir.
Le Grand, qui a passé quasiment toute la journée à lire
et jouer à la DS, se lève pour voir ce qui se passe. Se rend compte alors, dès
qu’il fait un mouvement, qu’il a horriblement mal à la tête. Pleure à chaudes
larmes. Puis me prévient qu’il a la nausée. Et une seconde plus tard, vomit
tout son déjeuner par terre.
Ce qui fait taire Miss Thing One, de surprise, mais pas
longtemps. Elle recommence à crier. S’interrompt parfois pour réclamer une
glace, et son bavoir.
Mr Thing Two ne décolère pas. On dirait un cochon qu’on
égorge. Dès qu’il sera calmé, il réclamera son biberon. Et qu’on lui change la
couche.
Le Petit est rouge de colère. Il a faim, et tout ce bruit
ne lui plaît guère. Il réclame le sein, et un peu de calme.
Le Grand sanglote, et entre deux sanglots, il réclame un
verre d’eau pour se rincer la bouche, un comprimé contre le mal de tête, un
mouchoir, un pantalon propre. Et il me signale que je dois laver le sol, mais
aussi la chaise sur laquelle il était assis, et celle d’à côté (celle où Miss
Thing One voudrait s’assoir pour manger la glace que je dois lui apporter très
très très vite).
Bon, pas de panique. Après tout, nous sommes deux
adultes, dans cette maison. Darling dormait, mais tout ce bruit a dû le réveiller.
Pourquoi ne vient-il pas ? Je vais le chercher.
Je le trouve assis sur le lit, tremblant de tous ses
membres, qui m’annonce d’une voix dolente :
- Je fais une grosse crise d’hypoglycémie. J’ai peur de
tomber si je me lève. Tu pourrais m’apporter un verre de jus d’orange ?
samedi 11 août 2012
Effraction
Journée à IKEA. Dans un genre un peu différent, le même
genre d’expérience que notre fameux voyage en avion. Le moment du déjeuner,
avec les trois plus jeunes qui hurlaient, la queue au self, et les boulettes
suédoises que j’ai fini par manger froides, fut particulièrement éprouvant.
Bien entendu, nous sommes rentrés sans le lit, la commode
et le meuble de cuisine que j’espérais acheter. Et même pas tellement de
bricoles pour les remplacer. Pour acheter des trucs inutiles, il faut avoir le
temps de regarder dans les rayonnages.
(D’une certaine manière, je peux remercier mes enfants,
donc.)
Bref, quand nous arrivons enfin à la maison, moi avec les
yeux qui piquaient tellement j’étais fatiguée, les enfants d’une humeur
massacrante d’avoir fait une sieste bien trop courte, tous trop chaudement
habillés parce qu’il devait faire moche ce jour-là (je vais lui dire, à ma
voisine, que sa météo ne vaut rien), nous sortons de la voiture au milieu des
hurlements (encore, toujours), et c’est là que je m’aperçois…
… que je n’ai plus la clef.
A pu, clef. Envolée. Disparue.
Une femme de ménage d’IKEA doit être actuellement en
possession d’une clef orpheline, sans trousseau (Mr Thing Two m’a démoli mon
porte-clefs), trouvée dans le réfectoire après le passage de cette famille
nombreuse ultra-bruyante dont la mère a jeté son sac ouvert dans le chariot des
courses pour se hâter de nourrir sa gamine d’une main et son bébé d’un sein
afin de les faire taire, au moins ces deux-là.
Pas de clef. Au secours. Les voisins ont-ils la
clef ? Oui, mais ils ne rentrent du travail que dans deux heures, et dans
moins de cinq minutes, je vais me rendre coupable d’un infanticide si les
Things continuent à crier. Le monsieur qui s’occupe de la maison en mon absence
a-t-il la clef ? Oui, mais quand je lui téléphone, il m’annonce qu’il est
très loin de là.
Je vide intégralement mon sac pendant que Darling fait le
tour de la maison. Les Things hurlent. Le Grand râle. Le Petit pleurniche
(c’est de loin le plus sage des quatre). Je ne trouve rien. Darling non plus.
Pas de porte ouverte, pas de fenêtre ouverte, nulle part. Seule la porte de la
cave est exceptionnellement ouverte, à cause des travaux (je vous raconterai). Ce
qui me fait penser qu’à la cave, il y a un congélateur. Quelques instants plus
tard, je colle dans la main des deuzans un énorme cône trois fois trop grand
pour eux (les autres sont dans le congélateur de la cuisine, inaccessibles). Les
sales mômes se taisent pour la première fois de la journée, ou presque. On va
pouvoir réfléchir.
Alors, voyons. Toutes les portes sont fermées, y compris
celle qui mène de la cave à la cuisine. Mais contrairement aux autres, cette
porte n’est pas une porte super-solide avec une serrure de sécurité patati
patata. C’est censé être une porte intérieure, donc en bois massif, certes,
mais avec une serrure primitive. Et la clef est dedans.
Et si je me prenais pour Fantômette, pendant quelques
minutes ? Pourquoi pas ? Rien à perdre, c’est ça ou attendre deux
heures avec quatre enfants (ou encore casser une vitre renforcée, si on y
arrive). Après tout, dans les bouquins (pour les 8-12 ans, les plus grands n’y
croiraient plus), ça marche toujours.
Je monte jusqu’à la porte en question et je glisse sous
la rainure une grande feuille de papier (la liste de ce qu’on aurait dû acheter).
Puis j’emprunte au Grand le clou qu’il vient de trouver et avec lequel il
espérait crocheter la serrure sécurisée, et je commence à trafiquer. La clef
est tournée à l’horizontale, ce qui ne facilite pas les choses. Mais petit à
petit, je réussis à la mettre en position verticale. Puis je pousse une
profonde inspiration, et je pousse avec le clou.
Et la clef tombe.
Sur la feuille de papier.
Et l’interstice entre le sol et la porte est suffisamment
grand.
Je tire la feuille de papier, tout doucement…
… et je mets la main sur la clef !
Et voilà comment j’ai réussis à pénétrer chez moi par
effraction, ou presque, en utilisant un système dont je n’aurais jamais,
jamais, jamais cru qu’il marchait « en vrai » et surtout pas que
j’aurais l’occasion de le tester un jour. Un vieux truc que j’avais encore
trouvé il y a moins de trois mois dans une histoire de détective complètement
irréaliste pour les plus jeunes lecteurs.
Comme quoi, travailler dans l’édition jeunesse, ça peut avoir
des avantages insoupçonnés, parfois.
vendredi 10 août 2012
Rose
Premier soir. Après un voyage de douze heures porte à
porte, nous arrivons enfin. Pendant que tout le monde hurle de fatigue, je fais
très rapidement les lits avec les premiers draps qui me tombent sous la main.
Puis je change les plus petits, je les mets en pyjama, et je les emmène dans ce
qui sera leur chambre pendant six semaines.
Miss Thing One se dirige tout naturellement vers le lit à
barreaux de gauche en entrant dans la chambre : à Paris, elle dort du côté
gauche de la chambre. Mr Thing Two se dirige vers la droite, puis il change
d’avis et va disputer l’autre lit à sa sœur. Je décide qu’on ne va pas
bousculer les habitudes (ce n'est pas comme si nous étions dans une nouvelle maison et même dans un autre pays, non plus), et je mets la gamine à
gauche, le gamin à droite.
Mais quelque chose le chiffonne. Il me soutient que ce
lit n’est pas le sien, mais celui de sa sœur.
- Ç’à Lila*, ça !
- Mais non, je te dis que c’est TON lit. Pourquoi voudrais-tu
que ce soit le sien ?
Il hésite encore, perplexe, puis ramasse le drap que je lui
ai donné :
- Ça rose, ç’à Lila, ça !
Deux ans passés à lui attribuer systématiquement le
pyjama ou le bol rose quand on m’offre deux pyjamas ou deux bols identiques (version rose et version bleue), et il me sort un truc pareil.
Le lendemain matin, j’ai
failli lui mettre une robe fuchsia à petites fleurs, pour lui apprendre. Mais
je me suis retenue.*C'est comme ça qu'il appelle sa sœur. Ne cherchez pas.
mercredi 8 août 2012
Clef 3G
Ça alors, une connexion internet ! Cette clef 3G
fonctionne donc un jour sur dix, en moyenne (et seulement si on a deux heures
devant soi). La dernière fois, c’est-à-dire la seule fois où elle a daigné
faire son boulot, j’ai réussi à consulter mon compte en banque. J’ai bon espoir
de réussir à répondre à au moins deux emails d’ici mon retour fin août.
Tout ça pour dire que le voyage s’est bien passé ou
presque, que je suis bien installée dans ma jolie maison, que les enfants
grandissent à vue d’œil, qu’il fait beau et chaud, que je mange plein de glaces
délicieuses et de tomates qui ont du goût, mais que je compte les jours avant la rentrée à Paris. Mais non, ce n'est pas illogique. Il faut le vivre pour comprendre. Plus que 18 jours avant de regagner mon foyer, plus que 26
jours avant la rentrée scolaire,
et plus que 39 jours avant de recommencer à travailler, c'est-à-dire avant de me retrouver enfin seule dans l'appart. Allez,
on y est presque.
(Et plus que quatre mois et demi avant Noël, mais ça
n’a rien à voir.)
Je vais essayer de profiter de cette occasion rarissime
pour programmer pour les jours à venir des textes que j’ai écrits depuis mon arrivée. Il faut
reconnaître que les vacances ont au moins le mérite d’être une source
d’inspiration pour ce blog.
Alors à très bientôt !
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