Catégorie "Mère indigne" :
Que faire quand votre gamin a perdu sa dent de lait, qu'il l'a mise dans une enveloppe et a mis avec confiance l'enveloppe sous son oreiller dans l'attente de la voir remplacée pendant la nuit par une pièce de 2 euros (la petite souris est radine, chez nous), mais que vous découvrez à 1h du matin que vous n'avez
pas de pièce de 2 euros, ni de pièces de 1 euro, ou 50 centimes, ou même 20 centimes ?
Eh bien, vous allez piocher une pièce de 2 euros dans la tirelire dudit gamin pour la placer sous son propre oreiller. Il ne compte pas son argent, donc il ne s'en apercevra pas.
(Oui, bon, ça va, je la lui ai rendue, depuis !)
"Théâtre et cinéma" :
J'ai beaucoup fréquenté les salles de spectacle depuis la rentrée et ces dernière semaines en particulier, mais si je ne devais retenir que deux pièces, ce serait
Novecento avec un André Dussolier énergique, poétique et quasiment primesautier, et
Moi, moi et François B, une mise en abîme à plusieurs niveaux avec François Berléand qui joue son propre rôle (à moins qu'il ne joue le rôle d'un personnage qui joue son rôle...). Génial.
"Tracas"
Une machine à laver hors garantie pour la réparation de laquelle on me réclame le prix d'une neuve ; une chaudière qui se bloque sans arrêt parce que "ah oui, on en a eu plein du même modèle qui faisaient le même coup", mais je ne peux pas le prouver et donc pas plaider le vice caché ; un toit percé qui nécessite un échafaudage gigantesque pour un trou minuscule ; une fuite sous la baignoire qui signifie qu'il va sans doute falloir casser TOUTE la salle de bain ; et deux arbres abattus par la tempête dans une position tellement précaire que l'élagueur me demande une fortune pour m'en débarrasser. Le tout en 15 jours. J'ai personnellement offensé Saint Matthieu, le saint des problèmes de fric, ou quoi ?
"Cuisine"
Dans la série "je tente de diminuer notre consommation de viande", j'ai récemment acheté, sans conviction, des protéines de soja texturées. A ma grande surprise, ça marche très bien : je faisais déjà une bolognaise avec 40% viande et 60% légumes, mais à présent je fais mes lasagnes en divisant encore le pourcentage de viande par deux sans que personne ne bronche, tant les protéines de soja texturées imitent bien la consistance de la viande hachée. Une bonne trouvaille, donc. Par contre, le chef marketing qui a décidé de lancer ce produit sous ce nom ferait mieux de se reconvertir.
"Traduction et vie professionnelle"
— Oui, allô, c'est Fofo, tu n'as pas dû recevoir mon email au sujet de
Machintruc II ?
— Euh, peut-être que si...
— Parce qu'en septembre, et aussi en novembre, tu parlais d'une remise fin mars, mais je n'ai toujours pas reçu le livre. Ni le contrat, d'ailleurs.
— Ah ! Mais... tu comptais commencer ta traduction quand ?
— Eh bien, d'ici fin janvier.
— Alors, écoute, je suis embêtée, parce qu'on n'a pas encore acheté les droits... Pour tout te dire, on n'est pas sûrs de le faire. On attend de voir comment se vend le premier volume, qui est sorti en décembre. Mais je te dis ça très vite, d'accord ?
"Vu ou entendu"
Pourquoi, pourquoi, pourquoi les gens n'enlèvent-ils jamais leurs manteaux et parfois même pas leurs bonnets ou leurs gants dans le métro ? Suis-je le seul être humain au monde à transpirer quand je suis trop couverte dans un endroit chauffé ? Les gens pensent-ils qu'ôter un manteau, c'est un geste trop long, trop compliqué, trop fatiguant, trop impudique, que sais-je ? Ou alors ils se sont tous fait des taches de thé ou de café ou de confiture en prenant leur petit-déj, et ils ne veulent pas que ça se voie ? C'est un mystère épais comme un dictionnaire, comme dirait Ficelle.
...
...
...
Bref : oui, j'en aurais des trucs à raconter, si je bloguais encore.
Sauf que je n'y arrive pas.
Parce que, comme ceux qui lisent entre les lignes l'auront deviné, Darling et moi sommes en train de nous séparer, et même l'initiative vient de moi, ce n'est pas facile. Depuis septembre, je me demande à longueur de temps où j'en serai (et même où je serai, géographiquement parlant) dans un mois, dans trois mois, dans six mois, dans un an. Je ne suis pas déprimée, je travaille, je m'occupe des enfants, j'organise des sorties ou des vacances, je gère les nombreux problèmes du quotidien, mais outre que je dors trop peu et que je manque de temps, je ne suis tout simplement pas dans l'état d'esprit qui convient pour des conversations légères – et donc pour bloguer. Car je ne veux pas étaler ici mes problèmes intimes, et encore moins me lamenter sur mon sort. Je veux partager mes enthousiasmes, mes réflexions, et faire rire avec les petites aventures du quotidien. Or, en ce moment, je n'ai pas la tête à ça. Mes nombreuses tentatives faillies de recommencer à bloguer régulièrement l'ont prouvé.
Je vais donc mettre ce blog en pause. Pas trop longtemps, j'espère. Peut-être que dans un mois, je serai déjà de retour. Ou dans deux mois. Au plus tard dans cinq ou six mois, car d'ici-là j'y verrai forcément plus clair (je le jure sur la tête de ma bonne santé mentale). Peut-être qu'en attendant, je passerai ici de temps en temps pour un coup de cœur ou un coup de gueule. Ou pour une photo, comme ces cartes postales qu'on envoyait à nos grands-mères en attendant d'avoir le loisir de leur écrire une vraie lettre. Mais peut-être pas, ou pas très souvent. Malgré tout, j'espère que quelques fidèles seront encore là quand je reviendrai, parce que parler dans le vide, c'est triste...
Alors à bientôt !
PS: Merci à ceux qui ont réclamé des nouvelles. Je reçois toujours une notification à chaque commentaire, donc si vous m'écrivez, je vous répondrai, au minimum en quelques mots, promis.