mardi 2 octobre 2012

Déménagement : les prémices

Je vous ai déjà expliqué que le Petit dormait dans un placard, que mon salon était devenu un hall de gare ou presque, et que les Things n'arrêtaient pas de se réveiller mutuellement pendant la nuit ou à la sieste.
Il faut dire que l'appartement où nous vivons a été acheté du temps où nous étions, disons, deux et quelques. Nous y avons vécu à trois pendant huit ans, et c'était parfait. Ensuite, en moins de deux ans, le nombre d'habitants a doublé. Ce n'est plus parfait.
Conclusion ?
Après avoir résisté aussi longtemps que possible, il faut bien se rendre à l'évidence : nous devons déménager.
Et puisque j'ai assez peu de chance de trouver un sept pièces (si si, cinq chambres + un séjour + un bureau, j'ai déjà compté environ 74 fois, ça fait bien sept pièces) dans mon quartier au même prix que mon quatre pièces, on passe le périph. En d'autres termes, moi, la parisienne pure et dure, je vais devenir banlieusarde.
Non non, ne vous inquiétez pas, je le vis très bien. Je vais même peut-être bientôt arrêter les antidépresseurs.

Blague à part, tant qu'à déménager, autant essayer de trouver 1-plus grand (ça, c'est le minimum), 2-sans voisins qui nous haïssent car nous faisons trop de bruit (trop de quoi ?), 3-avec un jardin où envoyer courir les mômes surexcités (même par -10° : un môme surexcité n'a jamais froid), 4- à proximité d'une ligne de métro ou de RER qui fonctionne correctement (histoire que Darling ne rentre pas à neuf heures du soir les jours où il fait la fermeture du magasin, le pauvre) (ou plutôt, qu'il ne se la coule pas douce pendant une heure à bouquiner dans son train pendant que moi je me bagarre avec les-bains-les-devoirs-les-repas-les-dents etc.). Et puis 5-disponible pour un déménagement l'été 2013 (pas avant, sinon je vais devoir emmener les gamins à la crèche et à l'école en RER, non merci) (mais pas après, car il faut que je fasse les inscriptions au collège / école maternelle / crèche à temps). Ah, et puis 6-pas trop cher.
On y croit. Je suis pleine d'optimisme. Pas stressée du tout. Où est ma tablette de chocolat ?

Tout ça pour dire que je me suis lancée avec délectation dans les visites de maisons, les rendez-vous avec des banques, les estimations de mon appart par des agents immobiliers, les recherches sur Internet, etc. J'y passe au moins trois matinées par semaine, mais ce n'est pas grave, ce n'est pas comme si j'avais quatre gamins et un travail à plein temps, non plus. Tout va bien.

Bref, j'inaugure donc aujourd'hui sur ce blog la rubrique "déménagement", qui sera sans doute aussi riche en péripéties joyeuses et événements plaisants que la rubrique "grossesse". On dit merci qui ?

lundi 1 octobre 2012

Sevrage (coda)

J'ai du mal à y croire moi-même : lors de sa toute dernière tétée, le Petit a trouvé le moyen de me faire... une crevasse. Le genre de petit bobo de début d'allaitement que je n'avais pas eu depuis plus de cinq mois.

Ce que j'ai ressenti ce matin-là, ce n'était donc pas un pincement au cœur, mais un pincement tout court. Je comprends mieux, maintenant.

Il a probablement voulu être certain que je n'aurais aucun regret. Charitable enfant !

samedi 29 septembre 2012

Sevrage (suite et fin)

Je ne suis pas du tout convaincue par les avantages de l'allaitement, souvenez-vous.
Six mois me suffisent amplement, je vous l'ai déjà dit.
Je suis ravie de voir mes enfants grandir car je n'aime pas les bébés, je le répète.

Alors pourquoi ai-je ressenti un tel pincement au coeur en donnant ce matin ce qui devrait être la toute dernière tétée au Petit ?



Sans doute l'idée que je ne pourrai désormais plus me goinfrer de sucreries sous prétexte que "c'est normal que j'aie faim, j'allaite". Oui, ce doit être ça.


(Oui, ceci est billet de fainéante, bourré de liens. Je sais. Mais je vous rappelle qu'on est samedi matin et que je suis seule avec les quatre diables...)

vendredi 28 septembre 2012

Archives

— Allô, bonjour madame, j'appelle de la part de l'AAAFQVADJEQNSESP.
— Heu, pardon ? De qui ?
— L'Association d'Aide Aux Familles Qui Viennent d'Avoir Des Jumeaux Et Qui Ne S'En Sortent Pas. Vous avez fait appel à nous par le passé.
— Ah ! Oui, effectivement, j'ai fait appel à vous il y a... deux ans et quelques mois... Et seulement une demi-douzaine de fois, car je n'étais pas vraiment satisfaite. Que puis-je faire pour vous ?
— On m'a dit de vous demander de nous envoyer des actes de naissance des enfants, et un RIB.
— Hein ? Mais pourquoi ?
— On en a besoin dans les dossiers.
— D'accord, mais si je n'ai plus l'intention de recourir à vous, c'est totalement inutile, non ?
— Oui mais quand même, il faut mettre à jour nos archives.

Il y en a qui ne savent vraiment pas quoi faire de leurs stagiaires, dites donc.

mercredi 26 septembre 2012

Pas contente !

Huit heures du matin. Je suis en train de changer la quatrième couche de la matinée (oui, il y en a souvent un qui pousse après avoir été changé). L'enfant gigote. Je râle. Miss Thing One s'enquiert :
— Pas contente maman ?
— Mais si, mais si, ma chérie, tout va bien, ne t'inquiète pas.
Je sors enfin de la salle de bain. Tout en essayant d'avaler mes céréales et d'enfiler mes chaussettes en même temps, j'aboie des ordres.
— Darling, mets un pull au Petit ! Mr Thing Two, arrête de taper sur le sol avec un marteau, les voisins nous détestent déjà bien assez comme ça ! Qu'est-ce que tu veux, mon Grand ?
Le Grand veut que je signe son cahier de correspondance.
— Franchement, tu crois que c'est le moment ? Je le ferai tout à l'heure, je suis à la maison avec toi toute la journée, c'est mercredi, je te signale !
— Mais déjà hier tu m'as dit que tu le ferais et tu ne l'as pas fait, et si tu oublies je vais me faire gronder par la maîtresse !
— Mr Thing Two, repose ce verre tout de suite ! Et toi, arrête de discuter. Ôte ce cahier de là, il risque de lui arriver un accident ! Tout à l'heure, j'ai dit !
Miss Thing One demande :
— Pas contente maman ?
— Mais si, ma chérie, ne t'en fais pas, c'est juste ton frère qui m'embête, c'est tout.
L'heure du départ sonne enfin. Chaussettes pour le Petit, chaussettes et chaussures pour les Things. Mais la gamine n'a pas envie de mettre ses chaussures, ou alors pas tout de suite, ou alors la gauche d'abord et pas la droite, ou alors pas celles-là, ou alors... je ne sais pas. Toujours est-il que pendant que j'enfile celles de son jumeau, elle ôte les siennes. Je m'en aperçois, et je m'énerve :
— Dis donc, qu'est-ce que c'est que ça ? Tu n'as pas le droit d'enlever tes chaussures ! Maintenant il va falloir les remettre ! Je ne suis pas contente !
Cri de triomphe de la part de la sale gosse :
— Pas contente maman !
Elle est ravie : elle a fini par avoir raison. C'est sûr que si elle emploie cette méthode, ça risque de fonctionner à tous les coups...

lundi 24 septembre 2012

Tiendra, tiendra pas ?

Joies du travail non salarié :

Je signe un gros contrat début juillet, avant de partir en vacances. Comme d'habitude, le paiement de la traduction doit se faire en deux fois : la moitié (environ) à la signature du contrat, et l'autre moitié à la remise du texte ou à "l'acceptation de la traduction" (le temps pour l'éditeur de vérifier qu'on n'a pas fait un travail de cochon, quoi).
J'attends donc le premier versement, avec une certaine impatience. Or, l'été se passe sans que je voie rien venir. Les responsables de la comptabilité sont en vacances, peut-être ? Vers mi-septembre, m'attendant d'un jour à l'autre à recevoir une lettre de menaces de la part de ma banque, je me décide enfin à écrire un email à la personne avec qui j'ai négocié le contrat, et je lui tiens à peu près ce langage :
"Heu, x'cusez-moi de vous demander pardon, mais heu, vous savez, les sous que j'étais censée recevoir au moment de la signature du contrat ? Eh ben, c'te bonne blague, y sont jamais arrivés, dites donc ! C'est-y-pas rigolo, ça ? Le truc, c'est que figurez-vous que la sécu ne me donne plus un radis depuis début août, parce que (keskon se marre !) je suis censée avoir repris le travail après mon congé maternité... Donc ben voilà, je suis fauchée... Z'auriez pas des nouvelles, par hasard ?"
Et voici la réponse que je reçois :
"Ah oui, en fait, pour [telle et telle raison administrative], tous les règlements ont été "figés" pendant quelques semaines. Vous devriez être payée en octobre. Je suis désolée, j'espère que vous pourrez tenir !"
Heu...
Oui, je l'espère aussi...

(Non mais franchement, imagine-t-on de dire à un salarié qu'il sera payé trois mois plus tard que prévu ? Mieux encore, de ne PAS le lui dire ? Mais les traducteurs sont souvent censés vivre de littérature et d'eau fraîche...)


dimanche 23 septembre 2012

Infusions

Si, comme moi, vous ne connaissez des infusions de tilleul et/ou de verveine que les petits sachets en papier suremballés qu'on trouve un peu partout, essayez un jour de trouver des vraies feuilles et fleurs séchées en vrac. C'est à peu près la même chose que passer des épinards en boîte aux épinards frais, ou du jus d'orange à base de concentré aux oranges pressées.

Je comprends enfin pourquoi certaines personnes aiment ces infusions "basiques" pour de vrai, sans même éprouver le besoin d'y ajouter du miel. Et moi qui étais horrifiée par le prix exorbitant payé par ma grand-mère quand elle a acheté trois tilleuls à planter dans son jardin, je me dis que je vais peut-être les rentabiliser autrement qu'en attendant une vingtaine d'années jusqu'à qu'ils se décident à faire de l'ombre, finalement.

(En plus, l'infusion de tilleul est excellente contre les rhumes etc. Après deux semaines de je-crache-mes-poumons-mais-je-n'ai-droit-à-aucun-médoc-parce-que-j'allaite, ma toux a disparu comme par enchantement au bout de 24 heures et une dizaine de mugs.)