lundi 21 octobre 2013

Les 39 clés

Il y a environ un an et demi, je vous racontais que mon Grand, qui jusqu'ici n'avait quasiment pas lu un seul roman en dehors de ceux imposés par ses instits, s'était lancé du jour au lendemain dans la série complète des Harry Potter, série qu'il a lu trois fois d'affilée (!) au cours des semaines suivantes, et probablement deux ou trois fois depuis.
Depuis, il s'est mis à lire des romans de temps en temps. Je ne dirais pas que c'est ce qu'on appelle un grand lecteur, étant donné qu'il se cantonne souvent à des relectures de BD qu'il connaît par coeur (ce qui veut tout de même dire qu'il lit, nous sommes bien d'accord), mais quand on arrive à lui donner envie de lire un roman et qu'il s'y met, il est capable de le terminer dans la journée.
Et bien sûr, c'est plus facile avec des séries. Les séries ont cet avantage qu'elles combinent les avantages des relectures et des découvertes. Commencer le deuxième ou dixième volume d'une série, c'est facile, car on connaît déjà les personnages, le style, l'ambiance, le genre ; et à la fois, c'est une autre histoire. Sans compter qu'avec mille ou deux mille page en tout, on a plus de temps devant soi avant de devoir quitter définitivement un univers où on se sentait bien.
En dehors de Harry Potter, d'une quinzaine ou vingtaine de Fantômette, de Au bonheur des monstres et sa suite, et des Kamo, il a donc lu au cours de ces derniers mois un certain nombre de trilogie ou de séries, plus quelques romans individuels. La dernière en date, peut-être celle qui l'a le plus happée (au point que cette fois encore, il a relu quelques tomes immédiatement après avoir terminé le dernier volume), c'est la série Les 39 clés.

J'avais lu les deux premiers volumes de cette série pour un éditeur quand elle était sortie en Grande-Bretagne, et j'avais fait des fiches tellement enthousiastes que mon éditeur avait fait une offre à l'éditeur anglais. Malheureusement, la vente des droits avait donné lieu à des enchères qui avaient atteint un montant que mon éditeur ne pouvait pas suivre. C'est donc Bayard qui l'a emporté, et qui a fait ce choix, à mon avis déplorable, de mettre ces titres dans la même collection que La cabane magique, avec des illustrations du même dessinateur.
Or, non seulement Les 39 clés vaut bien mieux, mais en plus, cela s'adresse à un public plus âgé. Les couvertures anglaises, sans être magnifiques, ont au moins cet avantage qu'elles ne semblent pas viser à séduire des gamins de 7 ou 8 ans.
De quoi s'agit-il donc ? D'une chasse au trésor, tout simplement. Dan et Amy, frère et soeur de 11 et 14 ans, sont deux orphelins membres d'une famille très riche et très prestigieuse ; à la mort de leur grand-mère, ils découvrent que cette dernière a organisé une gigantesque chasse aux indices qui permettra à celui ou ceux qui la remporteront de devenir maîtres du monde. Dan et Amy acceptent le défi et se lancent là-dedans avec la seule compagnie de leur baby-sitter "adulescente" (centres d'intérêt : fringues, MP3 et garçons). Ce qui est peu, quand on doit affronter une superstar, des jumeaux terriblement riches (et beaux), une famille quasiment paramilitaires, une tante prête à tout...
Chacun des dix volumes a été écrit par un auteur différent (mais toujours connu) et nous emmène dans un pays et un univers différents. Au passage, on apprend plein de choses sur des sujets aussi variés que Vienne et la musique classique, l'expédition en Égypte de Napoléon, la révolution russe, le Japon du XVIe siècle... Les aventures sont trépidantes, bourrées d'action, avec des rebondissements sans fin et un suspense qui tient en haleine. Surtout, j'ai apprécié les personnages, tous hauts en couleur et très réussis, et l'humour, présent même dans les situations les plus tragiques. Ce qui n'exclut pas, parfois, l'émotion...
A noter que la série de livres s'accompagne d'un site web où le lecteur peut se connecter avec un numéro individuel et faire sa propre chasse au trésor, mais aussi " apprendre grâce aux fiches documentaires, jouer en ligne, et gagner des cadeaux" (je cite). Je crois cependant que le Grand n'a même pas remarqué ce détail, et de mon côté, je me suis bien gardée de lui en parler (je ne tiens pas à ce qu'il monopolise mon ordinateur, merci !). J'ignore donc totalement ce que vaut le site et si cela représente réellement une valeur ajoutée. Mais même sans cet accompagnement, les livres valent le détour à eux seuls, promis !

dimanche 20 octobre 2013

Main dans la main (deux fois)

D'un côté, une petite main toute douce, menue, potelée, chaude.
De l'autre côté, une main plus grande, plus ferme, plus musclée. Souvent plus sale, aussi.
Même dans le noir le plus complet, je n'aurais pas une seconde d'hésitation si on me demandait de quel côté je tiens Miss Thing One et de quel côté je tiens Mr Thing Two...

(Il y a aussi d'autres indices. Un flot de paroles s'élève généralement du côté de Mr Thing Two. Il marche plus vite, aussi, et a moins besoin d'être tiré. Il a également tendance à me lâcher pour grimper sur un muret ou ramasser quelque chose par terre. Et dans ces cas-là, si j'ai le malheur de faire trois pas sans lui, il pousse des hurlements comme si je l'avais abandonné au milieu d'un désert. Mais de toute façon, c'est facile : Miss Thing One se trouve souvent à ma droite. En effet, elle préfère me donner la main gauche. Ainsi, son pouce droit est libre d'être fourré dans sa bouche...)

jeudi 17 octobre 2013

Un toboggan dans le métro

On a beau être une respectable dame aux cheveux gris vêtue de son plus beau tailleurs pantalon déchiré, comment voulez-vous résister à ça :


Quand ils ont demandé des volontaires, je n'ai pas hésité, et trente secondes plus tard, je glissais jusqu'en bas de l'escalier sur un coussin, au lieu d'emprunter dignement les marches à côté.

Le genre de détails qui peut illuminer ma journée...

(C'est à la station Auber, si vous voulez tout savoir, et c'est pour fêter la sortie d'un film, je crois.)

mercredi 16 octobre 2013

Les premiers mots du Filou

— Doudou !
— Tu veux ton doudou ?
— Ou.
— D'accord. Tiens, je le pose là. Oh, voilà papa !
— Papa !
— Attends, laisse-le enlever ses chaussures avant d'aller lui faire un câlin. Dis, bébé blond, tu n'as pas fini tes pâtes. Tu en veux encore ?
— Tâteau !
— Ah, tu préfères passer au dessert ! Non, je ne vais pas te donner de gâteau, mais tu veux une compote ?
— Ou.
— Tu commences à parler, mon amour ! Tu n'as pas idée à quel point ça me fait plaisir ! Et "maman", tu sais dire "maman" ?
— ...
— Tu dis "maman", mon chéri ?
— Nan.

Sale gosse.


(Selon l'assistante maternelle, il dit aussi quelque chose comme "Aït", ce qui pourrait correspondre au nom de son frère, et personnellement je l'ai déjà entendu dire plusieurs fois "tunutunutunu" en chatouillant un membre de la famille torse nu, imitation assez réussi de mon "tout nu tout nu tout nu !". Mais "maman", non, jamais, même pas une fois. Sale gosse !)

Parisienne pour la vie

Quand nous avons déménagé dans cette commune de proche banlieue, il y a trois mois, j'ai demandé à Darling :
— Tu crois que nous retournerons habiter à Paris intra-muros, un jour ?
Il a eu un petit sourire attendri, le sourire de quelqu'un qui a déjà été déraciné au moins trois fois, et m'a répondu :
— Non, probablement pas. Quand on a pris l'habitude d'habiter dans une maison, ça doit être dur de revenir en arrière...

Bien sûr, il ne faut jamais dire jamais. Qui sait où je serai, dans trente ou quarante ans ? Si ça se trouve, j'aurai envie d'ascenseur, de voisins de paliers, d'un massif de fleurs entretenu par des jardiniers professionnels en guise de jardin, d'un métro juste au pied de mon immeuble. Ou peut-être que je deviendrai si riche que je pourrai m'offrir une maison individuelle au cœur de Paris (mon rêve). Ou que pour n'importe quelle raison professionnelle, sentimentale ou familiale, j'aurai déménagé depuis longtemps à l'autre bout de la France, ou du monde...

J'aime beaucoup la maison où j'ai emménagé, j'aime ma nouvelle commune, j'aime les paysages des environs, j'aime avoir enfin une habitation assez grande pour que six personnes ne se marchent pas sur les pieds, j'aime l'idée de pouvoir faire des travaux et aménager l'espace plus ou moins à ma guise, j'aime la perspective d'avoir un ou deux arbres fruitiers et quelques légumes et herbes aromatiques dans un coin. Je ne regrette pas d'avoir fait ce choix, qui était le bon choix pour une famille avec quatre enfants.

N'empêche, avant-hier, je suis passée là en fin de journée :


Et franchement, j'en aurais pleuré.

(Je sais, c'est ridicule, d'autant plus qu'il me faut à peine un quart d'heure de plus qu'avant pour arriver sur l'île de la Cité. N'empêche que j'aurais tant aimé rester parisienne pour toujours, et pas seulement dans l'âme...)

mardi 15 octobre 2013

Gla gla

Avant, dans notre appart parisien, nous avions toujours chaud. Les gens qui venaient nous rendre visite en hiver s'en plaignaient : ils devaient ôter deux ou trois couches avant d'être à l'aise. Moi-même, j'étais toujours en T-shirt, manches courtes l'été, manches longues l'hiver. Et pas parce que nous surchauffions notre appartement, bien au contraire : les radiateurs n'étaient généralement allumés que dans la salle de bain et la salle à manger, et nous dormions toute l'année fenêtre ouverte. Mais avec des voisins au-dessus, au-dessous, à droite, à gauche, qui chauffaient leur appartement, je crois que nous aurions même pu nous passer d'allumer les radiateurs, tout court, et conserver tout de même une température agréable.

Lorsque j'ai acheté cette maison, j'ai compris que c'était fini, tout ça. Pas de maison mitoyenne, des vieilles fenêtres avec des vitres fines comme du papier à cigarette (je sais, il va falloir les changer vite), trois étages différents... En bonne bobo écolo, je m'en suis presque réjouie. Tout le monde sait que c'est très vilain de trop chauffer sa maison, et qu'en baissant la température ne serait-ce que d'un degré, on économise plein de ressources (et aussi plein de sous, par la même occasion). Je me suis promis que cet hiver, pour la première fois de ma vie ou presque, j'allais porter des pulls. Une amie m'a même tricoté des mitaines, pour protéger mes doigts gourds pendant mes longues heures de travail sur mon clavier (et elle me les a offert en plein mois d'août, en vacances, un jour où il faisait 35° à l'ombre, ce qui avait un petit côté cocasse).
Il y a quinze jours ou trois semaines, quand les températures ont commencé à baisser pour de bon, Darling a suggéré d'allumer le chauffage. Je me suis indignée. Pas question ! Halte au gâchis ! Mettons des pulls ! Soyons écolos ! Pas de chauffage avant le 1er novembre, au plus tôt !

Et puis il y a quatre ou cinq jours, j'ai craqué. Je ne sais pas si c'était quand je me suis relevée en pleine nuit pour mettre une couverture par-dessus la couette, ou quand j'ai enfilé un pull en polaire par-dessus mon pull en laine et mon T-shirt, ou quand je me suis rendu compte le jeudi que le linge étendu le dimanche n'était pas encore sec. En tous cas, j'ai monté le thermostat, qui a fait un "clic" très prometteur.
Et ensuite, il ne s'est rien passé.
Perplexité. La chaudière fonctionne, pourtant. Et très bien, même : je m'ébouillante à chaque fois que je fais la vaisselle. Y aurait-il une position "été" qui coupe le chauffage ? Tout ce que je vois, c'est qu'il y a deux boutons, et qu'ils sont tous les deux sur "ON".

Allô, un chauffagiste ?

Le premier n'a jamais décroché son téléphone.
Le deuxième m'a dit qu'il me rappellerait et ne l'a jamais fait.
Le troisième m'a expliqué qu'il était surbooké (non mais franchement, ces gens qui attendent qu'il fasse froid pour vérifier si leur chauffage fonctionne, ce n'est pas un peu n'importe quoi, dites ?).
Le quatrième m'avait promis de passer ce soir. Vu l'heure qu'il est, j'ai un peu perdu espoir.

A l'heure où je vous écrit, le thermomètre accroché juste au-dessus de mon bureau affiche 16°C. Et je suis dans la pièce la plus chaude de la maison. Mais ne vous inquiétez pas, emmitouflée dans une couverture en laine, avec mes deux pulls et mes mitaines, j'arrive encore à travailler. Et ma bonne conscience me réchauffe : plus écolo que ça, tu meurs. De froid.

lundi 14 octobre 2013

Suis-je bobo ?

Hier, un internaute de passage sur ce blog m'a traitée de "bobo", un mot que j'ai parfois employé moi-même à mon propre sujet. Je sais qu'il est souvent utilisée de manière péjorative, mais je ne comprends pas vraiment pourquoi. Par curiosité, je suis allée voir la définition de Wikipedia :
Le terme bobo, contraction de bourgeois-bohème, est une expression désignant des personnes relativement aisées, dont les valeurs se situent à gauche. À partir de cette définition générale, différents attributs peuvent être ajoutés à l'archétype du bobo : urbain, écologiste, idéaliste (...)
Dans la foulée, j'ai réécouté la chanson de Renaud, Les bobos, une chanson qui avait choqué pas mal de monde quand elle est sortie, et qui moi me fait beaucoup rire, car en dehors de deux ou trois passages, je trouve le portrait très juste. Et j'ai essayé de voir jusqu'où il s'appliquait à moi :

On les appelle bourgeois-bohêmes
Ou bien bobos pour les intimes
Dans les chansons d´Vincent Delerm
On les retrouve à chaque rime
Alors, ça commence mal, je ne connais pas Vincent Delerm. Je ne suis pas très au fait de tout ce qui est chanson française après Jean-Jacques Goldman et... Renaud lui-même, justement. Mais du coup, je vais peut-être écouter Vincent Delerm la prochaine fois que j'aurai envie de découvrir un nouveau chanteur, tiens.
Ils sont une nouvelle classe
Après les bourges et les prolos
Pas loin des beaufs, quoique plus classes
Je vais vous en dresser le tableau
Ça me semble assez bien trouvé, comme définition. Ni bourges, ni prolo, et plutôt classe... Oui, ça me va !
Sont un peu artistes c´est déjà ça
Mais leur passion c´est leur boulot
Dans l´informatique, les médias
... ou l'édition. C'est vrai. C'est chouette, de faire un boulot qu'on aime, non ?

Sont fiers d´payer beaucoup d´impôts
Je ne sais pas s'il veut dire qu'ils sont fiers de bien gagner leur vie grâce à leur travail, ou s'ils sont fiers de ne pas pratiquer l'évasion fiscale et de participer à la répartition des richesses. Dans les deux cas, j'en suis !
Ils vivent dans les beaux quartiers
Ou en banlieue mais dans un loft
Ateliers d´artistes branchés,
Bien plus tendance que l´avenue Foch
Avant d'acheter ma nouvelle maison en banlieue, j'ai visité un loft super chouette, et je me suis même dit que ça me correspondrait mieux que cette maison un peu trop classique. Mais il n'y avait pas de jardin, et les bobos rêvent de faire pousser leurs propres topinambours ou des variétés de tomates ancienne, c'est bien connu.
A part ça, il oublie de dire qu'un loft en banlieue, c'est certes plus tendance que l'avenue Foch, mais aussi (et surtout) moins cher.
Ont des enfants bien élevés,
Qui ont lu le Petit Prince à six ans
Le Grand vient seulement de le lire, à onze ans, mais je ferai mieux avec les suivants, promis. Je vais même acheter le livre lu par Gérard Philippe, par sécurité.
Qui vont dans des écoles privées
Privées de racaille, je me comprends
Oui, alors soyons précis : soit ils vont dans des écoles privées à la pédagogie alternative (Montessori, Steiner, ou des écoles bilingues), soit ils vont dans l'école publique de leur quartier, mais comme ils vivent "dans les beaux quartiers", il n'y a pas de racaille, forcément. Ils ne vont pas dans des écoles privées catholiques, en général.
Ils fument un joint de temps en temps,
Ah non, pas moi, jamais ! Mais j'en connais, c'est vrai. Je désapprouve très fort, cela dit.
Font leurs courses dans les marchés bios
Bien entendu. Et à la biocoop, au rayon vrac, pour éviter le suremballage.
Roulent en 4 x 4, mais l´plus souvent,
Préfèrent s´déplacer à vélo
Alors le 4x4, c'est un des trucs qui me laissent perplexe dans cette chanson. Les bobos sont le plus souvent parisiens et écolos, si j'ai bien compris, donc pourquoi auraient-ils un 4x4 ?
Par contre, pour le vélo, c'est vrai. Certains extrémistes se déplacent même en triporteur !
Ils lisent Houellebecq ou Philippe Djian,
Houellebecq, je pense que ça ne me plairait pas. Philippe Djian est dans ma PAL (pile à lire), par contre.
Les Inrocks et Télérama,
Ah, Télérama ! Ma bible !
Leur livre de chevet c´est Cioran
Ça, c'est plutôt Darling.
Près du catalogue Ikea.
Ça, c'est moi ! Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, un loft d'architecte ou une maison classieuse s’accommodent très bien de meubles IKEA premier prix, customisés ou non.
Ils aiment les restos japonais et le cinéma coréen
Dans mon cas, plus les restos japonais que le cinéma coréen, mais c'est encore vrai !
Passent leurs vacances au cap Ferret
La Côte d´Azur, franchement ça craint
Souvent en montagne, aussi, non ? Beaucoup de bobos sont des randonneurs, il me semble. Ou bien je généralise d'après mon propre cas ?
Ils regardent surtout Arte
Canal plus, c´est pour les blaireaux
Sauf pour les matchs du PSG
Et d´temps en temps un p´tit porno
Si je regardais la télévision, je regarderai surtout Arte, en effet. En l’occurrence, je me contente de lire les résumés et critiques des programmes d'Arte dans Télérama. (Les résumés des matchs de foot et des pornos sont d'un intérêt limité, il faut l'avouer.)
Ils écoutent sur leur chaîne hi-fi
France-Info toute la journée
Alain Bashung Françoise Hardy
Et forcément Gérard Manset
En fait je n'écoute pas grand-chose, et surtout pas la radio. (Mais je lis les critiques des bons programmes dans Télérama.) (Si, je vous jure)
Ils aiment Desproges sans même savoir
Que Desproges les détestait
Vlan, dans les dents. C'est vrai que Desproches est une star chez les bobos. Mais comment pouvait-il les détester, alors que les bobos n'existaient pas encore ?
Bedos et Jean-Marie Bigard,
Même s´ils ont honte de l´avouer
Je n'ai pas du tout honte d'avouer que j'aime bien Guy Bedos. Bigard, heu, bof.
Ils aiment Jack Lang et Sarkozy
Alors là, Sarkozy, ça me laisse autant perplexe que les 4x4. On parle bien du monsieur qui est allé en voyage de noce à Disneyland ? Du président qui n'a cessé de réduire le budget de la culture, et qui a même dit du mal de La princesse de Clèves, le vilain ? Pourquoi plairait-il à des intellos ?
Mais votent toujours écolo
Ah, voilà qui me rassure. Mais raison de plus : pourquoi aimeraient-ils Sarkozy, qui n'est pas vraiment écolo ?
Ils adorent le maire de Paris,
Ah oui, oui, oui ! Et il y a de quoi : Velib et pistes cyclables, Autolib, Paris-Plage, Nuit Blanche, et des tas d'autres choses moins visibles... Et puis bon, après Chirac et Tibéri, les parisiens revenaient de loin : on ne pouvait que faire mieux !
Ardisson et son pote Marc-O
Là, ma culture générale trouve une fois de plus ses limites. Je ne sais pas de qui il s'agit. Des gens qui passent à la télévision, j'imagine.

La femme se fringue chez Diesel
Et l´homme a des prix chez Kenzo
Pour leur cachemire toujours nickel
Zadig & Voltaire je dis bravo
Bon, moi c'est plutôt Monoprix, dans le meilleur des cas, mais je ne suis pas représentative, sur ce coup-là.
Ils fréquentent beaucoup les musées,
Les galeries d´art, les vieux bistrots
Si j'avais le temps, j'en ferais autant... C'est plutôt sympa, comme programme !
Boivent de la manzana glacée
En écoutant Manu Chao
Ou un thé vert en écoutant de la musique baroque ? Ça marche aussi ?
Ma plume est un peu assassine
Pour ces gens que je n´aime pas trop
Par certains côtés, j´imagine
Que j´fais aussi partie du lot
J'avoue, ça me fait rire que Renaud dise ne "pas trop" aimer ces gens, alors qu'à mon avis, 80% de son public sont des bobos, et qu'en effet, il en est peut-être aussi un lui-même... non ?


Bon, alors, après avoir lu la définition de Wikipedia et la chanson de Renaud, je peux me poser à nouveau la question : suis-je bobo ?

Mmm, voyons... Laissez-moi y réfléchir encore un peu...

(Demain, je m'interroge pour déterminer si je suis une grande lectrice, et après-demain, si je suis gourmande. Il ne faut rien considérer comme une évidence, dans la vie.)