vendredi 12 mai 2017

Contravention inattendue

Sonnerie. Factrice. Lettre recommandée. Ça vient d'Italie. Qu'est-ce que ça peut être ?
Je l'ouvre. Une amende. Allons bon, j'ai fait un excès de vitesse ? Ça ne me ressemble pas, mais ma foi, ça peut arriver, bien sûr.
Mais non, ce n'est pas un excès de vitesse. J'ai une amende pour avoir circulé sans autorisation dans une zone piétonne (ou plutôt une "zone à trafic limité"), à Turin.
HEIN ?
J'ai circulé en voiture dans une zone piétonne, MOI ?
Ce n'est pas possible. Ou alors elle était si mal indiquée que je n'ai pas vu que c'était une zone (plus ou moins) piétonne ? Mais même si c'était le cas, ça m'étonne : je ne circule jamais en voiture dans Turin. Je contourne la ville, ou alors, si je vais vraiment dans Turin, je me gare et je prends le métro. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
C'est alors que j'ai remarqué la date de l'infraction. 9 août 2016.
(Ils en ont mis du temps pour me retrouver, dites donc...)
Et cette date m'a rappelé quelque chose.
J'ai cherché sur mon journal intime mon blog. Et j'ai trouvé.
Le mardi 9 août, c'est la date à laquelle je suis allée à l'aéroport de Turin chercher une voiture pour remplacer celle qui était tombée en panne dans des conditions épiques, rappelez-vous. Parce qu'on ne pouvait pas m'apporter cette voiture dans une agence plus proche de mon lieu de vacances, alors que j'ai appris par la suite qu'elle avait été déplacée dans une autre agence à 100 km de là. Et quand je suis arrivée à l'aéroport, non seulement la voiture prévue n'était pas là, mais dans celle que j'ai finalement pu récupérer, il n'y avait pas de GPS. Alors que la précédente en avait un, ce qui faisait que je n'avais pas apporté le mien. Et "du coup, je me suis perdue en revenant de l'aéroport", ai-je écrit.
Je m'en souviens très bien, de cette errance sans fin dans des faubourgs qui se ressemblaient tous, à essayer de déterminer où était le sud d'après la position du soleil.
Je me suis si bien perdue que visiblement, je me suis retrouvée dans une zone semi-piétonne sans m'en rendre compte.
Bref, alors que je croyais cette affaire terminée, je me retrouve à présent avec une amende de 130 euros à payer.
(Soupir)

mercredi 10 mai 2017

Confusion gênante

Moi, mardi matin, en passant devant les affiches de la campagne électorales collées devant l'école, et en désignant la perdante :
— Ouf, on a échappé à elle comme présidente !
Mr Thing Two, étonné :
— Mais je croyais que tu l'aimais bien ?
Moi, faisant un bond :
— Hein ? Mais non mais non, mais pas du tout, mais où as-tu pêché une idée pareille ?
Lui, convaincu :
— Mais si, tu m'avais même dit que c'était la meilleure présidente de la France ! Tu étais contente parce qu'elle avait interdit aux voitures de passer près de la rivière !
Moi, soulagée :
— Oh, je vois ! Les voies sur berge ! Je parlais de la maire de Paris, pas de la présidente de la France, mon chéri. Un maire, c'est le chef d'une ville ; un président de la république, c'est le chef du pays.
Lui, illuminé :
— Ah oui, c'est vrai.

Bon sang, j'espère qu'il n'a pas raconté à tous ses camarades de classe que je votais bleu marine...

(Cela dit, je ne peux pas vraiment lui en vouloir : moi aussi, j'ai longtemps confondu Paris et la France. Très longtemps. Tous mes amis provinciaux vous le confirmeront.) (Ben quoi ?)

dimanche 7 mai 2017

Pollyanneries

Alors, des pollyanneries, comme promis (n'oubliez pas de lire Pollyanna si ce n'est pas déjà fait).

- Je suis contente que Mme Le Pen ait été battue, et de loin (même si c'est monstrueux que 11 millions d'électeurs aient voté pour elle). Dans l'ensemble, je suis plutôt contente que cette élection présidentielle se termine ainsi, sachant qu'il y a six mois, les pronostics étaient tout autres. Disons que ça aurait pu être pire.
- Je suis contente parce que, malgré l'avis de Darling, toujours persuadé que "ça va passer", j'ai fini par appeler SOS médecin, et que mes trois garçons victimes d'un virus ET d'une surinfection sont désormais sous antibiotiques et commencent à remonter la pente. Ce soir, au moment du coucher, personne n'avait la fièvre, pour la première fois depuis dix jours. OUF. (Note à moi-même : la prochaine fois, ne pas écouter Darling, et appeler le médecin plus tôt).
- Je suis contente parce que j'ai semé de la roquette dans mon jardin, et qu'elle commence à pousser. Je suis éblouie. Je n'y croyais pas une seconde. (Basilic, ciboulette et persil ne font pas mine de se montrer, par contre).
- Je suis contente parce que j'ai fait une belle et longue promenade à vélo avec Miss Thing One, comme promis, malgré ma fatigue et ma flemme, et que ça a eu pour double effet de lui faire plaisir et de me rendre en partie ma bonne humeur.
- Je suis contente parce que j'ai profité des heures passées dans la chambre de Mr Thing Two malade pour réorganiser une partie de ma bibliothèque grâce aux nouvelles étagères montées, ce qui veut dire que j'ai de nouveau quelques mois devant moi avant de m'arracher les cheveux à chaque fois que j'achète un livre et qu'il ne tient nulle part.
- Je suis contente que cet épisode de virus familial soit tombé une semaine où je ne croulais pas sous le boulot. Je n'ose même pas imaginer ce que ça aurait été si j'avais eu une traduction à rendre pour mi-mai.
- Je suis contente parce que quand j'ai appelé pour annuler, l'auberge de jeunesse de Rouen a très gentiment accepté que je reporte notre réservation à une autre fois. Il n'y a plus qu'à trouver un weekend ou personne n'est malade (et aussi où il fait beau, tant qu'à faire).
- Je suis contente parce que la nouvelle chanson dont Miss Thing One est tombée amoureuse, et qu'elle chante en boucle depuis trois jours, est "On écrit sur les murs". Pour ceux qui s'étonnent que ça me réjouisse, rappelez-vous qu'elle avait eu une phase "Ma belle andalouse", et même une phase "Agadou". Il y a un net progrès.
- Je suis contente parce que j'ai invité des voisins, des parents d'un ami du Grand, à venir prendre le thé demain. J'aime faire de nouvelles connaissances.
- Je suis contente parce que dans une semaine, je vais passer quelques jours chez ma mère. Toute seule. Je m'en réjouis d'avance.

Finalement, avec la perspective de passer une nuit à peu près correcte, la vie paraît beaucoup plus belle !

samedi 6 mai 2017

Quand ça veut pas...

(Suite de ceci)

Mauvaise nuit pour le Filou, mauvaise nuit pour Mr Thing Two, très mauvaise nuit pour moi, mais pas pour Miss Thing One, donc quand le réveil a sonné à 5h30 du matin (ou plutôt, quand je l'ai arrêté avant qu'il sonne, puisque j'étais réveillée depuis 3h30), je me suis dit qu'on allait tenter le coup du weekend avec la moitié de la famille. J'ai réveillé le Grand, qui s'est levé en grommelant que c'était vraiment trop tôt ; j'ai réveillé Miss Thing One, qui m'a annoncé avec joie qu'elle n'avait plus mal à l'oreille ; et nous sommes partis.

Nous sommes arrivés à Rouen à 9h, dans une ville encore ensommeillée, aux magasins fermés. Nous avons marché en admirant les vieilles maisons à poutres apparentes, nous avons visité consciencieusement la cathédrale, nous avons fait un tour par l'office du tourisme. A 10h et quelques, il s'est mis à pleuvoir. Miss Thing One en avait déjà assez de faire du tourisme et voulait aller se reposer à l'auberge de jeunesse, et il a fallu lui expliquer que la chambre ne serait disponible qu'à 17h30. Le Grand ne se remettait toujours pas de sa nuit écourtée, et il traînait les pieds. Mais j'ai obstinément gardé le moral.

J'ai entraîné les deux autres visiter "Le Gros-Horloge" ("Mais c'est n'importe quoi, on dit une grosse horloge", a protesté Miss Thing One, très choquée). Nous avons refusé les audioguides et avons découvert ensuite qu'aucun panneau explicatif n'était prévu pour ceux qui n'avaient pas envie de faire la visite avec un téléphone vissé à l'oreille. Pas grave, du coup c'est allé vite. La vue panoramique, du haut du clocher, était largement obscurcie par la pluie qui continuait à tomber dru. Tant pis.


Midi. Les enfants réclament une pizza. Je m'installe dans la première pizzeria venue. Pas terrible, ces pizzas. Beaucoup de sel pour masquer le manque de goût des ingrédients. Miss Thing One chipote. Le Grand termine sa pizza, mais annonce qu'il n'a pas assez faim pour un dessert. Voilà qui est étrange. Il a l'air toujours aussi fatigué. D'ailleurs, il dit qu'il a mal aux yeux. Et à la tête. Et à la gorge. Et il grelotte de froid, malgré son pull bien chaud.

OK, j'ai compris.

J'ai jeté l'éponge. A un moment donné, il faut savoir reconnaître une défaite. Nous avons pris le premier train qui repartait dans l'autre sens. Du coup, non seulement j'ai perdu les aller-retours des autres et la chambre de l'auberge de jeunesse, mais j'ai même dû racheter des billets de retour pour nous.

Quand nous sommes arrivés à la maison, le Grand s'est effondré sur son lit, visiblement atteint du même virus que les autres (pas de goûter, pas de dîner : aucun doute, il est gravement malade). Mr Thing Two avait dépassé les 40°C. Le Filou, malade sans discontinuer depuis lundi, pleurait pour un oui pour un non (dans son état, le simple fait de mettre des chaussons à l'envers ou de se tromper de pull déclenche une grosse crise de larmes). Miss Thing One, très déçue suite au voyage écourté (elle ne regrette pas tellement le musée, mais elle avait très envie de dormir "à l'hôtel", et aussi de rester seule avec le Grand et moi), n'a pu être consolée que par l'achat d'un nouveau livre (qu'elle a lu aussitôt) ET par une barre de chocolat ET par la promesse d'une promenade en vélo demain quel que soit le temps ET par la permission de dormir dans le grand lit avec moi cette nuit (ce qui ne va pas améliorer mon sommeil).

Vous savez quoi, je n'en peux plus. J'ai beau me répéter en boucle "ça va passer", mes 97 heures de sommeil en retard me font voir tout en noir. Bien sûr, ça va passer, mais QUAND ?

Dans ce genre de situation, il n'y a qu'une solution (à part se coucher tôt, ce que je vais m'empresser de faire). Demain, une liste de pollyanneries, d'accord ?



PS : N'oubliez pas d'aller voter. Ne faites pas comme ces parents qui ne font pas vacciner leurs enfants contre des maladies même gravissimes parce qu'ils savent que les autres parents, eux, vont faire le nécessaire. Laisser les autres faire le sale boulot est horriblement égoïste. Oui, demain j'irai voter pour un capitaliste qui se fiche de l'écologie et de la culture, quelqu'un dont le programme me désole. Parce que cela vaut mieux que quelqu'un qui se fiche des droits de l'homme (et de l'écologie et de la culture aussi, d'ailleurs). Ne jouez pas les autruches. Ne me laissez pas me salir les mains en exigeant de garder les vôtres bien propres. Ne prétendez pas que, si vous aviez le choix entre la grippe et le choléra, vous laisseriez à d'autres le soin de décider. Allez voter.

vendredi 5 mai 2017

Weekend contre virus

Ce devait être un de nos premiers "vrais" weekend à six, un weekend dans une ville que nous ne connaissons presque pas (Rouen), avec nuit sur place, promenades dans la ville, visite de la cathédrale et d'un musée ou deux, pique-nique dans un parc le midi et pâtes au jambon le soir à l'auberge. Un weekend en famille comme nous n'en avons quasiment jamais fait, pour des raisons à la fois de coût, de logistique, et tout simplement d'impossibilité, puisque Darling travaillait le samedi. J'avais trouvé des billets de train particulièrement bon marché (tarif "tribu", réservés trois mois à l'avance), une auberge de jeunesse avec des chambres pour six (donc au tarif "chambre partagée"), et je m'en réjouissais d'avance.

Finalement, c'est raté pour cette fois. Après une semaine assommé par la grippe (ou assimilé), Darling commence à peine à se remettre. Mr Thing Two, qui avait été au fond du trou le weekend dernier mais allait mieux mercredi et jeudi, a fait une rechute hier soir et a passé la journée d'aujourd'hui immobile sur un lit (ce qui, ajouté au fait qu'il n'a presque rien mangé, prouve que ça va vraiment mal). Et le Filou ne descend pas en-dessous de 38,5°C depuis lundi soir, malgré nos administrations régulières de paracétamol sous toutes ses formes. Tout à l'heure, il était à 39,9°C.

Miss Thing One, elle, après avoir été malade vendredi et samedi dernier, se plaint désormais d'avoir mal à l'oreille. Je soupçonne une otite naissante.

Et pour couronner le tout, la météo est formelle : demain et après-demain, à Rouen, il va pleuvoir. Température maximale : 17°C.

Du coup, on va voir ce qui se passe cette nuit. Si Miss Thing One dort tranquillement, on tente le coup, et on part à trois : elle, le Grand, et moi. Si elle ne va pas bien, je renonce. Je peux difficilement laisser Darling seul avec trois enfants malades. Selon le cas, je vais donc perdre trois allers-retours non-remboursables et trois places prépayées à l'auberge... ou six. Et quoi qu'il arrive, notre premier vrai weekend en famille tombe à l'eau.

Moralité : la mère propose, les virus disposent.

mercredi 3 mai 2017

Lecture urgente

Bien sûr, c'est quand on n'a pas eu une seule nuit correcte depuis une semaine, ni une seule journée sans un enfant malade à la maison, quand le plus jeune oscille entre 39° et 40°, et qu'en plus c'est mercredi et qu'on doit faire tous les allers-retours à l'école et aux activités des Things pour épargner un Darling convalescent, qu'on reçoit à 13h l'email suivant :

Bonjour Fofo,
J'avais oublié que j'avais une deadline pour aujourd'hui pour le roman en pièce jointe, j'ai réussi à négocier une rallonge jusqu'à demain matin, vous pourriez y jeter un coup d’œil ? Vous me sauveriez la vie ! Merci d'avance !

Sur quoi on découvre que le roman en pièce jointe est une dystopie pour "jeunes adultes" de 450 pages. Si.

Cela dit, j'ai tout de suite vu le bon côté des choses : ce soir, au lieu de bosser jusqu'à minuit devant mon ordinateur, j'ai un prétexte en or pour aller me coucher très tôt. Pour lire, certes, mais au lit. D'ailleurs, j'y vais de ce pas.

(Mais non, je ne vais pas passer ma nuit dessus. On me demande de "jeter un coup d'oeil". Donc je vais lire cent pages, parcourir la suite en diagonale, et lire les 50 dernières pages. D'habitude je n'aime pas faire ça, mais là, je n'ai pas le choix !)
(Mais non, je ne vais pas m'endormir dessus. Quel que soit mon niveau de fatigue, je ne m'endors jamais sur un bon roman. Si je pique du nez, c'est que le roman n'est pas si bon que ça : un critère infaillible...)
(Mais non, cet éditeur n'est pas un esclavagiste. Il ne m'a presque jamais fait ce coup-là, d'ailleurs. Il est débordé, lui aussi, voilà tout...)

lundi 1 mai 2017

Virus familial

Thermomètre. Doliprane. Nuits entrecoupées. Maux de tête. Non, pas moi. Les petits, et surtout Darling. Ce dernier est donc totalement HS : en fait, c'est presque comme s'il n'était pas là. Depuis vendredi, je suis donc la seule à me lever la nuit, à faire à manger, à ranger, à laver, à consoler, etc. Mais j'ai tout de même trouvé le temps de jardiner, de fêter un anniversaire, de me lancer dans un grand ménage de printemps dans la chambre du Grand, et même de monter de nouvelles étagères. Pas de bloguer, par contre. Je me demande pourquoi ? Remarquez, ça tombe bien : comme nous ne sommes quasiment pas sortis, je n'aurais pas grand-chose à raconter...

(Voyons le bon côté des choses : heureusement que c'est tombé ce weekend, où en plus il ne faisait pas très beau, et pas le weekend prochain, où nous sommes censés aller passer deux jours à Rouen !)