jeudi 12 octobre 2017

Finnois gratinés

19h30. Le dîner est presque prêt. Le Filou rôde dans la cuisine.
— On manze un gratin, maman ?
— Oui.
— Un gratin comme la dernière fois ?
— Ah non.
— Y a pas de finnois dedans ?

Il m'a fallu quelques secondes pour comprendre.

(Et vous ?)

lundi 9 octobre 2017

Le repos du cycliste

Dimanche, promenade en vélo avec les Things : notre première promenade à trois, chacun sur son vélo, sans triporteur pour ramener les fatigués ou les éclopés. Dans l'ensemble, tout s'est bien passé, et Mr Thing Two s'en est bien sorti avec son nouveau vélo 20 pouces à 6 vitesses, même si Miss Thing One, toujours sur son vieux vélo 16 pouces sans vitesse, continue à le battre à plate couture rien qu'à force de constance et de détermination*. Son frère et moi avancions par à-coups, souvent loin derrière elle, et j'aidais le gamin à apprivoiser les vitesses :
— Tu vois, là, ça roule bien, donc tu peux passer en cinquième au lieu de pédaler comme un dératé !
— D'accord !
— Et là ça descend, donc tu peux tout simplement arrêter de mouliner dans le vide ! Ohé, tu m'entends ?
— Oui, oui !
— Alors pourquoi tu ne te mets pas en roue libre, dans les descentes ? Ça permet de se reposer !
— Oui mais moi, sauf quand je suis vraiment très fatigué, je suis contre la reposition.



* Comme l'a fort bien résumé mon père adoptif : lui, il fait du vélo, mais elle, c'est une cycliste.

dimanche 8 octobre 2017

Nuit Blanche 2017

Samedi soir, nuit blanche. Cette année, le programme ne m'enthousiasmait pas beaucoup, mais les enfants, à qui j'en avais parlé, voulaient absolument y aller.
— On va vraiment faire une nuit blanche ? Ou on va dormir un petit peu ? avait demandé Mr Thing Two, enchanté à cette perspective.
— On va pas dormir la moité de la nuit, et l'autre moitié, on va dormir ! avait proposé le Filou.
(Inutile de dire qu'à 22h30, ils pleurnichaient déjà qu'ils étaient mooorts de fatigue, et qu'ils voulaient "zuste aller dans mon lit", dixit le Filou qui s'est endormi sur mes genoux avant même de faire une seule station de RER).

Et donc, nous avons fait un petit tour. Nous avons vu des gens couverts de paillettes danser au forum des Halles, nous avons vu l'intérieur de l'église St-Eustache avec une vidéo bizarre sur grand écran, nous avons vu des lettres géantes qui disait "Le quai des mots" sur les bords de Seine, mais à l'envers (ce n'est qu'après coup que nous avons compris qu'on était censé lire le message depuis la rive opposée). Et c'est à peu près tout.

Mais ce n'est pas ça que nous retiendrons de cette soirée. C'est cette rencontre avec un homme qui nous a demandé très poliment, en anglais, la permission de nous interviewer deux minutes pour la radio, parce qu'il avait du mal à trouver des gens de plus de trente ans, et surtout des familles, qui habitaient à Paris depuis plusieurs années et parlaient correctement l'anglais. Il travaillait pour la BBC, et avait un accent britannique d'une pureté telle que j'aurais pu me faire interviewer toute la nuit rien que pour l'entendre parler, lui. Un grand moment de cette petite soirée !

samedi 7 octobre 2017

Vaccination des Things



La dernière fois que je suis allée chez ma médecine traitante (ben quoi ?), elle s'est étonnée de ne jamais voir les Things.
— Le plus grand, avec son problème au genou et son asthme, je l'ai vu plusieurs fois, et votre dernier est tout le temps malade, mais vos jumeaux, je ne les connais même pas !
— C'est normal, ils ont été tellement, tellement, tellement malades les trois premières années de leur vie que forcément, après, ça s'est un peu calmé... Et quand ça leur arrive encore, c'est toujours le weekend ou pendant les vacances. Toujours. Donc on a recours à SOS médecin.
— D'accord, mais enfin, ce serait bien que quelqu'un les voie au moins une fois par an, tout de même.
— Pour une révision générale, vous voulez dire ? Vous avez raison. Je fais ça pour mes vélos, je peux le faire pour mes enfants...

La fois suivante, j'ai donc amené les deux zigotos, qu'elle a consciencieusement examinés, puis pesés et mesurés, pour voir où ils en étaient sur la courbe de croissance (surprise : tout en haut). Enfin, elle examine les carnets de santé :
— Il y avait un rappel de vaccin antitétanique à faire.
— Ah bon ? Mais c'est récent, non ? Je n'avais pas remarqué.
— Au printemps 2016.
— ...
— On prend rendez-vous la semaine prochaine ?

Elle me fait deux ordonnances pour les vaccins, et ajoute du doliprane à tout hasard. J'envoie Darling à la pharmacie. Il revient assez content de lui, avec le sentiment du devoir accompli :
— J'ai acheté le vaccin, je l'ai déjà mis dans la porte du frigidaire, comme on m'a dit de le faire.
— Le vaccin ?
— Ben oui, celui qui était indiqué sur l'ordonnance.
— Darling, il y avait deux ordonnances.
— Ah non, c'était une copie, m'a dit la pharmacienne. Même date, même médicaments, même date de naissance...
— Et même prénom ?
— Euh...
— Darling, à la rigueur, la pharmacienne est excusable. Mais toi qui sais que tu as des jumeaux, comment as-tu pu ne pas trouver ça louche que je veuille vacciner seulement l'un des deux ?
— Je dois y retourner, alors ?
— Je crains fort que oui.

Aujourd'hui, c'est la date fatidique. Les Things ont la trouille, surtout Mr Thing Two.
— J'ai peur des piqûres !
— Oh, dit la doctoresse, ne vous inquiétez pas, ça ne fait pas mal.
Ce qui me fait doucement rigoler :
— Si j'étais vous, les mioches, je me méfierai. Vous vous rappelez la chanson de Jean-Jacques Goldman "C'est pas vrai", celle où il fait la liste de toutes les choses que les gens disent tout le temps mais qui sont des mensonges ? Eh bien, la toute première de la liste, juste avant "Tu n'as pas changé", c'est "Ça fait pas mal"...

Jean-Jacques Goldman avait raison, ça faisait mal. Mr Thing Two hurle. Du coup, Miss Thing One commence à pleurer avant même qu'on la pique, forcément.
— Ah, zut, il lui a fait peur avec son cirque, on aurait dû la faire passer avant, dit la doctoresse.
— Sauf que si elle était passée avant et qu'elle lui avait dit que ça faisait mal, ensuite, on aurait eu du mal à le coincer, le petit trouillard costaud...

Piqûres terminées, bonbon consolateur, et promesse rassurante :
— C'est bon, plus de rappel avant leur douzième année !
— Bien, ça leur laissera le temps d'oublier !
— Vous aussi, malheureusement.
— Moi, oublier les rappels des vaccins de mes enfants ? Oh, voyons, comment osez-vous insinuer une chose pareille ?

Allez, pour cette fois, c'est bon. Plus qu'à faire vacciner le Grand contre la grippe, comme chaque hiver. Ça devrait être un tout petit peu plus facile. Même si, la dernière fois, il avait encore réclamé un patch anti-douleur et une sucette...

jeudi 5 octobre 2017

Confident royal (Victoria and Abdul)

Film historique, par Stephen Frears, dont j'avais absolument adoré The Queen, et avec Judi Dench, toujours merveilleuse : j'avais repéré bien avant sa sortie Confident Royal, et je comptais bien aller le voir au plus vite. J'ai tenu parole : quand j'ai vu en fin d'après-midi que j'avais traduit mon quota de pages pour la journée ET déjà aidé les enfants à faire leurs devoirs, j'ai décidé de m'y précipiter le jour même de la sortie. Faites-vous des pâtes, j'enfourche mon vélo, à moi la liberté !

Verdict ?
C'est très joli.
Judi Dench joue admirablement bien, évidemment.
La reconstitution historique est impeccable.
L'histoire est charmante.

Pourtant, il manque quelque chose. Un peu de sel. Un peu de profondeur. Un peu d'originalité. Un peu de surprise. Le scénario suit une trame écrite d'avance, la rencontre, l'amitié improbable, les réactions outrées de la Cour, la dispute et quasi-rupture à mi-parcours, la fidélité jusqu'au bout. On sourit, on rit parfois, on pleure un peu, mais toujours à des moments attendus, sans jamais sortir des rails. Sans jamais sonder vraiment la complexité de la situation historique, ou des deux personnages principaux, et encore moins des personnages secondaires.

Soyons clairs, je ne regrette pas une seconde ma soirée. Et cette actrice, bon sang, quelle actrice ! Mais ça aurait pu être encore mieux. Comme si scénariste et réalisateur n'avaient pas osé aller au-delà du simple tableau historique un peu convenu. Dommage !

mardi 3 octobre 2017

Le bris et la fureur

Les enfants m'ont énervée. Ils ont râlé au moment de mettre la table : LE truc qui me fait sortir de mes gonds quand je viens de passer une heure et demie en cuisine pour leur préparer une soupe maison, un gratin maison, et une crème dessert maison, en plus du goûter maison de l'après-midi. Dans ma colère, j'ai jeté quelque chose par terre, mais dans ma sagesse, j'ai choisi quelque chose qui ne pouvait pas se casser : pas d'assiette ni de verre.


Qui aurait cru que c'était si fragile, un couteau en inox ?

lundi 2 octobre 2017

Mac Bouddha

Décidément, notre visite au monastère bouddhiste a influencé les mômes : ils ont décidé de nourrir le petit Bouddha de Darling.
Bon, pas sûr qu'il apprécie le menu proposé, mais c'est l'intention qui compte, pas vrai ?