mercredi 14 mars 2012

Les petits maux de la grossesse (12) : suite et fin

Allez, on va expédier le reste de la liste, sinon je n'aurai jamais le temps d'arriver au bout.

- La constipation et les hémorroïdes
Est-il réellement nécessaire de développer ? On va dire que non.
- Les vergetures et les démangeaisons
Ah ben oui, parce que quand la peau craque, ça gratte. Mais je vous reparlerai des vergetures plus tard, quand je me lancerai dans la liste des "petits" maux qui vous attendent après la grossesse. Ah, vous comptiez y échapper ? Bande de naïfs.
Sachez cependant qu'on peut aussi souffrir de démangeaisons sur le ventre pour d'autres raisons, donc sans vergetures, à cause de modifications du fonctionnement du foie. Ou alors on peut cumuler les deux, c'est plus rigolo.
- Les troubles oculaires
Oh ben ça alors. Je n'en crois pas mes yeux, justement : je n'ai pas connu ça ! Moi qui me vantait d'avoir testé toute la liste, je suis drôlement déçue.
- Les sautes d'humeur
Bah, c'est de la blague tout ça : je suis aussi hystérique quand je ne suis pas enceinte que quand je le suis, comme pourrait vous le confirmer Darling. Ou alors il y a en effet une légère augmentation du nombre de crises, mais on part d'un niveau tel que ça passe inaperçu.
(Et puis tiens, je ne résiste pas à la tentation de vous citer une phrase de cette chère Laurence Pernoud, paix à son âme : "De toute façon, si vous vous sentez nerveuse et irritable au début de votre grossesse, dès que vous sentirez remuer cet enfant, dès que sa présence se manifestera, vous serez apaisée, vous verrez". Oui oui, apaisée, c'est le mot.)

Voilà, c'est tout ! L'Association des Joyeux Malthusiens de France vous remercie d'avoir suivi ce feuilleton, et vous annonce la sortie prochaine de trois nouvelles émissions qui devraient vous intéresser au plus haut point : "Récits d'accouchement", "Joies du pouponnage" et "Conséquences physiques de la grossesse". Restez avec nous, vous avez encore beaucoup à apprendre !



Sur ce, sachez qu'on parle de me déclencher prochainement, et que le Têtard n'attendra peut-être même pas jusque là ; si vous n'avez pas de mes nouvelles pendant plus de trois jours consécutifs, vous pouvez raisonnablement en conclure que je suis à la maternité (et aussi que je n'ai pas d'iPhone qui me permette de bloguer n'importe où) (on est moderne où on ne l'est pas, moi je ne le suis que pour le matériel de cuisine) (mais je reviendrai donner des nouvelles dès que possible, promis).


Ubiquité

Ce matin, Mr Thing Two montre mon ventre qui ondule sous mon T-shirt :
— Bébé ?
Ah, ça y est ! me dis-je, ravie. Il a enfin compris !
J'approuve donc, et j'insiste lourdement, comme je le fais désormais à la moindre occasion (même si je sais bien que ce sera un choc tout de même) :
— Oui, c'est le bébé qui bouge, il n'a plus beaucoup de place, il va bientôt sortir.
Le gamin médite quelques secondes, puis part avec sa sœur vers le cagibi la chambre du Têtard (va falloir que je m'habitue) que je leur ai montrée il y a deux ou trois jours. Arrivés là, tous les deux se dirigent vers le couffin et soulèvent la couverture :
— Bébé ? Yéou bébé ?
Et comme il n'y avait personne – et pour cause – ils l'ont cherché dans toute la maison.

Bon, disons qu'ils ont presque compris.

mardi 13 mars 2012

La bourse et la belle vie

Depuis quelques mois, je suis membre d'une commission qui attribue des bourses de travail à des auteurs de littérature jeunesse, et qui se réunit trois fois par an. La dernière en date a eu lieu hier, et courageusement, j'y ai traîné mon gros bidon pour débattre de neuf heures du matin à sept heures du soir (avec une pause déjeuner, tout de même !) des mérites de tel ou tel auteur ou illustrateur.

Sur les soixante ou quatre-vingt dossiers présentés, deux nous ont bien fait rire (jaune) :
- Celui de cette femme qui avait écrit deux petits romans pour les 5-7 ans diffusés uniquement en Corse, et qui expliquait que comme elle avait démissionné de son boulot rémunéré pour se consacrer à l'écriture, elle demandait une bourse pour tenir jusqu'en mai, date à laquelle elle toucherait ses premiers droits d'auteurs (elle semblait certaine de pouvoir ensuite en vivre*) ;
- Celui de ce monsieur qui expliquait qu'il avait décidé d'écrire une histoire de vampires se déroulant sur une île paradisiaque, qui voulait aller vivre là-bas pour écrire son roman en "immersion totale", et qui nous demandait donc de lui payer son Club Med pendant trois mois.

Il y en a qui ne doutent de rien.

*Pour ceux qui ne comprennent pas notre ahurissement, il faut savoir qu'un auteur jeunesse touche environ 6% du prix de vente public de son livre. Ces petits poches d'une cinquantaine de pages devaient coûter environ 5 euros. Elle va donc gagner environ trente centimes par bouquin. Pour gagner 600 euros par mois (soyons modeste), il faudrait donc qu'elle en vende 2000. Tous les mois. 24.000 par an. Uniquement à des enfants corses de moins de sept ans. Oui, voilà.

dimanche 11 mars 2012

Huit mois !

Début du neuvième mois ; j'entame la dernière ligne droite !
Depuis que j'ai écrit ceci, il y a deux semaines, nous avons fait d'énormes progrès (sauf en ce qui concerne ma traduction, bien sûr) :
- La valise est prête, avec tout ce qu'il faut de vêtements, de sucreries et de bouquins (il manque juste la fameuse trousse de maquillage, mais je crois que je vais m'en passer).
- Le cagibi s'est transformé en vraie chambre (de deux mètres carrés), avec une bouche d'aération toute neuve (à défaut de fenêtre), une commode à moitié remplie de vêtements de bébé (l'autre moitié est occupée par le bric-à-brac qui n'a pas encore trouvé sa place ailleurs dans la maison, mais qui s'en soucie ?), le couffin de la poussette en guise de lit (mais on devrait m'en prêter un "vrai" prochainement), une guirlande lumineuse (sans prise électrique, mais j'ai pris un rendez-vous dans dix jours avec le quincaillier pour qu'il m'en pose une), des murs d'une charmante nuance blanc-gris sale (mais avec quelques stickers pour décorer, je suis sûre que ce sera splendide) et une ampoule nue accrochée à un mur (que je remplacerai par une jolie lampe un de ces jours... heu, un de ces mois). Bref, c'est royal.
- J'ai pondu deux pages d'instructions à remettre à quiconque aura le courage de venir garder mes gamins pendant que je serai en train d'accoucher, et listé quelques numéros de téléphone d'urgence (avec nettement plus de plans B, voire C ou Z, que de plans A, malheureusement) (mais bon, on va dire que je vais accoucher en deux heures, un matin, en semaine, pendant que les enfants sont respectivement à l'école et à la crèche, de manière à ce que Darling puisse aller les récupérer tranquillement le soir après avoir passé la journée à la maternité) (on y croit)
- Et attention, roulement de tambours : nous venons à l'instant de choisir le prénom ! Sur les 3000 ou 4000 prénoms examinés un par un, variantes comprises, nous en avions sélectionnés 127 (une soixantaine pour moi, une soixantaine pour Darling, et pas UN SEUL prénom en commun sur les deux listes), puis nous avons réduit la liste à une douzaine de prénoms que les deux parties trouvaient acceptables, et enfin nous avons attribué des points à chacun, en demandant aussi l'avis du Grand. Donc ça y est, le Têtard a un prénom, d'origine nordique comme souhaité par Darling, mais dont l’étymologie ne signifie pas "Guerrier féroce et glorieux qui s'avance la hache à la main" comme les trois quarts de prénoms qu'il m'a proposé, et au contraire, plutôt pacifique ; un prénom qui sonne très allemand, mais prononçable en français et dans d'autres langues, et pas inconnu dans nos contrées ; un prénom moins doux que je ne l'aurais souhaité, mais qui commence par une initiale différente des autres membres de la famille, et qui est porté par un personnage de la littérature classique, ce qui me plaît bien. Bref, un compromis suffisamment satisfaisant pour les deux parties concernées !

Tout ça pour dire que je suis enfin prête à accoucher d'un jour à l'autre, ou à être déclenchée si mon diabète gestationnel continue à jouer au yo-yo avec ma glycémie.

Maintenant, je vous préviens, si après tout ça le Têtard me fait la blague de me torturer pendant encore un mois sans pointer le bout du nez, je change mon fusil d'épaule et je l'appelle Maximilien-Harald. Rira bien qui rira le dernier.

samedi 10 mars 2012

On la coupe ?

Jour de marché. Je passe devant le stand d'une maraîchère qui tutoie tous les clients et parle très fort. Un monsieur entre deux âges lui réclame une botte de carottes. La dame lui pose alors la question rituelle, à savoir : souhaite-t-il garder les fanes, ou pas ?
(Pour ma part, la réponse est non. J'ai essayé au moins trois ou quatre fois d'en faire quelque chose, mais c'est vraiment trop fibreux et pas si bon que ça. J'utilise souvent les fanes de radis, les feuilles de chou-fleur, et plein d'autres trucs, mais les fanes de carottes, j'ai laissé tomber.)
La maraîchère sait cependant que bien des gens ne connaissent pas le mot "fanes". Elle pose donc la question à l'aide de mots plus simples, et avec une voix qui porte loin :
— J'te coupe la queue ?
Le monsieur a bafouillé que heu, bof, non, il préférerait pas... M'est avis que la prochaine fois, il ira acheter ses légumes ailleurs.

vendredi 9 mars 2012

Les petits maux de la grossesse (11) : le mal au dos

On ne va pas s'étendre sur celui-ci, tant c'est évident. Avec dix ou quinze kilos de plus dans un ventre qui pointe dans le vide, on ne se tient pas de la même façon. On est cambrée, surtout si on l'était déjà auparavant ; ça tire sur les ligaments, sur les omoplates, etc. On a mal aux reins, ou en haut du dos, ou à la nuque, ou dans les fesses, avec sciatiques à la clef si on a de la veine. On n'est pas bien du tout debout, mais pas non plus assise, ni même allongée. Et pour peu que le gamin se mette dans une position bizarre, on peut aussi avoir mal aux côtes, ou au coccyx, ou dans n'importe quel point où il lui plaît d'appuyer. Sans même parler des dernières semaines, au cours desquelles le bassin s'écarte légèrement pour que la tête du bébé puisse passer, ce qui peut être très douloureux.

(Autant dire que ce n'est pas vraiment le bon moment pour faire de longues marches à pied, par exemple pour aller à la maternité trois fois par semaine pour surveillance rapprochée, ni pour porter à bout de bras des gamins d'une douzaine de kilos à mettre dans la baignoire ou dans leur lit, ni pour déménager tous les cartons d'un cagibi, ni pour rester assise pendant des heures devant un ordinateur. Mais personne n'aurait la folle idée de faire des choses pareilles pendant les derniers mois d'une grossesse, n'est-ce pas ?)

Et encore, dans la journée, ça va. C'est la nuit, quand ça fait une heure ou deux qu'on dort sur un côté et qu'on a la folle idée de vouloir se retourner et/ou aller aux toilettes, qu'on comprend l'étendue du problème – et qu'on se sent soudain très solidaire de sa grand-mère. Se mettre debout peut prendre dix bonnes minutes. Au moindre mouvement (et Dieu sait s'il en faut, des mouvements, pour se retourner ou se lever ; on ne s'en rend pas compte le reste du temps !) on a envie de lancer un "aïe" retentissant ; si on se retient, c'est uniquement pour ne pas réveiller notre moitié. Non pas parce qu'on veut qu'il profite de son sommeil, bien au contraire : si on s'écoutait, on l’assommerait volontiers à coups de lampe de chevet, d'abord pour oser ronfler pendant qu'on souffre le martyre, et ensuite pour nous avoir mis dans cet état-là, le vilain ! Non, si on veut préserver son sommeil, c'est parce qu'il nous reste une once de fierté et qu'après nous avoir vu avec les soutifs de notre grand-mère, les bas de contention de notre grand-mère, les culottes de notre grand-mère, et même les aiguilles à insuline de notre grand-mère*, on ne tient pas particulièrement à ce qu'il nous voit avec la démarche de notre grand-mère. Donc on souffre en silence, et une fois qu'on a réussi à se redresser, on fait un tout petit pas, puis un autre, jusqu'à ce que ça se dénoue un peu et qu'on arrive jusqu'au trône (où on aura bien du mal à trouver une position confortable, mais c'est une autre affaire).

Rassurez-vous, toutes ces douleurs cesseront bientôt : dès que vous aurez accouché... heu, fini d'allaiter... heu, fini de porter votre gamin à longueur de temps... heu, accouché du suivant... Enfin bref, pas de panique, ça finira par passer. Mais si.

* La grand-mère en question, aux grands soutiens-gorge informes et piqûres d'insuline, étant ma grand-mère italienne, "la Nonna", Darling plaisantait avec qui voulait l'entendre lors de ma dernière grossesse au sujet de "la nonnification de Fofo". Oui, je sais, je n'aurais jamais dû en faire un quatrième avec lui. Enfin, vous comprenez pourquoi je ne tiens pas à ce qu'il me voit boitiller, hein ?

jeudi 8 mars 2012

Il nous manque une case...

Trois semaines après l'envoi de mon dossier, la sécu me renvoie mon document sous prétexte qu'il manque la date de mon arrêt de travail. Je ne suis pas en arrêt de travail, je suis en congé maternité, et c'est la sécu elle-même qui m'a donné les dates de ce congé maternité. Dates que j'avais malgré tout indiquées sur le document, par précaution (mais à la ligne "congé maternité" et non "arrêt de travail").

Plus de deux mois après le début du congé parental à temps partiel de Darling, la CAF lui écrit pour lui demander les dates de son congé paternité. Il ne demande pas un congé paternité, il demande un congé parental. Qui ne suit pas le congé paternité. Le cas est prévu, théoriquement. Mais là aussi, la personne qui s'est occupée de son dossier a compris de travers et trouvé qu'il nous manquait une case à cocher.

Et après, on se demande pourquoi je suis administratophobe.