— Maman, je pense qu'il faut changer ma brosse à dents, m'annonce le Grand au moment du coucher.
— Ah ? Elle est abîmée ?
— Non, enfin si, mais surtout il y a des algues noires à l'intérieur, je ne pense pas que ce soit normal.
La vie d'une traductrice, mère célibataire de famille nombreuse
jeudi 11 juillet 2019
mercredi 10 juillet 2019
Noyade dans la Seine
(Attention, ceci n'est pas un article rigolo)
Lundi soir, j'ai assisté à une noyade en direct.
J'étais partie faire une grande promenade à vélo, le soir, pour admirer Paris sous le soleil couchant, pour me dégourdir les jambes, pour profiter de la fraîcheur retrouvée. J'ai gagné la Seine côté rive droite et j'ai commencé à rouler au pas sur les voies sur berge devenues piétonnes, pleines de pique-niqueurs, de touristes épatés, de gamins joyeux. Et puis quand je suis arrivée au Pont-Neuf, j'ai vu quelqu'un qui nageait dans le fleuve, et des gens qui criaient autour, depuis la berge et du haut du pont. Je me suis arrêtée et j'ai constaté que deux hommes, bientôt rejoints par un troisième, nageaient le plus vite possible vers un autre en train de s'enfoncer dans l'eau. Apparemment, il était tombé du pont quelques secondes plus tôt. Je présume qu'il est tombé, et qu'il n'a pas sauté pour se rafraîchir, d'abord parce qu'il avait encore ses chaussures, ensuite parce que le pont est assez haut et que quelqu'un désireux de se baigner aurait plutôt choisi de sauter de la berge, et enfin parce qu'il ne faisait pas chaud, ce soir-là. J'ignore comment il est tombé. J'imagine qu'il était assis sur le rebord du pont et qu'il a fait le clown ou qu'il a été bousculé. Et soit il ne savait pas nager, soit il était ivre, soit il est tombé à plat dos ou sur la nuque et ça l'a assommé.
Toujours est-il que quand les hommes qui avaient plongé pour le repêcher sont arrivés sur place, il avait déjà coulé.
Ils ont bien tenté de plonger, mais ils n'ont pas réussi à le retrouver. Sans lunettes, et dans cette eau marron, ils n'y voyaient rien.
Sur le quai, plusieurs personnes avaient déjà appelé les pompiers, et j'ai même entendu une femme s'indigner en anglais qu'ils ne soient pas déjà là, parce que "dans une grande ville, ils devraient arriver en une minute maximum". Personnellement, je me demandais comment ils feraient pour venir, car même sirènes hurlantes, ce ne serait pas facile de circuler dans les rues. Mais en fait ils sont arrivés par barque à moteur : deux de pompiers, une de police. A bord, les pompiers étaient déjà en combinaison de plongée et terminaient de mettre leurs masques. Ils ont disparu sous l'eau. Sont remontés les mains vides. Ont recommencé. Et cette fois, ils sont remontés avec un corps inanimé. Le noyé a été hissé à bord, un pompier a immédiatement entrepris de lui faire un massage cardiaque, et la barque est partie aussitôt.
(Ah, et j'oubliais de dire que les policiers, eux, avaient repêchés les héros qui s'étaient jetés à l'eau et qui ne réussissaient pas à remonter sur les berges : pas d'escalier à cet endroit-là).
Voilà, je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça. Sans doute parce que ça m'a passablement traumatisée. L'homme a passé au moins cinq minutes sous l'eau, peut-être plus – je n'ai évidemment pas pensé à regarder ma montre. Il paraît qu'il y a de bonnes chances qu'il puisse être ranimé, et que le cerveau peut survivre à environ six minutes de manque d'oxygène sans séquelles. J'ai regardé dans les actualités pour savoir s'il allait bien, mais il faut croire que ce genre d'incident n'est pas suffisamment rare pour qu'on en parle : je n'ai rien trouvé.
Tout ça pour dire que c'est mieux de ne pas s'assoir sur le rebord d'un pont. Et aussi que mes enfants vont prendre des cours de natation à partir de septembre, et que je ne lâcherai pas l'affaire tant qu'ils ne sauront pas nager.
Lundi soir, j'ai assisté à une noyade en direct.
J'étais partie faire une grande promenade à vélo, le soir, pour admirer Paris sous le soleil couchant, pour me dégourdir les jambes, pour profiter de la fraîcheur retrouvée. J'ai gagné la Seine côté rive droite et j'ai commencé à rouler au pas sur les voies sur berge devenues piétonnes, pleines de pique-niqueurs, de touristes épatés, de gamins joyeux. Et puis quand je suis arrivée au Pont-Neuf, j'ai vu quelqu'un qui nageait dans le fleuve, et des gens qui criaient autour, depuis la berge et du haut du pont. Je me suis arrêtée et j'ai constaté que deux hommes, bientôt rejoints par un troisième, nageaient le plus vite possible vers un autre en train de s'enfoncer dans l'eau. Apparemment, il était tombé du pont quelques secondes plus tôt. Je présume qu'il est tombé, et qu'il n'a pas sauté pour se rafraîchir, d'abord parce qu'il avait encore ses chaussures, ensuite parce que le pont est assez haut et que quelqu'un désireux de se baigner aurait plutôt choisi de sauter de la berge, et enfin parce qu'il ne faisait pas chaud, ce soir-là. J'ignore comment il est tombé. J'imagine qu'il était assis sur le rebord du pont et qu'il a fait le clown ou qu'il a été bousculé. Et soit il ne savait pas nager, soit il était ivre, soit il est tombé à plat dos ou sur la nuque et ça l'a assommé.
Toujours est-il que quand les hommes qui avaient plongé pour le repêcher sont arrivés sur place, il avait déjà coulé.
Ils ont bien tenté de plonger, mais ils n'ont pas réussi à le retrouver. Sans lunettes, et dans cette eau marron, ils n'y voyaient rien.
Sur le quai, plusieurs personnes avaient déjà appelé les pompiers, et j'ai même entendu une femme s'indigner en anglais qu'ils ne soient pas déjà là, parce que "dans une grande ville, ils devraient arriver en une minute maximum". Personnellement, je me demandais comment ils feraient pour venir, car même sirènes hurlantes, ce ne serait pas facile de circuler dans les rues. Mais en fait ils sont arrivés par barque à moteur : deux de pompiers, une de police. A bord, les pompiers étaient déjà en combinaison de plongée et terminaient de mettre leurs masques. Ils ont disparu sous l'eau. Sont remontés les mains vides. Ont recommencé. Et cette fois, ils sont remontés avec un corps inanimé. Le noyé a été hissé à bord, un pompier a immédiatement entrepris de lui faire un massage cardiaque, et la barque est partie aussitôt.
(Ah, et j'oubliais de dire que les policiers, eux, avaient repêchés les héros qui s'étaient jetés à l'eau et qui ne réussissaient pas à remonter sur les berges : pas d'escalier à cet endroit-là).
Voilà, je ne sais pas pourquoi je vous raconte ça. Sans doute parce que ça m'a passablement traumatisée. L'homme a passé au moins cinq minutes sous l'eau, peut-être plus – je n'ai évidemment pas pensé à regarder ma montre. Il paraît qu'il y a de bonnes chances qu'il puisse être ranimé, et que le cerveau peut survivre à environ six minutes de manque d'oxygène sans séquelles. J'ai regardé dans les actualités pour savoir s'il allait bien, mais il faut croire que ce genre d'incident n'est pas suffisamment rare pour qu'on en parle : je n'ai rien trouvé.
Tout ça pour dire que c'est mieux de ne pas s'assoir sur le rebord d'un pont. Et aussi que mes enfants vont prendre des cours de natation à partir de septembre, et que je ne lâcherai pas l'affaire tant qu'ils ne sauront pas nager.
vendredi 5 juillet 2019
L'école est finie (ou presque)
16h40. Sonnerie à la porte. Ce sont les trois mômes, qui rentrent tout seuls depuis quelques mois.
— Bonjour maman ! On est en vacances !
— Ouaiiiis !
— Youpie !
On prend le goûter en vidant les cartables. L'ambiance est joyeuse. Puis, comme d'habitude, je retourne à mon bureau pour recommencer à travailler, et eux se dirigent vers leur chambre. Dans le couloir, j'entends le Filou qui propose aux deux autres :
— On joue à l'école ?
— Oui, d'accord ! répond Miss Thing One avec enthousiasme.
Je ne m'en suis pas encore remise.
— Bonjour maman ! On est en vacances !
— Ouaiiiis !
— Youpie !
On prend le goûter en vidant les cartables. L'ambiance est joyeuse. Puis, comme d'habitude, je retourne à mon bureau pour recommencer à travailler, et eux se dirigent vers leur chambre. Dans le couloir, j'entends le Filou qui propose aux deux autres :
— On joue à l'école ?
— Oui, d'accord ! répond Miss Thing One avec enthousiasme.
Je ne m'en suis pas encore remise.
mercredi 3 juillet 2019
Deux femmes
Les infos à la radio, ce matin, alors que j'étais encore aux trois quarts endormie :
"Ce sont deux femmes qui ont été nommées à des postes-clés de l'Union Européenne (...)".
Ce qu'on souligne en premier, ce n'est pas leur métier, leur orientation politique et économique, leur nationalité, que sais-je. Non, non, l'important, c'est leur sexe.
Vous croyez qu'un jour, la radio annoncera que "deux hommes ont été nommés à des postes-clés" ?
(Au moins, après ça, j'étais bien réveillée, du coup.)
"Ce sont deux femmes qui ont été nommées à des postes-clés de l'Union Européenne (...)".
Ce qu'on souligne en premier, ce n'est pas leur métier, leur orientation politique et économique, leur nationalité, que sais-je. Non, non, l'important, c'est leur sexe.
Vous croyez qu'un jour, la radio annoncera que "deux hommes ont été nommés à des postes-clés" ?
(Au moins, après ça, j'étais bien réveillée, du coup.)
lundi 1 juillet 2019
Préparatifs pour colonie de vacances
Mes trois plus jeunes vont bientôt partir en colonie, pour la première fois. Ils sont tous les trois très motivés, d'abord parce qu'ils y vont ensemble et donc n'ont pas trop d'inquiétude sur le fait de se faire des copains, ensuite parce qu'ils ont assisté à la réunion d'informations et que le directeur du camp leur a fait une description qui donnait vraiment envie. J'espère juste qu'ils ne seront pas déçus.
Bref, en ce moment, je suis dans les préparatifs. Eh oui, car ça n'a l'air de rien, mais je me suis rendu compte qu'il valait mieux ne pas attendre la veille du départ pour découvrir que je n'ai pas trois valises individuelles (normalement, quand on voyage, je mets toutes leurs affaires dans la même valise, mais les chambres ne sont pas mixtes, donc ils seront forcément séparés !). Ou trois shampoing/douche (j'utilise désormais des savons et shampoings solides). Ou trois trousses de toilette (pareil, on en prend toujours une pour toute la famille). Etc.
Alors j'ai sorti la liste fournie, je l'ai parcourue très attentivement, et j'ai eu deux crises cardiaques en cinq minutes.
Le premier, quand, après les 7 t-shirts, 8 slips, 2 pyjamas, 8 paires de chaussettes, shorts etc., j'en suis arrivée à la ligne "Une tenue de soirée pour la boum".
La boum, bon sang. La BOUM. Le dernier soir, ils vont faire une boum. Oui oui oui. C'est une colonie pour les 7-10 ans. Je vois très bien le Filou en chemise de soie aller inviter à danser une jeune donzelle d'un mètre de haut. Mais bien sûr.
(Je suis écroulée de rire rien que d'imaginer la tête que feront les deux garçons ce soir-là) (Miss Thing One fait de la danse et elle ne demande pas mieux qu'emporter la robe à paillettes achetée pour le spectacle de fin d'année, donc je me fais moins de soucis pour elle).
Le deuxième, c'est quand, à la fin de la liste, j'ai lu un avertissement souligné : "Toutes les affaires de votre enfant doivent obligatoirement être marquées".
Oui, bien sûr, j'aurais dû m'en douter, mais j'avais oublié.
Toutes les affaires. Toutes.
Soit, en comptant tous les éléments de la liste, 63 étiquettes à coller / coudre / repasser.
Par enfant.
Donc 189 en tout.
Ou même 222 si on compte deux étiquettes par paire de chaussures et de chaussettes.
Si je ne blogue pas beaucoup cette semaine, vous saurez pourquoi.
Bref, en ce moment, je suis dans les préparatifs. Eh oui, car ça n'a l'air de rien, mais je me suis rendu compte qu'il valait mieux ne pas attendre la veille du départ pour découvrir que je n'ai pas trois valises individuelles (normalement, quand on voyage, je mets toutes leurs affaires dans la même valise, mais les chambres ne sont pas mixtes, donc ils seront forcément séparés !). Ou trois shampoing/douche (j'utilise désormais des savons et shampoings solides). Ou trois trousses de toilette (pareil, on en prend toujours une pour toute la famille). Etc.
Alors j'ai sorti la liste fournie, je l'ai parcourue très attentivement, et j'ai eu deux crises cardiaques en cinq minutes.
Le premier, quand, après les 7 t-shirts, 8 slips, 2 pyjamas, 8 paires de chaussettes, shorts etc., j'en suis arrivée à la ligne "Une tenue de soirée pour la boum".
La boum, bon sang. La BOUM. Le dernier soir, ils vont faire une boum. Oui oui oui. C'est une colonie pour les 7-10 ans. Je vois très bien le Filou en chemise de soie aller inviter à danser une jeune donzelle d'un mètre de haut. Mais bien sûr.
(Je suis écroulée de rire rien que d'imaginer la tête que feront les deux garçons ce soir-là) (Miss Thing One fait de la danse et elle ne demande pas mieux qu'emporter la robe à paillettes achetée pour le spectacle de fin d'année, donc je me fais moins de soucis pour elle).
Le deuxième, c'est quand, à la fin de la liste, j'ai lu un avertissement souligné : "Toutes les affaires de votre enfant doivent obligatoirement être marquées".
Oui, bien sûr, j'aurais dû m'en douter, mais j'avais oublié.
Toutes les affaires. Toutes.
Soit, en comptant tous les éléments de la liste, 63 étiquettes à coller / coudre / repasser.
Par enfant.
Donc 189 en tout.
Ou même 222 si on compte deux étiquettes par paire de chaussures et de chaussettes.
Si je ne blogue pas beaucoup cette semaine, vous saurez pourquoi.
vendredi 28 juin 2019
T-shirts mal assortis
Je n'ai pas osé prendre une photo. J'aurais dû, discrètement, en faisant mine de chercher quelque chose sur mon téléphone. Parce que franchement, ces deux copines de 18 ou 20 ans qui marchaient bras-dessus bras-dessous, l'une avec un t-shirt Che Guevara marqué "Hasta la victoria siempre", l'autre avec un t-shirt Nike, c'était si drôle...
mercredi 26 juin 2019
Question d'ordures
Le Grand regarde un sac poubelle plein qui attend dans un coin de la cuisine.
Réfléchit quelques secondes.
Puis demande :
— Mais au fait, il n'y a pas de vide-ordures, dans cet appartement ?
Ça va bientôt faire un an qu'on a emménagé ici : on pourrait croire que s'il y avait un vide-ordures, il l'aurait remarqué. Mais pas forcément, en fait.
— Non. Il y en a un sur le palier, mais on ne peut y mettre que des poubelles vraiment petites, ce qui ferait gâcher des sacs plastique, donc je ne l'utilise pas.
Il hoche la tête, réfléchit encore une demi-minute, puis me demande :
— Mais alors, où vont les poubelles ? Il y a quelqu'un qui les descend ?
Voilà, aujourd'hui j'ai découvert que mon Grand croyait à l'existence des elfes de maison.
(Ça m'a rappelé un épisode de Friends où Rachel et Monica se disputent le dernier préservatif, et Rachel promet de descendre la poubelle tous les jours pendant un mois, ce à quoi Monica lui répond qu'elle lui donnera le préservatif si Rachel est capable de lui dire juste où est le local à poubelles...)
Réfléchit quelques secondes.
Puis demande :
— Mais au fait, il n'y a pas de vide-ordures, dans cet appartement ?
Ça va bientôt faire un an qu'on a emménagé ici : on pourrait croire que s'il y avait un vide-ordures, il l'aurait remarqué. Mais pas forcément, en fait.
— Non. Il y en a un sur le palier, mais on ne peut y mettre que des poubelles vraiment petites, ce qui ferait gâcher des sacs plastique, donc je ne l'utilise pas.
Il hoche la tête, réfléchit encore une demi-minute, puis me demande :
— Mais alors, où vont les poubelles ? Il y a quelqu'un qui les descend ?
Voilà, aujourd'hui j'ai découvert que mon Grand croyait à l'existence des elfes de maison.
(Ça m'a rappelé un épisode de Friends où Rachel et Monica se disputent le dernier préservatif, et Rachel promet de descendre la poubelle tous les jours pendant un mois, ce à quoi Monica lui répond qu'elle lui donnera le préservatif si Rachel est capable de lui dire juste où est le local à poubelles...)
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