Non, je n'ai pas été attaquée par le Père Noël, et je n'ai pas non plus déjà renoncé à ma résolution de recommencer à bloguer. J'ai juste fait un échange de maison avec une adorable demeure perdue au fond d'une vallée où, en hiver, le soleil n'arrive jamais. Pour de vrai. Et le réseau téléphonique non plus. Comme il n'y a pas de télévision ni de radio et que la box internet est en panne, la Troisième Guerre mondiale peut toujours éclater, ça ne perturbera pas mes vacances...
La vie d'une traductrice, mère célibataire de famille nombreuse
dimanche 30 décembre 2018
jeudi 20 décembre 2018
Épreuve(s)
Jeudi dernier :
Pas de bol, j'avais une autre traduction (appelons-la T2) à rendre hier soir, celle qui engloutit impitoyablement tout mon temps libre et grignote sur mon temps de sommeil depuis deux mois. Tant pis, faut s'y coller, c'est déjà bien qu'on me donne une semaine pour les épreuves de T1.
J'essaie de terminer ma traduction T2 tout en relisant les épreuves de T1 chaque fois que je ne peux pas être devant mon ordinateur, par exemple en attendant les gamins devant l'école ou en me lavant les dents. J'envoie mes 400 pages de T2 hier soir à minuit. Il ne me reste plus que 20 pages des épreuves de T1 à lire. Et dieu sait que ma relecture n'est pas superflue, car dans cette maison d'édition, on réécrit toujours tout derrière mon dos, et pas toujours à bon escient (mais que voulez-vous, c'est plutôt bien payé).
Je termine à minuit et demi. Comme trop souvent, je ne dormirai que six heures. Mais j'aurai respecté le délai.
Ce matin, mon thé à la main, j'écris un email à l'éditrice avec la liste des corrections. "Tu me sauve" prend un S. "Les quatres amies" n'en prend pas. Cette fille n'a sans doute pas "des yeux bleus et des boules brunes". Il y a au moins une énormité comme ça toutes les cinq pages, et je vous jure que ce n'est pas de mon cru. Je termine à 10h. J'envoie l'email.
Une minute plus tard, je reçois une réponse automatique :
Chère Fofo,
Ci-joint les épreuves de votre dernière traduction. Merci de m'envoyer vos éventuelles corrections au plus tard dans une semaine.
Bien à vous,
Éditrice
Pas de bol, j'avais une autre traduction (appelons-la T2) à rendre hier soir, celle qui engloutit impitoyablement tout mon temps libre et grignote sur mon temps de sommeil depuis deux mois. Tant pis, faut s'y coller, c'est déjà bien qu'on me donne une semaine pour les épreuves de T1.
J'essaie de terminer ma traduction T2 tout en relisant les épreuves de T1 chaque fois que je ne peux pas être devant mon ordinateur, par exemple en attendant les gamins devant l'école ou en me lavant les dents. J'envoie mes 400 pages de T2 hier soir à minuit. Il ne me reste plus que 20 pages des épreuves de T1 à lire. Et dieu sait que ma relecture n'est pas superflue, car dans cette maison d'édition, on réécrit toujours tout derrière mon dos, et pas toujours à bon escient (mais que voulez-vous, c'est plutôt bien payé).
Je termine à minuit et demi. Comme trop souvent, je ne dormirai que six heures. Mais j'aurai respecté le délai.
Ce matin, mon thé à la main, j'écris un email à l'éditrice avec la liste des corrections. "Tu me sauve" prend un S. "Les quatres amies" n'en prend pas. Cette fille n'a sans doute pas "des yeux bleus et des boules brunes". Il y a au moins une énormité comme ça toutes les cinq pages, et je vous jure que ce n'est pas de mon cru. Je termine à 10h. J'envoie l'email.
Une minute plus tard, je reçois une réponse automatique :
Bonjour à tous,
Je suis en congé jusqu'au lundi 7 janvier. Je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'années !
Bien cordialement,
Éditrice
lundi 17 décembre 2018
Les animaux fantastiques 2 - Les crimes de Grindelwald
(Critique garantie sans spoilers) Ma mère l'avait trouvé "noir", un copain à moi avait dit "bof", et Télérama parlait d'une "puissance évocatrice rare" (gloups), donc j'y suis allée sans m'attendre à grand-chose, si ce n'est de pouvoir en discuter enfin avec ceux qui l'avaient déjà vu.
La bonne nouvelle, c'est que du coup, je n'ai pas été déçue. Certes, certes, c'est distrayant, et visuellement très réussi, et il y a quelques personnages intéressants. Voilà.
A part ça, les coïncidences deviennent de plus en plus énormes, la chronologie me laisse perplexe (mais quel âge a donc McGonagall, devenue directrice de Poudlard lorsque Albus Potter y étudie à partir de septembre 2017, si elle était déjà prof dans les années 1910 ?), le couple Jacob/Queenie m'énerve toujours autant (imaginez, juste une seconde, qu'un homme top-model avec de grands pouvoirs tombe raide amoureux d'une femme assez laide, avec 30 kilos de trop, gentille mais banale, sans aucun talent particulier, et ayant dix ans de plus que lui... Ah oui, tout de suite, ça paraît moins vraisemblable, hein ?), et la place prise par les effets spéciaux au détriment du scénario me désole : on aurait pu nous raconter tant de choses intéressantes, par exemple, pendant les dix minutes durant lesquelles un gros feu orange combat un gros feu bleu, ou pendant l'interminable vol en calèche du début...
Et puis surtout, surtout, cette histoire à peine ébauchée en deux heures à l'écran aurait pu faire un si beau roman ! Franchement, je ne me remettrai jamais de ce gâchis.
samedi 15 décembre 2018
Jumeau comment ?
Le Filou vient me voir avec un magazine ouvert aux pages des jeux :
— Maman, ze sait pas ce qu'y faut faire, à cette page ?
Je lis les instructions :
— Eh bien tu vois, ce bonhomme-là a perdu son jumeau dans la foule, alors il faut le retrouver.
— Ah, d'accord. Mais il est comment, son frère jumeau ?
Question nettement moins idiote qu'il n'y paraît quand on pense que les jumeaux qu'il a sous les yeux au quotidien sont de sexe différents, ont cinq centimètres et autant de kilos d'écart, des cheveux respectivement clairs et courts et bruns et longs, et bien entendu des vêtements tout à fait différents.
Je suggère donc que les magazines précisent désormais systématiquement qu'il s'agit de "jumeaux monozygotes coiffés et habillés de manière identique", au lieu de considérer que ça tombe sous le sens. Apprenons aux enfants à être précis.
— Maman, ze sait pas ce qu'y faut faire, à cette page ?
Je lis les instructions :
— Eh bien tu vois, ce bonhomme-là a perdu son jumeau dans la foule, alors il faut le retrouver.
— Ah, d'accord. Mais il est comment, son frère jumeau ?
Question nettement moins idiote qu'il n'y paraît quand on pense que les jumeaux qu'il a sous les yeux au quotidien sont de sexe différents, ont cinq centimètres et autant de kilos d'écart, des cheveux respectivement clairs et courts et bruns et longs, et bien entendu des vêtements tout à fait différents.
Je suggère donc que les magazines précisent désormais systématiquement qu'il s'agit de "jumeaux monozygotes coiffés et habillés de manière identique", au lieu de considérer que ça tombe sous le sens. Apprenons aux enfants à être précis.
jeudi 13 décembre 2018
De potentiels beaux-parents
— Maman, maintenant que papa et toi vous êtes divorcés, est-ce qu'on va avoir un beau-père et une belle-mère ?
Oh là là. J'étais en train de préparer le dîner, mais je lâche tout pour rejoindre Miss Thing One sur le canapé et tenter de la rassurer :
— Pour l'instant, ce n'est pas du tout prévu au programme, ma chérie. Je ne pense pas que papa ait très envie de retomber amoureux, et moi pas forcément non plus, en tous cas pas immédiatement, sans compter que je n'ai pas beaucoup d'occasions de rencontrer des hommes. Et même si papa ou moi tombions amoureux de quelqu'un d'autre, ça ne veut pas dire qu'on déciderait de vivre ensemble, tu sais. Enfin bref, ce n'est vraiment, vraiment pas pour tout de suite !
Elle hoche la tête et soupire :
— Dommage, parce que j'adorerais ça.
— ...
— Ça nous ferait comme deux papas et deux mamans, et ça nous ferait plus de famille à aimer et qui nous aimerait. Ce serait chouette.
Voilà, on lit des tas de manuels et d'articles et de romans qui parlent du traumatisme que représente le divorce des parents et du meilleur moyen d'aider les enfants à le surmonter, mais ça n'empêche pas les surprises...
mardi 11 décembre 2018
La gangue du Franc a lourché
Dîner en famille, comme tous les soirs. Le Grand prend le ton enthousiaste avec lequel il m'annonce généralement une information de très haute importance, du genre "Maman, tu savais que Jeanne Calment avait vendu son appartement en viager alors qu'elle avait 90 ans, à quelqu'un qui est finalement mort avant elle ?" Il se lance :
— Aujourd'hui, j'ai des couilles vertes... euh, j'ai découvert...
Autant vous dire qu'au milieu du fou-rire général, il a eu le plus grand mal à aller plus loin.
— Aujourd'hui, j'ai des couilles vertes... euh, j'ai découvert...
Autant vous dire qu'au milieu du fou-rire général, il a eu le plus grand mal à aller plus loin.
lundi 10 décembre 2018
Tétris de gâteaux
Comme le Grand a décidé de ne pas changer de lycée en cours de scolarité, il revient tard tous les soirs, après une petite heure de transports en RER entre notre ancienne banlieue et notre nouvel appart. Du coup, tous les matins, je lui prépare son goûter ; dans la grande majorité des cas, je lui donne une pomme, plus une part de gâteau ou des biscuits confectionnés la veille. Ce matin, je réussis à caser un reste de pain d'épice et quatre petits gâteaux de Noël dans un mini-tupperware carré. Mais il veut y ajouter un bonbon de sa chaussette de Saint-Nicolas.
Il ouvre la boîte,
pose le bonbon sur le dessus,
s'aperçoit qu'il ne peut plus refermer la boîte,
enlève un petit gâteau pour mettre le bonbon,
s'aperçoit qu'il ne peut plus remettre le petit gâteau,
et finit par me regarder d'un air désespéré.
Je lui prends l'ensemble des mains, et trois secondes plus tard, j'ai trouvé une place pour le bonbon en tournant le pain d'épice sur le côté. Ça me rappelle Darling qui mettait deux valises empilées dans le coffre d'une voiture et qui disait ensuite " ben voilà, y a plus de place". Je le dis à mon Grand :
— Toi, tu feras partie des gens qui sont incapables d'organiser une valise, ou le coffre d'une voiture. Si tu as une famille un jour, il faudra que ce soit ta femme qui remplisse le coffre au moment des départs en vacances...
— Bah, de toute façon, d'ici-là, il n'y aura plus de voiture.
(Mouais. N'empêche qu'en attendant, tous les soirs, je dois réorganiser le lave-vaisselle pour y mettre tout ce qu'il n'a pas réussi à caser dedans...)
(Je vais lui acheter un jeu de Tétris, tiens)
Il ouvre la boîte,
pose le bonbon sur le dessus,
s'aperçoit qu'il ne peut plus refermer la boîte,
enlève un petit gâteau pour mettre le bonbon,
s'aperçoit qu'il ne peut plus remettre le petit gâteau,
et finit par me regarder d'un air désespéré.
Je lui prends l'ensemble des mains, et trois secondes plus tard, j'ai trouvé une place pour le bonbon en tournant le pain d'épice sur le côté. Ça me rappelle Darling qui mettait deux valises empilées dans le coffre d'une voiture et qui disait ensuite " ben voilà, y a plus de place". Je le dis à mon Grand :
— Toi, tu feras partie des gens qui sont incapables d'organiser une valise, ou le coffre d'une voiture. Si tu as une famille un jour, il faudra que ce soit ta femme qui remplisse le coffre au moment des départs en vacances...
— Bah, de toute façon, d'ici-là, il n'y aura plus de voiture.
(Mouais. N'empêche qu'en attendant, tous les soirs, je dois réorganiser le lave-vaisselle pour y mettre tout ce qu'il n'a pas réussi à caser dedans...)
(Je vais lui acheter un jeu de Tétris, tiens)
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