La vie d'une traductrice, mère célibataire de famille nombreuse
jeudi 8 mars 2012
Pain au lait ribot
Je fais du pain deux ou trois fois par semaine, en suivant toujours à peu près la même méthode et les mêmes proportions, par flemme, mais en introduisant très souvent des variantes : différents types de farine, de modes de cuisson, de matière grasse, de graines, de liquides...
Eh ! bien, sachez-le, si vous remplacez une partie de l'eau de votre recette lambda par du lait, ça donne un résultat déjà pas mauvais du tout. Mais si vous avez la chance d'avoir du lait ribot chez vous, par exemple si vous en avez acheté une bouteille entière pour faire des scones* et qu'il vous en reste, essayez de le substituer à la moitié de l'eau. Cela donne un pain vraiment très moelleux et aéré, même avec de la farine complète, et le goût est délicieux. Le seul inconvénient, c'est qu'il faudra en refaire beaucoup plus vite que d'habitude !
*C'est un exemple, hein. Juste un exemple. Rien qui ressemble de près ou de loin à la réalité. Je suis diabétique, je n'ai pas droit aux scones. Donc je n'en fais pas. Bien entendu. Ça va de soi. Vous l'aurez compris. C'est évident.
mercredi 7 mars 2012
La magie de Harry Potter
Du haut de ses neuf ans et demi, le Grand n'a jamais lu un roman s'il n'y était pas obligé, soit par ses institutrices, soit par sa mère qui lui a collé quelques Fantômette entre les mains après lui avoir lu les premiers chapitres à voix haute pour l'encourager. Donc en tout, une dizaine de romans tout au plus.
En revanche, il lit des bandes dessinées, et occasionnellement des documentaires. Et alors ? Lire, c'est un droit, pas un devoir. Le tout premier des dix droits du lecteur tels que définis par Daniel Pennac dans Comme un roman est celui de ne pas lire. Le cinquième est celui de lire n'importe quoi. C'est uniquement à cette condition que la lecture peut rester un plaisir.
Cela ne m'empêche pas de le regretter, bien sûr, et de ronger mon frein silencieusement. J'aurais tant aimé lui mettre entre les mains Le Petit Prince, Le Bon Gros Géant, Deux pour Une, et bien d'autres encore ! Et puis il y a les inconvénients pratiques. Comment voulez-vous partir en vacances en emportant assez de lecture pour un mois si ce ne sont que des BD ? Rien qu'en prévision des deux heures d'attente à la préfecture pour faire refaire la carte d'identité, il faut emporter trois ou quatre volumes cartonnés grand format, soit un bon kilo de bouquins, alors qu'un petit poche glissé dans le sac à main suffirait amplement.
Mais voilà que depuis quelques mois, il entend parler de plus en plus souvent de Harry Potter. En bon fils obéissant, il a résisté à la tentation de regarder les films, car il sait à quel point je trouverais lamentable qu'il les voie avant de lire les livres (et aussi parce qu'il n'aime pas regarder des films en général, avouons-le). Mais les allusions pleuvent autour de lui. Une jeune tante indélicate lui a par exemple révélé que le professeur Lupin était un loup-garou ; paf, une grosse partie du suspense s'est ainsi envolée. En apprenant ça aujourd'hui, je m'énerve :
— Elle aurait pu s'abstenir ! Il faudrait vraiment que tu lises les romans bientôt, sinon tu sauras tout avant même de les ouvrir...
— Je veux bien.
Pardon ? Qu'ouïs-je ?
— Tu veux essayer de lire le premier ?
— D'accord.
Croyez-moi, je ne me le suis pas fait dire deux fois. J'ai appelé Darling à la librairie où il travaille, et il est revenu avec le premier tome ce soir même : nous avons la série à la maison, bien sûr, mais en anglais.
Et sous nos yeux émerveillés, le Grand s'est immédiatement plongé dedans. Il n'a jamais pris une douche aussi rapide, il n'a pas voulu de dessert après le dîner, et je ne jurerais pas que ses dents ont réellement été en contact avec sa brosse à dents au cours des trois minutes qu'il a passées dans la salle de bain. Et à neuf heures, il m'a fait la scène classique du "Encore une minute je t'en supplie c'est juste un moment qui donne envie de savoir la suite !". Argument qui ne tient pas, bien entendu, car c'est la marque même d'un bon bouquin de donner envie de savoir la suite.
Je continuerai à ne prodiguer ni encouragements, ni jugements de valeur, mais je prie de tout mon cœur pour qu'il comprenne qu'un bon roman peut aussi permettre de s'évader, et bien plus longtemps qu'une bande dessinée. Parce que même si on peut très bien s'en passer, quel plus grand bonheur qu'aimer lire et bénéficier ainsi d'une garantie à vie contre l'ennui ?
Vive Harry Potter. Il a bien mérité sa baguette magique, tiens.
PS : Ce que je pense moi-même de cette série, en tant que spécialiste de littérature jeunesse ? Ma foi, comme tout le monde : ce sont de très bons romans, bien écrits, avec un univers très solide (je suis impressionnée par le talent qu'a eu l'auteure de semer dans les premiers volumes des éléments qui lui ont été utiles par la suite), avec des personnages très réussis à quelques exceptions près, un style impeccable quoique classique, et un scénario irréprochable. Comme rien n'est parfait, j'ajouterais qu'il y a des longueurs dans les derniers volumes (à partir du moment où l'éditeur, impressionné par les ventes, a cessé de lui faire retravailler ses textes, j'imagine), que les rapports amoureux entre adolescents sont mal explorés et peu crédibles, et que l'épilogue est étonnamment décevant (on sent qu'elle a voulu "bétonner" son histoire pour ne laisser à personne la possibilité d'y revenir). Des petits reproches qui ne m'ont pas fait bouder mon plaisir pour autant !
En revanche, il lit des bandes dessinées, et occasionnellement des documentaires. Et alors ? Lire, c'est un droit, pas un devoir. Le tout premier des dix droits du lecteur tels que définis par Daniel Pennac dans Comme un roman est celui de ne pas lire. Le cinquième est celui de lire n'importe quoi. C'est uniquement à cette condition que la lecture peut rester un plaisir.
Cela ne m'empêche pas de le regretter, bien sûr, et de ronger mon frein silencieusement. J'aurais tant aimé lui mettre entre les mains Le Petit Prince, Le Bon Gros Géant, Deux pour Une, et bien d'autres encore ! Et puis il y a les inconvénients pratiques. Comment voulez-vous partir en vacances en emportant assez de lecture pour un mois si ce ne sont que des BD ? Rien qu'en prévision des deux heures d'attente à la préfecture pour faire refaire la carte d'identité, il faut emporter trois ou quatre volumes cartonnés grand format, soit un bon kilo de bouquins, alors qu'un petit poche glissé dans le sac à main suffirait amplement.
Mais voilà que depuis quelques mois, il entend parler de plus en plus souvent de Harry Potter. En bon fils obéissant, il a résisté à la tentation de regarder les films, car il sait à quel point je trouverais lamentable qu'il les voie avant de lire les livres (et aussi parce qu'il n'aime pas regarder des films en général, avouons-le). Mais les allusions pleuvent autour de lui. Une jeune tante indélicate lui a par exemple révélé que le professeur Lupin était un loup-garou ; paf, une grosse partie du suspense s'est ainsi envolée. En apprenant ça aujourd'hui, je m'énerve :
— Elle aurait pu s'abstenir ! Il faudrait vraiment que tu lises les romans bientôt, sinon tu sauras tout avant même de les ouvrir...
— Je veux bien.
Pardon ? Qu'ouïs-je ?
— Tu veux essayer de lire le premier ?
— D'accord.
Croyez-moi, je ne me le suis pas fait dire deux fois. J'ai appelé Darling à la librairie où il travaille, et il est revenu avec le premier tome ce soir même : nous avons la série à la maison, bien sûr, mais en anglais.
Et sous nos yeux émerveillés, le Grand s'est immédiatement plongé dedans. Il n'a jamais pris une douche aussi rapide, il n'a pas voulu de dessert après le dîner, et je ne jurerais pas que ses dents ont réellement été en contact avec sa brosse à dents au cours des trois minutes qu'il a passées dans la salle de bain. Et à neuf heures, il m'a fait la scène classique du "Encore une minute je t'en supplie c'est juste un moment qui donne envie de savoir la suite !". Argument qui ne tient pas, bien entendu, car c'est la marque même d'un bon bouquin de donner envie de savoir la suite.
Je continuerai à ne prodiguer ni encouragements, ni jugements de valeur, mais je prie de tout mon cœur pour qu'il comprenne qu'un bon roman peut aussi permettre de s'évader, et bien plus longtemps qu'une bande dessinée. Parce que même si on peut très bien s'en passer, quel plus grand bonheur qu'aimer lire et bénéficier ainsi d'une garantie à vie contre l'ennui ?
Vive Harry Potter. Il a bien mérité sa baguette magique, tiens.
PS : Ce que je pense moi-même de cette série, en tant que spécialiste de littérature jeunesse ? Ma foi, comme tout le monde : ce sont de très bons romans, bien écrits, avec un univers très solide (je suis impressionnée par le talent qu'a eu l'auteure de semer dans les premiers volumes des éléments qui lui ont été utiles par la suite), avec des personnages très réussis à quelques exceptions près, un style impeccable quoique classique, et un scénario irréprochable. Comme rien n'est parfait, j'ajouterais qu'il y a des longueurs dans les derniers volumes (à partir du moment où l'éditeur, impressionné par les ventes, a cessé de lui faire retravailler ses textes, j'imagine), que les rapports amoureux entre adolescents sont mal explorés et peu crédibles, et que l'épilogue est étonnamment décevant (on sent qu'elle a voulu "bétonner" son histoire pour ne laisser à personne la possibilité d'y revenir). Des petits reproches qui ne m'ont pas fait bouder mon plaisir pour autant !
mardi 6 mars 2012
Découvertes
On en fait, des découvertes, quand on est forcé de ranger de fond en comble un cagibi où les choses s'accumulent depuis dix ans.
Par exemple, j'ai trouvé un deuxième ballon de gym pour femmes enceintes. Sachant que je ne me sers déjà pas du premier.
J'avais aussi oublié que nous avions acheté une telle quantité de matériel de camping, dont je n'ai jamais profité, puisque j'ai eu des problèmes de santé la seule fois où nous avons voulu l'utiliser. Or, avec tous ces gosses, je doute que cette tente qui me semblait pourtant énorme à l'époque nous resserve de sitôt.
Et puis il y a tous les trucs qu'on achète, et rachète, et rachète, et rachète inlassablement, parce qu'on croit qu'on n'en a plus, alors qu'ils sont juste enfouis sous le reste :
- sept lampes de poche (indispensables au quotidien, bien sûr) ;
- quatorze bougeoirs (sachant que les bougies et les petits enfants ne vont pas très bien ensemble) ;
- onze savonnettes (très utiles le jour où nous aurons onze salles de bain) ;
- six trousses d'écolier (toutes trop petites pour contenir le nombre de stylos réglementaire en primaire) ;
- dix-sept boîtes vides (on ne sait jamais, on pourrait avoir des choses à mettre dedans) ;
- vingt-neuf (29 ! VINGT-NEUF !) brosses à dent (avec leurs six tubes de dentifrices et leurs huit flacons de bain de bouche) (si quelqu'un a un jour des caries dans cette maison, ce ne sera pas ma faute).
Si j'y ajoute les dix-sept robes taille trois mois que Miss Thing One n'a jamais portées (je ne mets pas de robes à un bébé qui ne tient pas debout, on les retrouve toujours sous les aisselles), les trente-sept pulls que se partagent les Things (alors qu'ils n'en portent presque jamais, il fait très chaud chez moi et à la crèche), et éventuellement mes cent-cinquante et quelques paires de boucles d'oreilles (que je vais pouvoir remiser pendant quelques mois, j'évite de porter des boucles d'oreilles devant un nouveau-né, je ne suis pas folle), je sais quoi faire en cas de problèmes économiques : tout ça sur eBay, et hop, je suis riche.
(En revanche, on ne touche pas à mes bouquins, qu'on se le dise.)
Par exemple, j'ai trouvé un deuxième ballon de gym pour femmes enceintes. Sachant que je ne me sers déjà pas du premier.
J'avais aussi oublié que nous avions acheté une telle quantité de matériel de camping, dont je n'ai jamais profité, puisque j'ai eu des problèmes de santé la seule fois où nous avons voulu l'utiliser. Or, avec tous ces gosses, je doute que cette tente qui me semblait pourtant énorme à l'époque nous resserve de sitôt.
Et puis il y a tous les trucs qu'on achète, et rachète, et rachète, et rachète inlassablement, parce qu'on croit qu'on n'en a plus, alors qu'ils sont juste enfouis sous le reste :
- sept lampes de poche (indispensables au quotidien, bien sûr) ;
- quatorze bougeoirs (sachant que les bougies et les petits enfants ne vont pas très bien ensemble) ;
- onze savonnettes (très utiles le jour où nous aurons onze salles de bain) ;
- six trousses d'écolier (toutes trop petites pour contenir le nombre de stylos réglementaire en primaire) ;
- dix-sept boîtes vides (on ne sait jamais, on pourrait avoir des choses à mettre dedans) ;
- vingt-neuf (29 ! VINGT-NEUF !) brosses à dent (avec leurs six tubes de dentifrices et leurs huit flacons de bain de bouche) (si quelqu'un a un jour des caries dans cette maison, ce ne sera pas ma faute).
Si j'y ajoute les dix-sept robes taille trois mois que Miss Thing One n'a jamais portées (je ne mets pas de robes à un bébé qui ne tient pas debout, on les retrouve toujours sous les aisselles), les trente-sept pulls que se partagent les Things (alors qu'ils n'en portent presque jamais, il fait très chaud chez moi et à la crèche), et éventuellement mes cent-cinquante et quelques paires de boucles d'oreilles (que je vais pouvoir remiser pendant quelques mois, j'évite de porter des boucles d'oreilles devant un nouveau-né, je ne suis pas folle), je sais quoi faire en cas de problèmes économiques : tout ça sur eBay, et hop, je suis riche.
(En revanche, on ne touche pas à mes bouquins, qu'on se le dise.)
lundi 5 mars 2012
Cake nutella / panais
Une recette de cake au nutella et aux panais dans un petit livre de cuisine consacré au nutella ? Ce n'est pas absurde : les panais ont un petit goût de noisettes assez prononcé. Et puis il n'y a pas de raisons que ce soit moins bon que le cake chocolat / courgettes, pas vrai ?Allez, j'essaie, pendant que c'est encore la saison des panais.
Résultat... correct, disons. Sans plus. Pas assez de goût, trop friable, texture trop sèche. Quelques modifications s'imposent, pour le rendre à la fois meilleur et "diabétiquement correct".
Je recommence donc quelques jours plus tard, avec quelques légers, tout petits, quelques minuscules changements :
- Je remplace la farine par de la farine bise, et je diminue la quantité de 25%;
- Je remplace le sucre par du rapadura (sucre intégral), et je divise la quantité par trois ;
- J'ajoute trois œufs (a-t-on jamais vu un cake sans œufs ?) ;
- J'ajoute de la poudre de noisettes pour renforcer le goût ;
- Je remplace le beurre par de la margarine, et je diminue la quantité de 50% ;
- J'augmente la quantité de panais râpé de 25% ;
- Je double la quantité de nutella ;
- J'ajoute une grosse cuillérée à soupe de cacao non sucré.
J'ai tout de même gardé la levure : il y a donc UN ingrédient que j'ai conservé tel quel.
Résultat bien meilleur. On continue à ne pas vraiment deviner la présence du nutella (ni du panais, d'ailleurs, ni des noisettes, ni du cacao – en fait, on se demande ce qu'il y a, dans ce gâteau), mais c'est une bonne recette, et parfaite, tests à l'appui, pour les diabétiques. Vous pouvez féliciter l'auteure de ma part !
dimanche 4 mars 2012
C'est comme ça ! (bis)
Monitoring jeudi après-midi. Quelques légères contractions. C'est normal, me dit-on. Mais dans le doute, revenez demain.
Rebelote à neuf heures le vendredi matin. Cette fois, position imposée, sur le côté gauche, pour éviter la compression de la veine cave. Impossible de lire un manuscrit dans cette position. Gel visqueux, machine bruyante, mal au dos sur ce brancard à peine amélioré, et le mur pour tout paysage. Vingt-cinq minutes.
Conclusion : tout va bien. Quand je ne suis pas sur le dos, le gamin ne souffre pas du tout des contractions, et celles-ci n'agissent pas sur le col.
Au fil des examens, tout va bien, tout va très bien :
- Le bébé est gros, mais raisonnablement ;
- La résistance à l'insuline augmente, mais je sais gérer ;
- Le rythme cardiaque du Têtard est impeccable ;
- Les contractions, normales à ce stade, sont faibles et "inefficaces" ;
- Le gosse bouge tant qu'il peut ;
- La quantité de liquide amniotique est normale ;
- Je n'ai pas eu le moindre saignement en huit mois ;
- Le col est encore bien fermé ;
- Les échographies sont entièrement rassurantes ;
- Il a déjà la tête en bas, la position idéale ;
- Aucun indice ne permet de soupçonner une souffrance fœtale quelconque.
Conclusion : on passe à deux monitorings par semaine. Et puis on va refaire une échographie de contrôle.
La semaine prochaine, j'ai donc :
- un monitoring le lundi ;
- une échographie le mercredi ;
- un rendez-vous avec la diabétologue le jeudi ;
- un monitoring le vendredi.
Pour une grossesse normale du début à la fin (diabète et "petits maux" mis à part), sans la moindre cause d'alarme, et dont le terme est suffisamment avancé pour que le risque de la prématurité soit presque écarté.
Faut pas chercher à comprendre.
Rebelote à neuf heures le vendredi matin. Cette fois, position imposée, sur le côté gauche, pour éviter la compression de la veine cave. Impossible de lire un manuscrit dans cette position. Gel visqueux, machine bruyante, mal au dos sur ce brancard à peine amélioré, et le mur pour tout paysage. Vingt-cinq minutes.
Conclusion : tout va bien. Quand je ne suis pas sur le dos, le gamin ne souffre pas du tout des contractions, et celles-ci n'agissent pas sur le col.
Au fil des examens, tout va bien, tout va très bien :
- Le bébé est gros, mais raisonnablement ;
- La résistance à l'insuline augmente, mais je sais gérer ;
- Le rythme cardiaque du Têtard est impeccable ;
- Les contractions, normales à ce stade, sont faibles et "inefficaces" ;
- Le gosse bouge tant qu'il peut ;
- La quantité de liquide amniotique est normale ;
- Je n'ai pas eu le moindre saignement en huit mois ;
- Le col est encore bien fermé ;
- Les échographies sont entièrement rassurantes ;
- Il a déjà la tête en bas, la position idéale ;
- Aucun indice ne permet de soupçonner une souffrance fœtale quelconque.
Conclusion : on passe à deux monitorings par semaine. Et puis on va refaire une échographie de contrôle.
La semaine prochaine, j'ai donc :
- un monitoring le lundi ;
- une échographie le mercredi ;
- un rendez-vous avec la diabétologue le jeudi ;
- un monitoring le vendredi.
Pour une grossesse normale du début à la fin (diabète et "petits maux" mis à part), sans la moindre cause d'alarme, et dont le terme est suffisamment avancé pour que le risque de la prématurité soit presque écarté.
Faut pas chercher à comprendre.
samedi 3 mars 2012
Pollyanna
J'avais promis de vous parler de ce livre qui a beaucoup marqué mon enfance, et chose promise, chose due !
Pollyanna est un un roman américain d'Eleanor H. Porter écrit en 1913, donc en gros, à la même époque que Les quatre filles du docteur March, La petite princesse, Anne et la maison aux pignons verts, Papa Longues-jambes et d'autres ultra-ultra-classiques américains de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, pleins de bons sentiments et surtout destinés aux filles. Si ces titres ne vous disent rien, c'est normal, car en dehors du premier, ils n'ont jamais eu beaucoup de succès en France. Pourtant, je vous assure que dans de nombreux pays, en particulier bien sûr dans tous les pays anglo-saxons, Pollyanna est un personnage aussi connu que Tom Sawyer ou Mary Poppins. Elle est même entrée dans le dictionnaire pour désigner "une personne d'un optimisme béat", et a sa statue dans la ville d'origine de sa créatrice, Littleton. Qui dit mieux ?
Qui est-elle donc, cette délicieuse enfant ? Une pauvre orpheline que le destin conduit à habiter avec sa tante, une vieille fille stricte et acariâtre. Mais Pollyanna a appris à jouer avec son père au "jeu du contentement", qui consiste à trouver en toutes circonstances une raison de se réjouir. Ainsi, quand sa tante la relègue dans une petite chambre sous les toits laide et surchauffée alors que sa maison contient plein de chambres luxueuses et inoccupées, Pollyanna se réjouit de la vue magnifique, et même de ne pas avoir de miroir, puisque cela lui évitera d'avoir à se lamenter sur ses taches de rousseur ! Forcément, chaque tentative de la punir tourne court : quand sa tante la condamne à dîner avec du pain et du lait dans la cuisine, elle lui saute au cou pour la remercier, car elle aime le pain, le lait, et la compagnie des domestiques !
Son optimisme, sa franchise déconcertante, sa naïveté et sa gentillesse vont peu à peu faire d'elle la mascotte de la ville. Parmi ses conquêtes, on compte Mrs Snow, une invalide éternellement ronchon, et Mr Pendleton, un célibataire asocial. Et aussi le docteur Chilton, brouillé avec sa tante pour une raison mystérieuse...
Sa gaieté est cependant mise à rude épreuve le jour où, victime d'un accident, elle apprend qu'elle risque de ne plus jamais pouvoir marcher. Mais cet épisode lui permet de mesurer l'amour que tout le monde lui porte, y compris (enfin !) sa tante, et bien entendu, tout finit bien pour tout le monde !
Allergiques aux bons sentiments, passez votre chemin ! A côté, même Les quatre filles du docteur March est un roman noir. Dans Pollyanna, le malheur existe, mais pas le mal. Et c'est justement pour ça que je l'ai tant aimé, enfant, et pour ça qu'il a tant marqué les esprits. Et en dehors de la joie de vivre qu'il communique aux lecteurs, il faut reconnaître que ce roman possède bien d'autres qualités : des personnages hauts en couleur, des dialogues très drôles, des retournements de situation inattendus, une narration parfaitement maîtrisée, etc.
Malheureusement, vous ne pourrez en profiter que si vous lisez l'anglais (ou l'italien, ou le polonais, ou n'importe quelle autre langue dans lequel le roman a eu du succès et est encore disponible), ou à la rigueur si vous êtes très riche, car s'il a bien été traduit en français en 1929 aux éditions Jeheber, il est aujourd'hui quasiment introuvable : je viens de le voir sur Priceminister pour la modique somme de... 400 euros. Et tous mes efforts pour le faire rééditer en français auprès d'éditrices avec lesquelles je travaille ont été vains.
Quelques mots encore au sujet des suites :
- Un deuxième volume a été écrit par Eleanor H. Porter, Pollyanna grandit. Je le trouve moins réussi. Au début, l'histoire se répète – Pollyanna redonne le goûte de vivre à une femme maussade, et trouve un parent adoptif à un orphelin –, et ensuite, ça se transforme en roman à l'eau de rose très classique, avec quiproquos amoureux et happy end romantique. J'apprécie également moins les personnages, plus sombres et moins pittoresques que dans le premier volume.
- Beaucoup d'autres suites ont été écrites pour profiter du succès de l'original, un peu comme pour Heidi, mais elles ne sont pas de la même auteure, et je ne les ai jamais lues.
Enfin, au sujet des adaptations :
- Un film de Walt Disney a été tourné en 1960, et pour une fois, je l'ai vu. En toute honnêteté, il n'est pas mal, même si ça ne casse pas des briques. L'histoire est un peu différente, et je trouve que l'actrice principale n'est pas assez rayonnante et spontanée pour incarner Pollyanna, mais on passe tout de même un bon moment.
- Un dessin animé japonais d'une cinquantaine d'épisodes a été diffusé en France à la fin des années 80. La maison de production est Nippon Animation, la même qui a produit "Tom Sawyer" et "Princesse Sarah", et le dessin animé a eu pas mal de succès et a été rediffusé un certain nombre de fois. Ceux qui le connaissent s'en souvienne avec plaisir.
Autrement dit, même si je n'aime pas les adaptations, puisque les francophones monolingues ne pourront de toute façon pas lire le roman, je vous autorise pour une fois à faire une exception !
PS : Ici et ici, deux autres blogueuses qui parlent de leur amour pour ce roman.
Post-scriptum d'avril 2016 : après des décennies d'oubli, Pollyanna est enfin ressorti dans une édition française, chez Zethel. Je l'ai relu en diagonale, et la traduction d'Elisabeth Luc est tout à fait convenable (même si j'aurais fait mieux, cela va sans dire). Vous n'avez donc plus aucune excuse pour ne pas lire le roman plutôt que vous contenter des adaptations, même si vous êtes monolingue. Allez, hop, on file chez le libraire !
Pollyanna est un un roman américain d'Eleanor H. Porter écrit en 1913, donc en gros, à la même époque que Les quatre filles du docteur March, La petite princesse, Anne et la maison aux pignons verts, Papa Longues-jambes et d'autres ultra-ultra-classiques américains de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, pleins de bons sentiments et surtout destinés aux filles. Si ces titres ne vous disent rien, c'est normal, car en dehors du premier, ils n'ont jamais eu beaucoup de succès en France. Pourtant, je vous assure que dans de nombreux pays, en particulier bien sûr dans tous les pays anglo-saxons, Pollyanna est un personnage aussi connu que Tom Sawyer ou Mary Poppins. Elle est même entrée dans le dictionnaire pour désigner "une personne d'un optimisme béat", et a sa statue dans la ville d'origine de sa créatrice, Littleton. Qui dit mieux ?Qui est-elle donc, cette délicieuse enfant ? Une pauvre orpheline que le destin conduit à habiter avec sa tante, une vieille fille stricte et acariâtre. Mais Pollyanna a appris à jouer avec son père au "jeu du contentement", qui consiste à trouver en toutes circonstances une raison de se réjouir. Ainsi, quand sa tante la relègue dans une petite chambre sous les toits laide et surchauffée alors que sa maison contient plein de chambres luxueuses et inoccupées, Pollyanna se réjouit de la vue magnifique, et même de ne pas avoir de miroir, puisque cela lui évitera d'avoir à se lamenter sur ses taches de rousseur ! Forcément, chaque tentative de la punir tourne court : quand sa tante la condamne à dîner avec du pain et du lait dans la cuisine, elle lui saute au cou pour la remercier, car elle aime le pain, le lait, et la compagnie des domestiques !
Son optimisme, sa franchise déconcertante, sa naïveté et sa gentillesse vont peu à peu faire d'elle la mascotte de la ville. Parmi ses conquêtes, on compte Mrs Snow, une invalide éternellement ronchon, et Mr Pendleton, un célibataire asocial. Et aussi le docteur Chilton, brouillé avec sa tante pour une raison mystérieuse...
Sa gaieté est cependant mise à rude épreuve le jour où, victime d'un accident, elle apprend qu'elle risque de ne plus jamais pouvoir marcher. Mais cet épisode lui permet de mesurer l'amour que tout le monde lui porte, y compris (enfin !) sa tante, et bien entendu, tout finit bien pour tout le monde !
Allergiques aux bons sentiments, passez votre chemin ! A côté, même Les quatre filles du docteur March est un roman noir. Dans Pollyanna, le malheur existe, mais pas le mal. Et c'est justement pour ça que je l'ai tant aimé, enfant, et pour ça qu'il a tant marqué les esprits. Et en dehors de la joie de vivre qu'il communique aux lecteurs, il faut reconnaître que ce roman possède bien d'autres qualités : des personnages hauts en couleur, des dialogues très drôles, des retournements de situation inattendus, une narration parfaitement maîtrisée, etc.
Malheureusement, vous ne pourrez en profiter que si vous lisez l'anglais (ou l'italien, ou le polonais, ou n'importe quelle autre langue dans lequel le roman a eu du succès et est encore disponible), ou à la rigueur si vous êtes très riche, car s'il a bien été traduit en français en 1929 aux éditions Jeheber, il est aujourd'hui quasiment introuvable : je viens de le voir sur Priceminister pour la modique somme de... 400 euros. Et tous mes efforts pour le faire rééditer en français auprès d'éditrices avec lesquelles je travaille ont été vains.
Quelques mots encore au sujet des suites :
- Un deuxième volume a été écrit par Eleanor H. Porter, Pollyanna grandit. Je le trouve moins réussi. Au début, l'histoire se répète – Pollyanna redonne le goûte de vivre à une femme maussade, et trouve un parent adoptif à un orphelin –, et ensuite, ça se transforme en roman à l'eau de rose très classique, avec quiproquos amoureux et happy end romantique. J'apprécie également moins les personnages, plus sombres et moins pittoresques que dans le premier volume.
- Beaucoup d'autres suites ont été écrites pour profiter du succès de l'original, un peu comme pour Heidi, mais elles ne sont pas de la même auteure, et je ne les ai jamais lues.
Enfin, au sujet des adaptations :- Un film de Walt Disney a été tourné en 1960, et pour une fois, je l'ai vu. En toute honnêteté, il n'est pas mal, même si ça ne casse pas des briques. L'histoire est un peu différente, et je trouve que l'actrice principale n'est pas assez rayonnante et spontanée pour incarner Pollyanna, mais on passe tout de même un bon moment.
- Un dessin animé japonais d'une cinquantaine d'épisodes a été diffusé en France à la fin des années 80. La maison de production est Nippon Animation, la même qui a produit "Tom Sawyer" et "Princesse Sarah", et le dessin animé a eu pas mal de succès et a été rediffusé un certain nombre de fois. Ceux qui le connaissent s'en souvienne avec plaisir.Autrement dit, même si je n'aime pas les adaptations, puisque les francophones monolingues ne pourront de toute façon pas lire le roman, je vous autorise pour une fois à faire une exception !
PS : Ici et ici, deux autres blogueuses qui parlent de leur amour pour ce roman.
Post-scriptum d'avril 2016 : après des décennies d'oubli, Pollyanna est enfin ressorti dans une édition française, chez Zethel. Je l'ai relu en diagonale, et la traduction d'Elisabeth Luc est tout à fait convenable (même si j'aurais fait mieux, cela va sans dire). Vous n'avez donc plus aucune excuse pour ne pas lire le roman plutôt que vous contenter des adaptations, même si vous êtes monolingue. Allez, hop, on file chez le libraire !vendredi 2 mars 2012
Les petits maux de la grossesse (10) : les troubles du sommeil
Sous cette appellation générique se cachent deux réalités bien différentes.
En début de grossesse, avant tout autre symptôme, avant même les nausées, parfois même avant de savoir qu'on est enceinte, on est prise d'une fatigue foudroyante. Si on s'écoutait, on dormirait douze heures par nuit, plus deux siestes de deux heures chacune ; mieux encore, on demanderait une mise en hibernation immédiate pour une durée d'au moins trois mois. Malheureusement, on ne s'écoute pas, parce qu'on travaille, ou qu'on a des enfants, ou une vie sociale trépidante, ou les trois, ou qu'on est en vacances dans un petit village en Italie avec des amis qu'on ne veut pas encore informer de ce futur "heureux événement", d'abord par superstition, et ensuite parce qu'on a besoin soi-même de digérer la nouvelle et de se convaincre que l'événement est réellement heureux. (Toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé serait bien sûr fort truite, hein.)
Bref, pendant un bon trimestre, on se traîne lamentablement, on appelle de ses vœux un congé maternité anticipé, et quand on travaille dans un bureau, on en arrive même à faire des micro-siestes allongée sur la moquette dans les toilettes ou assise devant son ordinateur, la tête entre les mains, prête à se redresser d'un bond si le chef passe dans le couloir. (Situations vécues : je ne travaillais pas encore à domicile quand je suis tombée enceinte du Grand, et mon boss n'était pas tendre). Et on se brouille avec la moitié de ses amis parce qu'on refuse toutes leurs invitations en prétextant une panne de voiture (alors qu'on n'a pas de voiture) ou une otite du petit dernier (alors qu'on n'a pas de petit dernier), toujours pour éviter d'avoir à avouer qu'on a envie de vomir à la simple pensée de croquer dans un concombre et qu'on doit se coucher encore plus tôt que les poules si on veut tenir le choc.
Pendant le deuxième trimestre, RAS, ou presque. Disons qu'on ferait bien des grasses matinées plus souvent, et des siestes aussi, mais on survit.
Pendant le troisième trimestre, c'est une autre chanson. Au lieu de s'écrouler sur le matelas à 21h30 pour n'en émerger qu'au matin après la cinquième sonnerie du réveil, voilà qu'on se met à avoir du mal à dormir. Beaucoup de mal. De plus en plus de mal.
Certes, si vous avez bien suivi, ça n'a rien d'étonnant, car je vous rappelle que :
- On a les jambes qui remuent toutes seules dès qu'on arrête de bouger ;
- On a mal partout à cause du mauvais retour veineux ;
- On a des syncopes quand on veut se retourner et qu'on se retrouve sur le dos ;
- On ne sait plus comment caser cet énorme ventre (et je ne vous parle pas des seins) ;
- On a des démangeaisons mal placées ;
- On a envie de faire pipi toutes les deux heures maximum ;
- On a le nez tellement bouché qu'on n'arrive plus à respirer ;
- On a faim, parce qu'on a rationné les féculents ;
- On est victime de crampes fulgurantes au moindre mouvement ;
- On a un petit locataire dans le bidon qui ne trouve rien de plus rigolo que de faire de violentes galipettes (alors qu'il a pioncé toute la journée).
Ce qui, vous en conviendrez, suffit largement à justifier qu'on ait un peu de difficultés à dormir.
Oui mais non, ça ne suffit pas. Croyez-y-croyez-y pas, ce n'est pas la seule raison pour laquelle on finit, de guerre lasse, par se relever à trois heures du matin, en constatant au passage que sur les trois cent appartements de la résidence, pas un seul n'a de lumière allumée. Figurez-vous qu'au dernier trimestre, on fait des insomnies. Peut-être pour des raisons psychologiques, parce qu'on stresse, sur le mode "Oui mais alors si je mets le matériel de bricolage dans le placard à la place des couvertures pour pouvoir mettre les gigoteuses du gamin à la place du matériel de bricolage, où vais-je caser lesdites couvertures ?" ou encore "Bigre, il y a une trousse de maquillage qui figure sur la liste des choses à apporter à la maternité, dois-je en acheter une alors que je ne sais pas par quel bout on tient un mascara ?". Ou peut-être pour des raisons hormonales – la réponse standard des médecins à tous les problèmes des femmes enceintes (dans quelques semaines, quand vous passerez plus de temps chez le pédiatre que chez la gynéco, ce ne sera plus "C'est les hormones" mais "Il a des coliques", puis "Il fait ses dents", ça vous changera).
J'ai même récemment rencontré une sage-femme qui m'a expliqué doctement que les cycles de sommeil des femmes enceintes se raccourcissaient avant leur accouchement pour s'adapter à ceux du bébé, afin qu'elles soient bien entraînées à se lever huit fois par nuit dans les jours suivant la naissance.
On dit merci qui ? Merci, Madame la Nature !
En début de grossesse, avant tout autre symptôme, avant même les nausées, parfois même avant de savoir qu'on est enceinte, on est prise d'une fatigue foudroyante. Si on s'écoutait, on dormirait douze heures par nuit, plus deux siestes de deux heures chacune ; mieux encore, on demanderait une mise en hibernation immédiate pour une durée d'au moins trois mois. Malheureusement, on ne s'écoute pas, parce qu'on travaille, ou qu'on a des enfants, ou une vie sociale trépidante, ou les trois, ou qu'on est en vacances dans un petit village en Italie avec des amis qu'on ne veut pas encore informer de ce futur "heureux événement", d'abord par superstition, et ensuite parce qu'on a besoin soi-même de digérer la nouvelle et de se convaincre que l'événement est réellement heureux. (Toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé serait bien sûr fort truite, hein.)
Bref, pendant un bon trimestre, on se traîne lamentablement, on appelle de ses vœux un congé maternité anticipé, et quand on travaille dans un bureau, on en arrive même à faire des micro-siestes allongée sur la moquette dans les toilettes ou assise devant son ordinateur, la tête entre les mains, prête à se redresser d'un bond si le chef passe dans le couloir. (Situations vécues : je ne travaillais pas encore à domicile quand je suis tombée enceinte du Grand, et mon boss n'était pas tendre). Et on se brouille avec la moitié de ses amis parce qu'on refuse toutes leurs invitations en prétextant une panne de voiture (alors qu'on n'a pas de voiture) ou une otite du petit dernier (alors qu'on n'a pas de petit dernier), toujours pour éviter d'avoir à avouer qu'on a envie de vomir à la simple pensée de croquer dans un concombre et qu'on doit se coucher encore plus tôt que les poules si on veut tenir le choc.
Pendant le deuxième trimestre, RAS, ou presque. Disons qu'on ferait bien des grasses matinées plus souvent, et des siestes aussi, mais on survit.
Pendant le troisième trimestre, c'est une autre chanson. Au lieu de s'écrouler sur le matelas à 21h30 pour n'en émerger qu'au matin après la cinquième sonnerie du réveil, voilà qu'on se met à avoir du mal à dormir. Beaucoup de mal. De plus en plus de mal.
Certes, si vous avez bien suivi, ça n'a rien d'étonnant, car je vous rappelle que :
- On a les jambes qui remuent toutes seules dès qu'on arrête de bouger ;
- On a mal partout à cause du mauvais retour veineux ;
- On a des syncopes quand on veut se retourner et qu'on se retrouve sur le dos ;
- On ne sait plus comment caser cet énorme ventre (et je ne vous parle pas des seins) ;
- On a des démangeaisons mal placées ;
- On a envie de faire pipi toutes les deux heures maximum ;
- On a le nez tellement bouché qu'on n'arrive plus à respirer ;
- On a faim, parce qu'on a rationné les féculents ;
- On est victime de crampes fulgurantes au moindre mouvement ;
- On a un petit locataire dans le bidon qui ne trouve rien de plus rigolo que de faire de violentes galipettes (alors qu'il a pioncé toute la journée).
Ce qui, vous en conviendrez, suffit largement à justifier qu'on ait un peu de difficultés à dormir.
Oui mais non, ça ne suffit pas. Croyez-y-croyez-y pas, ce n'est pas la seule raison pour laquelle on finit, de guerre lasse, par se relever à trois heures du matin, en constatant au passage que sur les trois cent appartements de la résidence, pas un seul n'a de lumière allumée. Figurez-vous qu'au dernier trimestre, on fait des insomnies. Peut-être pour des raisons psychologiques, parce qu'on stresse, sur le mode "Oui mais alors si je mets le matériel de bricolage dans le placard à la place des couvertures pour pouvoir mettre les gigoteuses du gamin à la place du matériel de bricolage, où vais-je caser lesdites couvertures ?" ou encore "Bigre, il y a une trousse de maquillage qui figure sur la liste des choses à apporter à la maternité, dois-je en acheter une alors que je ne sais pas par quel bout on tient un mascara ?". Ou peut-être pour des raisons hormonales – la réponse standard des médecins à tous les problèmes des femmes enceintes (dans quelques semaines, quand vous passerez plus de temps chez le pédiatre que chez la gynéco, ce ne sera plus "C'est les hormones" mais "Il a des coliques", puis "Il fait ses dents", ça vous changera).
J'ai même récemment rencontré une sage-femme qui m'a expliqué doctement que les cycles de sommeil des femmes enceintes se raccourcissaient avant leur accouchement pour s'adapter à ceux du bébé, afin qu'elles soient bien entraînées à se lever huit fois par nuit dans les jours suivant la naissance.
On dit merci qui ? Merci, Madame la Nature !
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