lundi 10 décembre 2018

Tétris de gâteaux

Comme le Grand a décidé de ne pas changer de lycée en cours de scolarité, il revient tard tous les soirs, après une petite heure de transports en RER entre notre ancienne banlieue et notre nouvel appart. Du coup, tous les matins, je lui prépare son goûter ; dans la grande majorité des cas, je lui donne une pomme, plus une part de gâteau ou des biscuits confectionnés la veille. Ce matin, je réussis à caser un reste de pain d'épice et quatre petits gâteaux de Noël dans un mini-tupperware carré. Mais il veut y ajouter un bonbon de sa chaussette de Saint-Nicolas.
Il ouvre la boîte,
pose le bonbon sur le dessus,
s'aperçoit qu'il ne peut plus refermer la boîte,
enlève un petit gâteau pour mettre le bonbon,
s'aperçoit qu'il ne peut plus remettre le petit gâteau,
et finit par me regarder d'un air désespéré.

Je lui prends l'ensemble des mains, et trois secondes plus tard, j'ai trouvé une place pour le bonbon en tournant le pain d'épice sur le côté. Ça me rappelle Darling qui mettait deux valises empilées dans le coffre d'une voiture et qui disait ensuite " ben voilà, y a plus de place". Je le dis à mon Grand :
— Toi, tu feras partie des gens qui sont incapables d'organiser une valise, ou le coffre d'une voiture. Si tu as une famille un jour, il faudra que ce soit ta femme qui remplisse le coffre au moment des départs en vacances...
— Bah, de toute façon, d'ici-là, il n'y aura plus de voiture.

(Mouais. N'empêche qu'en attendant, tous les soirs, je dois réorganiser le lave-vaisselle pour y mettre tout ce qu'il n'a pas réussi à caser dedans...)
(Je vais lui acheter un jeu de Tétris, tiens)

vendredi 7 décembre 2018

Lectures intensives

– Fofo, me dit une éditrice il y a quelques jours, j'ai reçu plein de manuscrits étrangers. J'aurais besoin de faire le tri. Tu ne veux pas venir passer une matinée chez nous de temps en temps pour jeter un coup d’œil, toi qui sais si bien juger objectivement les points forts et les points faibles des bouquins ?

Elle n'a eu aucun mal à me convaincre. Quand on me propose un boulot qui me sort de chez moi, je suis (presque) toujours partante, surtout si on me prend par la flatterie.

Ce matin, donc, j'arrive à l'heure dite, et je suis accueillie par mon éditrice qui me conduit dans un beau bureau vitré, avec de la moquette par terre et une bouilloire sur la table. Elle me pose une grosse pile de manuscrits sous le nez et me plante là.
Je m'installe le plus confortablement possible sur la chaise (note : la prochaine fois, apporter un coussin), je me fais un thé (avec du lait) (oui, j'avais pensé à en apporter) (on peut me faire confiance pour ne pas oublier ce genre de choses), j'ôte mes chaussures (sinon, à quoi sert la moquette ?) et je me lance.
L'éditrice ne m'avait imprimé que 50 pages de chaque roman, en me prévenant qu'elle me donnerait la suite si ça en valait vraiment la peine.
En une matinée, j'ai donc lu les premiers chapitres de :
- Un roman historique avec des pirates et des princes ;
- Un roman humoristique sur un frère et une sœur en vacances ;
- Un roman coup-de-poing sur une amitié naissante entre deux âmes cabossées par la vie ;
- Un roman réaliste sur une secte aux Etats-Unis ;
- Un roman policier avec des gamins-détectives qui cherchent des voleurs de bijoux.

Comme aucun roman n'était excellent ou suffisamment vendeur, je ne suis jamais allée au-delà des cinquante premières pages. Mais comme aucun n'était mauvais au point de le laisser tomber au bout de quelques paragraphes ou même de le lire en diagonale, je n'ai pas pu m'empêcher de me plonger à fond dans chaque roman avant de devoir m'interrompre brutalement.

J'ai l'impression d'avoir passé ma matinée à voyager dans des contrées différentes, mais en devant à chaque fois reprendre le train pour ailleurs alors que je venais à peine de faire le tour de la gare d'arrivée.


mercredi 5 décembre 2018

Un saint débrouillard

Les gamins, qui attendent avec impatience depuis bien des jours leur chaussette garnie, ont tout de même oublié de laisser le traditionnel verre de lait et la carotte pour l'âne avant d'aller se coucher, pour le passage de saint Nicolas. Comme ce dernier est très gentil (normal, c'est un saint), il a tout de même apporté tout plein de friandises.



Mais comme la sainteté, ça va bien deux minutes, il leur a laissé un petit mot.

(Cliquez pour agrandir)

Bonne Saint-Nicolas à tous !

mardi 4 décembre 2018

Y a des jours comme ça...

Il y a des travaux à la colonne d'eau de mon immeuble. Cela fait plusieurs fois que l'eau est coupée pendant toute la journée. Ce qui n'est pas très grave, en dehors du fait que je ne peux pas faire de lessive. Le problème, c'est qu'on ne sait pas à quelle heure elle reviendra. Quand les enfants rentrent de l'école, ils doivent se laver les mains dans une bassine d'eau déjà assez savonneuse (oui, je me lave les mains de temps en temps, pendant la journée). On ne peut pas tirer la chasse d'eau : je vous laisse imaginer l'odeur quand ils sont tous allés faire la grosse commission. Ils ne peuvent pas prendre de douche. Et bien sûr, je ne peux pas faire cuire des pâtes ("Et du riz, alors ?" m'a suggéré le Grand, à qui il faut que je donne quelques leçons de cuisine basique), ni laver des légumes.
Bref, quand il est 18h40 et que j'attends avec une impatience grandissante que l'eau revienne, ça m'énerve, ça me stresse, ça me met de mauvaise humeur.
Ce soir, j'ai décidé de prendre ma mauvaise humeur par les cornes et de la terrasser de mon mieux. Option numéro 1 : aller au théâtre ou au cinéma. Impossible, il me reste 7 pages à traduire impérativement ce soir. Je ne compte plus les films et pièces de théâtre que j'ai raté ces derniers mois.
Option numéro 2 : manger des sucreries. Bof. J'y ai un peu trop souvent recours, ces derniers temps, pour compenser le manque de sorties et le manque de sommeil.
Option numéro 3 : mettre de la musique, et chanter à tue-tête en faisant mes corvées. Bonne idée.
J'ai donc pris un CD,
J'ai allumé ma chaîne hi-fi,
J'ai glissé le disque à l'intérieur...
... et il y est resté coincé.
Impossible de le ressortir.

Voilà, du coup je n'ai toujours pas d'eau, j'ai toujours trop de boulot, ET j'ai une chaîne hi-fi à faire réparer dès que j'aurai deux minutes, d'ici quatre à six mois environ.

(Je me demande s'il reste du chocolat ?)

lundi 3 décembre 2018

Résumé des derniers épisodes...

... que vous avez manqués suite à une interruption des programmes pour des raisons indépendantes de notre volonté (mais c'était trop long, comme titre).

Donc, donc, donc.
En juillet, les enfants sont allés passer quelques jours en Espagne chez leur père pendant que je déménageais. Tout ce que j'ai su, c'est que "tout s'est bien passé". Ça me suffisait, remarquez bien.

A leur retour, ils ont eu moins de 48 heures pour faire la connaissance de notre nouvel appart parisien avant le départ vers les Alpes, chez ma mère. Nous avons fait des randonnées, avec en prime mon neveu Gnafron que je portais sur le dos (ce qui m'a rappelé des souvenirs). De tout l'été, la "douche" prise avec une bassine d'eau (glacée) dans une "cabine" en tissu ouverte sur la vallée, dans un refuge de haute montagne, après une montée éreintante, est peut-être mon moment préféré (en tous cas le plus dépaysant).

Ensuite, en août, nous avons passé une douzaine de jours à Berlin dans le cadre d'un échange d'appartement. Dans l'ensemble, c'était fort sympathique et intéressant. Nous avons révisé intensément l'histoire allemande, vu de bien jolies choses, et très mal mangé (on ne peut pas tout avoir).
Et puis nous avons terminé notre périple par la maison de famille où nous allons tous les ans, et où Darling nous a rejoints quelques jours. Des moustiques horriblement virulents, une chaleur écrasante, et trop de travail pour pouvoir faire des excursions : ce n'était pas, à mes yeux, la meilleure partie des vacances. Mais les enfants s'y plaisent toujours.

(Donc oui, mes mômes ont partagé leurs vacances entre la mer en Espagne, la montagne en France, la grande ville en Allemagne, et la campagne en Italie. Je pense qu'ils ont battu tous les records.) (Tout ça sans une seule nuit d'hôtel ou de location, en plus.)

Et puis ce fut le retour, et puis ce fut la rentrée dans une nouvelle école, en CP pour le Filou, en CE2 pour les Things, tandis que le Grand a fait connaissance avec le RER à l'heure de pointe, puisqu'il a choisi de continuer sa scolarité dans le lycée où il était l'an dernier. Une nouvelle traduction à commencer de toute urgence une fois la précédente enfin terminée, des meubles à monter, des placards et une cuisine à réorganiser, 130 cartons à déballer, et les immanquables formulaires scolaires à remplir et livres à couvrir, en plus des corvées ordinaires et du quartier à découvrir. Autant vous dire que je n'ai pas vraiment vu passer le mois de septembre.

Ni le mois d'octobre. Sauf les quatre jours d'escapade à Vienne avec une amie, pendant que les enfants étaient de nouveau chez leur père. L'occasion de découvrir que Vienne est une ville très, très belle, bourrée de monuments, de salles de concert et de pâtisseries, et de pas grand-chose d'autre. Ça me convient assez bien, remarquez. Surtout les pâtisseries. (Oui oui, les châteaux, et Klimt, et Egon Schiele, et Sissi, et la cathédrale impressionnante, et l'architecture incroyable de Hunderwasser, et les rues piétonnes, et la grande roue, et tout ça, mais quand même, mon meilleur souvenir restera ce Kaiserschmarren exquis pris dans un resto choisi au hasard.)

Après je suppose qu'en toute logique, il y a dû y avoir un mois de novembre, mais je n'en ai aucun souvenir. Ou alors très vagues. Rendez-vous orthoptiste, et banque, et instits, et kiné, et plombier qui ne répond pas aux relances, et livraison IKEA repoussée de semaine en semaine, et cours de natation le weekend pour les gamins, et coupures d'eau à répétition dans l'immeuble, et dossier de demande de tiers-temps à monter pour le Grand, et Filou malade encore et encore, et nouvelles lunettes pour Miss Thing One, et fiches de lectures urgente en plus de la trad en retard, et... oui bon en fait c'est peut-être aussi bien que je ne me souvienne pas de ce mois de novembre, finalement.

Mais, mais, mais. J'aime cet appart. J'aime ce quartier. J'aime ces enfants qui grandissent et sont de plus en plus autonomes. J'aime ma vie de mère célibataire. J'aime ma traduction en cours. J'aime mes projets de vacances. Alors même si parfois, c'est dur, et même si je ne dors jamais assez, et même si j'ai le plus grand mal à trouver quelques minutes de libre, ne serait-ce que pour bloguer (et ne parlons même pas de lire, ou d'écrire, ou de faire du sport, voire de sortir), j'essaie de ne pas perdre de vue l'essentiel : dans l'ensemble, en ce moment, je suis heureuse.
Cela mérite d'être dit, non ?


jeudi 13 septembre 2018

Contrepétrie involontaire

— Mon Grand, tu peux aller ramasser le singe qui lèche ?

Ce n'est qu'en voyant sa mine totalement ahurie que je me suis rendu compte que quelque chose n'allait pas dans ma phrase.

(Franchement, il aurait pu faire un effort : je désignais la salle de bain !)

lundi 3 septembre 2018

Les animaux sont nos amis (quoique...)

Quel est l'animal le plus détesté par tous les parents même en temps ordinaire, mais particulièrement une veille de rentrée?
Réponse : le poux.
(Soupir)
(Ça faisait longtemps, tiens)
(Merci la copine de Miss Thing One invitée il y a trois jours)
(Allez, pas grave, j'ai survécu à pire)
Bonne reprise à tous ceux qui reprennent, et pleins de bises aux instits qui m'ont bien manqué ces dernières semaines!