mercredi 13 novembre 2019

Entre deux urgences

J'ai survécu, hein. Dès que je peux je vous raconte. Mais au retour, j'ai dû faire 7 lessives (pour de vrai): manteaux, vêtements, couvertures, tente, chaussures,  sacs, TOUT était couvert de boue. Et après, j'ai dû terminer une trad avant un séjour utilitaire de quatre jours en Italie (bénie soit ma mère qui a accepté de venir garder les gamins). J'ai fini de l'imprimer hier à 2h05 du matin. Je me suis levée à 5h10 pour aller prendre mon train. J'ai 347 pages à relire d'ici samedi au rythme de 10 pages par heure (la relecture, c'est lent). Plus un gros album documentaire à traduire et 4 fiches de lecture à rédiger. Et les trucs pratiques et administratifs à régler sur place, bien sûr.

Parfois je me demande si la vie que je mène est bien raisonnable? 

(Non, ne répondez pas. Ou alors mentez-moi.)

samedi 9 novembre 2019

camping en conditions extrêmes

Je suis actuellement sous une tente, dans un sac de couchage premier prix augmenté d'une mini couverture. Dehors, il fait 5 degrés et il pleut des cordes.
Le pire, c'est que je suis venue de mon plein gré.
Si je ne meurs ni noyée ni congelée, je vous raconterai. 

jeudi 7 novembre 2019

Remerciements de l'auteur

Cela se fait beaucoup dans certains pays comme le Royaume-Uni, beaucoup moins dans d'autres comme la France. A la fin d'un livre, parfois, il y a tout une page, voire deux ou trois pages de remerciements.
Je remercie mon agent, mon éditeur, l'illustrateur de couverture, le maquettiste, les représentants, le service de presse, les correcteurs, bref tout le personnel de la maison d'édition, et puis aussi tous ceux et celles qui m'ont aidé dans mes recherches, les libraires qui ont vendu mon livre, les lecteurs qui ont acheté mon livre, les blogueurs et journalistes qui ont parlé de mon livre, sans oublier mon conjoint, mes enfants, mes parents sans qui je ne serais rien, le bar du coin de la rue où je vais boire un café quand je suis coincée au milieu d'un chapitre, les chats qui viennent me tenir compagnie quand je suis en train de travailler...
Vous voyez le genre ?
(Tous les exemples cités sont tirés de vrais remerciements que j'ai traduits un jour ou l'autre) (Oui, même le bar et les chats)

Personnellement, j'aime bien ces quelques lignes. Parce que ça rend l'écrivain un peu plus humain, ça rend hommage aux tâcherons de l'ombre sans qui l'Artiste ferait son art tout seul et crèverait de faim, ça nous donne quelques indications drôles ou attendrissantes sur la vie privée de l'auteur ou l'autrice ("Merci aux sages-femmes qui m'ont aidée à trouver la meilleure position pour continuer à écrire alors que j'étais coincée à la maternité pendant deux mois pour une grossesse difficile") ("Merci à mon neveu pour qui j'ai écrit ce roman parce qu'il ne savait jamais quoi lire quand il était petit, même si finalement, le temps que le livre soit publié, il avait grandi et ne l'a jamais lu"), bref, j'aime bien.

Mais tout de même, j'ai toujours un petit regret. Parce que même les auteurs ou autrices qui sont abondamment traduit à l'étranger, qui ont des lecteurs dans des dizaines de pays, ne pensent jamais à l'éditrice allemande qui a acheté les droits du bouquin, l'illustratrice italienne qui a fait une nouvelle couverture encore mieux que l'originale, le libraire turc qui l'a mis en vitrine, etc.
Et puis aujourd'hui...

Merci aux merveilleux éditeurs et agents à l'étranger, et aux traducteurs qui permettent à mes paroles de voyager à travers le monde.

Aujourd'hui, pour la toute première fois, j'ai traduit un remerciement qui m'était destiné.
C'est bête, mais après avoir passé plus de deux mois sur ce bouquin de 500 pages, ça m'a touchée. Tellement que j'ai presque envie d'écrire à l'auteur pour lui dire merci...

samedi 2 novembre 2019

Une sortie pour le Grand

— Mon Grand, puisque les trois petits moyens sont invités chez des copains ce soir, on sort tous les deux.
— Ah, chic, on va au restaurant japonais ?
— Non.
— Oh. Zut. Tu es sûre qu'on ne peut pas aller au restaurant japonais ?
— Non, j'ai prévu autre chose.
— Un autre restaurant, alors ?
— Non, on ne va pas manger.
— Oh. Ça c'est triste.
— Mais ne t'inquiète pas, ça devrait te plaire.
— Bon, d'accord.

Une minute plus tard, le voici qui revient :
— On va voir l'exposition Tolkien à la Bibliothèque Nationale de France ?
— Oui ! Comment as-tu deviné ?
— Ben, je me suis demandé ce qui pouvait me plaire à part manger, donc c'était forcément quelque chose en rapport avec l'Histoire ou avec Tolkien, du coup c'était facile.

L'avantage d'avoir un nombre de centres d'intérêt très limité.



(Verdict : c'est une très belle expo, mais il y avait trop de monde, et surtout, le Grand savait déjà absolument tout tout tout, donc même s'il ne s'est pas plaint j'ai l'impression qu'il s'est un peu ennuyé.)
(Au cas où vous vous poseriez la question : oui, il a réussi à me convaincre de lui acheter de quoi manger en sortant de la BNF, bien sûr.)

jeudi 31 octobre 2019

Parés pour Poudlard

Ils ne sont pas mignons, mes trois petits sorciers ?


(Robes, cravates et baguettes "fait maison". Respectivement en tissu acheté au mètre ; feutrine et élastique ; et baguette alimentaire, colle et peinture.)




(PS à l'attention de mon père adoptif : Poudlard, c'est l'école de Harry Potter)

dimanche 27 octobre 2019

Cartes postales de Londres

À Londres, en un peu moins de quatre jours, j'ai vu...

Des sculptures inattendues, parfois dans des lieux improbables




Un vélo entièrement en bois (je veux faire ça un jour)


Une œuvre d'art conceptuelle (si, si, sérieusement) sous la forme d'un distributeur à "cafthé"


Un dragon en légos très british


Un numéro de rue inhabituel


Un portrait d'Hermione crevée après un double cours d'arithmancie


Des touristes qui faisaient de l'alpinisme sur une sculpture géante


Une tasse comestible, en farine et flocons d'avoine, pour remplacer le plastique


Une féministe, Emmeline Pankhurst, l'une des rares statues de femmes à ne pas être une allégorie


Une indication sur la manière de faire la queue pour prendre le bus



Des panneaux contradictoires (à trois mètres l'un de l'autre) mettant à rude épreuve le sens de la discipline des Britanniques




Et puis deux comédies musicales, et puis un afternoon tea si copieux que je n'en suis pas venue à bout, et puis plein d'immeubles ultra-modernes à côté de très vieux bâtiments, et puis des canards se dandinant sous la pluie, et puis un arbre à chaussures, et puis des Pro-Brexit et des Pro-remain qui manifestaient avec des pancartes bien tranquillement à trois mètres les uns des autres, et puis une adorable boule à thé en argent en forme de théière (très très chère), et puis un livre imprimé bien avant Gutenberg (en Asie), et plein d'autres choses encore.

Et surtout, j'ai trouvé encore plein plein plein de trucs que j'avais envie de voir, du coup maintenant je me demande déjà quand est-ce que je vais pouvoir y retourner...

lundi 21 octobre 2019

Le Grand en cours d'Histoire

— Encore en train de lire un bouquin d'Histoire, mon Grand ? Je croyais que tu relisais Le Seigneur des Anneaux pour la sixième fois ?
— Je viens de le terminer et j'attends deux ou trois jours avant de re-re-re-re-re-re-re-relire Le Hobbit. Ça c'est le livre qu'on a trouvé dans la bibliothèque de ton arrière-grand-père, tu te souviens ? C'est passionnant, ça parle du général de Machinchose qui a remporté la bataille de Vatenguerre le 31 février 1461, quand...
— Dis, tu ne t'ennuies jamais en cours d'histoire, au lycée ?
— Ah non, je m'amuse à repérer toutes les erreurs ou les approximations du prof.
— Tu ne les lui signales pas, j'espère ?
— Non, tu sais bien que je déteste parler en public. Je les signale à mon copain Étienne, par contre. Et je lui raconte tout ce que le prof n'a pas le temps de raconter.
— Pauvre Étienne. Tu es sûr que tu ne l'ennuies pas ?
— Non, il est content, parce que du coup quand le prof pose une question, il lève la main et il répond, et le prof est tout content qu'il y ait quelqu'un qui participe. Et moi je suis content d'avoir quelqu'un qui m'écoute.

Bref, tout le monde est content.
N'empêche que cet arrangement me laisse perplexe.