Le téléphone sonne. Je décroche.
— Allô ?
— Allô, Fofo, c'est Machine, des éditions Truc.
Aïe. Aïe, aïe. Si je raccroche très vite, peut-être qu'elle va croire qu'elle a fait un mauvais numéro ? Non ?
— Dites-moi, Fofo, je ne vous ai pas envoyé des livres à lire, il y a deux mois ?
Si. Elle m'a envoyé des livres à lire. Deux romans italiens pour lesquels je devais faire une fiche de lecture afin qu'elle puisse décider si elle veut acheter les droits français. Ça fait partie de mon métier. Autrefois, disons jusqu'à il y a trois ou quatre ans, je faisais énormément de lectures de romans étrangers. Au moins quatre ou cinq par semaine. Mais maintenant, j'ai moins de temps, et c'est très mal payé, et surtout je me suis lassée de lire autant de bouquins pathétiques pour si peu de bonnes plumes, donc je n'en fais plus que quand ça vaut le coup, ou pour rendre service, ou pour garder un peu le contact avec ce qui est publié dans le reste du monde.
Bref.
— Euh... Si, je les ai reçus, et je les ai lus, mais... je n'ai pas eu le temps de faire des fiches. Vous comprenez... j'avais une traduction à terminer... et ensuite une autre... et la crèche a fermé pendant deux semaines... peut-être même trois ou quatre semaines, maintenant que j'y pense... et j'ai eu des problèmes d'ordinateur... et de santé... et mon mari aussi... et mes enfants, n'en parlons pas...
Et puis après avoir bien bafouillé, je me décide, et je lâche :
— Et puis surtout, ils étaient nuls, ces bouquins !
Heureusement, elle ne m'en a pas trop voulu de mon épouvantable retard. Elle m'a même dispensé de rédiger de vraies fiches, en me recommandant simplement de lui envoyer un email qui lui résume en trois lignes l'histoire de chaque bouquin et ses défauts, ce que j'ai fait aussitôt. J'aurais dû faire ça beaucoup plus tôt.
Mais tout de même, je voudrais bien savoir ce qui est passé par la tête de cet éditeur italien pour qu'il se dise que cette petite maison d'édition française de littérature jeunesse, qui publie maximum quatre ou cinq traductions par an, serait peut-être intéressée par un récit autobiographique publié pour la première fois en 1975 où un sculpteur totalement inconnu raconte sur un ton affreusement pédant comment il a eu du mal à reprendre son existence routinière après la guerre ?
La vie d'une traductrice, mère célibataire de famille nombreuse
vendredi 6 janvier 2012
jeudi 5 janvier 2012
Bonnes résolutions
Je n'arrive pas à trouver de bonne résolution à prendre cette année.
Il faut dire que le choix est compliqué, car en général, je tiens mes bonnes résolutions. Mais si, je vous jure. Je sais, c'est fou.
Il y a cinq ans, j'ai décidé de mettre un terme à mon gravissime manque de culture cinématographique, surtout populaire, et de voir au moins un film "culte" par mois. Pas forcément un bon film, mais un film que tout le monde connaît, qu'il soit excellent ou nul. Depuis, j'en ai vu soixante-trois, donc j'en ai même trois d'avance. Et aujourd'hui, quand on me dit "Je crois que j'ai une ouverture", "Que la force soit avec toi", "Le lundi, c'est ravioli", "I'll be back", ou "Je vais lui faire une offre qu'il ne pourra pas refuser", je comprends. Je lève parfois les yeux au ciel, car je suis snob, mais je comprends.
Il y a quatre ans, suite à un épisode douloureux physiquement et moralement, me trouvant moche et vide, j'avais pris la bonne résolution de me mettre à la course à pied – idée qui m'horrifiait, pourtant. Allez, hop, deux fois par semaine, ça améliorera ma silhouette, ma respiration, mon énergie, et ma santé générale. Depuis, j'y ai pris goût, au point de participer à de nombreuses courses de 10 km. Et j'ai vraiment hâte de m'y remettre.
Il y a trois ans, j'ai résolu de trier plus souvent mes papiers, payer plus régulièrement mes factures et gérer plus vite mes formalités administratives. Si on considère que "plus souvent" peut être interprété comme "au moins une fois par mois", alors c'est à peu près bon. En tous cas, plus jamais je n'ai manqué d'être privée d'électricité parce que je n'avais ouvert ni la facture, ni la lettre de relance. Ce qui prouve qu'il y a un progrès.
Il y a deux ans, j'ai décrété que je ne consommerai plus de fruits et légumes frais hors saison. Vous ne verrez plus jamais une tomate aqueuse ou une courgette à ma table en janvier. Dans la mesure du possible, j'essaie même d'être vaguement locavore, mais pas trop, parce que si je ne devais manger que ce qui pousse à Paris, je crois que j'aurais quelques difficultés. Et qu'on ne vienne pas me priver de thé, de sucre de canne ou de chocolat, sinon je deviens féroce.
L'année dernière, j'ai promis de moins me fâcher contre mes gosses. Bilan mitigé : je crie encore beaucoup, mais je ne tape pas... en général. Moi qui ai beaucoup pratiqué la tape "sur la main qui faisait la bêtise" quand le Grand était petit, j'ai arrêté. J'avoue que je ne suis pas à 100% convaincu par les arguments contre les châtiments corporels, mais bon, je veux bien essayer de faire sans. Sauf en cas de légitime défense, parce que dans ces cas-là, La poule pondeuse dit qu'on a le droit. OK, elle ajoute aussitôt qu'elle voit mal comment l'intégrité physique d'un adulte peut être menacée par un enfant de deux ans, mais il faut croire qu'elle ne porte pas de boucles d'oreille. J'aimerais bien garder mes deux lobes à peu près intacts, merci.
Mais cette année, j'ai beau me creuser la cervelle, rien ne vient. Je ne trouve pas la moindre idée.
Une seule conclusion possible : je suis parfaite. Je ne vois que ça.
(Le premier qui me suggère de me mettre moins vite en colère contre Darling ou de manger moins de sucreries sera condamné à venir trier mes papiers, me préparer des repas locavores et m'accompagner dans mes courses de 10 km.)
(Et si je décidais de mettre au moins cinq billets par semaine sur ce blog ? Oui, bon, je le fais déjà, je sais. Justement : prendre des bonnes résolutions qu'on tient déjà, c'est le meilleur moyen de ne pas y faillir, pas vrai ?)
Il faut dire que le choix est compliqué, car en général, je tiens mes bonnes résolutions. Mais si, je vous jure. Je sais, c'est fou.
Il y a cinq ans, j'ai décidé de mettre un terme à mon gravissime manque de culture cinématographique, surtout populaire, et de voir au moins un film "culte" par mois. Pas forcément un bon film, mais un film que tout le monde connaît, qu'il soit excellent ou nul. Depuis, j'en ai vu soixante-trois, donc j'en ai même trois d'avance. Et aujourd'hui, quand on me dit "Je crois que j'ai une ouverture", "Que la force soit avec toi", "Le lundi, c'est ravioli", "I'll be back", ou "Je vais lui faire une offre qu'il ne pourra pas refuser", je comprends. Je lève parfois les yeux au ciel, car je suis snob, mais je comprends.
Il y a quatre ans, suite à un épisode douloureux physiquement et moralement, me trouvant moche et vide, j'avais pris la bonne résolution de me mettre à la course à pied – idée qui m'horrifiait, pourtant. Allez, hop, deux fois par semaine, ça améliorera ma silhouette, ma respiration, mon énergie, et ma santé générale. Depuis, j'y ai pris goût, au point de participer à de nombreuses courses de 10 km. Et j'ai vraiment hâte de m'y remettre.
Il y a trois ans, j'ai résolu de trier plus souvent mes papiers, payer plus régulièrement mes factures et gérer plus vite mes formalités administratives. Si on considère que "plus souvent" peut être interprété comme "au moins une fois par mois", alors c'est à peu près bon. En tous cas, plus jamais je n'ai manqué d'être privée d'électricité parce que je n'avais ouvert ni la facture, ni la lettre de relance. Ce qui prouve qu'il y a un progrès.
Il y a deux ans, j'ai décrété que je ne consommerai plus de fruits et légumes frais hors saison. Vous ne verrez plus jamais une tomate aqueuse ou une courgette à ma table en janvier. Dans la mesure du possible, j'essaie même d'être vaguement locavore, mais pas trop, parce que si je ne devais manger que ce qui pousse à Paris, je crois que j'aurais quelques difficultés. Et qu'on ne vienne pas me priver de thé, de sucre de canne ou de chocolat, sinon je deviens féroce.
L'année dernière, j'ai promis de moins me fâcher contre mes gosses. Bilan mitigé : je crie encore beaucoup, mais je ne tape pas... en général. Moi qui ai beaucoup pratiqué la tape "sur la main qui faisait la bêtise" quand le Grand était petit, j'ai arrêté. J'avoue que je ne suis pas à 100% convaincu par les arguments contre les châtiments corporels, mais bon, je veux bien essayer de faire sans. Sauf en cas de légitime défense, parce que dans ces cas-là, La poule pondeuse dit qu'on a le droit. OK, elle ajoute aussitôt qu'elle voit mal comment l'intégrité physique d'un adulte peut être menacée par un enfant de deux ans, mais il faut croire qu'elle ne porte pas de boucles d'oreille. J'aimerais bien garder mes deux lobes à peu près intacts, merci.
Mais cette année, j'ai beau me creuser la cervelle, rien ne vient. Je ne trouve pas la moindre idée.
Une seule conclusion possible : je suis parfaite. Je ne vois que ça.
(Le premier qui me suggère de me mettre moins vite en colère contre Darling ou de manger moins de sucreries sera condamné à venir trier mes papiers, me préparer des repas locavores et m'accompagner dans mes courses de 10 km.)
(Et si je décidais de mettre au moins cinq billets par semaine sur ce blog ? Oui, bon, je le fais déjà, je sais. Justement : prendre des bonnes résolutions qu'on tient déjà, c'est le meilleur moyen de ne pas y faillir, pas vrai ?)
mercredi 4 janvier 2012
Des jouets et des genres
Alors, certes, du point de vue du caractère, c'est un peu cliché. Pendant que Mr Thing Two démolit les maison, jette mes bouquins par terre, attrape tout ce qu'il peut sur la table, court dans tous les sens, se faufile dans les pièces interdites d'accès (cuisine, cagibi...), et dit "non" à tout bout de champ, Miss Thing One peut passer un quart d'heure avec un slip qu'elle met sur la tête en guise de chapeau, fait rarement des bêtises sauf quand son jumeau lui donne l'exemple, sait rester tranquillement dans les bras de quelqu'un à sucer son pouce, et si son vocabulaire est loin derrière celui de Mr Thing Two qui progresse à grands pas, c'est tout de même la première à avoir appris à hocher la tête pour dire "oui", il y a une quinzaine de jours.
Elle est aussi un peu sournoise et a tendance à pincer ou taper son frangin quand nous ne la regardons pas, mais ça aussi, c'est un cliché, il me semble. Quant aux grosses colères quand on la contrarie, Darling prétend qu'elle a hérité ça de sa maman. (De qui ?)
En revanche, en ce qui concerne les jouets, nous sortons des stéréotypes. Ses trois préférés, qu'elle manipule bien mieux que son frère, sont :
- les marteaux (pour enfoncer des bout de bois ou des boules dans des trous) ;
- les ballons (elle a même appris à donner des coups de pied dedans, ce qui réjouit fort son papa) ;
- les petites voitures (qu'elle fait rouler consciencieusement partout, même sur la télévision, hélas).
Si quelqu'un s'avise de nous refourguer un catalogue de jouets, sauf si c'est un catalogue progressiste qui a éliminé ses pages roses et bleues, je l'assomme avec. Et je sais frapper aussi bien que ma fille. Qu'on se le dise.
Elle est aussi un peu sournoise et a tendance à pincer ou taper son frangin quand nous ne la regardons pas, mais ça aussi, c'est un cliché, il me semble. Quant aux grosses colères quand on la contrarie, Darling prétend qu'elle a hérité ça de sa maman. (De qui ?)
En revanche, en ce qui concerne les jouets, nous sortons des stéréotypes. Ses trois préférés, qu'elle manipule bien mieux que son frère, sont :
- les marteaux (pour enfoncer des bout de bois ou des boules dans des trous) ;
- les ballons (elle a même appris à donner des coups de pied dedans, ce qui réjouit fort son papa) ;
- les petites voitures (qu'elle fait rouler consciencieusement partout, même sur la télévision, hélas).
Si quelqu'un s'avise de nous refourguer un catalogue de jouets, sauf si c'est un catalogue progressiste qui a éliminé ses pages roses et bleues, je l'assomme avec. Et je sais frapper aussi bien que ma fille. Qu'on se le dise.
mardi 3 janvier 2012
Treize à la douzaine
Si je devais emporter dix romans jeunesse sur une île déserte, il en ferait sûrement partie. J'ai dû le lire au moins quinze ou vingt fois, plus deux ou trois fois en anglais à l'âge adulte. Cela raconte, à coup d'anecdotes, l'histoire vraie de Frank et Lillian Gilbreth, tous deux ingénieurs de l'étude du mouvement, qui ont eu douze enfants entre 1904 et 1922 et ont testé sur eux leurs méthodes d'économie de temps, à l'époque de l'invention du fordisme. C'est ainsi que les enfants Gilbreth devaient écouter des enregistrement de langues étrangères tout en se lavant, pour ne pas perdre une minute, et que leur père les a filmés en train d'être opérés des amygdales à la chaîne pour rationaliser les gestes du personnel médical...
En bonne cartésienne, cependant, deux points m'ont toujours chiffonnée dans ce livre :
- Tout d'abord, le fait que la narration soit faite à la première personne du pluriel sans qu'il y ait un narrateur principal : les enfants parlent d'eux en disant "nous"; mais chaque enfant est individuellement nommé à la troisième personne du singulier, y compris Frank et Ernestine, les deux auteurs. Même petite, je trouvais que ce "nous" sans "je" était une véritable aberration grammaticale.
- Ensuite, le fait que la seconde fille, Mary, ne soit jamais nommée en dehors du chapitre qui raconte les naissances par ordre chronologique : partout ailleurs dans le livre, Ann et Ernestine sont considérées comme les deux aînées, alors qu'Ernestine n'était que la troisième. Ce n'est que bien plus tard que j'ai appris que Mary était morte à l'âge de six ans – ce qui signifie, techniquement, qu'il n'y a jamais eu "une douzaine" d'enfants en même temps dans la maison, puisque Mary est décédée bien avant la naissance des derniers. Cela m'a fait l'effet d'une véritable imposture !
Mais ce ne sont là que des détails. Ce qui est important, c'est que ces mémoires sont très bien écrites, drôles, vivant, et émouvantes (je n'ai pas pu raconter au Grand l'histoire de Lill qui repeint la clôture sans avoir les larmes aux yeux)... Bref, je recommande très, très, très chaudement ce bouquin à ceux qui ne le connaissent pas, même s'ils n'ont pas l'intention d'avoir une famille nombreuse !
À noter qu'il existe une suite que je n'ai découverte qu'adulte et lue qu'en anglais : Belles on their toes, en français Six filles à marier (ci-joint chez le Livre de poche, dans une traduction d'Hélène Commin), titre très mal choisi puisqu'il est à peine question de mariages et surtout puisque les filles ne sont que cinq. Vu l'âge auquel je l'ai lu, il n'a pas eu le même impact sur moi que le premier, mais on y découvre avec plaisir la suite de la saga familiale après la mort prématurée du père (ah, la gestion de Martha, la troisième fille, qui réussit miraculeusement à équilibrer le budget, quitte à faire remplir un formulaire en trois exemplaires à tout membre de la famille désireux d'obtenir un timbre !), et on fait mieux connaissance avec la figure de la mère, une des toutes premières femmes à avoir atteint un tel niveau d'études et à avoir fait une carrière aussi brillante dans ce domaine – veuve, avec onze enfants... De quoi faire réfléchir ceux qui s'interrogent sur la possibilité de continuer à travailler quand on est mère de famille nombreuse !Une dernière remarque : Treize à la douzaine a été retraduit à plusieurs reprises, et je suis tombée un jour, enfant, sur une autre édition (peut-être celle de la Bibliothèque Verte). Non seulement j'y ai découvert un chapitre qui n'existait pas dans mon édition Folio - j'ignore s'il a été réinséré depuis – mais surtout, c'est la toute première fois que j'ai compris que la traduction n'était pas une science exacte. Je me souviens en particulier de la "psychologue moustachue" que le destin livre aux enfants "pieds et poings liés" dans une des deux versions, et qui devient une psychologue livrée aux enfants "pieds, poings et moustaches liés" dans l'autre. Relire l'histoire avec d'autres mots, dans un style légèrement différent, m'a été à l'époque insupportable, et je suis retournée bien vite à ma propre édition !
Post-scriptum : Suite à un commentaire, je répare un oubli : comme presque tous les bons romans, celui-ci a été adapté en film. Je ne l'ai pas vu, mais je sais que l'histoire est complètement différente, ainsi que l'époque et les personnages, dont même les noms ont été changés. En gros, seul le titre a été repris ; le reste n'a rien à voir.
lundi 2 janvier 2012
Réveillon
Qu'est-ce que ça prépare pour le dîner du réveillon, une cuisinière talentueuse, pendant que les autres sortent foie gras, saumon fumé ou huitres ?
Une soupe dite "de retour du marché", avec toutes les épluchures qui lui passent sous la main : tiges de brocoli, feuilles de céleri-branche, fanes de navet, carottes toutes molles après deux semaines passées dans le frigo, etc. Parce que c'est économique, parce que personne n'a très faim, parce que ça convient aux régimes des uns et des autres, parce qu'il n'y a pas d'invités, parce qu'on peut faire une purée pour les bébés en même temps, parce qu'on a un mari qui n'a pas l'habitude de fêter le réveillon et un grand gamin qui ne sait même pas quel jour on est.
Qu'est-ce que ça boit pendant la soirée, une femme enceinte diabétique, pendant que les autres trinquent au champagne ?
Une infusion, puisque même les jus de fruits sont interdits. Non sucrée, bien sûr.
Qu'est-ce que ça fait le 31 décembre à minuit, une traductrice débordée, pendant que les autres festoient, crient dans la rue, se font la bise, dansent ?
Ça bosse. Ça passe sa dernière traduction au correcteur d'orthographe pro, pour pouvoir l'imprimer à une heure du matin, la relire une dernière fois sur papier le 1er janvier pendant la soirée, et l'envoyer à l'éditeur le lundi 2 janvier, comme prévu par le contrat.
Qu'est-ce que ça fait pendant la matinée du 1er janvier, une mère de jeunes enfants dont le mari est malade, pendant que les autres pioncent jusqu'à midi ou plus ?
Ça se lève tôt pour donner les biberons, ça fait partir une lessive, ça vide le lave-vaisselle, ça étend le linge, ça lave et émince des poireaux, ça range, ça fait partir une deuxième lessive, ça remplit le lave-vaisselle, ça raconte en boucle Mimi la souris et Léo et Popi, ça coupe des champignons, etc.
Oui, MAIS...
Qu'est-ce qu'elle fera mardi matin, cette traductrice mère de famille nombreuse, après avoir renvoyé les gamins dans leurs crèches et écoles respectives et après avoir rendu sa traduction, pendant que les autres prendront le métro d'un air morose et se remettront au boulot sous l’œil sévère de leur chef ?
Elle profitera de sa liberté retrouvée, elle se fera un thé épicé avec un nuage de lait au milieu de la matinée, elle préparera une fournée de petits gâteaux, elle lira plein de blogs de cuisine, elle ira peut-être même se promener un peu, et l'après-midi elle fera une bonne sieste.
Nananananère.
(C'est bon, vous n'avez plus aucune envie de pleurer sur mon sort, n'est-ce pas ?)
Une soupe dite "de retour du marché", avec toutes les épluchures qui lui passent sous la main : tiges de brocoli, feuilles de céleri-branche, fanes de navet, carottes toutes molles après deux semaines passées dans le frigo, etc. Parce que c'est économique, parce que personne n'a très faim, parce que ça convient aux régimes des uns et des autres, parce qu'il n'y a pas d'invités, parce qu'on peut faire une purée pour les bébés en même temps, parce qu'on a un mari qui n'a pas l'habitude de fêter le réveillon et un grand gamin qui ne sait même pas quel jour on est.
Qu'est-ce que ça boit pendant la soirée, une femme enceinte diabétique, pendant que les autres trinquent au champagne ?
Une infusion, puisque même les jus de fruits sont interdits. Non sucrée, bien sûr.
Qu'est-ce que ça fait le 31 décembre à minuit, une traductrice débordée, pendant que les autres festoient, crient dans la rue, se font la bise, dansent ?
Ça bosse. Ça passe sa dernière traduction au correcteur d'orthographe pro, pour pouvoir l'imprimer à une heure du matin, la relire une dernière fois sur papier le 1er janvier pendant la soirée, et l'envoyer à l'éditeur le lundi 2 janvier, comme prévu par le contrat.
Qu'est-ce que ça fait pendant la matinée du 1er janvier, une mère de jeunes enfants dont le mari est malade, pendant que les autres pioncent jusqu'à midi ou plus ?
Ça se lève tôt pour donner les biberons, ça fait partir une lessive, ça vide le lave-vaisselle, ça étend le linge, ça lave et émince des poireaux, ça range, ça fait partir une deuxième lessive, ça remplit le lave-vaisselle, ça raconte en boucle Mimi la souris et Léo et Popi, ça coupe des champignons, etc.
Oui, MAIS...
Qu'est-ce qu'elle fera mardi matin, cette traductrice mère de famille nombreuse, après avoir renvoyé les gamins dans leurs crèches et écoles respectives et après avoir rendu sa traduction, pendant que les autres prendront le métro d'un air morose et se remettront au boulot sous l’œil sévère de leur chef ?
Elle profitera de sa liberté retrouvée, elle se fera un thé épicé avec un nuage de lait au milieu de la matinée, elle préparera une fournée de petits gâteaux, elle lira plein de blogs de cuisine, elle ira peut-être même se promener un peu, et l'après-midi elle fera une bonne sieste.
Nananananère.
(C'est bon, vous n'avez plus aucune envie de pleurer sur mon sort, n'est-ce pas ?)
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dimanche 1 janvier 2012
Guimauve
Saviez-vous qu'on peut faire de la guimauve avec en tout et pour tout du sucre, de l'eau, et de la gélatine (et un batteur sur socle, quand même) ? Et que c'est beaucoup plus rapide et beaucoup plus simple, pour un résultat approchant, que la version avec blancs d’œufs, thermomètre à sucre, sirop de glucose, et tout le tralala ?
Eh bien voilà, maintenant vous êtes comme moi, vous savez.
(C'était ma dernière découverte culinaire de 2011, hier soir à 22h45. Place aux expériences 2012 !)
Eh bien voilà, maintenant vous êtes comme moi, vous savez.
(C'était ma dernière découverte culinaire de 2011, hier soir à 22h45. Place aux expériences 2012 !)
Ah oui, au fait...
... bonne année, bonne santé, et toute cette sorte de choses.
(Et ceux qui ne voient pas le rapport entre la dernière phrase et l'image feraient mieux d'aller relire urgemment Astérix chez les Bretons)
(Et ceux qui ne voient pas le rapport entre la dernière phrase et l'image feraient mieux d'aller relire urgemment Astérix chez les Bretons)
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