lundi 10 février 2014

Gâteau surprise

Dimanche après-midi. J'ai préparé un gâteau pour le goûter. Les petits n'en raffolent pas, mais le Grand apprécie (ce qui n'est pas systématique : il est souvent difficile, même, voire surtout, avec les choses sucrées). En plus, il est affamé.

Première part :
— Mmm, il est bon ce gâteau ! Il est vraiment très bon !

Deuxième part :
— Il est à quoi ?
— Essaie de deviner...

Troisième part :
— On dirait un peu le gâteau aux carottes que tu fais d'habitude, mais il y a aussi des trucs roses... Des framboises ?

Quatrième part (à ce stade, il a avalé la moitié du gâteau à lui tout seul, et moi un quart, donc il n'en reste plus beaucoup) :
— Tu pourras en refaire, dis ? Alors, il est à quoi, au fait ?
— Aux betteraves.
Il s'arrête de mastiquer, se fige.
— C'est une blague ?
— Non. J'avais plein de betteraves crues, on en avait déjà mangé en salade – tu dois t'en souvenir, tu as assez râlé – et je ne savais pas quoi faire des autres, donc je les ai râpées et mises dans la recettes du gâteau aux carottes à la places des carottes.

Quel dommage que je n'aie pas eu d'appareil photo ! La tête du pré-ado qui découvre qu'il vient de manger 150g de betteraves et d'adorer ça, croyez-moi, ça vaut le coup d’œil.

samedi 8 février 2014

Pannacotta (presque) instantannée

Je suis crevée, tout le monde est malade, les nuits sont épouvantables, j'ai encore cent pages de ma trad à relire alors que j'avais prévu de la terminer et de l'envoyer jeudi, je passe ma vie à lancer des lessives ou à passer la serpillière par terre, et du coup forcément, après les gamins et Darling, c'est mon tour d'avoir attrapé le vilain virus, j'ai plein de problèmes administratifs à régler, et je sais déjà que la semaine prochaine va être trop courte, d'autant que l'ass-mat n'est pas là vendredi, et après c'est les vacances, quoi, déjà ?

Bref, un petit article cuisine ultra-rapide avant d'aller relire quelques pages de plus stylo en main, en attendant que mes yeux se ferment tous seuls (prévision maximale : 4 minutes).

Vous n'avez plus un seul yaourt et plus le temps de préparer un dessert lacté qui devra ensuite refroidir longtemps, ou vous avez des invités, vous allez passer à table dans une demi-heure, et vous avez bêtement oublié de préparer un dessert.
Que faites-vous ?
Réponse : des pannacotta(s) (des pannecotte ?)
Mais enfin, mais enfin, me direz-vous : c'est encore plus long à refroidir qu'une crème au chocolat ou une crème catalane, et surtout, ça ne peut pas se manger encore vaguement tiède, puisqu'il faut attendre que ça prenne !
Ne vous inquiétez pas, j'ai LA solution à laquelle, j'en suis convaincue, personne n'avait jamais songé auparavant.
(On ne m'ôte pas mes illusions, merci.)
La solution est donc la suivante : après avoir mélangé crème liquide / sucre / gélatine / arôme, vous versez tout ça dans des ramequins préalablement remplis de fruits surgelés (le mélange de fruits rouges de Picard, par exemple) (non non, je n'ai aucun accord commercial avec Picard, mais ça ne saurait tarder) (oui, monsieur ou madame le/la responsable comm de Picard, ceci est un appel du pied).


quelques minutes plus tard, la crème est prise, les fruits sont décongelés, vous nappez tout ça de coulis et vous pouvez prétendre que vous êtes quelqu'un de super-organisé qui a préparé son dessert trois heures à l'avance.
(Je ne sais pas si ça marche quand on utilise de l'agar-agar, mais j'essaierai un de ces jours.) 

Voilà, après cette contribution essentielle à la haute cuisine des parents pressés, je file au lit. De rien.

(Si vous avez une autre solution au grave problème du "pas de dessert alors qu'on va bientôt passer à table", ça m'intéresse. Oui, j'ai déjà pensé au crumble.)

vendredi 7 février 2014

Le livret du Grand

Remise des livrets du Grand, ce vendredi soir. J'ai couru, littéralement couru dans les couloirs du RER pour arriver à l'heure au rendez-vous avec le prof principal, après avoir terminé ma nuit à quatre heures du matin (maman j'ai fait un cauchemar, maman je veux de l'eau, maman j'ai envie de faire pipi, jusqu'à ce que le réveil sonne) et après une journée entière passée en commission (pas désagréable, mais épuisant). J'ai même dû changer à Châtelet entre la ligne 7 et le RER (les Parisiens me comprendront). Franchement, ça ne m'arrangeait pas du tout, ce rendez-vous aujourd'hui, à cette heure-là. Mais le Grand avait bien insisté : les livrets ne seraient remis qu'en mains propres, et il était in-dis-pen-sa-ble qu'au moins un des parents soient là.

Je suis arrivée pile à 19h30 devant le collège, en même temps que mon fils. Après une petite attente d'un quart d'heure dont j'ai profité pour relire des épreuves (encore, toujours), la porte s'est ouverte, et le prof nous a invités à entrer.
"Alors, le Grand... Eh bien, mes compliments, il a de bonnes notes, il faudrait juste qu'il participe un peu plus à l'oral, tous mes collègues disent la même chose, mais il s'en sort très bien, 14 de moyenne, rien à signaler."

On est bien d'accord, je n'aurais PAS préféré qu'il me dise qu'il ne comprenait rien en maths, n'apprenait pas ses leçons d'histoire et ne fichait rien en français.
N'empêche que quand je suis ressortie de la salle au bout de trente secondes, j'étais presque déçue.

(En plus, du coup, je n'avais aucune excuse pour traîner davantage, et je suis rentrée assez tôt pour faire dîner les enfants, donner les douches et lire des livres. Snif.)

mercredi 5 février 2014

Un notaire et une jeune mère

Aujourd'hui, j'ai vendu mon appart parisien. A un prix bien moindre que celui initialement escompté, mais au moins, c'est fait. Je vais pouvoir rembourser mon prêt-relais, à défaut du prêt immobilier classique pris en complément. Et peut-être même m'acheter une nouvelle machine à laver (la mienne fuit depuis des semaines ; il faut dire que d'après mes calculs, elle a travaillé l'équivalent d'une année non-stop depuis sa mise en service dans notre famille, il y a douze ans.)
Voilà, je suis donc officiellement banlieusarde, sans retour en arrière possible. Mais un jour, un jour, je gagnerai plein de fric en écrivant les aventures d'un petit garçon qui fréquente une école de sorcellerie, ou un truc du genre, et je m'achèterai une vraie maison avec jardin et cheminée en plein centre de Paris.


A part ça, avant d'aller chez le notaire, je suis allée voir une copine qui a accouché il y a un mois et qui m'a demandé comment j'ai fait pour allaiter deux bébés d'un coup (franchement, aucune idée, ça m'est sorti de la mémoire). Comme c'était la première fois que je la revoyais depuis la naissance de son gamin, je lui ai apporté des cadeaux : un adorable petit pyjama taille trois mois, et une grosse peluche en forme de lion.
...
Mais non, je rigole ! Je n'ai rien apporté pour le bébé, et je suis juste arrivée avec un déjeuner complet, fait maison et équilibré, entrée-plat-dessert, parce que j'ai souvenir d'avoir mangé un peu trop de pâtes et de picardises dans les semaines qui ont suivi la naissance de mes gamins ; et j'ai complété ça avec une boîte de sablés aux noix de pécan, caramel et chocolat, parce qu'à défaut d'une nuit de sommeil complète, c'est le genre de choses bien sucrées et bien caloriques dont je rêvais quand j'étais là où elle en est actuellement.
Et puis bon, indirectement, ça profite aussi au môme, pas vrai ?

Tripes et boyaux

Miss Thing One est un peu hypocondriaque. C'est un bien grand mot pour une si petite fille, peut-être ? Alors disons tout simplement qu'elle a toujours mal partout, comme la Lisette d'Henri Dès. Vous connaissez ?
Quand t'as pas mal au nez
T'as mal à tes doigts d'pieds
Quand t'as pas mal aux couettes
T'as mal à tes lunettes
Et pis quand t'as plus mal
T'as mal à tes sandales
 Et à chaque fois, il faut impérativement prendre le temps de lui dire "Oh ma pauvre chérie, tu n'as vraiment pas de chance, oui je vois, tu t'es légèrement cogné le coude contre une couette, ça doit être terriblement douloureux, mais ne t'inquiète pas, ça va passer".
Si on ne lui dit pas ça, c'est bien simple : ça ne passe pas.
Or, des fois, je n'ai pas le temps. Ou j'en ai marre.

Samedi, pendant le repas, j'en ai eu marre. Elle avait mal au ventre. Elle a tout le temps mal au ventre. Il faut dire aussi qu'elle attend toujours le dernier moment pour aller à la selle. Je l'ai donc incitée à aller s'installer sur le trône. Elle m'a obéi, mais une fois là-haut, elle s'est remise à pleurer. J'ai délaissé les trois garçons qui jetaient des pâtes partout, renversaient leur verre d'eau ou boulottaient du pain dur en douce (lecteur, sauras-tu deviner qui faisait quoi ?), et j'ai monté l'escalier en râlant :
— Ah, mais zut à la fin ! Je suis sûre que ce n'est rien du tout, tu te plains tout le temps, et je n'ai pas...
Et c'est juste au moment où j'entrais dans la salle de bain qu'il y a eu le premier jet.
Ces sales mômes feraient n'importe quoi pour avoir raison, franchement.

J'ai passé le reste de la journée à éponger le sol, lancer des lessives et doucher la gamine, le plus souvent avec un bébé dans les pattes. J'ai appelé Darling pour le supplier de rentrer plus tôt du travail. Il m'a exaucée : il était là à 19h30 au lieu de 20h. Si, si.
Par bonheur, comme je suis une vieille routarde de la gastro enfantine, il n'est arrivée aucune catastrophe :
- Au deuxième jet, j'ai réussi à sauver le tapis oriental très cher de Darling en le glissant sous le canapé ;
- Au troisième jet, j'ai réussi à sauver le doudou que j'avais donné à la puce pour la consoler (j'ai appris ça très tôt, quand le Grand était bébé et que je n'avais pas de sèche-linge : ton gamin a mal au cœur ? Avant de faire quoi que ce soit d'autre, confisque-lui son doudou !)
- Au quatrième jet, j'ai réussi à sauver la moquette de la chambre de la gamine en étalant précipitamment une grande alèse imperméable autour de son lit.

Et la bonne nouvelle, c'est qu'elle a tranquillement agonisé pendant tout le weekend, mais que le lundi matin, elle était retapée et prête à aller à l'école. C'est pas chouette, ça ?

(Sincèrement, je serais mal avisée de me plaindre : nous sommes infiniment plus épargnés par les microbes cette année que l'année dernière, où j'avais pris un abonnement hebdomadaire – avec tarif de groupe – chez le pédiatre. On croise les doigts...)

mardi 4 février 2014

Araignée du matin

Ce matin, quand je suis arrivée la première dans la classe de petite section avec mes deux jumeaux, j'ai trouvé :
- l'instit du lundi, une douce jeune femme, qui faisait une grimace de petit lapin effrayé ;
- l'atsem (ex "dame de service"), une femme énergique au caractère bien trempé, qui s'était réfugiée dans le coin de la place opposé à la porte et qui clamait que dans ces conditions, elle refusait de travailler.
Je me suis enquis de ce qui n'allait pas, et l'instit m'a désigné avec un frisson l'interrupteur. Juste à côté se trouvait une araignée. Pas une toute petite, ni un faucheux avec de longues pattes, mais une araignée d'une taille respectable, au corps épais, et pleine de poils.
Beurk.
L'instit, tremblottante, et l'atsem, vitupérante, m'ont expliqué qu'elles avaient toutes les deux la phobie des araignées.
Comment leur jeter la pierre ?
Moi aussi.
De toutes les petites bêtes pleines de pattes et dépourvues d'ailes, même. Y compris les innocentes fourmis, oui oui.
Mais je suis une grande fille. Depuis que j'ai des gamins, j'ai appris à prendre sur moi. Je ne peux pas m'empêcher de pousser un glapissement si j'attrape un objet et que je découvre qu'un mille-pattes se promène dessus, et même un cri si par malheur j'ai effleuré l'insecte, mais je peux, ensuite, lancer à mes enfants étonnés, avec un sourire faux : "Non non, tout va bien, ne vous inquiétez pas, je me suis pincée, c'est tout." Dans la mesure du possible, j'essaie de ne pas transmettre mes phobies à mes rejetons.
J'ai donc pris sur moi. L'araignée était dans un angle. Impossible de tenter de l'attraper vivante avec un verre (beurk) : elle aurait risqué de filer derrière un meuble, et j'aurais dû ramener mes gamins chez moi pour cause de salle de classe condamnée ou de double grève, ce qui ne m'aurait pas arrangée du tout. J'ai fait tomber la bestiole avec un crayon (beurk) et je l'ai écrasée avec ma semelle (beurk). Et après, j'ai ramassé le cadavre avec un papier (l'instit m'a tendu la moitié du rouleau de sopalin, mais je n'ai pris qu'une seule feuille, je suis une grande fille) (beurk) et je l'ai jeté à la poubelle. Je ne suis pas allée jusqu'à vider la poubelle. J'imagine qu'elles ont fait appel à une collègue à qui elles ont omis de détailler le contenu de la poubelle en question.
Je suis donc rentrée chez moi en oscillant entre le chagrin d'avoir tué une créature innocente (je n'irai pas au paradis), et la fierté d'avoir été remerciée chaudement par la maîtresse qui m'a même appelée "ma sauveuse" (au purgatoire, peut-être ?).
— Moi, z'ai pas peur des araignées ! a lancé Mr Thing Two avant que je parte, perplexe devant notre émoi à toutes les trois devant cette si petite bête, oubliant qu'il venait lui-même de faire un écart de trois mètres sur le trottoir pour ne pas passer trop près d'un bébé chihuahua nain.

lundi 3 février 2014

Manif pour tous (sauf moi, merci)

Et donc, hier, quelques dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre la théorie du genre, qui n'existe pas, contre les travaux pratique d'onanisme à l'école maternelle, qui ne sont pas au programme, et contre la PMA et la GPA pour les homosexuels, qui ne figurent pas dans le projet de loi.

Il y a des gens qui ont du temps à perdre, non ? Ils feraient mieux de venir me rendre visite, je trouverais certainement de quoi les occuper. (Je commence à me dire que prévoir un an à compter du déménagement pour déballer tous les cartons, c'était peut-être un peu optimiste.)

Tout ceci étant parti des efforts faits par l'éducation nationale pour favoriser l'égalité des sexes, qui passe par la prise de conscience que ce n'est pas naturel si les hommes regardent le foot pendant que les femmes font la vaisselle, ça me donne un peu envie d'étrangler quelqu'un. Quelques dizaines de milliers de personnes, même.

Aux infos entendues à la radio, une manifestante, femme au foyer et mère de famille nombreuse (je n'ai rien contre les parents au foyer : c'est un choix de vie tout à fait respectable, si c'est un choix, et si on admet que c'est tout aussi respectable de la part d'un père que d'une mère), expliquait avec colère que contrairement à ce qu'on voudrait faire croire, elle n'était ni fasciste, ni antisémite, ni ultra-conservatrice, ni rien de tout ça.
Elle n'a pas dit ce qu'elle était, par contre...
(J'ai bien mon opinion sur la question, mais je veux rester polie.)



PS : Je sais, normalement je ne commente pas l'actualité. Mais là, je me suis réveillée avec des envies de meurtre. Il fallait que ça sorte.
PS2 : J'ai eu des problèmes de connexion ce weekend, et je croule sous le boulot. Mais je reviens très vite vous parler de la gastro de Miss Thing One, de l'araignée à l'école maternelle, ou de ma pédale de piano. Mais si, vous verrez, c'est passionnant.