lundi 13 octobre 2014

Jusqu'au bout des ongles (2)

A sept heures et demie du matin, donc, nous étions de retour à l'hôpital, moi et mon petit bonhomme qui avait mal et qui ne comprenait pas du tout pourquoi il n'avait pas eu droit à un biberon. On nous a installés dans une jolie chambre où, après avoir pris une douche à la bétadine, nous avons pu lire des Petit Ours Brun jusqu'à ce que quelqu'un vienne chercher l'enfant. Je mentirai en disant qu'il est parti de bon gré avec l'anesthésiste qui lui promettait de lui "réparer son bobo" (alors que le Filou n'avait pas du tout, du tout envie qu'on touche à son bobo) mais qu'il ne sentirait rien car "il ferait dodo" (alors que le Filou n'a jamais, jamais envie de faire dodo). Après ça, plus de nouvelles jusqu'à son retour vers 11h30, encore un peu assommé et très effrayé à chaque fois que je faisais mine de vouloir approcher ma main de son pouce enrubanné. Je l'ai mis devant le DVD de Pingu et il s'est doucement remis (comme dit ma mère, la technologie moderne a parfois du bon) jusqu'à ce qu'on nous autorise à partir vers 14h en constatant qu'il marchait normalement, qu'il avait réussi à faire pipi et qu'il n'avait pas vomi son repas.
- Votre mari va venir vous chercher ? a demandé l'infirmière.
- Ah non, il est avec nos autres enfants. Pourquoi ?
- Parce que ce serait bien qu'il y ait quelqu'un assis à côté de lui dans la voiture.
- Mais, heu, je suis venue en vélo...
- Vous l'avez amené ici en vélo ? (grands yeux incrédules). Bon, eh bien vous pouvez appeler un taxi à l'accueil.
Je suis repartie en vélo, bien sûr. Il y en avait pour dix minutes de trajet (avec pédalage intensif), et je n'ai pas du tout compris pourquoi il serait plus mal installé dans son siège vélo que dans un taxi (sans siège, bien sûr), alors qu'il n'avait pas de fièvre ni aucune maladie contre-indiquant le grand air.

Une fois à la maison, j'ai juste eu le temps de préparer mes bagages, en oubliant la moitié des choses (dont ma trousse de toilettes et mon pyjama), de grignoter quelque chose qui m'a servi à la fois de dîner (de la veille), de petit-déjeuner (j'étais restée à jeun aussi, par solidarité), de déjeuner (on avait bien donné une purée au Filou, mais personne n'avait pensé à moi) et de goûter (il était déjà 15h passées), et j'ai filé à la gare. Train, dîner, nuit à l'hôtel.

Aujourd'hui, au programme : quatre rencontres auprès d'enfants avec des troubles du comportement. La bonne nouvelle, c'est que depuis 48h, je n'ai pas vraiment eu le temps de stresser à ce sujet.

Au fait, vous voudriez peut-être savoir comment va le Filou, s'il a passé un bon après-midi, une bonne nuit, s'il n'a pas trop mal, si Darling prend bien soin de lui ?
Aucune idée. Depuis mon départ, je n'ai pas réussi à joindre Darling : le téléphone est décroché.

3 commentaires:

  1. Tu pourras leur apprendre l'art de la conclusion magistrale, à ces enfants !

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  2. Ayayayaye! Pauvre Petit Filou! Voilà qu'il attire plaies et bosses sans rien faire de spécial, le pauvre chéri, c'est injuste. Il pourra raconter l'histoire de son pouce à Cheuri, ils sont frères de pouce-coincé-dans-la-porte-quand -j'étais-enfant désormais.
    Cheuri était reparti chez lui à pied, c'était le temps où il n'y avait pas des taxis comme ça dans un petite ville.

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  3. Le sens du suspense qui donne envie le chapitre suivant! (Et pendant ce temps Darling... ah bah non on saura pas)
    Heureusement que tout s'est bien passé.

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